La bataille de Valmy 

La bataille de Valmy

La bataille de Valmy, qui eut lieu le 20 septembre 1792, sauva la Révolution française. À la suite de la victoire des armées révolutionnaires menées par le général Kellermann, la convention nationale abolit la royauté et proclama la république. La bataille également désignée sous bataille ou affaire du camp de la lune fut la première victoire française durant les guerres de révolution.

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Début 1792, le roi Louis XVI pensait qu'une victoire sur les armées autrichiennes mettrait fin à la Révolution et lui rendrait son trône. Il poussa donc l'Assemblée nationale à déclarer la guerre à l'archiduc d'Autriche, François II, qui était également empereur du Saint Empire Romain Germanique. Ce qui fut fait le 20 avril 1792. En juillet 1792, la Prusse entra dans la guerre aux côtés de l'Autriche. L'armée des coalisés, constituée de 150000 Prussiens et Autrichiens auxquels s'ajoutèrent 20000 émigrés chassés par la Révolution française, marcha sur la France et se massa le long de la frontière entre Dunkerque et la Suisse. Cette armée était sous le commandement du duc Charles Guillaume Ferdinand de Brunswick (1735-1806) représentant le roi de Prusse Frédéric Guillaume II. Son objectif était Paris et le rétablissement de Louis XVI sur son trône. Dans un manifeste, le duc de Brunswick menaça Paris et l'Assemblée nationale de représailles s'il était porté atteinte au roi Louis XVI. Ce manifeste provoqua la colère des Parisiens qui prirent d'assaut le palais des Tuileries et emprisonnèrent le roi Louis XVI le 10 août 1792.

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Le 12 août 1792, les troupes prussiennes franchirent la frontière. Le 15 août 1792, les Prussiens campèrent entre Sierck et Luxembourg et les Autrichiens, sous le commandement du général Clairfayt (1733-1798), campèrent entre Longwy et Montmédy. Les 22000 Autrichiens écrasèrent l'armée du maréchal Luckner (1722-1794) à Fontoy le 19 août 1792. La citadelle de Longwy capitula le 23 août 1792 après trois jours de bombardement. La citadelle de Verdun fit de même le 2 septembre 1792. Le duc de Brunswick y réunit 80000 Prussiens et, pressé par les émigrés et le roi de Prusse, il fit marche sur Paris. Son armée s'arrêta près de Châlons-en-Champagne. Face à cette avancée, le général Charles François du Perrier Dumouriez (1739-1823), qui entrainait ses troupes à Valenciennes en vue de l'invasion de la Belgique, prit, à marche forcée, la direction de l'Argonne afin de barrer la route de Paris. Le général Dumouriez demanda au général François Christophe Kellermann (1735-1820), qui stationnait à Metz, de l'assister. Mais avant que les deux armées aient pu faire leur jonction, le duc de Brunswick passa au nord de l'Argonne. Le général Dumouriez fit alors manœuvrer son armée, de nuit et sous la pluie, en direction de Châlons-en-Champagne. Il rejoignit le général Kellermann à Sainte-Menehould le 18 septembre 1792.

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Le général Dumouriez installa son campement sur un plateau peu élevé à droite du chemin reliant Sainte-Menehould à Châlons-en-Champagne. Ce plateau est borné sur la droite par la rivière l'Aisne et sur la gauche par une prairie marécageuse et des étangs. Il est séparé par une vallée étroite du plateau de l'Iron où se trouvait le campement des Prussiens. Le camp des Prussiens prit le nom de "camp de la Lune", car le duc de Brunswick se logea à l'auberge de la Lune. Le "camp de la Lune" se situait à l'ouest de la Chapelle-Felcourt et de Valmy. Entre les deux plateaux se trouve un bassin de prairies d'où dépassent quelques collines dont la plus haute porte le moulin de Valmy. Ce bassin est cerné au sud par la rivière Auve et au nord par la rivière Bienne. Le quartier général du général Dumouriez était installé à Sainte-Menehould. Le général Dumouriez ordonna au général Kellermann de se placer sur son arrière et sur sa gauche. Le général Kellermann fit donc passer ses troupes sur la rive droite de l'Auve le 19 septembre 1792. Il constata immédiatement que sa position était dangereuse, car le terrain ne permettait pas la défense. Il prévint le général Dumouriez qu'il repassera l'Auve dès le lendemain. Durant ce temps, le duc de Brunswick fit pivoter son armée pour couper l'armée française de Châlons-en-Champagne.

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Le monument Kellermann

Le 20 septembre 1792, à 3 h du matin, les Prussiens se mirent en mouvement. L'avant-garde prussienne, commandée par le prince de Hohenlohe-Ingelfingen, se porta au contact de l'avant-garde du général Kellermann, commandé par le général Deprez-Crassier (1733-1803), près du village de Hans. Le gros de l'armée prussienne remonta vers Somme-Tourbe suivi par les Autrichiens du général Clairfayt. À la nouvelle de l'attaque de son avant-garde, le général Kellermann ordonna de plier le camp. Jusqu'à 7 h du matin, le brouillard empêcha les deux armées de connaitre leurs positions respectives. Lorsque le brouillard se dissipa, l'artillerie des deux camps commença son tir. Celui-ci, bien que soutenu, ne provoqua guère de dégâts. À 10 h, le cheval du général Kellermann, placé au centre de ses lignes, fut tué par un boulet. En même temps, des boulets éclatant au milieu d'un dépôt de munitions semèrent la panique parmi les Français. Le bombardement français se réduisit alors faute de munitions.

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Constatant que le bombardement était peu efficace, le duc de Brunswick ordonna l'attaque de l'infanterie. À 11 h, le bombardement prussien redoubla et deux colonnes d'infanterie, soutenues par la cavalerie, s'élancèrent en direction du moulin de Valmy tandis qu'une autre colonne se tenait en réserve. Le général Kellermann disposa alors son armée également en colonne en fonction des bataillons la composant. Il parcourut ces colonnes en leur tenant le discours suivant : "Camarades, voilà le moment de la victoire, laissons avancer l'ennemi sans tirer un seul coup de fusil et chargeons-le à la baïonnette". La troupe lui répondit par des cris de "Vive la nation". Le général Kellermann fut alors soufflé de son cheval par l'explosion d'un caisson de munitions. Ayant récupéré un nouveau cheval, il passa devant ses troupes en mettant son chapeau sur son sabre et en criant "Vive la nation". Tous les hommes l'imitèrent et la clameur fut telle que les Prussiens s'arrêtèrent. L'artillerie française reprit alors de plus belle forçant le duc de Brunswick à ordonner la retraite.

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Le monument Kellermann

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Le monument Kellermann

La canonnade se poursuivit jusqu'à 16 h où les Prussiens tentèrent une nouvelle attaque qui se conclut de la même manière que la précédente. À 19 h les Prussiens regagnèrent leurs positions de départ en abandonnant le champ de bataille aux Français. Le lendemain, le général Kellermann établit son camp sur les hauteurs de Voilemont. L'artillerie française tira, durant la bataille, 20000 coups de canon. La nouvelle artillerie, créée par Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (1715-1789), avait démontré sa supériorité. La bataille, qui opposa 50000 Français aux 80000 hommes des armées coalisées, fit 300 morts ou blessés parmi les Français et 184 morts ou blessés parmi les coalisés.

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Le monument Kellermann

Durant la bataille, le général Dumouriez prit des dispositions pour secourir le général Kellermann, mais resta à distance. De même, le général Clairfayt montra juste le bout de son armée pour maintenir les Français dans l'incertitude. Le duc de Brunswick, étant sûr de vaincre avec ses Prussiens, avait décidé de se passer des Autrichiens. La nouvelle de la victoire parvint à Paris le 21 septembre 1792 et y fut accueillie dans la liesse. La convention nationale, assurée de la sauvegarde du pays, abolit aussitôt la royauté et proclama la République. Le général Kellermann fut acclamé comme le sauveur de la nation. L'armée coalisée évacua le territoire français le 22 septembre 1792.

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La stèle de la bataille

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La retraite des Prussiens devant les Français sans combattre pose des questions à de nombreux historiens. Plusieurs hypothèses sont évoquées. Il se dit que le duc de Brunswick aurait été acheté par Georges Danton avec les diamants de la couronne royale de France qui avaient été volés le 16 septembre 1792 au garde-meuble de la couronne. Une autre hypothèse évoque l'invasion de la Pologne par la Russie et l'Autriche qui eut lieu quelques jours plus tôt. Le roi de Prusse avait alors un besoin urgent de son armée pour participer au partage de ce vaste territoire. Il est également question d'une négociation entre le général Dumouriez et le duc de Brunswick, tous deux absents au début de la bataille, ou d'un accord entre le général Kellermann et le duc de Brunswick, tous deux membres de la même obédience maçonnique. On évoque même une épidémie de dysenterie au sein de l'armée prussienne causée par une consommation excessive de fruits verts. En tout cas, la manœuvre du général Dumouriez était un parfait choix tactique. Elle facilita la jonction avec le général Kellermann en coupant l'approvisionnement et les communications de l'armée prussienne. Elle permit également la prise pour champ de bataille d'un terrain favorable à l'artillerie, le point fort des Français, et mit l'armée française dans une situation où il suffisait de défendre le terrain. Dans ces conditions, poursuivre en direction de Paris aurait été dangereux pour le duc de Brunswick. Son armée pouvait être prise en tenaille par la sortie des Parisiens sans possibilité d'être ravitaillée.

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Les canons de la victoire française

Pour le 150e anniversaire de la bataille, le maire de Valmy, André Procureur, lança une souscription nationale pour aménager le site. Il fit réinstaller un moulin, en provenance d'Attiches (Nord), sur la colline. Les travaux, commencés en 1939, furent interrompus par la 2e Guerre mondiale. Le site fut finalement inauguré le 20 septembre 1947. Ce moulin fut détruit par la tempête qui traversa la France le 26 décembre 1999. Une souscription, lancée par le député-maire de Châlons-en-Champagne, Bruno Bourg-Broc, permit la reconstruction, en 2005, du moulin dans le style des moulins champenois du XVIIIe siècle. Ce moulin est parfaitement fonctionnel et donc capable de produire de la farine. Le centre historique "Valmy 1792", intégré à la colline, fut ouvert au public en 2014. La chapelle, érigée entre le moulin et la statue du général Kellermann, renferme le cœur de la princesse Ginetti, l'arrière-petite-fille du général, dont les dons permirent l'aménagement du site.

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La chapelle

Ces photographies ont été réalisées en juin 2016.

 

Y ACCÉDER:

L'accès au centre historique "Valmy 1792" est fléché dans le village de Valmy. Un parking est aménagé à l'entrée du centre historique. La visite du centre est payante, mais l'accès au moulin est libre. De même que l'accès à la chapelle (fermé) et à la statue du général Kellermann.

 



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Cette page a été mise en ligne le 19 novembre 2016

Cette page a été mise à jour le 19 novembre 2016