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Le fort de Souville

Le fort de Souville est l’un des ouvrages les plus emblématiques du système défensif de Verdun. Édifié dans les années 1875-1879 sur les hauteurs au sud-est de Verdun, à proximité immédiate de Fleury-devant-Douaumont, entre les forts de Douaumont et de Vaux. Durant la bataille de Verdun en 1916, Souville devint un point stratégique capital. Après la chute du fort de Douaumont en février puis celle du fort de Vaux en juin, il constitua l’ultime verrou fortifié avant l’accès direct à Verdun. Les combats et bombardements qui s’y déroulèrent figurent parmi les plus violents de toute la bataille.

Le fort est implanté sur le territoire de Fleury-devant-Douaumont, au sein de la ceinture intérieure des forts de Verdun. Il contrôlait les axes venant du plateau de Douaumont, de Fleury et du ravin de la Poudrière. Sa position fut essentielle, il couvrait les approches orientales de Verdun, surveillait les hauteurs de Douaumont et de Vaux, commandait les ravins descendant vers la ville et servit de centre de commandement intermédiaire pour le secteur nord-est de la place. Depuis ses hauteurs, l’observation porte très loin vers Douaumont, Thiaumont, Fleury, Tavannes et jusqu’aux lignes allemandes des Hauts-de-Meuse. Cette situation explique pourquoi les Allemands considèrent sa capture comme indispensable durant l’été 1916. Le site n’est pas seulement un fort isolé. Il s’inscrit dans un massif fortifié plus vaste, comprenant des batteries, des abris, des voies de communication souterraines ou semi-enterrées et des positions annexes.

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Vestige du casernement

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Vestige du casernement

Le fort fut construit entre 1875 et 1879, dans le cadre du système Séré de Rivières. Initialement dénommé fort Lemoine, il reçut le nom de fort de Souville en référence au village natal de Gustave de la Taille, l'officier ayant dessiné les plans. Ce village du Loiret fut rattaché en 1821 à la commune d’Yèvre-le-Châtel, devenu en 1973 Yèvre-la-Ville. Le fort avait la forme d’un pentagone irrégulier entouré d'un fossé de 10 m de largeur et de 7 m de profondeur. Le fossé était défendu par trois caponnières simples disposées aux saillants II, III et V et une caponnière double au saillant IV. Sur le glacis à l'avant des saillants II, III et IV étaient disposé des retranchements d’infanterie. Le fossé de gorge était sous le feu des créneaux d’une galerie de fusillade disposé à l’escarpe au niveau de l’entrée. Cette entrée munie d'un pont-levis du type à bascule en dessous était précédée, sur les glacis, par corps de garde défensif. Le tunnel de l’entrée, long de presque 25 m, débouchait sur la gauche de la cour. Dans cette cour se trouvait le casernement constitué de deux paires de chambrées (18 x 6 m) adossées et séparées par un couloir de circulation disposée perpendiculairement à la cour. De part et d'autre de ces chambrées se trouvaient des courettes étroites en puits de lumière. De l’autre côté de ces courettes étaient alignés des magasins à usages divers. À l'avant des chambrées, côté cour, se trouvaient alignés quatre magasins. Ces magasins possédaient un sous-sol occupé par la forge, deux magasins d’artillerie et une menuiserie. Le casernement était entouré par une rue du rempart, sauf du côté de la gorge desservant dix traverses-abris. Un poste de communication optique était installé au saillant II. Ce poste constitué d'une chambre circulaire de 3 m de diamètre et au mur épais de 1 m possédait deux conduits optiques longs de 2,60 m. À sa construction, le fort était pourvu d'un magasin à poudre d'une capacité de 9000 kg de poudre noire. Ce magasin à poudre fut remplacé en 1883 par un magasin à poudre d'une capacité de 89 000 kg érigé au saillant VI. De type 1874, ce magasin avait un local de 25 m sur 5 m auquel on accédait par une porte latérale et était muni d'un sas d'éclairage à trois créneaux à lampe. L'alimentation en eau du fort se faisait par un puits et deux citernes de 112 m³. En 1882, la garnison du fort se composait de 10 officiers et de 304 sous-officiers et soldats. En 1879 et 1880, le fort fut muni de deux batteries extérieures. En 1884, l'armement du fort se composait de cinq canons de 155L, de six canons de 7 et de deux mortiers de 22. Dans les batteries extérieures se trouvant six canons de 120L et un canon de 7. Les caponnières étaient armées de quatre canons-revolver de 40 et de quatre canons de 12 culasse.

plan

L'invention de la mélinite, explosif beaucoup plus performant que la poudre noire, par Eugène Turpin en 1885 créa la crise dite de l'obus-torpille et rendit les constructions de défense en maçonnerie obsolète. Le fort de Souville subit donc plusieurs campagnes de modernisation successives entre 1886 et 1914. Cependant, contrairement à des ouvrages plus modernisés comme les forts de Douaumont ou de Vaux, le fort de Souville ne bénéficia pas d’une reconstruction complète en béton armé. En 1888, le magasin à poudre modèle 1874 fut protégé par une couche de 2,50 m de béton spécial. Entre 1890 et 1898, fut creusé, sous le glacis entre les saillants V et VI, un abri-caverne d'une capacité de 300 places. Cet abri-caverne était constitué de six grandes chambres de 18 m de longueur et de 5 m de largeur disposées par trois en deux files. L'abri-caverne fut relié au fort par deux galeries parallèles débouchant l'une dans la chambre aux lampes du magasin à poudre et l'autre dans la traverse-abri au centre des saillants V et VI. L'abri-caverne possédait une seule entrée s’ouvrant au centre d’une façade précédé d'un fossé. Un pont mobile escamotable longitudinalement permettait de franchir ce fossé. Sur la droite de cette entrée se trouvaient des latrines et sur la gauche se trouvait le poste de garde. Pour les besoins de l’abri-caverne fut aménagée sous le magasin à poudre une vaste citerne. Les bombardements de l'abri-caverne ayant fissuré cette citerne, elle fut, durant la 1re Guerre mondiale, transformée en magasin.

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Entrée de l'abri-caverne

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Entrée de l'abri-caverne

En 1889, le fort fut relié au réseau militaire de voie étroite de 60 cm et en 1890 fut installé d’un réseau de fils de fer et de grilles défensives sur le mur de contre-escarpe au-dessus des caponnières et à l’entrée de l’abri-caverne. Entre 1890 et 1891 fut construit, à 120 m à l’ouest du fort, une batterie cuirassée équipée d’une tourelle Bussière expérimentale pour un coût de 888 980 francs. Il s’agit d’un ouvrage monobloc, entièrement en béton spécial, dont l’entrée principale en porche pouvait être obturée par un barrage de poutrelles. De part et d'autre de cette entrée du matériel se trouvent deux entrées latérales plus étroites. Toutes ces entrées donnent sur une galerie longeant plusieurs locaux pouvant recevoir 14 places couchées et le poste de commandement. Cette galerie débouche sur une volée d’escaliers menant à l’étage intermédiaire de la tourelle Bussière à mécanisme d’éclipse hydraulique, armée de deux canons de 155L. À gauche de l’escalier, un local abritait la salle de la machinerie produisant l’eau sous pression employée aux soulèvements et à la rotation de la tourelle. À côté se trouve un local abritant la fosse du contrepoids composé d’un empilement de lourds disques de fonte du poids de 70 000 kg. Ce contrepoids et le vérin hydraulique permettaient de soulever les 184 000 kg de la partie mobile de la tourelle. Une galerie annulaire entoure le puits de la tourelle. La tourelle avait une course verticale de 810 mm. Son diamètre extérieur est de 5,25 m pour 4,35 m à l’intérieur. Le manteau de la tourelle a une épaisseur de 45 cm et est couvert d'une calotte légèrement bombée en fer laminé d'une épaisseur de 25 cm.

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La tourelle Bussière

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La tourelle Bussière

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La tourelle Bussière

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La tourelle Bussière

Entre 1900 et 1914, le magasin à poudre renforcé fut transformé en casernement bétonné de 150 places couchées. L’ensemble de ces travaux transforma progressivement Souville en un massif fortifié, c’est-à-dire d’un ensemble articulé de casernements, d’abris, de batteries, de postes d’observation et de communications. En 1914, le fort joua alors un rôle d’observation, de commandement et de centralisation des liaisons téléphoniques et télégraphiques. Il servit de point d’appui aux unités du secteur de Verdun. Sa valeur résidait autant dans sa position que dans ses organes techniques, en particulier ses liaisons avec les autres forts de la place. En 1914, l'armement du fort se composait de quatre canons de 90 approvisionnés à 600 coups/pièce, de deux mortiers lisses de 15 approvisionnés à 300 coups/pièce et d'une tourelle Bussière avec deux canons de 155L approvisionnés à 2000 coups. Pour la défense des fossés, les caponnières étaient armées de cinq canons-revolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de cinq canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce. À l'extérieur du fort se trouvaient deux batteries d’artillerie armée chacune de quatre canons de 90 et une batterie d’artillerie de renforcement non armée.

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La tourelle Bussière

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La tourelle Bussière

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La tourelle Bussière

Situé en seconde ligne, le fort de Souville n’eut pas à intervenir en 1914 et 1915. Ses canons ne pouvaient pas tirer à grande distance et la mise en batterie de la tourelle Bussière se faisait difficilement. Dans le courant de 1914, on tenta sans grand résultat à remédier à ce fait. Il fut donc fait appel en 1915 au constructeur. Mais les réparations furent longues et ce ne fut qu’en octobre 1915 que la tourelle put fonctionner correctement. Après les destructions des forts belges en 1914, le haut commandement français estima les forts vulnérables à l’artillerie lourde moderne. En décembre 1915, le fort de Souville, comme tous les autres forts, fut donc privé de ces canons. L’équipe d’artilleurs chargée de la manœuvre de la tourelle Bussière fut en partie retirée, et le tube de rechange retiré. La garnison du fort fut réduite à une cinquantaine d’hommes.

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Vestige de niches à munitions

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Lorsque Verdun devint le centre de la grande offensive allemande en 1916, le fort de Souville prit une importance décisive. Après la chute de Douaumont, il devint l’un des derniers points forts capables d’arrêter ou de canaliser la progression ennemie sur la rive droite de la Meuse. Sa mission n’était plus seulement de défendre un secteur, mais de protéger l’accès direct à Verdun. Le fort servit d’observatoire avancé sur les mouvements allemands, notamment vers Fleury, la chapelle Sainte-Fine et la crête de Souville. Il permit de corriger les tirs d’artillerie français et d’alerter les unités de première ligne. Le commandement y installa une garnison renforcée, ce qui témoigne de son importance opérationnelle croissante. Au moment de l’attaque de Verdun, qui débuta le 21 février 1916, on compléta rapidement l’équipe de manœuvre de la tourelle Bussière. Entre le 24 février et le 16 mars 1916, elle tira 5 à 600 coups de canon. Le 16 mars 1916, un des canons de 155 mm de la tourelle Bussière éclata accidentellement. Cet accident mit pratiquement hors service la tourelle. Il ne fut pas possible de remettre la tourelle en état, celle-ci fut donc maintenue éclipsée à partir du 10 avril 1916 et l'on mit des sacs à terre sur sa calotte. Un poste de commandement de brigade vint s’y installer.

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Vestige de l'entrée du fort

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Vestige du casernement

Au printemps et à l’été 1916, Souville abrita une garnison nombreuse et très diversifiée. On y trouvait des artilleurs, des fantassins, des mitrailleurs, des téléphonistes, des servants de pièces, des blessés et parfois des éléments d’état-major. Le fort devint un centre nerveux du secteur, mais aussi un espace saturé où les conditions de vie se dégradèrent rapidement. Les bombardements allemands furent d’une intensité extrême. Les casemates s’effondrèrent partiellement, les fossés furent bouleversés, les réseaux extérieurs arrachés et plusieurs parties de l’ouvrage devinrent inutilisables. Entre le 21 avril et le 22 juin 1916, le fort reçut 38 000 obus de tous calibres, mais avec une majorité d'obus de 150 et 210 mm. Le 21 avril 1916, le fort reçu 680 obus, une casemate fut détruite et douze soldats furent tués. Le 22 avril, ce furent 320 obus et le 23 avril 183 obus. Le 24 avril, 240 obus dont un 305 qui tomba sur les cuisines. Le 29 avril, ce furent 907 obus, le poste d’observation sur les dessus du fort fut détruit. Le lendemain, un des 900 obus toucha le pont-levis. Les 470 obus tombés le 3 mai touchèrent principalement la cour. Le 5 mai, l’accès à la caponnière de droite fut touché par un des 280 obus tombés ce jour. Le 8 mai, ce furent deux chambrées et un croisement de galeries qui s’effondrèrent et la caponnière de droite fut percée. L'ordre d’évacuer la partie haute du fort fut alors donné. Le 11 mai, 530 obus, dont l’un d’eux éclata dans les cuisines. Le 16 mai, 261 obus. Le 24 mai, 510 obus. Tout le mur nord, le mur nord-est et la caponnière double s’effondrèrent. Le premier juin, 1248 obus. Deux voûtes furent percées dans la partie supérieure du fort. Le lendemain, 1060 obus. Le 7 juin 1916, les Allemands s’emparèrent du fort de Vaux. La situation française devint critique, Fleury était menacé, Thiaumont était ravagé, Souville constitua désormais la dernière grande position fortifiée avant Verdun. Le 8 juin, 1217 obus détruisirent le poste de secours et le pont dormant. Le 13 juin, 305 obus. Ce jour on vidangea les eaux des citernes supérieures dans celle sous le magasin à poudre. Le 15 juin, 608 obus. L'entrée de paix et le poste de police furent touchés. Le 21 juin, 1773 obus, dont certains, occasionnent des effondrements dans la galerie centrale. Le 22 juin, 2373 obus. L’observatoire arrière et celui des dessus furent détruits et un dépôt de grenades explosa, les effondrements se succédèrent et l'on cessa le comptage des obus tombés. Le 23 juin 1916, la ID 103 attaqua le fort, mais l'offensive se brisa avec des pertes importantes sur les tranchées de 2ligne à l'avant du fort. Les Allemands déployèrent de gros moyens pour venir à bout de Souville. Les bombardements par obus de 305, 380 et 420 mm furent, en juin et juillet 1916, pratiquement quotidiens. Le 1er juin, un obus de 420 tomba dans la galerie de l'abri-caverne entre les deux chambrées de droite, y tuant dix brancardiers. Le 22 juin, les communications entre le fort et l'abri-caverne furent détruites.

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L'entrée du fort en 1916

En juillet 1916, les Allemands concentrèrent leurs efforts sur Fleury-devant-Douaumont, le ravin de la Dame et les pentes de Souville. Le 11 juillet se produisirent de nouveaux effondrements à la porte de guerre. Le moment le plus célèbre de l’histoire du fort survint les 11 et 12 juillet 1916. Après une préparation d’artillerie très violente, les troupes allemandes tentèrent de pousser leur avantage vers Souville, en passant par Fleury et la chapelle Sainte-Fine. Le fort, déjà écrasé par les obus de gros calibre, n’était plus qu’un ensemble de ruines, mais il conservait une valeur tactique majeure. Le 12 juillet, à 4 h, le commandant du fort de Souville fut prévenu par le secteur que les Allemands marchaient vers le fort. La garnison se porta aux barricades intérieures en se tenant prête à ravitailler en munitions la garnison de renforcement qui se porta avec ses mitrailleuses sur le dessus de l’ouvrage. Le feu fut ouvert par les mitrailleuses sur les Allemands qui, ayant dépassé la chapelle Sainte-Fine et ayant occupé la tranchée Gentry, montaient vers 8 h à l’assaut du fort. Beaucoup furent tués, mais ils parvinrent près du fort. Les fossés n’existant presque plus, certains pénétrèrent dans le fort. Les troupes défendant la superstructure appartenant aux 5e, 9e, 10e et 12e compagnies du 140e régiment d'infanterie (RI) parvinrent à les repousser à la grenade et avec les mitrailleuses vers 9 h. La présence des Allemands sur le dessus du fort ayant été signalée, l’artillerie française y déclencha un tir de 75 qui fit des victimes parmi les défenseurs. Ordre fut donné à un peloton du 14e RI et au 25e bataillon de chasseurs (BCP), de contre-attaquer immédiatement et de reprendre le fort. Ces troupes, retenues par des tirs de barrage, arrivèrent au fort à 14 h et y pénétrèrent plusieurs heures après que les assaillants avaient été repoussés par les seuls moyens de la garnison de Souville. Quelques Allemands terrés dans des trous d’obus furent faits prisonniers par elles. Les pertes de la garnison, du 10 au 12 juillet, furent lourdes. Sur un effectif de 6 officiers et 263 hommes, un officier fut tué par intoxication, 3 autres, dont le commandant du fort, furent blessés ou intoxiqués, 20 hommes furent tués et 118 furent blessés ou portés disparus.

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Niches à munitions

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Traverse-abri

Après cette attaque, le fort continua à être bombardé journellement, les Allemands restant à proximité du fort. Le 23 juillet 1916, les premières lignes françaises ne se trouvaient qu’à 200 ou 250 m en avant de Souville. Entre les 27 et 31 juillet, le fort fut violemment bombardé par des obus de 210 mm et par des obus lacrymogènes. Le 1er aout, les Allemands déclenchèrent une nouvelle attaque dans les bois de Vaux-Chapitre, de Vaux-Régnier et de la Laufée. Les Allemands ne purent cependant pas avancer vers le fort. Les jours suivants, la contre-attaque française permit la reprise de Fleury et une avance vers la chapelle Sainte-Fine. Le 25 août, le fort de Souville était à 650 m des trous d’obus occupés par les Allemands. Lors du creusement de nouvelles galeries de liaison fut découverte le 3 août une source dont le débit permit de se passer des citernes. Le 5 août, un poste optique fut installé au-dessus de la poterne des latrines de l'abri-caverne permettant la communication avec le fort de Belrupt. Les 1er et 2 septembre, le bombardement du fort fut violent et continu et le 3 une attaque allemande de grande envergure se déclencha dans la région de Fleury-Vaux-Chapitre. Les Allemands réussirent temporairement à enfoncer les lignes françaises, mais furent bousculés vers Fleury et Souville. Les Français réussirent à s'emparer de la tranchée de Bavière et à dégager quelque peu le fort qui se trouva ainsi à 800 m de nos tranchées et à 900 m de la tranchée du Palatinat que les Allemands venaient de construire. Les jours suivants les bombardements furent toujours violents et particulièrement entre les 8 et 12 septembre, où les Allemands engagèrent de violentes contre-attaques dans toute la région de Vaux-Chapitre et de Vaux-Régnier. Cette situation resta sensiblement la même jusqu’au moment de l’attaque française du 24 octobre 1916.

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Vestiges de tranchées au fort de Souville

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En septembre 1916, on essaya d’enlever le canon et les mécanismes brisés de la tourelle Bussière, mais les installations du poste de commandement empêchèrent les travaux. Dès la fin 1916 fut entamé le creusement de nouvelles galeries qui finira par s’étendre sur 1040 m. Outre la tourelle Bussière et l’abri-caverne, ces galeries souterraines desservaient trois cloches Pamart, l’observatoire cuirassé au service de la tourelle Bussière et un petit dépôt intermédiaire. En mars 1917, on déblaya la chambre de tir de la tourelle Bussière, et l’on commença à réparer les divers organes. On ne put cependant mettre en place qu’un seul canon. Pour manœuvrer la tourelle, la machine à vapeur fut remplacée par un moteur électrique facilitant les opérations d’éclipse et de rotation de la tourelle. Trois cloches Pamart armées de mitrailleuses pour la défense des glacis furent installées en 1917. À la fin de 1917, l'armement du fort de Souville comportait une tourelle Bussière armée d'un canon de 155L et réapprovisionnée en munitions et de trois cloches Pamart à deux créneaux armées chacune d'une mitrailleuse. La défense rapprochée du fort était confiée à des mitrailleuses et à des fusils mitrailleurs.

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Cloche Pamart

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Cloche Pamart

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Cloche Pamart

À la fin du conflit, le fort était gravement dévasté, les voûtes des locaux étaient éventrées, les fossés effondrés, le béton fracturé et les galeries obstruées. Ne demeurent qu’une partie de la galerie flanquante d’escarpe à la droite de l’entrée, la caponnière du saillant V et quelques pans d’escarpe entre les saillants V et VI ainsi que les parties bétonnées. Le massif du fort n’était plus qu’un champ d’entonnoirs où quelques moellons rappelaient qu’avant il y avait des murs. Le fort fut abandonné, le secteur entier étant classé dans la "zone rouge" de Verdun. Aujourd’hui, le fort de Souville est une ruine de guerre qui appartient au domaine forestier et les intérieurs demeurent en grande partie interdits d’accès en raison des risques d’effondrement, des munitions non explosées et de la dangerosité de ces galeries. Les abords restent toutefois accessibles par les chemins mémoriels de Verdun. Les vestiges visibles, en particulier autour du massif fortifié, rappellent la densité exceptionnelle des combats et l’ampleur des transformations subies par l’ouvrage. Souville n’est pas seulement un nom célèbre de la bataille de Verdun. C’est un observatoire sur l’évolution de la guerre moderne, un témoin des limites du fort en maçonnerie, et l’un des lieux où la défense française a tenu au moment le plus critique de l’offensive allemande. L'abri-caverne, propriété de l'ONF (office National des Forêts), est interdit d’accès.

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Cloche Pamart

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Cloche Pamart

Ces photographies ont été réalisées entre 1916 et 2025.

Source :

Guide Michelin les champs de bataille Verdun, Argonne, Saint-Mihiel / Éditions Guides touristiques Michelin

Verdun 1916 / Auteur Michaël Bourlet / Éditions Perrin

Verdun par ceux qui l'ont vécu / L'illustration / Éditions Michel Lafon

Revues "Tranchées" éditées par Histoire Militaire éditions Sarl (revues trimestrielles)

 

 

 

Cette page a été mise en ligne le 16 juin 2026

Cette page a été mise à jour le 16 juin 2026