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Le Palais de Pena (Palácio da Pena), situé à Sintra, est l’un des monuments les plus emblématiques du romantisme architectural européen. Dominant la vallée de Sintra depuis le sommet d’un éperon rocheux de la serra de Sintra, à environ 500 m d’altitude, il offre un panorama spectaculaire sur la région et sur l’océan Atlantique.


L’origine du site remonte au haut Moyen-âge, au XIIe siècle une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pena y est attestée. En 1493, le roi Manuel Ier y fit ériger un petit monastère hiéronymite (Saint-Jérôme), abritant une communauté d’une vingtaine de moines. En 1755, le tremblement de terre de Lisbonne endommagea gravement les bâtiments, réduisant le couvent à l’état de ruine. Après l'expulsion des ordres religieux du Portugal en 1834, le monastère resta à l'abandon. Le monastère et les terres environnantes furent rachetés en 1839 par le prince Ferdinand II de Saxe-Cobourg-Gotha, époux de la reine Maria II de Portugal, avec sa fortune personnelle. Ferdinand II était un des hommes les plus cultivés du Portugal au XIXe siècle. Polyglotte (allemand, hongrois, français, anglais, espagnol, italien et portugais), il avait reçu une éducation où les arts occupaient une place fondamentale. Collectionneur et mécène, il reçut le surnom de Roi-Artiste. Passionné d’art, d’architecture et de romantisme germanique, Ferdinand décida de transformer le lieu en une résidence d’été royale. Les travaux, confiés au baron Ludwig von Eschwege, ingénieur des mines et minéralogiste, débutent vers 1842. Le projet initial prévoyait uniquement la récupération du bâtiment pour en faire la résidence d'été de la famille royale, mais l'enthousiasme du prince l’amena à la construction d'un palais. L'édifice initial fut entouré d'autres bâtiments qui évoquent l'imaginaire médiéval avec des chemins de ronde, des tours de guet, un tunnel d'accès et même un pont-levis. Le palais comprend des références architecturales d'influence manuéline et mauresque qui composent un surprenant décor s’inspirant des châteaux de Bavière et des architectures exotiques alors à la mode. Les travaux ne s’achevèrent qu'en 1885, année de la mort de Ferdinand.




En 1853, après la mort de la reine Maria II, Ferdinand II épousa Élise Hensler, comtesse d'Edla et cantatrice. En son honneur, Ferdinand II fit construire dans le parc du palais de Pena le chalet de la comtesse d'Edla. Le palais de Pena fut habité en été par le roi Carlos Ier (1863 – 1908) et la reine Amélie d'Orléans (1865 – 1951). Leur fils Manuel II y séjourna également. En 1910, après la proclamation de la République, le palais fut classé Monument national. En 1995, il fut inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO avec le paysage culturel de Sintra, reconnu comme l’un des premiers exemples d’urbanisme romantique en Europe. Aujourd’hui, le palais de Pena, devenu un symbole du romantisme portugais, synthèse des styles et des imaginaires médiéval, mauresque, manuélin, gothique et Renaissance, constitue l’un des sites les plus visités du Portugal.



Le palais se dresse au sommet de la serra de Sintra, sur un éperon rocheux granitique culminant à environ 500 m d’altitude. Il offre une vue panoramique sur la vallée de Sintra, la plaine de Lisbonne et, par temps clair, l’Atlantique. Les architectes ont épousé la topographie naturelle, intégrant les masses rocheuses dans la construction. Certaines parois du roc affleurent encore à l’intérieur du bâtiment, notamment dans les soubassements et le cloître. Le palais est un ensemble composite organisé autour de deux noyaux, l’ancien monastère hiéronymite du XVe siècle, remanié, mais conservé dans ses volumes essentiels, et le palais romantique du XIXe siècle. Ces deux ensembles sont reliés par une cour d’honneur et par des terrasses panoramiques. L’architecture du palais joue sur les contrastes de formes, de couleurs et de styles, tours rondes et carrées, coupoles et créneaux. Les soubassements et les tours érigées en pierre locale (granit de Sintra) sont surmontés d'une maçonnerie recouverte d'enduits colorés à la chaux, offrant une palette vive. La tour principale et les murs orientaux sont jaune d'or, les ailes nord sont rouge brique et les façades secondaires sont bleu azur. Les encadrements et créneaux sont gris pierre et les frises, encorbellements et ornements sont constitués de céramiques et d'azulejos. Les ferronneries et les balcons en fonte ajoutent un contraste métallique délicat. Cette polychromie n’est pas décorative au hasard, elle vise à rompre la masse bâtie, à souligner les volumes et à animer la silhouette du château dans le ciel changeant de Sintra.




Ferdinand II fit transformer les ruines en une forteresse onirique, combinant les styles médiéval, mauresque et Renaissances. Un mur d’enceinte crénelé entoure le palais, ponctué de tours d’angle et de chemins de ronde. Les créneaux sont purement décoratifs, évoquant un château médiéval imaginaire plutôt qu’un système défensif. Les ponts-levis symboliques et les mâchicoulis rappellent le vocabulaire gothique tardif. Dans le noyau ancien, le cloître du couvent manuélin est le cœur médiéval du palais, conservé presque intact. Il est de plan carré, entouré de galeries voûtées sur colonnettes torsadées typiquement manuélines. Des azulejos du XVIe siècle à motifs géométriques bleus et blancs tapissent les murs. Au centre, un petit jardin de cloître avec bassin et citronniers rappelle la fonction contemplative du lieu. Les anciennes cellules monastiques ont été adaptées en appartements royaux, sans perdre leurs dimensions modestes. La chapelle conserve une voûte en croisée d’ogives et un retable en albâtre attribué à Nicolau de Chanterene (XVIe siècle), chef-d’œuvre du maniérisme portugais.

© Parques do Sintra



Autour du couvent s’articule la création du XIXe siècle, aux façades polychromes et aux formes pittoresques. La grande tour cylindrique jaune, inspirée des tours allemandes de Silésie et de Thuringe, domine la composition. Elle est surmontée d’une coupole conique à base crénelée et de petites fenêtres à meneaux scandent son élévation. La tour carrée ou Tour de l’Horloge, peinte en rouge, abrite l’entrée principale. Elle est flanquée d’un pont sur arc brisé, décoré de têtes fantastiques et d’azulejos polychromes.





L’un des éléments les plus remarquables du palais est le portail nord, dit Portail du Triton. Il figure un monstre marin barbu jaillissant d’une coquille géante, soutenant un balcon à colonnette. Ce Triton, symbole de la fusion entre terre et mer, homme et nature, traduit la philosophie romantique du lieu, la domination poétique de la nature par l’imagination humaine. L’encadrement sculpté de cordages, coraux, vagues, et plantes aquatiques évoque le style manuélin marin du XVIe siècle. La Cour des Arches (ou Cour des Tuiles) est entourée d’arcades mauresques aux claveaux bicolores (ocre et blanc). Son pavement est recouvert d’azulejos vernissés. Cette cour donne accès à la terrasse panoramique orientale, véritable balcon sur Sintra. Les terrasses supérieures aux multiples niveaux sont reliées par des escaliers sinueux. Les balustrades alternent pierres sculptées, merlons et colonnettes torsadées. Les toitures sont animées de coupoles hémisphériques, de lanternons, et de cheminées néo-mauresques. L’organisation labyrinthique du palais, avec ses multiples terrasses et cours intérieures, renvoie à la tradition mauresque des palais-jardins.



Les espaces intérieurs sont moins flamboyants que les extérieurs, mais témoignent d’un raffinement constant. La Salle Arabe est décoré de stucs peints à la détrempe imitant la ciselure des moucharabiehs et possède une voûte étoilée simulée par des trompe-l’œil en perspective. La lumière tamisée évoquant l’Orient rêvé du romantisme.






La Salle du Trône est une grande pièce d’apparat ornée de boiseries dorées et de lustres de cristal avec un plafond sont à caissons peints. Elle est meublée avec un mobilier d’époque Louis-Philippe mêlé à des éléments portugais. Les appartements royaux ont conservé leur mobilier d’origine, notamment celui du roi Carlos Ier, avec les lits à baldaquin, salle à manger aux azulejos figuratifs, salons décorés de tapisseries et de porcelaines de Saxe.



Autour du palais, Ferdinand II fit aménager un vaste parc romantique de 85 hectares, conçu selon les principes du jardin paysager anglais. Ferdinand II, guidé par son âme de collectionneur, planta des essences originaires de tous les continents le long des chemins. Le parc de Pena devint le plus grand arboretum du Portugal. Les sentiers sinueux, les cascades artificielles, les belvédères et les ponts rustiques créent une atmosphère de rêve. Les sentiers sinueux mènent le visiteur à la découverte de lieux de référence voulue par Ferdinand II comme la Haute Croix, le temple aux Colonnes, le sommet Sainte-Catherine, la grotte du Moine, la fontaine aux Petits Oiseaux, la Fougeraie de la reine et la vallée des Lacs. La flore est extraordinairement variée avec des séquoias, des cèdres du Liban, des camélias, des fougères arborescentes, des magnolias et des rhododendrons, importés du monde entier. Les collections de camélias asiatiques, introduits dans le parc de Pena au cours de la décennie 1840, sont devenues l'emblème de l'hiver de Sintra. Le Chalet de la Comtesse d’Edla est un charmant pavillon de style alpin orné de bois sculpté et de liège.


Ces photographies ont été réalisées en septembre 2025.
Cette page a été mise en ligne le 10 décembre 2025
Cette page a été mise à jour le 10 décembre 2025