L'église des Cordeliers

L'ancienne église des Cordeliers de Nancy, devenue une annexe du Musée Lorrain du palais ducal, abrite, depuis le début du XVIIe siècle, la nécropole des ducs de Lorraine.

cordeliers 1

cordeliers 2

Après sa victoire sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, à la bataille de Nancy, le 2 janvier 1477, René II de Lorraine (1451 - 1508), en action de grâce, fit construire une église. Cette église, jouxtant le palais ducal de Nancy et consacré en 1487, fut donnée aux Cordeliers (frères mineurs de l'observance), une branche réformée de l'ordre monastique des Franciscains. Ceux-ci y construisirent un nouveau couvent, l'actuel Musée Lorrain. L'église, de style gothique flamboyant, a une longueur de 73 m pour une largeur de 9 m. Elle est constituée d'une nef unique de sept travées flanquée de chapelles collatérales abritant les enfeus de certains ducs de Lorraine. L'église était décorée par de nombreux vitraux réalisés par le maitre verrier d'Andlau, Pierre Hemmel, et de nombreuses fresques. Les vitraux furent détruits à la Révolution française et des fresques ne subsistent que ceux d'une des travées près du chœur.

cordeliers 16

cordeliers 22
La fresque de la travée du choeur

À la mort de René II, celui-ci fut inhumé dans l'église et sa sépulture, selon son testament, fut signalée par une simple plaque de cuivre. Son épouse, Philippe de Gueldre, jugeant ce monument trop simple fit réaliser, en 1511, un somptueux enfeu polychrome. Celui-ci fut conçu par Jacques Vauthier et réalisé par le sculpteur Mansuy Gauvain, l'auteur de la Vierge de Bonsecours et de la porte du palais ducal, et par le peintre Pierquin Fauteret. En 1522, l'autel fut complété par un retable.

cordeliers 18
L'enfeu de René II

palais 4
La porte du palais des ducs

Charles III de Lorraine choisit l'église pour abriter les sépultures de sa lignée. Il fit donc construire, entre 1609 et 1612, une chapelle latérale, la chapelle Notre-Dame de Lorette, dont la crypte abrite la nécropole des ducs de Lorraine. La chapelle de style baroque italien fut conçue par l'architecte italien Jean-Baptiste Stabili sur le modèle de celle des Médicis à Florence. La chapelle est surmontée d'un dôme polygonal coiffé d'un lanterneau. Le dôme est orné de 386 caissons sculptés par Siméon Drouin. La chapelle et la crypte contiennent les dépouilles et les cénotaphes de tous les ducs de la famille Habsbourg-Lorraine sauf celle de François-Étienne de Lorraine devenu empereur du Saint-Empire romain germanique et qui est inhumé dans la nécropole des Habsbourg à Vienne.

cordeliers 28
La chapelle Notre-Dame de Lorette

cordeliers 29
Le dome de la chapelle

En 1722 furent transférés dans cette nécropole les cœurs des ducs qui avaient été déposés dans l'église des Noviciats de Nancy. Les dépouilles inhumées en la collégiale Saint-Georges de Nancy y furent transférées en 1743. Des travaux de restauration furent réalisés entre 1744 et 1757 par l'architecte Jean Nicolas Jadot sur l'ordre de François III, dernier duc héréditaire de Lorraine devenu empereur d'Autriche par son mariage avec l'archiduchesse Marie Thérèse de Habsbourg, et qui s'inquiétait du sort des tombeaux de ces ancêtres. En 1762 y furent transférés les dépouilles des membres de la dynastie inhumés dans la collégiale de Vaudémont.

cordeliers 25
Les cénotaphes des ducs de Lorraine

cordeliers 26
Les cénotaphes des ducs de Lorraine

Lors de la Révolution française, en 1793, les tombeaux furent profanés et les ossements inhumés au cimetière de Boudonville où les fossoyeurs prirent cependant l'initiative de les mettre à part. L'église, devenue bien national, fut alors louée à un aubergiste puis à un charbonnier. En 1815, François-Joseph 1er d'Autriche, s'émeuvant du triste état de la chapelle, obtient du roi de France, Louis XVIII, la restauration de celle-ci. Les travaux durèrent jusqu'en 1830. Les restes des ducs de Lorraine y furent réinhumés le 9 novembre 1826. À cette occasion, François-Joseph 1er créa une fondation instituant la présence, dans l'église, d'un aumônier chargé de lire quotidiennement une messe et d'assumer un service funéraire en novembre. Ce service sera assuré jusqu'en 1914. François-Joseph 1er vint se recueillir dans la chapelle en 1867. L'église fut classée Monument historique en 1840. Au cours du XIXe siècle furent installées dans le chœur de l'église des stalles de 1691 provenant de l'abbaye de Salivel. En 1918, un groupe de Lorrain, guidé par le maréchal Lyautey, remit en place le service funéraire en novembre. Celui-ci se maintiendra jusqu'en 1934. Le mariage d'Otto de Habsbourg-Lorraine et de Regina de Saxe-Meiningen fut célébré le 10 mai 1951 dans la chapelle. Les mariés y célébrèrent également leur noce d'or le 10 mai 2001.

cordeliers 19
Les stalles du choeur

cordeliers 11

L'église des Cordeliers et la chapelle funéraire des ducs de Lorraine devinrent, en 1937, un lieu muséographique complétant le Musée Lorrain du palais ducal. La crypte de la chapelle resta un lieu privé non accessible au visiteur.

 

Monument funéraire d'Antoine de Vaudémont (1400 - 1458) et de Marie d'Harcourt (1398 - 1476). Antoine fut inhumé dans la collégiale de Vaudémont. Son épouse fut inhumée à Harcourt, mais son cœur fut déposé auprès de son mari. Le monument fut transféré au prieuré de Belval, à Portieux, dans les Vosges, en 1762 puis dans l'église des Cordeliers en 1819.

cordeliers 4

cordeliers 6

 

 

Gisants d'Henri III de Vaudémont (mort en 1348) et d'Isabelle de Lorraine. L'épitaphe évoquait Isabelle en ces mots : "En ce lieu gît une comtesse de Vaudémont, Dame et Princesse, Dame Isabelle l'appeloit on pleine de grande dévotion, Fille fut du duc de Loheregne, homme bien famé pour tout règne. Épouse au vaillant comte Henri, bon chevalier, preux et hardi."

 

 

 

 

Pierre tombale d'Otto (1538 - 1607), "comte sauvage" (Wildgrave) du Rhin et de Salm, seigneur de Morhange, Kyrbourg, baron de Fénétrange. Le Wildgrave ou Rhingrave avait la mission de protéger le Rhin et était chargé des espaces naturels comme les forêts.

cordeliers 8

cordeliers 10

 

 

 

 

Pierre tombale de Jean-Blaise de Mauléon (mort en 1613), sieur de la Bastide, originaire du Poitou, chambellan, capitaine des gardes du corps du duc Charles III de Lorraine, bailli de l'évêché de Toul et sénéchal de Barrois. La partie non sculptée était destinée à son épouse, Antoinette du Châtelet.

 

 

La Cène. Relief sculpté en 1582 par Florent Drouin pour le maitre-autel de l'église Saint-Epvre et financé par le conseiller d’État Désiré Bourgeois et son épouse Gertrude Fournier. Transféré dans l'église des Cordeliers en 1863 lors de la reconstruction de la basilique Saint-Epvre.

cordeliers 15

cordeliers 13
Monument funéraire de Jean des Porcelets de Maillane (1582 - 1624), évêque de Toul.

cordeliers 31

 

 

Gisant de la duchesse Philippe de Gueldre (1464 - 1547) réalisée par Ligier Richier en 1548 sur ordre des régents Christine de Danemark et Nicolas de Lorraine. Installé dans la chapelle de la Conception dans l'église du couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson, fondée par la duchesse, jusqu'à la Révolution, il fut transféré dans l'église des Cordeliers en 1823.

cordeliers 21
Monument funéraire du cardinal Charles de Vaudémont (1561 - 1587).
Nommé cardinal par le pape Grégoire III, il fut également évêque de Toul et de Verdun.

 

 

Gisant de René de Beauvau (mort en 1549) et de Claude Baudoche (mort en 1541). Installé dans l'ancienne chapelle castrale de Noviant-aux-Près, nécropole de la famille de Beauvau, il fut transféré dans l'église des Cordeliers en 1866 lors de la reconstruction de la chapelle.

cordeliers 32

cordeliers 34

 

 

Tombeau d'Henri 1er (mort en 1331), sire de Blâmont, et de Cunégonde de Linange. Le couple fut inhumé selon le souhait de Cunégonde à l'abbaye de Saint-Sauveur dans les Vosges qui fut détruite au XVIe siècle. Préservé, le monument fut retrouvé au XIXe siècle et transféré dans l'église des Cordeliers.

Ces photographies ont été réalisées en novembre 2021.

 

Y ACCÉDER:

L'église des Cordeliers se situe au 66 Grande Rue au centre-ville de Nancy.

L'église est ouverte du mardi au dimanche de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h.

 



Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont données sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accés au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

Si vous constatez des modifications ou des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part.

 

 

Cette page a été mise en ligne le 12 mars 2022

Cette page a été mise à jour le 12 mars 2022