VOYAGE en ISRAËL

La Terre Sainte

Par ses dimensions, la Terre Sainte est bien modeste, mais le rôle qu'elle a joué dans l'histoire est considérable. On y découvre aujourd'hui les ruines des plus anciennes civilisations. C'est la terre des prophètes et le pays du Christ, dont l'idéal de justice et de paix, inspire encore aujourd'hui les trois grandes religions monothéistes. Elle reste la terre de l'espérance au milieu de tous les désarrois. Vers elle, du plus profond de tous les âges, les pèlerins de toutes les nations ont accouru n'hésitant pas à braver les plus grands périls. Ils voulaient découvrir le pays de la révélation. La terre du Dieu, qui depuis leur plus tendre enfance, leur était devenue si familière. C'est cette terre que nous allons découvrir ensemble.

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Jérusalem

Au milieu des collines austères de Judée, Jérusalem a été choisi par Dieu pour proclamer la sainteté de son nom à la face des nations. C'est la capitale religieuse des trois plus grandes religions monothéistes qui se partagent le monde. Pour la moitié de l'humanité, c'est la ville sainte par excellence. Les juifs y voient le symbole de leur gloire passée et l'espérance du monde à venir. Les chrétiens aiment y célébrer la semaine sainte qui vit Jésus mourir sur la croix et ressusciter d'entre les morts. Les musulmans croient que c'est à Jérusalem que le Prophète fut emporté au ciel. Berceau de la foi, ville sacrée, Jérusalem fut aussi le lieu de la désolation, de la terreur et du sang. Elle signifie paix et pourtant, à travers sa longue histoire, l'épée, n'a cessé de déchirer ses enfants. Aucune autre cité au monde n'a plus qu'elle, subi le poids de la guerre.

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Jérusalem

Tel qu'ils se présentent aujourd'hui les remparts de Jérusalem impressionnent. Ils furent reconstruits bien des fois au cours des âges. Mais c'est à l'époque turque, sous le règne de Soliman le magnifique vers 1642, qu'ils prirent leurs formes actuelles. Ils s'étendent sur 3 km environ s'élevant à 13 m de haut et sont flanqués de trente-quatre tours et de huit portes.

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Jérusalem (© Wikipédia)

C'est à l'est de Jérusalem, au-delà du Cédron, que se situe le Mont des Oliviers. Il domine la vieille ville de quelque 100 m et du sommet se dévoile un panorama étonnant. La vieille ville, les monts de Mohab et la Mer Morte à l'est. Au jour de l'Ascension, c'est de là-haut que Jésus-Christ fut emporté au ciel. C'est là qu'il aimait se recueillir. C'est là qu'il aimait se retrouver avec les siens, pour méditer et prier, leur enseignant le "Notre Père" et prédisant la destruction prochaine de Jérusalem.

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Le mont des Oliviers

Le livre des "Actes des Apôtres" nous relève, que le jour de l'Ascension, le Christ pris avec lui ses disciples au Mont des Oliviers et après les avoir bénis fut emporté au ciel. L'événement doit avoir eu lieu au sommet du Mont. La ville de Jérusalem n'est qu'à 300 m environ, c'est-à-dire la distance que l'on pouvait couvrir un jour de Sabbat et que les disciples refirent en revenant sur leurs pas. C'est là même que s'éleva une église byzantine dès le IVe siècle. Avec le passage des Perses en 614, elle devait disparaître, mais les Croisés se chargèrent de la reconstruire au XIIe siècle. L'édicule qui nous reste aujourd'hui nous vient de cette époque. Il se dresse dans l'enceinte sacrée au-dessus du roc où, selon la légende, avant de s'en aller, le Christ laissa pour nous les traces de ses pas. Arrêtons-nous ici un instant avec les Apôtres pour méditer les dernières paroles du Seigneur : "Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux confins de la terre". C'est alors qu'ils le virent s'élever puis une nuée vint le soustraire à leur regard. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'en allait, voici que leur apparurent des hommes vêtus de blanc qui leur dirent "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel, ce Jésus qui vient d'être enlevé au ciel reviendra un jour de la même manière".

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La chapelle de l'Ascension sur le mont des Oliviers (© Wikipédia)

L'église du Pater se dresse au-dessus de la grotte sacrée où selon la tradition le Christ apprit au sien le "Notre Père". C'est là aussi qu'il prédit la destruction de Jérusalem et annonça son retour pour la fin des temps. L'empereur Constantin y bâtit une église en souvenir des derniers enseignements. Le passage des Perses amena la destruction du sanctuaire qui fut relevé par les Croisés. En 1868, la princesse de la Tour d'Auvergne, cousine de Napoléon III, fut l'acquisition de la propriété au nom de la France et y établit un couvent de carmélites. Elle repose dans le cloitre du monastère tout près du mur où le "Notre Père" s'inscrit en soixante-deux langues :

Notre Père…………

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L'église des Nations (© Wikipédia)

Au pied du Mont des Oliviers, le jardin de Gethsémani est certainement un des lieux saints parmi les plus émouvants. Il n'a guère changé depuis vingt siècles. De l'autre côté du Cédron, ville et civilisation se sont succédé, ici c'est toujours le même jardin et les mêmes oliviers. Le jardin près du Cédron, nous dit Saint-Jean, était la retraite préférée du Seigneur. C'est ici au cours de sa dernière nuit parmi nous, qu'il entra en agonie acceptant de souffrir et de mourir sur la croix portant sur lui tous les péchés du monde. "Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe cependant que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne". En proie à la détresse, il priait de façon plus instante, sa sueur pareille à des gouttes de sang tombait jusqu'à terre.

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L'église des Nations (© Wikipédia)

Le jardin de Gethsémani possède encore huit oliviers dont l'origine se perd dans un passé lointain. Certains botanistes prétendent qu'ils pourraient avoir 3000 ans. L'historien Joseph nous dit qu'en 70 apr. J.-C., Titus fit abattre tous les arbres autour de Jérusalem. Si les oliviers de Gethsémani échappèrent à la destruction, ils peuvent être contemporains du Christ.

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Olivier

La première basilique de Gethsémani, œuvre des Byzantins, s'éleva en ce lieu sanctifié par la prière et l'agonie du Seigneur. Ce fut aussi l'une des premières à disparaître sous les coups des Perses. Les Croisés la relevèrent, mais l'église actuelle, une des plus belles de Terre Sainte, date des années 1950 et comme seize pays prirent part à sa réalisation elle porte désormais le nom d'Église des Nations.

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L'église des Nations

La lumière tamisée qui filtre à travers des verrières violettes et la beauté de la décoration nous incite tout de suite à la prière et au recueillement. Sur les coupoles figurent les armoiries des nations qui participèrent à la construction de cette église. Toutes portent de magnifiques mosaïques faiblement éclairées par les fenêtres d'albâtre. Devant l'autel, on peut encore voir ce qui reste du rocher de l'agonie.

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L'église des Nations (© Wikipédia)

A proximité, avec ses sept clochetons à bulbe, se trouve un bel exemple de l'ancien art moscovite. Le tsar Alexandre III fit construire, en souvenir de sa mère, une église qui porte son nom : Marie Madeleine. Le couvent appartient aux religieuses russes.

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Sainte Marie Madeleine (© Wikipédia)

La vallée du Cédron commence au pied du mont Scopus au nord-ouest de Jérusalem et sépare le Mont des Oliviers de la vieille ville. Le Christ a dû la franchir bien des fois lorsqu'il montait au temple par la Porte Dorée ou lorsque, par le Mont des Oliviers la nuit tombée, il rejoignait les siens et son ami Lazare à Béthanie. Au soir du jeudi saint, quittant le Cénacle pour Gethsémani, il emprunta certainement cette voie qu'il refit ensuite en sens inverse lorsqu'on le conduisit devant le grand prêtre Caïphe. Dans la vallée du Cédron, on peut encore voir quatre tombeaux très anciens attribués à Absalom, Josaphat, Zacharia et Hezir. Ils sont certainement plus récents. Les traditions locales font du Cédron le lieu du jugement général à la fin des temps. Cette croyance a fait du Cédron, une immense nécropole que se partagent juifs, musulmans et chrétiens.

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Tombeaux de la vallée du Cédron

Vers 700 av. J.-C., le roi Ézéchias entreprit de soustraire aux envahisseurs assyriens qui assiégeaient la ville, l'unique source d'eau vive qui alimentait Jérusalem. Dans ce but, ses ouvriers se mirent à creuser dans le roc un tunnel qui permettrait à la fontaine de Gironne situé à l'extérieur des murailles de s'écouler en direction de la piscine de Siloé à l'abri des murailles de la ville. On dissimula la source derrière un nouveau mur et Jérusalem fut sauvé lorsque succombant à la soif et à la peste, les Assyriens durent se retirer. Le tunnel en forme de "S" mesure un peu plus de 500 m. Les ouvriers commencèrent à chaque extrémité et réalisèrent une sorte d'exploit en se rejoignant au milieu sans s'être écartés de plus d'un mètre.

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Le tunnel d'Ézéchias (© Wikipédia)

L'église Saint-Pierre en Alicante qui domine la vallée du Cédron fut achevée en 1931 sur le lieu même où la tradition place le palais du grand prêtre Caïphe. Trahis et enchainé, c'est ici que le Christ dût comparaitre devant le Sanhédrin. Il y passa sa dernière nuit, il fut mis en jugement et fut condamné. C'est ici que Pierre renia son maitre par trois fois au chant du coq avant de s'effondrer en larmes. De Saint-Pierre, on jouit d'un panorama splendide sur la cité de David, l'esplanade du Temple, le Mont des Oliviers et le Cédron.

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L'église St Pierre en Alicante (© Wikipédia)

Au soir du jeudi saint, c'est au Cénacle que le Seigneur prit son dernier repas avec les siens. Après la résurrection, il y apparut deux fois à ses disciples et c'est là qu'ils reçurent l'Esprit-Saint. Les premiers chrétiens s'étaient installés au mont Sion et dès le 1er siècle, ils y possédèrent une petite église qui échappa aux destructions de 70 et de 135 grâce à son isolement. Agrandie par les Byzantins, elle reçut le nom de Sainte-Sion réalisant la prophétie d'Isaïe : "De Sion sortira la loi. De Jérusalem viendra la parole de Dieu". Attardons-nous au Cénacle où l'heure venue, Jésus se mit à table avec ses apôtres et leur dit : "J'ai désiré avec ardeur manger cette Pâque avec vous avant de souffrir, car je vous le dis, je ne la mangerais jamais plus jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le royaume de Dieu". Puis, prenant du pain et rendant grâce, il le rompit et leur donna, en disant : "Ceci est mon corps qui va être livré pour vous. Faites ceci en mémoire de moi". Il fit de même avec la coupe après le repas disant : "Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui va être livrée pour vous". À vingt siècles de distance, nous entendons toujours ces paroles comme nous partageons l'émotion des disciples qui ici même, toutes portes étant closes, découvrent parmi eux le Seigneur ressuscité. "Porte ton doigt ici, Thomas. Voici mes mains, avance ta main, mets-la dans mon côté et ne sois plus incrédule, mais croyant".

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Le Cénacle (© Wikipédia)

Pour Israël, le tombeau du roi David constitue après le mur occidental que l'on appelait autrefois le Mur des Lamentations, l'un des lieux les plus sacrés. Le rabbin Benjamin de Tutelle au cours d'une visite à Jérusalem, l'aperçut et nous laissa une description : "Construit en pierre et couvert de broderie, le tombeau porte des couronnes d'argent que l'on place habituellement sur les rouleaux de la Torah".

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Le tombeau du roi David

Lorsqu'ils furent chassés de Jérusalem, les Croisés laissèrent derrière eux un bel ensemble de trente-sept églises. Sainte-Anne, la mieux préservée est un vrai joyau et reste le plus bel exemple de l'architecture franque en Terre Sainte. Construite après 1100 en style roman par l'épouse de Bauboin 1er et recouverte d'une voute d'arête, elle possède une coupole sur pendentif et un portail en arc brisé. Sous l'église, une crypte vénérée, conserve le souvenir de la nativité de la Vierge Marie. Là, où selon la tradition, vivaient ses parents Joachin et Anne.

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L'église Sainte-Anne de Jérusalem (© Wikipédia)

La piscine de Bézatha n'est qu'à quelques mètres de la porte Saint-Étienne dans l'enceinte de la vieille ville. Au temps du Christ, c'est à sa proximité que se trouvait la porte des Brebis qui donnait accès au temple. Les invalides se réunissaient près de la piscine dont les eaux avaient des propriétés curatives reconnues. C'est à la piscine de Bézatha que le Christ guérit un infirme paralysé depuis plus de trente ans. La piscine, qui avait disparu sous un amas de décombres, a été retrouvée par les Pères blancs. Elle se présentait comme un rectangle de 120 m de long sur 70 m de large et pouvait avoir huit mètres de profondeur. Elle était entourée de quatre portiques, mais un cinquième la partageait en son milieu confirmant ainsi le récit de Saint-Jean qui nous parle d'une piscine à cinq portiques.

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La piscine de Bézatha (© Wikipédia)

Ponce Pilate fit amener Jésus dehors et s'assit à son tribunal au lieu appelé le dallage en hébreu : Gabata. Le jugement public du Christ devant Pilate eut lieu sur ce dallage que l'on appelait en grec lithostrotos. C'est ici que le procureur romain présenta le Christ à la foule déchainée s'écriant : "voici l'homme". Il le fit flageller et se lavant les mains condamna finalement Jésus à mourir sur la croix. Le dallage que l'on a découvert en 1931 appartenait à la cour de l'Antonia, la forteresse où Jésus fut condamné et où il commença à porter sa croix. Les pierres que le Seigneur a foulées et que l'on peut encore voir sont striées pour éviter aux chevaux de glisser. Sous le dallage, d'immenses citernes permettaient de recueillir l'eau de pluie.

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Le lithostrotos (© Wikipédia)

Gravé dans la pierre des dalles, on a pu retrouver des traces de jeu qui servaient de distraction aux soldats de la garnison. Dans leur jeu du roi avec les osselets, il est bien possible qu'ils tournèrent le Christ en dérision avant de le mettre à mort rendant ainsi ce dallage particulièrement émouvant.

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Détail du lithostrotos (© Wikipédia)

Jésus s'avança, portant sa croix tout au long de la Via Dolorosa. "Je suis la mère des douleurs et personne n'est là pour me consoler. Que la mort de ton fils donne la vie à ceux qui la désirent".

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Le chemin de croix du Christ (© Wikipédia)

L'église du Saint-Sépulcre recouvre et rassemble aujourd'hui ce qu'il reste du Golgotha, la colline où le Christ fut crucifié, et le tombeau où l'on déposa son corps. La crucifixion eut lieu hors de l'enceinte de la ville, mais déjà en 324 lorsqu'on la construisit pour la première fois, l'église se trouvait presque au centre de Jérusalem. L'empereur Hadrien dans son désir de mettre fin aux religions juive et chrétienne voulut effacer jusqu'au souvenir du calvaire et du tombeau du Christ en y érigeant un temple dédié à Jupiter. Loin de détruire et de profaner le lieu le plus sacré de la chrétienté, il le préserva. En 326, Constantin, pour le retrouver, n'eut qu'à détruire le temple d'Hadrien. Il construisit alors une magnifique basilique qui connut bien des infortunes. Les Perses d'abord la détruisirent. Après une reconstruction sans éclats dus à l'abbé Modeste, elle fut ravagée une nouvelle fois, par le calife Akem. Ce fut l'origine du grand ébranlement des croisades. L'église actuelle est en grande partie l'œuvre des Croisés et malgré bien des restaurations, elle a conservé leurs marques.

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L'église du Saint-Sépulcre (© Wikipédia)

Le rocher du calvaire s'élevait à quinze mètres environ au-dessus du sol. Il présentait l'apparence extérieure d'un crâne. Les chrétiens croient que c'est au Golgotha que c'est accompli le salut du monde. Dans le silence, méditons les dernières paroles du Seigneur crucifié entre deux malfaiteurs : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font". "Femme, voilà ton fils, voici ta mère" et ils se moquaient de lui. "Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même". "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume". "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Il s'écria : "J'ai soif" et ils l'abreuvèrent de vinaigre puis, poussant un grand cri, il dit "Tout est accompli, Père, je remets mon esprit entre tes mains". Il baissa la tête et rendit l'esprit. Les soldats vinrent ensuite et l'un d'entre eux lui perça le côté et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.

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L'église du Saint-Sépulcre (© Wikipédia)

À l'endroit où il avait été crucifié, il y avait un jardin et dans ce jardin un tombeau neuf. Personne n'y avait encore été mis. En raison des préparatifs de la Pâque juive, comme le tombeau était tout proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus. Au pied du calvaire, on le déposa dans une tombe creusée dans le roc qui appartenait à Joseph d'Arimathie. Comme toutes les tombes des juifs fortunées, celle-ci contenait deux chambres. La première servait de lieu de rencontre pour la famille en deuil et c'est dans la deuxième sur une plate-forme aménagée dans le roc que l'on déposait le corps. Avec les sept femmes, Pierre et Jean, qui coururent au tombeau au matin de Pâque, laissons-nous saisir par la joie. Le Christ est ressuscité, il a vaincu la mort. Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant.

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Le tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre (© Wikipédia)

La citadelle est l'œuvre d'Hérode le Grand qui la construisit pour servir de palais royal et protéger les abords ouest de Jérusalem. Elle était entourée de rempart et munie de trois énormes tours. Titus l'épargna pour en faire la caserne à la Xe légion romaine. À la base de la construction, de gros blocs de pierre de la période hérodienne sont encore visibles. Les Croisés puis les Mamelouks restaurèrent la citadelle, mais l'édifice actuel est surtout le résultat du travail entrepris par Soliman le magnifique.

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La tour de David (© Wikipédia)

La Porte Dorée fut réalisée au VIIe siècle par les Byzantins. Elle correspond à la porte de la Miséricorde que l'on trouvait dans le deuxième temple. Le jour des Rameaux, c'est par cette porte que Jésus fit son entrée triomphale dans la ville. Les chrétiens y attachent également le souvenir de la belle porte où Pierre guérit le boiteux. Cette porte fut condamnée par les Turcs.

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La porte dorée

La porte Saint-Étienne correspond probablement à l'ancienne porte des brebis. Une ancienne tradition situait près de là le martyr de Saint-Étienne. On l'appelle aussi la Porte des Lions à cause des deux sculptures qui lui servent de décoration. Pour les Arabes, c'est la porte de Sidi Maria, car elle conduit à la tombe de la Vierge Marie dans la vallée du Cédron.

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La porte Saint-Étienne (© Wikipédia)

La porte de Damas contrôlait une ancienne route qui conduisait à la capitale de Syrie. Depuis le VIIe siècle, les Arabes l'appellent Bat El Amou à cause de la colonne qu'Hadrien y avait dressée au bord d'une ancienne voie romaine. Des fouilles récentes ont permis de retrouver sous la construction actuelle deux portes plus anciennes qui dateraient de la période d'Hérode le grand et pour la plus récente du temps d'Hadrien. La porte actuelle fut construite par les Turcs. C'est la plus belle et la plus animée des portes de la vieille ville de Jérusalem.

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La porte de Damas (© Wikipédia)

Tour à tour, Bethléem, Hébron, Jérusalem, Machéronde, Sébaste et bien d'autres sites moins connus ont été regardés comme la patrie de Jean-Baptiste. Mais de toutes les localisations proposées, celle d'Emkaren reste la plus célèbre. On construisit dans ce village une église qui constitue le témoignage le plus ancien du culte de Jean-Baptiste en Palestine et qui servit par la suite à commémorer la rencontre de Marie et d'Élisabeth. Les pèlerins aiment se retrouver dans la campagne paisible d'Emkarem où le Nouveau Testament est venu au-devant de l'Ancien pour proclamer la joie des pauvres que Dieu choisit pour son grand dessein d'amour. Deux églises les attendent à Emkarem. La première, construite sur un ancien sanctuaire chrétien du IVe siècle, évoque la nativité de Jean-Baptiste le précurseur et date de 1675. La deuxième, élevée sur un vieux puits et les restes d'un monastère des Croisés, a été restauré récemment et nous permet de revivre le mystère de la Visitation.

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Emkarem (© Wikipédia)

Les Apôtres transportèrent le corps de Marie jusqu'à la vallée de Josaphat que le Seigneur leur avait désignée et le déposèrent dans un sépulcre neuf. Ainsi s'exprime un ouvrage apocryphe du Ve siècle, le "Passage de Marie", qui reflète une opinion communément admise à l'époque par les chrétiens de Jérusalem. De fait, vers 455, une église destinée à commémorer l'ensevelissement passagé de la Vierge fut élevée au nord de la vallée du Cédron tout près de Gethsémani. Le tombeau de la Vierge est une simple chambre funéraire avec une banquette en marbre assez analogue au tombeau du Christ. Les chrétiens aimeront y vénérer la Vierge Mère que le Seigneur fait participer à son triomphe. En Marie, c'est l'humanité pleinement réconciliée qui reprend sa place auprès de Dieu.

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Le tombeau de la Vierge Marie (© Wikipédia)

L'architecture curieuse du sanctuaire du livre reproduit le couvercle des jarres où l'on découvrit les manuscrits de la Mer Morte. Les textes de Qumran opposent les Fils de la Lumière, c'est-à-dire les membres de la communauté essénienne, aux Fils des Ténèbres ainsi qu'ils appelaient tous les autres hommes. Le jeu des couleurs, le sanctuaire du livre tout en blanc et le mur noir au-dessus de l'entrée veulent exprimer cette opposition. Le mur en basalte noir symbolise aussi le lourd fardeau qui depuis 2000 ans n'a cessé de peser sur Israël.

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Le sanctuaire du livre (© Wikipédia)

Conçu comme une grotte souterraine avec une sorte de tunnel, le sanctuaire du livre renferme les célèbres manuscrits de la Mer Morte, les rouleaux trouvés à Massada et divers objets recueillis lors des fouilles. Le rouleau d'Isaïe, qui a plus de huit mètres de long, est exposé sur une plateforme.

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L'intérieur du sanctuaire du livre (© Wikipédia)

La Knesset, le parlement israélien, est une construction en pierre rouge de Jérusalem inaugurée en 1966. La salle de réception est ornée d'une tapisserie de huit mètres de haut signée de Chagall. Le parlement d'Israël est élu au suffrage universel tous les quatre ans par les citoyens de plus de dix-huit ans. Le gouvernement est directement responsable devant la Knesset.

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La Knesset

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La ménorah de la Knesset

L'esplanade du temple occupe une surface de quelque quatorze hectares soit le sixième environ de la vieille ville de Jérusalem. La tradition l'identifie avec le mont Moriah où Abraham fut amené à immoler son fils Isaac. La montagne fut sanctifiée par la construction du temple au temps de Salomon et par la présence de l'Arche d'Alliance. Le temple de Salomon devait disparaître à l'arrivée de Nabuchodonosor. Zorobabel allait relever ces murs quelques années plus tard. Il ne connaitrait cependant toute sa splendeur qu'au temps du roi Hérode le grand, autour des années 20 av. J.-C.. La destruction allait être totale en 70 apr. J.-C. lors de la conquête de Jérusalem par Titus et l'esplanade devait rester un amas de décombres jusqu'à l'invasion arabe du VIIe siècle. Et comme selon la tradition musulmane, c'est depuis le mont Moriah que le Prophète serait monté au ciel, on a vu s'épanouir ici une des mosquées les plus importantes et des plus belles de l'Islam.

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L'esplanade du temple (© Wikipédia)

Le dôme du rocher, encore appelé mosquée Omar, est l'œuvre du calife omeyyade Adel Malik Ben Mariam qui voulait faire de Jérusalem une ville sainte musulmane et la substituer à La Mecque où s'était installée une dynastie rivale. À grands frais, engageant dans la construction tous les revenus que pendant sept années il put retirer de sa riche province d'Égypte, il en a fait un des chefs-d'œuvre de l'Islam et un lieu saint qui ne le cède en importance qu'à la Kaaba et à la tombe du Prophète à Médine. Le dôme recouvert d'or qui le couronne étincelle au soleil de Jérusalem.

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Le dôme du rocher

Le rocher du Moriah est toujours visible sous le dôme dans la mosquée. C'est sur ce rocher qu'Abraham se serait préparé à immoler son fils Isaac et c'est aussi de là, qu'une nuit, le Prophète serait monté au ciel.

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Le rocher du Moriah (© Wikipédia)

Bien que conçues et réalisées par des artistes byzantins, toutes les décorations intérieures de la mosquée d'Omar portent la marque de l'orient. Les ornements de la coupole, les riches couleurs de la verrière, les mosaïques des murs créent une sorte d'enchantement et porte à l'adoration.

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Le dôme du rocher (© Wikipédia)

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Le rocher d'Abraham (© Wikipédia)

Au sud de l'esplanade, la mosquée d'El Aksa a été réalisée entre 709 et 715 par le Calife Woulid, fils d'Adel Malik Ben Mariam. Détruit et rénové bien des fois, il reste assez peu de choses de l'édifice primitif. La mosquée, construite sur les fondations d'une église byzantine, recouvre à peu près exactement l'emplacement du palais de Salomon. Au temps des Croisés, les rois latins y avaient leur palais qu'ils cédèrent bientôt aux Chevaliers du Temple. Contrairement au dôme du rocher qui ne se prête qu'à la prière individuelle, la mosquée El Aksa sert à la prière publique. Elle peut accueillir de grandes foules pour les cérémonies officielles.

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La mosquée El-Aksa

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Le Mont des Oliviers, la mosquée El-Aksa et Jérusalem

Pour le peuple juif, voici le lieu saint par excellence, le mur occidental ou Mur des Lamentations. On y retrouve les derniers restes visibles du temple. Le mur occidental appartenait à un ensemble plus vaste qu'Hérode le grand avait édifié en 20 av. J.-C.. Ce qui reste avec ses énormes blocs de pierre fut épargné par Titus. Au cours de la période romaine, les juifs ne pouvaient pas se rendre à Jérusalem. Sous la domination byzantine, ils furent autorisés d'y venir une fois l'an, au jour anniversaire de la destruction du temple. Ils pouvaient alors se lamenter sur la dispersion de leur peuple et pleurer sur les ruines du temple. Ce fut l'origine de l'appellation du Mur des Lamentations.

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Le mur des Lamentations

La coutume de prier au mur s’est maintenue pendant des siècles. De 1948 à 1967, la visite au mur leur fut de nouveau interdite, car il appartenait au secteur jordanien. Depuis la guerre des Six Jours, le mur occidental est devenu un lieu de réjouissance public. Il reste un lieu de culte et une vaste esplanade permet d'y accueillir des milliers de visiteurs.

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Prières dans les souterrains du Mur des Lamentations

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Voici une représentation de la ville de Jérusalem tel qu'on pouvait la voir au temps du roi Hérode le grand. La construction de la maquette a demandé sept années de recherche et d'étude. Présentée avec beaucoup de soin à l'échelle du cinquantième, elle occupe un peu plus de 1000 m2. Nous avons là une image assez fidèle de ce que devait être Jérusalem au temps du Christ.

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Maquette de Jérusalem

Bethléem s'étale sur les flancs d'une colline rocheuse à moins de dix kilomètres au sud de Jérusalem. Ses origines remontent à l'époque lointaine des Patriarches. Le livre de la Genèse y place la mort de Rachel. Rachel mourut et fut enterrée sur le chemin d'Ephrata, c'est-à-dire Bethléem. Ruth, la Moabite, y rencontra Booz qui l'épousa. C'est à Bethléem que naquit David et qu'il reçut l'onction royale des mains du prophète Samuel. "Mais toi, Bethléem, Ephrata, le moindre des clans de Judas, c'est de toi que naitra celui qui doit régner sur Israël". S'inscrivant dans la lignée davidique par sa naissance à Bethléem, le Christ a désormais immortalisé la petite cité de Judas qui depuis 2000 ans ne cesse de vivre dans le cœur de tous les chrétiens.

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Bethléem

En 135 apr. J.-C. sous le règne d'Hadrien, la grotte de la nativité, tout comme le calvaire et le tombeau du Christ allait connaître la profanation. Hadrien y implanta un bois sacré pour y célébrer le culte d'Adonis. Il n'en fallait pas davantage pour fixer à jamais le lieu où pour les Chrétiens le Verbe s'est fait chair. Constantin retrouvera ainsi intacte la grotte de la nativité qu'il surmonta d'une riche basilique. Gravement endommagée en 529 à la suite de la révolte des Samaritains, Justinien la fit reconstruire immédiatement et l'église que nous pouvons voir aujourd'hui reste son œuvre pour l'essentiel. En effet lorsqu'en 614, les Perses s'acharnèrent contre les églises et les couvents de Terre Sainte, seule l'église de la nativité trouva grâce à leurs yeux. Ils avaient cru reconnaître, sur une mosaïque présentant les Mages en adoration devant le fils de Dieu, les anciens sages de leur pays. L'église de la nativité est ainsi la plus ancienne de Terre Sainte et peut être même de toute la chrétienté.

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L'église de la nativité

La basilique de la nativité a la forme d'une croix de 60 m de long pour 30 m de large. Quatre rangées de colonnes en pierre rouge du pays la divisent en cinq nefs. Sous le pavement actuel, des travaux réalisés en 1936 ont permis de retrouver des mosaïques du IVe siècle. Au-dessus de la grotte de la nativité, le cœur des Grecs a été entièrement sculpté en bois de cèdre du Liban.

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L'église de la nativité (© Wikipédia)

On accède à la grotte de la nativité qui a une forme rectangulaire par deux petites entrées aménagées sur les côtés. Une étoile d'argent et l'inscription en latin "Jésus Christ naquit ici de la Vierge Marie" marquent le lieu de la naissance du Christ.

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Le lieu de la nativité

Marie mit au monde son fils premier-né, l'enveloppa de lange et le coucha dans une crèche, car il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie. Sur les côtés, à l'intérieur de la grotte, une sorte de mangeoire aujourd'hui transformée en chapelle latine, serait l'endroit où Marie déposa le fils de Dieu. Tout autour, il n'y a plus que des murs noircis par la fumée des cierges et des lampes. Voilà ce qu'il reste pour évoquer l'incarnation du Verbe qui dans l'humilité vint ici partager notre condition humaine.

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La grotte de la nativité (© Wikipédia)

Il y avait dans la contrée des bergers qui vivaient au champ et qui la nuit veillaient tour à tour à la garde de leurs troupeaux. L'ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté. Ils furent saisis d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit "rassurez-vous, car voici que je vous annonce une grande joie qui sera celle de tous les peuples. Aujourd'hui, dans la cité de David, un sauveur est né, qui est le Christ Seigneur". Bien que l'évangile ne situe pas exactement cette première manifestation de Dieu aux pauvres, l'ancienne tradition la fixe au champ des pasteurs à quatre kilomètres environ de Bethléem.

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Le champ des bergers (© Wikipédia)

Rachel mourut et fut enterrée sur le chemin d'Ephrata. C'est Bethléem. Jacob dressa une stèle sur son tombeau. C'est la stèle du tombeau de Rachel qui existe encore aujourd'hui. Le petit monument surmonté d'un dôme qui recouvre aujourd'hui la tombe ne date que du XVe siècle. Mais tour à tour, juifs, musulmans et chrétiens viennent y prier et en particulier les futures mamans du pays de Bethléem.

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Le tombeau de Rachel (© Wikipédia)

Par sa forme conique, qui le fait ressembler à un volcan, l'Hérodion se détache nettement de l'horizon parmi les monts désolés de Juda à quelque huit kilomètres au sud-est de Bethléem. Hérode le grand lui a laissé son nom. C'est lui qui construisit ici le magnifique palais fortifié dont la citadelle protégeait un ensemble de résidences somptueuses et de jardins en terrasse. Ceux-ci communiquant entre eux par un escalier de deux cents marches taillé dans le marbre le plus pur. Après sa mort, Hérode voulut être enterré ici dans un cercueil d'or massif constellé de pierreries avec un couvercle de pourpre aux broderies multicolores.

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L'Hérodion (© Wikipédia)

En quittant Loth, son neveu, c'est vers Mambré qu'Abraham se dirigea et c'est là qu'il érigea un autel pour son Dieu. À Mambré, il donna l'hospitalité aux trois anges venus lui annoncer que sa femme Sara aura enfin un enfant. C'est d'ici qu'il partit au secours de Loth et c'est ici encore qu'il adressa au Seigneur sa prière d'intercession pour Sodome et Gomorrhe. Enfin, c'est à Mambré que David reçut l'onction royale.

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L'autel d'Abraham (© Wikipédia)

Abraham se rendit aux portes d'Hébron pour y acheter la caverne de Macbella qui devait devenir le caveau de famille. Il y enterra Sara et y fut lui-même enterré ainsi que son fils Isaac et sa femme Rebecca, Jacob et sa femme Léa. L'Islam considère Hébron comme une de ses villes saintes en raison de la sépulture d'Abraham et de ces fils, auquel il reconnaît la qualité de prophètes. À Hébron, David reçut l'onction royale. Il y vécut durant les sept premières années de son règne.

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Hébron (© Wikipédia)

Hérode le grand transforma la caverne de Macbella en crypte à plusieurs salles et l'entoura d'une enceinte sacrée : le Haram. L'édifice actuel est impressionnant et il est encore facile d'y reconnaître la construction hérodienne d'origine sous les apports byzantins, Croisés et Mamelouk.

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Le tombeau des patriarches (© Wikipédia)

La mosquée qui se dresse sur la caverne est pour l'essentiel l'œuvre des Croisés. On peut y voir six cénotaphes placés immédiatement au-dessus des tombes des patriarches et de leurs épouses. Par respect pour la sainteté de ces lieux, les musulmans ne pénètrent jamais dans la caverne elle-même. Les cénotaphes d'Abraham, d'Isaac et de Jacob sont recouverts d'étoffes vertes aux broderies d'or. Celles de Sara, de Rebecca et de Léa portent des tissus de pourpre.

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Le tombeau d'Abraham (© Wikipédia)

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Le tombeau de Sara

On peut voir les tombes d'Isaac et de Rebecca au milieu de la mosquée non loin d'une niche de prière orientée vers La Mecque. La chaire sur la droite, finement sculptée en bois de cèdre, aurait été offerte par Saladin au XIIe siècle.

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Les tombeaux d'Isaac et de Rebecca (© Wikipédia)

La forteresse rocheuse de Massada se dresse dans le désert de Juda à trois kilomètres environ du rivage occidental de la Mer Morte. Un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire juive s'y déroula et depuis Massada est devenu pour le monde juif le symbole du courage et de l'héroïsme. Hérode le grand construisit au sommet de Massada une énorme forteresse qui après la chute de Jérusalem en 70 apr. J.-C. tomba aux mains des patriotes juifs dirigés par Éléazar Ben Ahir. Renforcés par des troupes de combats venus de Jérusalem, ils décidèrent de poursuivre ici leur lutte pour la liberté. En 72 apr. J.-C., un général de Titus, Flavius Silva vint mettre le siège devant Massada. Après des mois de combat, il put enfin ouvrir une brèche dans les remparts. Ce voyant perdu, Ben Ahir rassembla ses hommes et leur adressa un discours particulièrement émouvant, les invitant à choisir la mort plutôt que de tomber entre les mains de leurs ennemis. Ils tirèrent au sort dix d'entre eux qui reçurent pour mission de tuer les autres et c'est ainsi qu'en entrant dans la forteresse, les Romains ne trouvèrent devant eux qu'un monceau de cadavres. Deux femmes et cinq enfants, qui s'étaient cachés pour échapper au massacre, se présentèrent pour rapporter ce qui s'était passé. Au lieu de se réjouir puisque c’étaient leurs ennemis, les Romains ne pouvaient d'admirer que par un si grand mépris de la mort, tant de juifs puissent arrêter et exécuter une pareille résolution.

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Massada (© Wikipédia)

Décidé à écraser ce dernier foyer de résistance, le général Flavius Sylva marcha sur Massada avec ses meilleures troupes, les soldats de la Xe légion, et prit toutes les dispositions nécessaires pour un très long siège. Sur toute sa circonférence, soit sur près de cinq kilomètres, il entoura la forteresse d'un vallum et disposa huit camps aux points stratégiques. Investie de tous côtés, la forteresse assiégée était désormais isolée sans communication avec l'extérieur. Il n'y avait plus aucun espoir d'en échapper. Autour du rocher de Massada, on peut encore voir sur le sol les traces de ces camps romains.

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Massada avec les camps romains

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Avec l'aide de volontaires venus du monde entier, de 1963 à 1965, le professeur Ikael Jadim put ouvrir au sommet de Massada un immense champ de fouille. Parmi bien d'autres découvertes de cette forteresse construite à si grand frais, on peut voir ici les restes des magasins de Massada. Le rocher de Massada, qui se dresse fièrement au milieu du désert, est le dernier témoin du courage et de la dignité de ceux qui préférèrent la mort à l'esclavage. Il n'y a guère en Israël de paysage plus émouvant.

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Les magasins de Massada

Le village de Béthanie s'étale au pied du Mont des Oliviers, à trois kilomètres à l'est de Jérusalem. Depuis le IVe siècle, le nom arabe du village, Elazarié, conserve encore le souvenir de Lazare qui y vivait avec ses deux sœurs, Marthe et Marie. Rendant visite à ses amis, Jésus aimait la solitude de Béthanie où il révéla à Marthe les secrets d'une vie meilleure. "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour beaucoup de choses, pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée". C'est à Béthanie que Jésus ressuscita Lazare et c'est là encore dans la maison de Simon le lépreux que Marie répandit sur sa tête de l'huile précieuse.

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Le village de Béthanie (© Wikipédia)

C'était un caveau avec une pierre par-dessus. La tombe de Lazare avait dû être taillée dans le roc dans ce caveau. C'est pourquoi le Christ dû crier d'une voix forte "Lazare vient ici dehors". Aujourd'hui c'est dans l'obscurité par un escalier de vingt-deux marches qu'on accède au tombeau de Lazare. La porte d'origine devait se trouver au niveau du sol.

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Le tombeau de Lazare (© Wikipédia)

L'oasis de Jéricho étend sa nappe de verdure en bordure du fossé jordanien. Cette grande dépression, qui depuis l'Hermon aux neiges éternelles, se prolonge jusqu'au golfe d'Aqaba. Depuis les temps les plus reculés, on connaissait la fertilité de Jéricho, la richesse de son sol, ses nombreuses sources, ses oranges, ses bananes, ses dattes. On l'appelait la ville des palmes. Si son climat paraît étouffant l'été, la douceur de ses hivers crée une sorte d'enchantement parmi les fleurs et leur parfum pénétrant. Les hommes qui se sont installés ici, entre le Xe et le VIIe millénaire av. J.-C., ne s'y sont pas trompés. Ce fut sans doute le berceau de la civilisation et la plus ancienne concentration urbaine de l'histoire.

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Jéricho (© Wikipédia)

C'est au docteur Sedlin que revint l'honneur d'avoir entrepris les premières fouilles sur le site de Jéricho. On était en 1908 et son effort a été poursuivi depuis. C'était d'abord Arstand de l'école britannique d'archéologie qui dirigea six campagnes de fouilles puis Miss Katlin Kinnian en 1952. Au cours des derniers travaux, on a pu mettre au jour les strates, ou niveaux d'occupation, les plus anciennes qui soient aujourd'hui connues. Un examen au C14 a confirmé ces vues. La plus intéressante découverte de Jéricho, la célèbre tour néolithique, daterait de 7000 ans av. J.-C.. Construite en pierre sèche et mortier, elle est ouverte de haut en bas et par un escalier de vingt-deux belles marches, on pouvait descendre jusqu'au fond de la tour.

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Les ruines de Jéricho (© Wikipédia)

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L'amphithéâtre de Jéricho

Les évangiles placent la tentation du Christ tout de suite après son baptême au Jourdain. Jésus rempli de l'Esprit-Saint revint des bords du Jourdain et fut conduit par l'Esprit au travers du désert où pendant quarante jours il fut tenté par le Diable. Aucun détail dans l'évangile ne permet de préciser le lieu où le Christ jeuna pendant quarante jours. Une tradition tardive place cependant la première et la troisième tentation au Djebel Quarantal à l'ouest de l'ancienne Jéricho. Depuis le sommet de la montagne, on jouit d'un panorama exceptionnel sur la vallée du Jourdain et les monts de Moab. Et l'on imagine facilement que lorsqu'il lui offrait tous les royaumes de la terre, le Diable n'avait qu'à tendre la main vers Jéricho et toutes ses richesses.

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Mont de la tentation du Christ (© Wikipédia)

Depuis les neiges éternelles de l'Hermon, le Jourdain descend jusqu'aux profondeurs de la Mer Morte. Sur les rives de cette rivière sainte se tenait Jean le baptiste, prêchant et baptisant. Un personnage austère, vêtu de poils de chameau, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Quittant sa Galilée natale, Jésus s'avança vers lui pour être baptisé dans les eaux du Jourdain. Le souvenir du baptême du Seigneur est fixé aujourd'hui à huit kilomètres à l'est de Jéricho. Non loin de là, sous la conduite de Josué, les israélites ont franchi le fleuve pour pénétrer dans la terre promise. Et c'est là encore qu'Élie le prophète fut emporté dans un char de feu.

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Le Jourdain (© Wikipédia)

Entre les falaises fauves des monts de Moab et de Judée, la Mer Morte fascine par le mystère qu'elle semble recouvrir. Elle étend ses eaux bleuâtres sur une surface de 900 km2 et sa profondeur ne dépasse guère 400 m, mais 430 m en dessous du niveau de la mer. Elle représente le point le plus bas de toute l'écorce terrestre. Son nom semble lui convenir parfaitement puisque toute vie végétale et animale est absente de ces rives. L'eau est pratiquement saturée de sel.

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La Mer Morte

Qumran, au nord-ouest de la Mer Morte, est devenu célèbre depuis la découverte des manuscrits de la Mer Morte. C'est là que vivait la communauté des esséniens. De 1951 à 1956, le site de Qumran fut soumis à des fouilles minutieuses. Derrière la tour de défense qui se dressait au nord, on a retrouvé le bâtiment principal de la communauté. Une construction grossière aux murs recouverts de plâtre. Parmi les découvertes les plus intéressantes, on peut signaler le scriptorium avec ses bancs et ses tables, ses deux encriers. Curieusement l'un d'entre eux contenait encore de l'encre desséchée.

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Le site de Qumran (© Wikipédia)

La grotte n° 4, visible depuis les ruines du couvent essénien qui n'est qu'à une centaine de mètres, était la seule que l'on pouvait visiter. Les autres s'accrochent aux flancs de la montagne et sont difficilement accessibles. C'est ici, tout près du monastère, que les esséniens, avant de s'enfuir, avaient dissimulé leurs livres. Et il fallut attendre 1952, et les recherches des Bédouins, pour retrouver ce trésor inestimable.

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Les grottes de Qumran (© Wikipédia)

On a pu retrouver sept citernes à Qumran. Grâce à un système de canalisation, dont les restes sont encore visibles à l'ouest, elles recueillaient l'eau de pluie dans la montagne voisine. Ces citernes daterait du VIIIe siècle av. J.-C.. La destruction et l'abandon du monastère coïncident avec le tremblement de terre de l'année 31 av. J.-C..

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Le site de Qumran (© Wikipédia)

En 1949, le professeur Harding directeur des antiquités de Jordanie et le père Devan de l'école biblique de Jérusalem debutérent des campagnes de fouille sur les abords ouest de la Mer Morte. Ils suivaient les pas des Bédouins qui avaient déjà reconnu tout l'intérêt commercial de ces vestiges anciens. Plus de trente grottes furent ainsi explorées et permirent de rassembler plusieurs milliers de fragments. On voit ici un des rouleaux de la Mer Morte. Ils étaient tous rédigés en ancien hébreu sur parchemin ou papyrus à l'exception des deux rouleaux de cuivre dont la lecture allait poser tant de problèmes aux spécialistes.

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Manuscrit de la Mer Morte (© Wikipédia)

Tout comme Abraham, avant lui, Jacob, à son retour de Mésopotamie, vint à passer par la riche vallée qui s'étend au pied des monts Ebal et Carisie. Il y acquit une terre, y planta la tente et creusa un puits pour lui-même, ses enfants et ses troupeaux. Ce fut l'origine du puits de Jacob où l'Évangile place la rencontre du Christ et de la Samaritaine. "Seigneur, donne-moi cette eau vive, cette source d'eau jaillissant en vie éternelle".

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Puits de Jacob (© Wikipédia)

Les descendants du peuple samaritain, autrefois si puissant, ne forment plus aujourd'hui qu'un groupe de quelques centaines de personnes. Ils n'en constituent pas moins une secte très ancienne qui depuis 2500 ans tente de maintenir la pureté de leur race. La rupture entre Juifs et Samaritain se produisit au retour de la captivité de Babylone. On reprochait aux Samaritains d'avoir fusionné avec les populations déplacées que les Assyriens avaient voulu fixer dans l'ancien royaume du nord. Exclus de la communauté juive lorsqu'ils offrirent leur service pour la reconstruction du temple, ils se durcirent dans leur opposition en construisant un temple rival au sommet du mont Garizim. Dans la Bible, ils ne veulent reconnaître que les cinq livres de Moïse. Ils montrent avec fierté une ancienne copie du Pentateuque rédigé sur parchemin et qui serait l'œuvre d'Aaron le père de Moïse. Cette copie aurait 3500 ans et serait donc le manuscrit le plus ancien du monde. Mais les spécialistes la font remonter tout au plus au XIIe siècle de notre ère.

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Samaritains avec la Torah (© Wikipédia)

Limitée par les monts de Galilée au nord et les collines de Samarie au sud, la vallée d'Yizréel, un triangle de quelque 50 km2, est la plus vaste d'Israël. Déjà dans l'antiquité c'était le grenier à blé du pays. Ce fut aussi en raison de sa fertilité et de sa position stratégique le théâtre de longues luttes qui vit défiler les bandes israélienne et cananéenne, les troupes syriennes, égyptiennes, assyriennes et babyloniennes puis les phalanges grecques et les légions romaines avant de céder la place aux Arabes, aux Croisés, aux Turcs et enfin aux soldats du général Allenby durant la Première Guerre mondiale.

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La vallée d'Yizréel (© Wikipédia)

Megiddo, sans doute l'Armageddon biblique, sur la bordure méridionale de la plaine d'Esdrelon, contrôle un défilé montagneux et une ancienne route vers la mer. C'était une position clé au milieu du croissant fertile entre la Mésopotamie, la Syrie et l'Égypte. Au cours de l'histoire, les nations du Moyen-Orient essayèrent presque toutes de s'en emparer. Elle est ainsi devenue le symbole de la guerre. Et c'est là que l'Apocalypse situe le dernier combat à la fin des temps. "Pour le grand jour de Dieu, il les rassembla au lieu dit en hébreu Armageddon". Les fouilles, sur une surface de cinq hectares, ont permis de retrouver les restes de vingt villes superposées.

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Megiddo (© Wikipédia)

Les installations hydrauliques de Megiddo comptent parmi les réalisations techniques les plus remarquables de l'antiquité. Un puits vertical de 35 m de profondeur permettait de descendre jusqu'à un tunnel qui aboutissait à la source à l'extérieur de la ville. En cas de siège, il suffisait de cacher la source. Le tunnel, taillé dans le roc, se trouve dans un état de conservation étonnant après plus de 3000 ans.

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Les installations hydrauliques de Megiddo (© Wikipédia)

Au milieu des collines, Nazareth occupe une place de choix dans le cœur des chrétiens. C'est ici que l'ange de Dieu apparut à la Vierge Marie pour lui annoncer la naissance de son fils. Ici, le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous. Jésus grandit dans ces rues et ces collines et rien ne permettait de le distinguer des autres enfants, des adolescents et autres artisans de Nazareth. Mais lorsqu'il commença sa vie publique, Jésus ne trouva pas à Nazareth l'accueil qu'il attendait. "En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie". Ils le conduisirent même jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour l'en précipiter. Alors, Jésus les quitta et vint s'installer à Capharnaüm.

Bien des églises ont fleuri au-dessus de la modeste grotte de l'annonciation. La plus récente et sans doute la plus belle, fut réalisée sur les plans de l'architecte italien Mussio qui entendait enchâsser dans un même sanctuaire à deux étages, la grotte sainte de l'annonciation et les restes des anciennes églises byzantines et Croisés. On peut y voir un contraste saisissant entre le mystère de l'incarnation dans sa phase humble et cachée autour de la crypte et la gloire de l'église en marche dans la basilique supérieure.

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L'église de l'annonciation

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L'église de l'annonciation

A53 basilique de l'annonciation
L'église de l'annonciation

Il n'y avait à Nazareth, et il n'y a toujours, qu'une seule source d'eau courante. Coulant de la montagne, elle aboutissait à une fontaine publique que l'on peut voir dans l'église grecque de Saint-Gabriel. C'est là que l'on peut imaginer la Vierge Marie et l'Enfant Jésus puisant de l'eau comme les femmes et les enfants de Nazareth le faisaient encore il y a peu de temps.

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La source de Nazareth (© Wikipédia)

Trois ou quatre villages portent aujourd'hui le nom de Cana. Mais le Cana de l'Évangile correspond probablement au village qui s'étend en bordure de la route de Nazareth à Tibériade à six ou sept kilomètres de Nazareth seulement. Dans le cadre d'une noce juive sur l'insistance de sa mère, Jésus accepta d'y réaliser son premier signe en changeant l'eau en vin pour la plus grande joie des convives. Deux petites églises, l'une confiée aux Grecs orthodoxes, l'autre aux Pères Franciscains y conservent le souvenir du premier miracle du Seigneur.

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Cana

À plus de 200 m en dessous du niveau de la mer, la ville de Tibériade s'étale en bordure du lac sur la rive occidentale. Sa création remonte aux années 20 apr. J.-C. sur l'initiative d'Hérode Antipas qui l'orna de riches palais, théâtres et temples étincelant d'or et de marbre. Il la dédia au grand empereur romain Tibère. Les riches romains aimaient venir prendre les eaux aux célèbres sources d'eau chaude de Tibériade dont les propriétés curatives étaient connues de tous. Après la révolte de Bar Korhbah, les juifs expulsés de Jérusalem s'installèrent à Tibériade qui devient alors leur capitale et un grand centre de rayonnement intellectuel et religieux.

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Le lac de Tibériade

Le lac de Tibériade ou mer de Galilée a la forme d'un ovale irrégulier long de 21 km du nord au sud. La plus grande largeur étant de 12 km. Le niveau des eaux est à 210 m en dessous de la Méditerranée. Leurs profondeurs, au milieu, varient de 40 à 50 m. L'eau du lac est pure et calme d'ordinaire, mais la tempête peut se lever. Elle se transforme alors en une mer démontée aux vagues mugissantes. La Galilée était au temps du Christ un nœud de communication important. C'était aussi un beau pays riche et prospère qui faisait vivre une population nombreuse. Autour du lac il n'y avait pas moins de neuf villes de 15000 habitants. C'est sur les pentes du lac et dans ce cadre radieux que Jésus se mit un jour à annoncer le royaume de Dieu. L'essentiel de sa vie publique, ses enseignements, ses miracles ce fut surtout ici autour de ce lac. Sur le rivage, Jésus appela à lui Pierre, André, Jacques et les autres apôtres. Il y guérit un lépreux. Depuis la barque de Pierre, il s'adressa aux foules rassemblées pour l'entendre. Il commanda à la tempête et il se fit un grand calme. Il marcha sur les eaux agitées. Sur la montagne voisine, il institua les douze apôtres.

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Le lac de Tibériade (© Wikipédia)

Pour troubler le calme de ces eaux de temps en temps une voile ou un touriste qui s'attarde et rien d'autre. Alors que du temps du Christ c’était une vie intense, une activité fiévreuse. Décrivant le lac, et le pays alentour, on a pu dire là où maintenant l'on ne voit plus un seul arbre, il y avait un grand bois, à la place du marais il y avait de beaux jardins. Pour une seule barque aujourd'hui, c'étaient des centaines de voiles.

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Le lac de Tibériade

Capharnaüm avait grandi au bord du lac à quatre kilomètres à peine du lieu où le Jourdain vient se jeter et se perdre dans le lac de Tibériade. Au temps du Christ c’était une cité prospère et la plus importante sans doute de toutes celles qui s'étaient développées autour du lac. Elle possédait un bureau de douane et une garnison romaine avec un officier supérieur. Lorsqu'il eut quitté Nazareth, c'est à Capharnaüm que Jésus s'installa pour son ministère public en Galilée qui allait durer près de deux ans. Pierre habitait à Capharnaüm et Jésus enseigna dans la synagogue de la ville. Ouvert à toutes les misères et à toutes les détresses par ses miracles, c'est ici qu'il manifesta la piété de Dieu pour les hommes. Il y guérit un lépreux, la belle-mère de Pierre, le serviteur du centurion et tant d'autres encore. Il suffit de citer le possédé qu'il rendit aux siens, le paralytique qu'on avait descendu par la toiture sur son grabat, la fille de Jaïr qu'il arracha à la mort, la femme aux flux de sang, deux aveugles, l'homme à la main desséchée… Et pourtant, le Seigneur devait un jour la maudire pour son incrédulité. "Et toi Capharnaüm, croit-tu que tu seras élevé jusqu'au ciel ? Tu seras précipité jusqu'en enfer, car si les miracles accomplis chez toi l'avaient été à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. Aussi je vous le dis, Sodome aura, au jour du jugement, un sort moins rigoureux que toi".

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Capharnaüm

Le professeur Allbright datait la synagogue de Capharnaüm de l'année 244 de notre ère et il pensait qu'elle avait été reconstruite sur une autre plus ancienne. On aimerait y voir l'œuvre du centurion romain dont Jésus guérit le serviteur à la demande des Juifs. Il mérite, dirent-ils, que tu lui accordes cela. Il aime en effet notre nation et c'est lui qui nous a bâti la synagogue. Il est certain que la présence de symbole romain sur les pierres sculptées retrouvées à Capharnaüm au milieu des emblèmes juifs comme la ménora, l'étoile de David, le palmier ou l'arche d'alliance justifierait cette interprétation.

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Capharnaüm (© Wikipédia)

La petite chapelle de la primauté a été construite au bord du lac en 1934 au-dessus du rocher que, depuis le Moyen-âge, l'on connaît sous le nom de Men Sacristie, la table du Seigneur. La tradition a toujours placé ici la rencontre du Seigneur ressuscité avec les siens auprès du feu de braises allumé près du rivage. Venez déjeuner, leur avait-il dit. Puis s'adressant à Pierre qui l'assurait de sa fidélité "Oui Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime". Il lui confia son église. "Paix, mes agneaux, Paix, mes brebis".

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L'église Saint-Pierre à Tabigha (© Wikipédia)

Tabigha est une corruption du grec Ebtabegon, les sept sources. En ce lieu riche en eaux courantes, la tradition a fixé le souvenir de la multiplication des pains. "En débarquant, il vit une grande foule et en eut pitié. Il prit les cinq pains, partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent à satiété, pourtant ils étaient au nombre de cinq mille". En 1932, on a retrouvé ici les restes de deux églises byzantines et leurs mosaïques figurent parmi les plus belles de Terre Sainte. Toute la vie végétale et animale du lac y est représentée et qui ne reconnaitrait cette corbeille de pains flanqués des deux poissons.

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 (© Wikipédia)

Sur les pentes de la colline qui domine le lac, près de l'église franciscaine qui fut construite en 1937, on croira encore entendre la voix du Seigneur proclamer à la face du monde "Bienheureux les pauvres en esprit, bienheureux les affligés, bienheureux les persécutés, car le royaume de Dieu est à eux". N'est-ce pas ici, dans cette solitude devant le lac, qu'il faudrait s'attarder pour entendre encore cette voix et méditer les secrets du royaume de Dieu.

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Mont des Béatitudes (© Wikipédia)

À six kilomètres de Tibériade, Magdal n'est plus aujourd'hui qu'un petit village de pêcheurs, alors que l'historien Joseph au temps du Christ y dénombrait 4000 habitants et plus de 200 barques. C'est ici que naquit celle à qui il fut beaucoup pardonné parce qu'elle avait beaucoup aimé. Marie, surnommée la Magdaleine, de laquelle étaient sortis sept démons. Marie, la pécheresse repentie qui se tenait près de la croix et qui courant au tombeau fut la première à voir le Seigneur ressuscité.

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Magdal (© Wikipédia)

Dieu puissant, à ton nom le Tabor et l'Hermon crient de joie. Tenu à l'écart des montagnes de Galilée, du haut de ses 588 m, le Tabor contemple la riche plaine d'Esdrelon qui s'étale à ses pieds. Il vit un jour la victoire de Barak et les chars embourbés de Scera le Cananéen. Tandis que Débora la prophétesse entamait son hymne de guerre farouche. "Ainsi périssent tous tes ennemis, Yahvé, et ceux qui t'aimes qu'ils soient comme le soleil quand il se lève dans sa force". Pour les chrétiens, le Tabor c'est la sainte montagne où le Christ, transfiguré, apparut dans la lumière près de Moïse et près d'Élie.

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Le mont Tabor (© Wikipédia)

Le sommet du mont Tabor se présente comme un plateau long de plus d'un kilomètre sur une largeur moyenne de quatre cents mètres. On y accède par la porte dite du vent qui a survécu à la forteresse musulmane du XIIIe siècle dont elle faisait partie. En raison de son importance stratégique, le Tabor fut souvent couronné de fortifications et de monastères dont les ruines jonchent encore le sol. En 1924, les catholiques ont construit au sommet de la montagne la basilique de la transfiguration.

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La porte des vents sur le mont Tabor (© Wikipédia)

Depuis la mer, Saint-Jean-d'Acre, l'ancienne Akko biblique et la Ptolémaïs des Grecs, surveille la riche plaine d'Yizréel. Au cours de sa longue histoire, elle a vu passer les peuples les plus divers. Mais c'est surtout au temps des croisades qu'elle allait connaître la gloire. À l'abri de ses fortifications, pour un peu moins de deux siècles, elle fut le rempart du royaume latin et le trait d'union entre l'orient et l'occident jusqu'au jour où le sultan Malek El Ashraf et son armée de 200000 hommes vinrent la reprendre. Reconstruite en 1775 par Ahmaed Jazzar, surnommé le boucher en raison de sa cruauté, elle allait résister à Napoléon 1er en 1799 et mettre fin à ses rêves de puissance et au grand empire qu'il projetait en orient. Au cours de la domination turque, Acre déclina pour se faire supplanter par la cité voisine de Haïfa.

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Saint-Jean-d'Acre (© Wikipédia)

De son passé de gloire et de sang et des dix-sept siècles qui jalonnent son histoire, Acre a surtout conservé des ruines. La crypte des chevaliers de Saint-Jean, probablement leur salle à manger, est la construction la plus imposante de l'époque des croisades qui ait survécu. De l'époque turque, il reste des remparts sur le front de mer et la mosquée Ahmaed Jazzar, une des plus grandes et des plus belles d'Israël.

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Saint-Jean-d'Acre (© Wikipédia)

Haïfa qui était en 1907 qu'une petite ville de dix mille habitants est devenue aujourd'hui la troisième ville d'Israël. C'est aussi le port principal du pays et le centre de son industrie. Haïfa grandit dans un cadre merveilleux sur la pente du Carmel autour de la plus belle baie de la Méditerranée. Israël eut à surmonter ici une des crises les plus graves de son histoire religieuse. Alors face au monde qu'endort le péché d'idolâtrie surgi Élie le prophète pour confondre et appeler le feu du ciel. De nos jours, Haïfa est devenu le centre mondial de la secte Bahaïs dont les plus de deux millions de fidèles proclament la fraternité universelle des hommes, l'unité de toutes les religions dans un même langage. Leur temple s'élève sur les pentes du Carmel au milieu de jardin persan, on le reconnaît facilement à son dôme doré.

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Le temple de la secte Bahaïs à Haïfa (© Wikipédia)

Là où n'existait qu'une petite ville phénicienne, Hérode le grand construisit autour des années 20 av. J.-C. le plus grand port et l'une des plus belles villes de l'époque. Pour la construction, qui devait durer douze années, il fit appel aux architectes les plus renommés et aux ouvriers les plus capables. Le résultat fut tel que dès la mort d'Hérode, Césarée devint le lieu de résidence officiel du procureur romain et resta pour une durée de 500 ans la capitale de la province romaine. Au début de l'époque chrétienne, au IIIe et au IVe siècle, Césarée devint un centre intellectuel brillant. Les Croisés prirent et fortifièrent la ville qui tomba sous les coups de Baïrbar. Détruite et abandonnée, elle allait bientôt disparaître sous les sables. À Césarée, les chrétiens aimeront certainement évoquer le passage de l'apôtre Pierre et la captivité de Paul embarquant ici même pour Rome et le suprême témoignage.

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Césarée (© Wikipédia)

Dés 1101, la ville de Césarée était tombée aux mains des Croisés. Elle fut reprise par Saladin puis de nouveau par les Croisés. Le roi de France Louis IX, Saint-Louis, enferma la ville dans des fortifications puissantes qui la mettait à l'abri des incursions terrestres. Les remparts étaient protégés par des douves larges de 10 m et le mur en glacis s'élevait de 10 à 15 m au-dessus du fossé.

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Césarée (© Wikipédia)

Les fouilles n'ont commencé qu'en 1956 et pourtant les archéologues n'ont pas tardé à nous livrer des vestiges importants dignes de la splendeur passée de la grande capitale romaine. Le vestige le plus mémorable est l'inscription où figure le nom de Ponce Pilate qui livra Jésus à la mort. L'archéologie confirmait ainsi l'existence du procureur romain qui séjourna à Césarée et qui durant la Pâque de l'année 30 condamna Jésus à mourir sur une croix.

Sur le rivage, au sud de la ville des Croisés, on a mis à jour un important théâtre romain. Largement restauré, on l'utilise aujourd'hui pour des spectacles et des concerts.

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Le cirque romain de Césarée (© Wikipédia)

Tel-Aviv, la colline du printemps, fondé en 1901 sur des dunes de sable désolées, est aujourd'hui la première ville d'Israël. Pour la première fois dans l'histoire contemporaine, une ville allait être entièrement construite, peuplée et administrée par des juifs et devait devenir la capitale commerciale et industrielle du pays. Jaffa au sud, se trouve dans le prolongement immédiat de Tel-Aviv, mais contrairement à sa voisine cette ville plonge ses racines dans un lointain passé. Elle existe depuis environ 3600 ans. C'était dans l'antiquité le grand port de la Méditerranée et le port de Jérusalem. C'est à Jaffa que Pierre rendit la vie à une veuve du nom de Tabitha et que dans une vision il entendit le Seigneur lui donner l'ordre d'ouvrir aux gentils les portes de l'église.

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Tel-Aviv (© Wikipédia)

Ce voyage a été réalisé en 1982.

 

 

 

Cette page a été mise en ligne le 10 avril 2020

Cette page a été mise à jour le 10 avril 2020