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Dominant la rive nord du Tage, dans le quartier monumental de Belém, le Monument des Découvertes (Padrão dos Descobrimentos) rend hommage aux navigateurs, explorateurs et mécènes qui ont façonné le destin du Portugal aux XVe et XVIe siècles. Ce gigantesque monument en forme de caravelle stylisée, tourné vers l’océan, célèbre la période glorieuse des Grandes Découvertes, au cours de laquelle les marins portugais ouvrirent de nouvelles routes maritimes vers l’Afrique, l’Inde, l’Asie et le Brésil.

L’idée du monument remonte à 1940, à l’occasion de l’Exposition du Monde Portugais (Exposição do Mundo Português), organisée par le régime de Salazar pour commémorer le huitième centenaire de la fondation du Portugal (1140) et le troisième centenaire de la restauration de l’indépendance face à l’Espagne (1640). Le nom du monument est une allusion au "Padröes", pilier de pierre surmonté d'une croix ou des armes du Portugal utilisé par les navigateurs portugais pour marquer les endroits qu'ils découvraient. Diogo Cao en a planté un au cap Cross en Angola en 1486. Bartolomeu Dias en planta un à l'embouchure de la rivière Boesmans en Afrique du Sud en 1488.


La face arriere
Le monument initial, conçu par Cottinelli Telmo (architecte) et Leopoldo de Almeida (sculpteur), était une structure éphémère en plâtre et bois, installée sur le front du Tage. Ce monument fut déconstruit en 1943. À l’occasion du 500e anniversaire de la mort de l’infant Henri le Navigateur (1394 - 1460), figure emblématique de l’expansion maritime lusitanienne, le monument fut reconstruit en pierre calcaire de Leira et en granit de Sintra. Cette nouvelle version monumentale du monument fut inaugurée le 9 août 1960. Le monument fut remodelé en 1985 par l'architecte Fernando Ramalho qui ajouta un belvédère, un auditorium et des salles d'expositions. Le site, en bordure du Tage, forme avec le Monastère dos Jeronimos et la Tour de Belém un ensemble monumental classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.


Le monument évoque la proue d’une caravelle orientée vers l’ouest, symbolisant la marche du Portugal vers l’océan et l’inconnu. À sa proue fine et élancée, pointant vers l’Atlantique, se tient Henri le Navigateur (1394-1460) tenant une caravelle miniature. Le monument est construit en béton armé, recouvert de pierre blanche de Leiria, et repose sur un socle en granit rose long de 46 m et large de 20 m. La tour centrale, haute de 56 m, formant la mâture du navire supporte des voiles stylisées. Vue du nord, cette tour forme une croix latine. De près, c'est une épée, pointe vers le bas. Elle symbolise la relation étroite entre l'épée et la croix, l'épée aidant la propagation du christianisme.


Le monument à l'aviateur Gago Couthino.
En s'associant avec Sacadura Cabral, il réalisa en 1921 la traversée aérienne Lisbonne-Funchal (Madère) et, en 1922, la première traversée aérienne de l'Atlantique Sud, Lisbonne-Rio de Janeiro, comme navigateur.
De part et d’autre de la proue s’élancent 32 statues monumentales (chacune haute de 7 m), représentant les grandes figures de l’époque des Découvertes. Au premier plan se tient Henri le Navigateur (9 m de hauteur) en signe d’impulsion et de commandement. Derrière lui, les personnages s’ordonnent en file, tels des compagnons embarquant pour l’aventure. Sur côté est du monument se trouvent les navigateurs et face à ce côté, le visiteur regarde vers l'ouest comme le faisaient les navigateurs en quittant Lisbonne. Nous y trouvons, de gauche (en haut) à droite (en bas), Alphonse V (roi de Portugal), Vasco de Gama (découvreur de la route maritime vers l'Inde), Afonso Gonçalves de Antona Baldaya (navigateur), Pedro Álvares Cabral (découvreur du brésil), Fernand de Magellan (le 1er à faire le tour du monde), Nicolau Coelho (navigateur), Gaspar Corte-Real (découvreur du Groenland et de Terre-Neuve), Martim Afonso de Sousa (navigateur), João de Barros (chroniqueur du XVe siècle), Estêvão de Gama (capitaine du XVIe siècle), Bartolomeu Dias (découvreur du Cap de Bonne Espérance), Diogo Cão (le 1er à atteindre le fleuve Congo), Antonio de Abreu (navigateur), Afonso de Albuquerque (2e vice-roi des Indes), François Xavier (missionnaire) et Christophe de Gama (capitaine).

Le
côté est du monument
Sur côté ouest du monument se trouvent les financeurs, les mécènes, les missionnaires et les hommes de lettres ayant soutenu les expéditions. De gauche (en bas) à droite (en haut) se trouvent l'Infante Pedro de Portugal (1392-1449), fils du roi Joao 1er, Philippa de Lancastre (reine du Portugal et mère d'Henri le Navigateur), Fernão Mendes Pinto (explorateur), Frei Gonçalo de Carvalho (missionnaire), Henri de Coimbra (missionnaire), Luís de Camões (poète), Nuno Gonçalves (peintre), Gomes Eanes de Zurara (chroniqueur), Pêro da Covilhã (explorateur) tenant le drapeau des Templiers, Jacome de Majorque (cartographe), Pero Escobar (navigateur), Pedro Nunes (mathématicien), Pêro de Alenquer (pilote naval), Gil Eanes (navigateur), João Gonçalves Zarco (navigateur) et Ferdinand de Portugal (1402-1443).

Le côté
ouest du monument
Au pied du monument, sur l’esplanade pavée, s’étend une immense rose des vents de 50 mètres de diamètre, incrustée de marbres polychromes. Au centre, un planisphère de 14 m de diamètre représente les routes maritimes empruntées par les navigateurs portugais aux XVe et XVIe siècles, avec les dates de leurs principales découvertes. Cette carte constitue un résumé de l’expansion planétaire du Portugal, lorsque le pays était une puissance maritime mondiale reliant l’Europe à l’Asie et à l’Amérique. Conçue par Christino da Silva, cette œuvre fut offerte en 1960 par la République d’Afrique du Sud.

La rose
des vents
Ces photographies ont été réalisées en septembre 2025.
Cette page a été mise en ligne le 10 décembre 2025
Cette page a été mise à jour le 10 décembre 2025