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La nécessité de protéger l'accès fluvial à la ville de Porto contre les attaques des pirates et des navires des pays ennemis se fit sentir au XIVe siècle. Il fut donc décidé de construire des fortifications le long des rives et de la côte. Parmi ces forts se trouvent le Forte de São João Baptista da Foz et le Forte São Francisco Xavier do Queijo.


Forte de São João Baptista da Foz
Le Forte de São João Baptista da Foz, également connu sous le nom de Castelo da Foz ou Fortaleza da Foz do Douro, est une fortification située à l'embouchure du fleuve Douro, dans le quartier de Foz do Douro à Porto. Le site choisi pour sa construction abritait au IXe siècle un petit ermitage rectangulaire de 16 m de longueur, dont les vestiges ont été retrouvés sous la structure de la forteresse de Saint-Jean-Baptiste. En 1145, le roi Afonso Henriques et la reine Mafalda en firent don au prieur de Riba Paiva, un monastère de l'ordre des Prémontrés. L'ermitage fut donné en 1176 au monastère bénédictin de Santo Tirso, donation confirmée par la reine Mafalda, fille du roi Sanche II, au siècle suivant. L’ermitage devint par la suite l'église paroissiale du village de pêcheurs de Sao João da Foz.


En 1525, Miguel da Silva, ancien ambassadeur du roi Manuel I à Rome (1515-1525), fut nommé par le roi João III abbé commendataire de Santo Tirso. Il fut élu en 1526 évêque de Viseu. Miguel da Silva fit construire, entre 1527 et 1546, par l'architecte Francesco da Cremona, à l'emplacement de l'ermitage un complexe composé d'une église, d'un autre bâtiment et un palais abbatial attenant à l'arrière du chœur. Le complexe fut complété par une chapelle-tour dédiée à Saint-Michel et un phare, construits à proximité. En 1567, suite aux attaques des corsaires français sur l'île de Madère l'année précédente, le roi Sebastiao envoya Simão de Ruão à Porto pour y concevoir un projet de fortification et rassembler le nécessaire pour les travaux. Le projet de fortification de Simão de Ruão, structuré autour du monastère de Miguel da Silva, devait comporter quatre bastions de conception irrégulière. Les travaux débutèrent en 1570 et durèrent 8 ans. Ils furent financés par la municipalité de Porto. La forteresse se limita à une structure bastionnée, autour de l'église de Miguel da Silva, avec une plateforme surélevée pour le placement de l'artillerie lourde, accessible par une rampe conçue par l'architecte italien Francesco de Cremona. Les travaux furent supervisés par João Gomes da Silva, diplomate et homme de confiance de la Cour. En 1571, Francisco Sá de Meneses, 1er et unique comte de Matosinhos, fut nommé capitaine de la forteresse.




En 1640, la garnison était composée de 30 soldats et de 10 artilleurs. Durant la guerre de Restauration entre le Portugal et la Castille et devant la menace d'une invasion espagnole, le roi Joao IV dépêcha en 1642 l'ingénieur en chef Charles Lassart à Porto pour effectuer l'étude des ouvrages nécessaires à la défense de l'embouchure du Douro. Charles Lassart élabora un projet d'agrandissement et de renforcement du fort. Les travaux furent confiés au frère João Turriano. Des problèmes de financement par la ville de Porto et des problèmes personnels du lieutenant gouverneur des fortifications, Pinto de Matos (1643 – 1645) retardèrent les travaux. En 1646, Martim Goncalves da Camara remplaça Pinto de Matos et les travaux, devenus prioritaires par l'invasion espagnole du Minho, débutèrent. Ces travaux, qui comprenaient l'élévation de quatre bastions (nord-est, nord-ouest, sud-ouest et sud-est) et de la courtine, ainsi que la construction d'une fausse-braga (?) basse avec des embrasures tout autour de l'édifice et un fossé sec (au nord et à l'est), nécessitèrent la destruction d'une partie de l'église et d'autres dépendances religieuses. La nef de l'église fut transformée en place d'armes, le chœur en chapelle de la forteresse, le narthex en prison et écuries et la tour nord fut remplacée par des latrines. Ces travaux furent achevés en 1653 et en 1655 le fort était considéré comme la deuxième place forte du pays. En 1684, le fort était occupé par 22 artilleurs et un Terço d'Infanterie, payé par la ville de Porto.


Au XVIIIe siècle, le fort perdit sa fonction militaire principale et fut utilisé comme prison pour des prisonniers politiques. En 1759, 227 jésuites y furent détenus. Parmi eux se trouvait Tomas da Silva Teles, qui y meurt en 1762, José de Seabar da Silva, José da Silva Passos et le duc de Terceira. En 1796, Reinaldo Oudinot conçut un portail néoclassique avec un pont-levis, un couloir d'entrée casematé et un corps de garde construit sur le ravelin du XVIIe siècle. Pendant la guerre péninsulaire (1808 - 1814), le 6 juin 1808, le sergent-major Raimundo José Pinheiro occupa les installations du fort. En hissant le drapeau portugais sur son mât, il commit le premier acte de la réaction portugaise contre l’occupation napoléonienne. Pendant la guerre civile portugaise (1828 - 1834), le fort protégea le débarquement des nourritures pour les troupes libérales assiégées dans Porto (1832 - 1833). En 1846, la garnison fut réduite à 7 hommes. À la fin du XIXe siècle, en raison du développement de l'artillerie navale, le fort perdit sa fonction défensive. La poétesse Florbela Espanca, mariée à l’un des officiers, vécu dans le fort au début des années 1920. Entre 1941 et 1961, le fort abrita un poste du service de transmission militaire. Le fort fut abandonné par les militaires en 1961. Classé comme "Bien d'Intérêt Public" en 1967, le fort bénéficia à partir de 1987, de travaux de restauration et de fouilles archéologiques.



Les arcades

La place d'armes

Le chœur de l'église

La chapelle
Le fort est un quadrilatère allongé doté de trois bastions (sud-ouest, nord-ouest et nord-est) et d'un demi-bastion au sud-est. Les bastions sont massifs et dépourvus de casemates, concentrant la puissance de feu sur la plateforme supérieure. Le bastion sud-ouest abrite une guérite et est orné d'un cadran solaire du XVIIe siècle à la jonction de son flanc et de la courtine ouest. Le fort est partiellement entouré de douves profondes, à l'est et au nord. Ces douves étaient structurées par une escarpe, une contrescarpe et une esplanade, aujourd'hui coupées par la route. L'accès à l'intérieur du fort se fait par le portail néoclassique, complété autrefois sur le côté par une poterne, aujourd'hui murée. À l'intérieur, l'enceinte abrite encore les ruines de l'ancienne église São João da Foz, datant du XVIe siècle. Au centre de l'enceinte fortifiée se trouve la place d'armes, accessible par une série d'arcades côté sud. Cette cour est fermée à l'est par l'ancien chœur de l'église du XVIe siècle, transformé en chapelle-forteresse au XVIIe siècle. L'accès au niveau supérieur de la courtine se fait par une rampe côté sud, dont le talus s'ouvre sur quatre compartiments intérieurs. Les bâtiments situés au-dessus des courtines, qui abritaient autrefois la caserne et les quartiers du capitaine du fort, sont aujourd'hui occupés par un auditorium et des bureaux.






Le Forte São Francisco Xavier do Queijo.
En 1643, le roi Joao IV ordonna la construction d'un nouveau fort le long de la côte au nord du Forte de São João Baptista da Foz. En 1651, les juges et les conseillers municipaux de la municipalité de Porto, un capitaine de navire nommé António Pires Picão, et plusieurs autres capitaines de navires, conclurent que l'endroit choisi ne serait pas le meilleur endroit pour construire le fort, car il n'y avait pas de point de débarquement libre dans cette zone, en raison du terrain rocheux et du littoral accidenté. Le père Frei João Turriano, ingénieur en chef du royaume, fut appelé pour donner son avis, et le fort fut donc construit à Lugar da Pedra do Queijo, en utilisant les fondations du fort existant. La construction du fort commença en 1661, en pleine guerre de Restauration, aux frais de la ville de Porto, par crainte des attaques de la flotte espagnole. En 1717, le Conseil municipal de Porto, responsable de l'entretien du fort, et comme il constituait une charge pour les caisses municipales, demanda son déclassement au roi João V, le déclarant inutile et superflu, mais le Conseil de guerre du roi rejeta la demande, maintenant la forteresse en activité. En 1751, un aumônier fut nommé pour assister les officiers militaires en poste sur le site. En 1804, le fort fut considéré comme désuet et ne répondant plus aux exigences d'un conflit selon la tactique de l'époque. Pendant les invasions françaises en 1807/1811, le fort ne joua aucun rôle défensif pour la ville. Pendant le siège de Porto (1832/1833), les Miguelistes l'occupèrent jusqu'à la bataille de Lordelo, malgré les tirs de canon persistants des batteries légères et des navires libéraux. À la fin de la guerre civile, il était gravement endommagé.




Il fut affecté en 1839 à la Compagnie des Vétérans. Pendant la révolte de Maria da Fonte (1846), il fut occupé par les troupes de la Junte de Porto. Il fut alors bombardé par la frégate Iris, soutenant le gouvernement de Maria II. La légende d'un plan de 1860 indique que le fort comportait alors un pont-levis, la maison du gouverneur, une chapelle en ruines, une maison pour les officiers militaires également en ruines, une rampe menant à l'esplanade, un fossé sec, des parties inondées par la mer, une esplanade intérieure en planches, des casernes pour les soldats, une cuisine, une poudrière et une grande maison voûtée adaptée au stockage des fournitures et du personnel armé. Entre 1890 et 1910, le fort était sous la garde de la Guarda Fiscal. Classée comme Bien d'Intérêt Public en 1934, la Commission municipale d'art et d'archéologie de Porto proposa en 1938 que le fort soit transformé en musée. Mais après des travaux de restauration, il tomba à nouveau en désuétude. En 1943, des batteries antiaériennes furent placées à proximité par crainte d'attaques allemandes. Afin de financer une garde permanente, le fort fut ouvert au public pour le prix d'un escudo. Le Conseil paroissial de Nevogilde installa son siège dans certaines des dépendances du fort en 1944. Le fort fut cédé à la brigade navale de la Légion portugaise de Porto en 1949, qui y resta jusqu'en 1974. Entre 1977 et 1978, le poste fut occupé par des commandos du nord. Actuellement, le fort est occupé par un petit musée de la Légion et des commandos de marine.




Le Forte São Francisco Xavier do Queijo est un fort trapézoïdal sur un socle rocheux, entouré de douves sèches, dont certaines sont inondées par la mer. Les façades présentent des murs de maçonnerie de granit, posés en assises régulières, en pente, surmontée d'un parapet irrégulier et ponctué d'embrasures. Les angles des façades latérales sont ornés de guérites pentagonales à facettes, surmontées d'un toit en dôme. La façade principale est orientée sud-est, avec une courtine centrale ornée d'un portail en arc en plein cintre accessible par un pont-levis en bois. Au-dessus du portail, interrompant la corniche, se dressent les armoiries du Portugal, surmontées d'une couronne royale et d'un fronton interrompu couronné d'une sphère de granit. Par le portail, on accède à un petit tunnel divisé en deux espaces, conservant des traces de portes, couvert par une voûte en berceau, percé latéralement de trois meurtrières de chaque côté. Le tunnel communique avec une cour, recouvert de grilles métalliques et de panneaux vitrés. Cette cour donne accès à un magasin à provisions avec un toit en voûte en berceau, à des escaliers, des balcons et aux portes d'entrée des autres pièces. Une rampe mène à la plateforme supérieure.




Ces photographies ont été réalisées en septembre 2025.
Cette page a été mise en ligne le 10 décembre 2025
Cette page a été mise à jour le 10 décembre 2025