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Le Portugal abrite l’un des ensembles mégalithiques les plus riches et les mieux conservés d’Europe occidentale. Des plaines de l’Alentejo aux plateaux du Beira Alta, en passant par les vallées du Tage et du Douro, le territoire portugais compte environ 5 000 dolmens (Antas), menhirs (Menires) et cromlechs (Cromeleques), témoins d’une intense activité funéraire, religieuse et territoriale entre le Néolithique moyen et le Chalcolithique (environ 4500 à 2000 av. J.-C.). Ces monuments, édifiés par les premières communautés d’agriculteurs sédentaires de la façade atlantique, constituent les marques tangibles d’une civilisation mégalithique atlantique, dont le Portugal représente une des expressions les plus anciennes et les plus homogènes.

Anta Grande da Comenda da Igreja

Cromeleque dos Almendres
Le mégalithisme apparaît dans le sud du Portugal vers le Ve millénaire av. J.-C., notamment dans la région de l’Alentejo. Les plus anciens dolmens sont contemporains des premières communautés agricoles, installées dans un environnement propice à l’élevage et à la culture des céréales. Au Néolithique moyen (4500 - 3500 av. J.-C.) apparaissent les premiers dolmens simples, à chambre unique, parfois couverts d’un tumulus. Ils font l'objet de dépôts funéraires collectifs et des premiers rituels d’offrandes. Au Néolithique récent (3500 - 2800 av. J.-C.), les structures se complexifient avec des dolmens à couloir. Les mégalithes sont décorés de symboles gravés (haches, spirales, cupules) et les cromlechs à fonction rituelle émergent. Au Chalcolithique (2800 - 2000 av. J.-C.), il y a un déclin progressif du mégalithisme classique au profit d’enclos fortifiés et de sépultures en hypogées, mais avec une persistance de pratiques cultuelles autour des anciens monuments.

Anta do
Zambujeiro

Anta da
Vidigueira
Les Antas (du latin antea, pierre dressée) constituent la forme la plus courante du mégalithisme portugais. On distingue plusieurs types selon la complexité de leur plan. Les dolmens simples possèdent une chambre polygonale formée de quatre à sept orthostates et couverte d’une dalle unique. Les dolmens à couloir ont une chambre circulaire prolongée par un long couloir d’accès, souvent orienté à l’est ou au sud-est, vers le lever du soleil. Les dolmens à galerie sont une évolution du précédent, formant un long couloir sans distinction nette entre chambre et entrée. Les orthostates, massifs blocs de granite ou de schiste, sont soigneusement choisis et dressés dans des sols nivelés. L’ensemble est recouvert d’un tumulus de terre et de pierres, parfois de plus de 20 m de diamètre. L’orientation solaire, notamment vers les levers d’équinoxe, semble avoir joué un rôle symbolique lié à la renaissance et au cycle de la vie. Les dolmens abritaient des inhumations collectives, souvent successives, accompagnées d’un mobilier riche, céramique, pointes de flèches, lames de silex, pendeloques, perles en calcédoine ou en schiste, et parfois des plaquettes en pierre ou en os en forme d'idoles. Les fouilles ont montré une réutilisation fréquente des dolmens sur plusieurs siècles, parfois jusqu’à l’âge du Bronze.

Anta de
Aguiar

Anta de Paço da Vinha
Le Cromeleque est un ensemble de menhirs disposés en cercle ou en ellipse, souvent sur un point haut dominant le paysage. Ces cercles de pierres, associés à des alignements, sont interprétés comme des lieux de rassemblement et d’observation astronomique. Les cromlechs portugais paraissent avoir eu une fonction rituelle, cosmique et sociale, liée aux cycles solaires et lunaires. Les pierres sont parfois gravées de symboles anthropomorphes, phalliques ou solaires, renforçant leur valeur religieuse.

Cromeleque de Vale Maria do Meio

Cromeleque dos Almendres
Les Menires, souvent associés aux cromeleques, parsèment tout le territoire. Leur isolement actuel peut résulter de la destruction d’ensembles plus vastes. Certains sont anthropomorphes ou phalliques, d’autres portent des gravures d’armes, d’idoles ou de symboles solaires. Ils marquent probablement des limites territoriales, des lieux sacrés ou des repères astronomiques.

Cromeleque de Xarez

Menhir dos Almendres
Des premiers Antas de l’Alentejo aux grands Cromeleques d’Évora, le mégalithisme portugais incarne une tradition monumentale qui a marqué durablement le paysage et la mémoire culturelle du pays. Ces architectures de pierre, construites il y a plus de six millénaires, restent aujourd’hui les témoins silencieux d’une humanité qui liait la terre, les morts et les astres dans une même conception du monde. Le Portugal a engagé d’importants efforts de protection depuis la fin du XXe siècle. Les principaux ensembles (Almendres, Zambujeiro, Reguengos de Monsaraz, Évora) sont classés monuments nationaux. Des circuits archéologiques, musées de site et reconstitutions virtuelles permettent désormais une lecture cohérente du paysage mégalithique portugais.

Anta de Sao Brissos

Anta da Herdade do Barrocal
Anta da Herdade da Candieira
Ce dolmen datant du Néolithique ou du Chalcolithique est situé près de la municipalité de Redondo, dans le district d'Évora, en Alentejo. Le dolmen comprend une chambre de plan polygonal centré et un couloir de plan rectangulaire oblong. La chambre, délimitée par sept orthostates, mesure environ 3 m de diamètre et a une hauteur d'environ 1,80 m. Le couloir est formé de deux orthostates profondément enfouis à l'entrée de la chambre. L'entrée dans la chambre se fait par une ouverture ovale de 19 cm sur 16 cm, populairement appelés "buraco da Alma" (trou de l'âme). Des vestiges du tumulus, d'environ 5 m de diamètre, sont visibles. Le dolmen, vieux de plus de 5 000 ans, a été déclaré Monument National en 1910.


Antas de Valeira
Ces deux dolmens sont situés dans la freguesia de Nossa Senhora da Graça do Divor, dans le district d'Évora, au Portugal. Ils sont situés dans un champ agricole, à environ un kilomètre du cromeleque de Vale Maria do Meio et à dix kilomètres du cromeleque dos Almendres. Ils n'ont pas encore été étudiés par les archéologues et sont en mauvais état.
L'Anta de Valeira I se compose d'une chambre polygonale dégradée, avec des traces d'un couloir d'entrée et d'un tumulus. Six grands orthostates sont visibles, mais tous se sont affaissés. Il n'y a aucune trace de dalle de couverture.

L'Anta de Valeira II est également en mauvais état. Cinq grands orthostates subsistent sur le site, fortement endommagé par les travaux agricoles.

Anta de Aguiar
Également appelée Anta do Zambujeiro, ce dolmen est situé dans la commune de Viana do Alentejo, dans le district d'Évora, au Portugal. Il est en partie effondré, mais la chambre, le couloir et la dalle de couverture sont bien visibles. Ce dolmen a été construit au Néolithique et n'est pas encore classé.


Anta de Paço da Vinha
Ce dolmen, également appelé Anta do Paço das Vinhas (vignoble) ou Anta I da Herdade do Paço das Vinhas, est situé dans la freguesia de São Bento do Mato, dans le district d'Évora, au Portugal.


Ce grand dolmen possède une chambre polygonale allongée, d'environ 3 m de large au minimum et 4,50 m au maximum, délimités par sept orthostates. La chambre a une hauteur de 2 m. Elle possède toujours sa dalle de couverture. L'entrée de la chambre se fait par une ouverture d'environ 1 m de large. Les deux plus grands orthostates à l'entrée de la chambre sont très soigneusement et exceptionnellement bien ajustés, avec des angles très droits et des arêtes très vives. Le couloir, d'environ 9,50 m de long, conserve six orthostates de chaque côté, sur les dix probables, et deux dalles de couverture. Le couloir a une hauteur d'environ 1 m. Plusieurs supports et dalles se trouvent à proximité. Certains des orthostates ont été gravés avec des cupules. Ce monument funéraire mégalithique construit entre le début du IVe et le milieu du IIIe millénaire av. J.-C. a été classé Monument national en 1910. À environ 600 m au sud-est du dolmen I se trouve le dolmen II de Paço da Vinha.



Anta de São Brissos
Ce dolmen datant du Néolithique est situé près de la municipalité de Montemor-o-Novo, dans le district d'Évora, en Alentejo. La chambre du dolmen, de forme polygonale, mesure environ 4 m de diamètre pour une hauteur d'environ 3 m. Elle est délimitée par cinq orthostates supportant une dalle de couverture. Il subsiste quelques vestiges du couloir d'origine. Le dolmen fut transformé en chapelle au XVIIe siècle. Une grosse dalle se trouvant à proximité près de la chapelle est probablement l'orthostate retiré pour faire place à une porte d'entrée. Le dolmen fut érigé au Néolithique final ou au Chalcolithique (4000 - 3000 av. J.-C.). Le dolmen-chapelle fut déclaré Monument National en 1910 puis classé bien d'intérêt public en 1957. Toujours en activité, la chapelle a été le théâtre de pèlerinages jusqu'à une époque récente.




Anta de Vidigueira
Ce dolmen, situé dans le village de Freixo sur le territoire de la municipalité de Redondo dans le district d'Évora, est classé Monument National depuis 1910. L'Anta da Vidigueira a été identifiée pour la première fois en 1879 par Gabriel Pereira et publiée en 1883. Les archéologues allemands Georg et Véra Leisner le visitèrent en mars 1945 et en firent des dessins qu'ils publièrent en 1949. La première fouille officielle fut réalisée pendant douze jours en mars 2008 par Rui Mataloto avec l'aide d'étudiants en archéologie. Deux grandes lames de silex ont été mises à jour dans la chambre, ainsi que quelques fragments de silex à la fois dans la chambre et dans le couloir. Quatre pointes de flèches ont été trouvées dans et autour du couloir, deux en silex et une en quartz blanc. Quelques de perles en schiste ont été découverts. Des poteries datant de l'occupation romaine ont également été découvertes.




Ce monument mégalithique, probablement construit entre le Néolithique et le Chalcolithique (entre la fin du IVe millénaire av. J.-C. et la première moitié du IIIe millénaire) est de type allée couverte avec une chambre de forme polygonale délimitée par sept orthostates de granite d'environ 2,20 m de hauteur. La chambre a un diamètre d'environ 3 m. Elle est couverte par une dalle fracturée en son milieu. Le couloir, dont quatre orthostates sont encore présents, mesure environ 4 m de longueur. Il est dépourvu de dalles de couverture. Les vestiges du tumulus d'un diamètre d’environ 8 m sont encore visibles.


Anta Grande da Comenda da Igreja


Ce dolmen, également appelé Anta Grande da Herdade da Igreja, est situé dans la freguesia de Nossa Senhora do Bispo sur le territoire de la municipalité d'Évora. Il est classé Monument National depuis 1936. Ce monument mégalithique, bien conservé, se compose d'une chambre et d'un couloir de plus de 10 m de longueur orienté selon l'axe ouest-est. La chambre polygonale mesure 4,80 m sur 4,50 m et est haute de presque 6 m. Le couloir a une hauteur de 1,80 m. L'allée couverte possède encore plus de douze orthostates et six dalles de couverture. La chambre est couverte d'une seule dalle. Les vestiges du tumulus d'origine sont visibles sur le terrain.




Les objets mis à jour lors des fouilles du début du XXe siècle sont conservés au Musée national d'Archéologie de Lisbonne. Ont été retrouvé plus de 100 haches et houes en pierre, environ 350 pointes de flèches de formes diverses, plusieurs centaines de perles en améthyste, ambre, jais, malachite, ardoise, variscite ou cristal de roche, plus de 60 plaquettes de schiste en forme d'idoles et 20 fragments de celles-ci et des tessons de poteries pour la plupart non décorés correspondant à plus de 50 récipients.


Anta Grande de Zambujeiro
Ce monument mégalithique est l'un des plus grands de la péninsule ibérique. Également appelé Anta Grande de Zambujeiro de Valverde, il est situé dans la freguesia de Nossa Senhora da Tourega sur le territoire de la municipalité d'Évora. Classé Monument National depuis 1971, il a été construit entre 4 000 et 3 500 av. J.-C.. Il a été découvert en 1964 lorsque la pierre de recouvrement de 20 tonnes a été dynamitée.


Le dolmen présente un plan irrégulier, composé d'une chambre polygonale et d'un couloir rectangulaire allongé. La chambre polygonale, constituée de sept orthostates gigantesques a une hauteur d'environ 8 m. Elle s'ouvre, à l'est, sur le couloir par une haute ouverture, solidement architravée par une structure complexe de petits supports à linteaux. L'entrée était pavée. Elle est couverte d'une vaste dalle d'environ 7 m de diamètre qui repose partiellement sur le tumulus. Le couloir, d'environ 12 m de longueur, 2 m de hauteur et 1,5 m de largeur, conserve sa couverture sur la majeure partie de sa longueur et était marqué à l'entrée par un énorme menhir décoré de cupules. Le tumulus recouvrant encore la quasi-totalité de la structure, à l'exception du côté est, descend en pente sur le versant ouest.


Ce grand monument, doté d'une structure extrêmement complexe, a été fouillé en 1965 par Henrique Leonor Pina. Le monument était entièrement enfermé dans son tumulus, seules les crêtes des supports dépassaient. Le tumulus mesure environ 70 mètres de diamètre à sa base. Les éléments collectés ont été conservés au musée d'Évora. Il s'agit d'environ 500 perles, de formes et de matières différentes, de 30 haches en pierre ou leurs fragments, de plus de 800 lames et fragments de lames, de 40 poteries intactes et 1 800 fragments, de 154 plaquettes de schiste en forme d'idoles sculptées, environ 1000 fragments de plaquettes et de plus de 500 pointes de flèches.




En 1983, le monument mégalithique était dans un état très préoccupant et risquait l'effondrement. Les orthostates, en particulier celles du couloir, étaient pratiquement déchaussés, signifiant une situation d'effondrement progressivement dangereuse. Il est depuis protégé contre l'érosion par une couverture en tôle ondulée. Par crainte d'une détérioration du site archéologique, une enceinte grillagée a été construite pour protéger le site. En 1989/1990 fut effectuée par Carlos Tavares da Silva une nouvelle fouille dont les résultats ne sont pas encore publiés.


Antas de Olival da Pêga
Ce groupe de deux dolmens est situé dans le village de Telheiro sur le territoire de la municipalité de Reguengos de Monsaraz dans le district d'Évora. Ils sont classés d'intérêt public depuis 2013. Ces deux dolmens mégalithiques ont été utilisés pendant une longue période, du Néolithique final au Chalcolithique. Les dolmens ont été identifiés par les archéologues allemands Georg et Véra Leisner, qui ont fouillé l'Anta I. L'Anta II a été fouillé à partir des années 1990 par Victor Gonçalves et Ana Catarina Sousa du Centre d'archéologie de l'Université de Lisbonne. Les deux dolmens, distants d'environ 300 m, ont livré de nombreux objets lors des fouilles. Plus d'une centaine de personnes ont été inhumées dans chaque dolmen. La proximité des deux dolmens permet de conclure qu'ils faisaient partie du même complexe mégalithique.

Antas 1 de Olival da Pêga

Antas 2 de Olival da Pêga
L'Anta I est un grand dolmen constitué d'une chambre et d'un couloir, d'une longueur totale de 13,30 m. La chambre, polygonale, est délimitée par sept orthostates (dont six sont encore en place) et mesure 4 m sur 6 m. Le plus grand orthostate a une hauteur de 4,40 m, une largeur de 3 m et une épaisseur de 1 m, pour un poids d'environ 37 tonnes. Certains orthostates ont été retirés ou fracturés, et la chambre a été perturbée par des fouilles anciennes. Le couloir a une longueur de 8,60 m et des vestiges du tumulus sont encore visibles. Plusieurs dalles de schiste affleurent à la surface et, au milieu du XXe siècle, le propriétaire mentionnait l'existence de fosses constituées de dalles de schiste contenant des ossements humains et des poteries au sud du couloir. Il est possible que des tombes en tholos associées au dolmen existent, comme c'est le cas à l'Anta II voisin ou des dolmens de Comenda, de Farisoa ou de Cebolinhos. Georg et Véra Leisner ont découvert de nombreux artefacts, témoignant de l'utilisation de la tombe par une importante communauté. Parmi ceux-ci figurent des colliers de perles en quartz et autres matériaux de formes diverses, des figurines en os de rongeurs et de lapins, de nombreux fragments de céramique, dont jusqu'à 200 vases, dont quatre présentent des décorations, 134 plaquettes de schiste en forme d'idoles. Ils ont découvert deux stèles dans le couloir et une cour pavée, suggérant que le dolmen date du IIIe millénaire av. J.-C..




De l'Anta II, seule la grande chambre (3,40 sur 4 m) est visible, avec sa dalle de couverture in situ. L'Anta II a été signalée pour la première fois par Georg et Véra Leisner en 1951. Ils n'ont observé à l'époque que peu de vestiges. Ce n'est que dans les années 1990 que des fouilles ont été menées par Victor Gonçalves et Ana Catarina Sousa, qui ont daté le dolmen de la fin du IVe millénaire av. J.-C.. Victor Gonçalves et Ana Catarina Sousa ont identifié un couloir de 16 m de longueur, le plus long du Portugal, qui reliait la chambre à quatre autres structures funéraires composées de quatre tombes dont trois en tholos. Le couloir semble avoir été construit en deux phases. Au cours de la seconde phase, deux orthostates de schiste richement décorés (et non en granite comme le reste du complexe) ont été installés. De nombreux objets, datant d'environ 2900-2500 av. J.-C., ont été découverts dans une tholos, notamment des ossements, des lames en silex, chaille et rhyolite, des pointes de flèches, des pointes de fléchettes, des haches, objets en pierre polie, épingles à cheveux, perles de collier, céramique, un poignard en cuivre et une figurine en os de renard.




Cromeleque de Portela de Mogos
Également connu sous le nom de cromeleque de Portela de Modos, cette enceinte est située dans la Serra de Monfurado, près d'Évora, au Portugal. Découvert en 1966 par Henrique Leonor Pinar, il a fait l'objet d'une campagne de fouilles et d'une restauration en 1995 par Mário Varela Gomes. Il est déclaré d'intérêt public depuis 1997. Le cromeleque se trouve au sommet d'une pente assez raide, exposée à l'est. Le cromeleque se compose de 40 menhirs de tailles et de morphologies variées, bien que la forme ovoïde prédomine. La plupart des menhirs sont disposés en une ellipse irrégulière, d'environ 15 m sur le grand axe, orienté approximativement dans la direction est-ouest, et de 12 m sur le petit axe. À l'intérieur de cette ellipse, une ligne de cinq menhirs, dont un plus grand, définit l'axe nord-sud. À l'est, un groupe de six menhirs forme un alignement de 30 m de longueur. Vingt et une grandes pierres sont dressées, dix-neuf autres reposent au sol. Le monument pourrait être en lien avec le cromeleque dos Almendres situé à une dizaine de kilomètres et le cromeleque de Vale Maria do Meio qui se trouve à environ 2 km au nord-est. Les menhirs de São Sebastião se trouvent également à proximité.

Certains menhirs présentent des décorations sur des surfaces préalablement aplaties à cet effet. On y distingue des cupules (sur le sommet de trois menhirs), des représentations en relief de crosses, des compositions de lignes incisées, en zigzag et ondulées associées à des demi-cercles, des représentations anthropomorphes et des représentations solaires. Quatre menhirs, également appelés statues, présentent des représentations anthropomorphes de nez et d'yeux ronds, et l'un d'eux présente également des seins. Le plus grand menhir a 4 m de hauteur et 1,30 m de largeur.


Lors de la campagne de fouilles de 1995, trois couches archéologiques ont été identifiées. La première couche contenait des fragments de céramiques médiévales, modernes et contemporaines, un fragment de tuile romaine et des céramiques de l’âge du Fer. La deuxième couche contenait des fragments de bols carénés à décor imprimé et incisé, ainsi que du matériel lithique attribuable à l’âge du Bronze. La troisième couche contenait des céramiques néolithiques et chalcolithiques ainsi que des artefacts en pierre taillée. Une hache en pierre polie a été retrouvée dans la fosse de calage du plus grand menhir, et une herminette dans la fosse de calage de l’un des menhirs de l’alignement.

Cromeleque de Vale de Maria do Meio
Cette enceinte mégalithique est située dans la freguesia de Nossa Senhora da Graça do Divor, sur le territoire de la municipalité d'Évora. Elle est classée Monument National depuis 2013. Le cromeleque de Vale Maria do Meio se trouve à environ un kilomètre au sud des Antas de Valeira, et à 1,5 km au nord-est du cromeleque de Portela de Mogos. Le cromeleque dos Almendres se trouve à environ dix kilomètres au sud-ouest.


Le cromeleque a été identifié en 1993 par une équipe d'étudiants de l'Université de Lisbonne, dirigée par Manuel Calado. Des fouilles dirigées par le professeur Calado menées en 1995 ont permis d'identifier 34 menhirs de granite, principalement de forme ovale et d'une hauteur moyenne de 1,74 m. Ils proviendraient d'un affleurement granitique au sud du site. Suggérant une fonction astronomique, les pierres forment un arc de cercle allongé orienté est-ouest, d'environ 37 m de longueur et 25 m de largeur. Les plus grands monolithes sont situés au point culminant du site, à l'ouest. Des gravures de cercles, de fers à cheval et de croissants lunaires ont été découvertes sur deux des menhirs, ressemblant beaucoup à celles du cromeleque dos Almendres. La disposition des menhirs a suggéré aux archéologues que ce monument a été construit en deux phases distinctes, la plus récente étant probablement liée à une orientation lunaire.




Les fouilles de 1995 ont déterminé que la zone a été fortement utilisée pour l'agriculture depuis au moins l'époque romaine, ce qui a limité les découvertes. Cependant, les artefacts recueillis comprenaient des fragments de meules, des céramiques, des grattoirs, des éclats de silex et des plaquettes en forme d'idoles.


Cromeleque de Xarez
Appelé également cromeleque de Xerez, ce monument est une reconstruction d'un ancien site mégalithique installé près de la ville de Monsaraz, dans le district d'Évora. En 1969, une grande pierre fut découverte sur le domaine de Xerez suite à une destonga (défrichage de champs de pierres à des fins agricoles). José Pires Gonçalves, médecin à Monsaraz et archéologue amateur, identifia la pierre comme étant un menhir. Ayant déjà identifié dans les environs une cinquantaine de monolithes de différentes tailles et dont certains étaient sculptés et gravés, il en conclut que l'ensemble correspondait à une enceinte mégalithique démantelée. En 1972, il reconstitua une enceinte en forme de quadrilatère, dont les angles étaient alignés sur les points cardinaux. Il plaça le plus grand menhir au centre. La construction du barrage d'Alqueva menaçant le site, Mário Varela Gomes de l'Université nouvelle de Lisbonne fouilla le site en 1998. Il y recueillit un petit matériel lithique (trapèzes et éclats de silex schistes siliceux, quartz et quartzite) et quelques fragments de céramique, tels que des coupes décorées. À l’époque, Mário Varela Gomes ne voyait apparemment aucune raison de contredire les conclusions de José Pires Gonçalves. En 2002, les pierres furent démontées et stockées. En 2004, l'enceinte fut réinstallée pour le solstice d'été, à proximité du couvent d'Orada.




Le site actuellement visible correspond donc à une reconstruction complète sans aucun fondement archéologique et sa forme actuelle ne résulte que de l'interprétation de José Pires Gonçalves. Selon l'archéologue Manuel Calado, la forme de l'enceinte est douteuse. Ce serait le seul monument de cette forme de tout le Portugal. Dans l'Alentejo, toutes les enceintes mégalithiques sont de forme circulaire ou d'ovale ou en forme de fer à cheval avec une ouverture vers l'est. Lors de leur découverte, les pierres avaient été dispersées par les travaux agricoles et selon une étude topographique de l'époque, le site ne comportait que douze pierres, alors que le monument actuel en compte cinquante-cinq. Seule la fosse d’implantation du grand menhir fut découverte. Les menhirs sont des blocs de granite d'origine locale, de taille et de formes variées (cylindrique, ovoïde, prismatique). Le grand menhir central mesure 4,25 m de hauteur (dont 3,60 m hors-sol) et son poids serait d'environ 4,30 tonnes. Sept menhirs, dont le grand menhir central, comportent un décor gravé qui présente de fortes similitudes avec celui d'autres enceintes mégalithiques (Almendres, Portela de Mogos, Vale Maria do Meio).


Anta de Pavia


Connu également sous le nom de Capela de São Dinis (chapelle de Saint-Denis), ce dolmen est situé dans le village de Pavia dans le district d'Évora. Le dolmen possède une chambre au plan polygonal imposant, composée de sept orthostates et d'une dalle de couverture. Cette chambre de 3,30 m de hauteur et de 4,30 m de diamètre sert d'abside à une petite chapelle du XVIIe siècle. Le dolmen, daté de 4000 à 3000 av. J.-C., devait à l'origine posséder un couloir. La chapelle présente une façade triangulaire définie par un toit à deux versants et un portique en maçonnerie à jambages droits et un linteau parfaitement cintré. Elle est précédée d'un petit escalier à trois marches. Sur le toit se dresse un petit clocher.


Selon certaines sources, la christianisation du dolmen se serait faite en 1287, mais la première référence documentée date de 1625 où Manuel Severim de Faria, chantre de la cathédrale d'Évora, mentionna la chapelle consacrée à saint Dionisio, ou Saint-Dinis (certains panneaux indiquent Diniz). La chapelle-dolmen a été déclarée Monument national en 1910. Les fouilles archéologiques menées tout au long du XXe siècle ont permis de découvrir divers objets, allant de haches en pierre à des plaquettes de schiste (aujourd'hui conservées au Musée national d'archéologie). En août 2013, des recherches archéologiques, coordonnées par Leonor Rocha de l'Université d'Évora, visèrent à identifier l'entrée primitive et le couloir d'accès du dolmen et une datation absolue du monument.


Antas de Borracal
Également appelé Antas Herdade do Barrocal, ces deux dolmens sont situés dans la freguesia de Nossa Senhora da Tourega, sur le territoire de la municipalité d'Évora. Ils sont classés Monument National depuis 1910. Ces monuments mégalithiques se trouvent dans une zone à forte concentration de sites mégalithiques. Neuf ont été identifiés, mais à l'exception de Barrocal I et II, il n'en subsiste que des vestiges.

Anta do Barrocal II

Anta do Barrocal I
Barrocal I a été construit entre le début du IVe et le milieu du IIIe millénaire av. J.-C.. Ce dolmen est constitué de sept orthostates de granite à gros grains (dont cinq sont à leur emplacement d'origine) d'un peu plus de 2 m de hauteur, créant une chambre polygonale d'environ 3 m de diamètre. La chambre est recouverte d'une dalle de couverture presque intacte. Du couloir d'accès, il ne reste que deux orthostates brisés. Il ne reste aucun vestige du tumulus qui recouvrait le dolmen. Le dolmen est orienté est-ouest.




Le dolmen de Barrocal II se trouve à 100 m à l'ouest de Barrocal I. Il devait être identique au dolmen de Barrocal I, mais il n'en subsiste que des ruines. Sa pierre de couverture, tombée récemment, n'est plus en place.


Le menhir de Barrocal est à proximité.
Ces photographies ont été réalisées en septembre 2025.
D'autres informations et théories sur les mégalithes sont consultable sur la page "Les mégalithes".
Cette page a été mise en ligne le 10 décembre 2025
Cette page a été mise à jour le 10 décembre 2025