L'abbaye de Fleury

L'abbaye de Fleury, fondé en 630, après une période d'abandon, accueille à nouveau, depuis 1944, une communauté de moines. Plusieurs fois par jour, vous pouvez assister, dans l'immense abbatiale, à la messe chantée par les moines.

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En 529, Benoit de Murcie (480-547) fonda un monastère au Mont-Cassin au nord de Naples. Il y mourut en 547 avant d'être proclamé saint. À la suite de la mise à sac et au pillage des lieux en 580 par les Lombards, les moines furent dispersés et les reliques de Saint-Benoit laissées à l'abandon. Presque un siècle plus tard, en 650 ou en 650, Léodebold, l'abbé de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans, fonda, sur l'emplacement de la villa gallo-romaine de Floriacum près d'Orléans, une nouvelle abbaye. Cette villa était alors une des propriétés du roi Clovis II. Dans cette abbaye respectant la règle de Saint-Colomban, quelques moines construisirent une église dédiée à Notre-Dame alors qu'un autre groupe de moines érigea, à une centaine de mètres, une autre église dédiée à Saint-Pierre. En 660 ou 672, l'abbé Mummolus envoya des moines chercher les reliques de Saint-Benoit abandonné au Mont-Cassin. La présence des reliques contribua alors à la rapide extension et à la prospérité de l'abbaye de Fleury qui adopta le nom de Saint-Benoit de Fleury.

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L'abbaye reçut en 845 la visite du roi Charles le Chauve avant de subir les pillages lors des raids des Normands. Ceux-ci pillèrent et incendièrent l'abbaye en 865, en 879 et en 897. En 879, les moines abandonnèrent les lieux avant d'y revenir en 883 sur l'ordre du roi Carloman II. Entre 930 et 942, l'abbé Odon de Cluny reforma l'abbaye. C'est sous la direction de ces successeurs, l'abbé Abbon (988-1004) et l'abbé Gauzlin (1004-1030), que l'abbaye connut l'apogée de son rayonnement. C'est l'abbé Gauzlin qui entama la reconstruction des bâtiments endommagés par un incendie en 1026. La tour-porche de l'abbatiale est également son œuvre. L'abbé Guillaume entama la reconstruction de l'abbatiale et de la crypte à partir de 1067. Le 21 mars 1108 furent consacrés l'abside et le chœur de cette nouvelle abbatiale (l'actuelle église). La même année, le 2 aout, le roi de France Philippe 1er fut inhumé dans le chœur. En 1130, Bernard de Clairvaux y bénit l'alliance entre l'Église romaine, représenté par le pape Innocent II, et la monarchie capétienne du roi Louis IV le Gros.

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En 1150 débuta la construction de la nef qui sera achevée en 1180. Ce ne sera cependant qu'en 1218 que la dédicace de la basilique achevée sera prononcée. Le lent déclin de l'abbaye débuta alors. En 1299, les finances atteignirent un niveau critique limitant le nombre des moines à 15 individus. Entre 1358 et 1359, durant la guerre de 100 ans, l'abbaye eut à subir le pillage des troupes anglaises qui ravagèrent la région. En 1413 furent réalisées les stalles du chœur par deux huchiers d'Orléans et l'abbaye accueillit en 1429 Jeanne d'Arc lors de son passage à Orléans.

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Le déambulatoire du choeur avec l'accés à la crypte

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Le choeur

L'abbaye passa sous le régime de la commende en 1486 avant de subir, en 1562, le pillage par les troupes huguenotes du Prince de Condé au cours des guerres de religion. Le trésor fut fondu sans le moindre égard pour la châsse d'or contenant les reliques de Saint-Benoit. La bibliothèque fut vendue provoquant la dispersion aux quatre coins de l'Europe de plus de 2000 manuscrits précieux. Ce fut Charles d'Orléans, abbé commendataire, qui restaura l'abbaye et l'abbatiale entre 1584 et 1601. Richelieu, nouvel abbé commendataire, donna l'abbaye en 1627 à la congrégation de Saint-Maur. La tribune de l'orgue (35 jeux et plus de 500 tuyaux) fut édifiée en 1704 avant la reconstruction des bâtiments de l'abbaye entre 1712 et 1731. La Révolution française dispersa les moines en 1791. Les bâtiments furent alors vendus à Benoit Lebrun, architecte parisien établi à Orléans. Il avait le projet d'y établir une manufacture. Ce projet n'ayant pas abouti, il démolit les bâtiments et revendit les terres. L'abbatiale devint église paroissiale.

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La crypte

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La crypte

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La crypte

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La chapelle de la crypte

Entre 1865 et 1903 eut lieu la première reprise de la vie monacale par des moines en provenance de l'abbaye de la Pierre qui Vire dans le Morvan. Mais en 1903, à la suite de la séparation de l'église et de l'état, les moines furent expulsés de France, un seul fut autorisé à rester jusqu'en 1928. En 1944 eut lieu la refondation de l'abbaye par un groupe de moines bénédictins venu du monastère de la Pierre qui Vire. Actuellement, 27 moines vivent dans l'abbaye.

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La chasse contenant les reliques de Saint-Benoit

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La crypte

L'abbatiale possède une nef de sept travées flanquée de deux collatéraux dont celui du nord est plus large que celui du sud. La nef a une longueur de 36,85 m et une largeur de 17 m. La hauteur est de 18,80 m. Le transept est large de 38 m et possède, sur les croisillons, deux chapelles en hémicycle. Le chœur, long de 15 m et haut de 20 m, est entouré d'un déambulatoire avec quatre chapelles. Sous le chœur et son déambulatoire se trouve la crypte construite entre 1060 et 1108. Dans la crypte sont conservées les reliques de Saint-Benoit enchâssé dans le pilier central. Celui-ci est entouré d'un cercle de huit colonnes séparant l'espace en un double déambulatoire vouté.

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La tour-porche est un carré de 16 m de côté et possède deux niveaux d'élévation. Le premier niveau est haut de 6,60 m et le deuxième est haut de 10,35 m. Le tout est surmonté d'un toit en pavillon coiffé d'un lanterneau. Le rez-de-chaussée est ouvert sur trois côtés par une triple arcade et chaque face du niveau supérieur possède trois baies séparées par des piliers massifs. La tour-porche communique avec la nef de l'abbatiale par une porte. L'accès au niveau supérieur se fait par deux escaliers situés dans les angles nord et sud-est. Cette tour-porche remplace la tour ouest de trois niveaux construite en 990 par l'abbé Abbon. Cette tour-porche évoque la Jérusalem céleste décrite par Saint-Jean dans le chapitre 21 de l'Apocalypse. Cette Jérusalem céleste, dont la longueur égale la largeur, possède douze portes, trois à l'orient, trois au nord, trois au sud et trois à l'occident.

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Le portail nord qui s'ouvre dans la 4e travée de la nef fut bâti à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Son tympan est richement orné. Un Christ en majesté trône au milieu des quatre évangélistes. Sur la voussure sont représentés les autres apôtres et des anges. La frise sur le linteau raconte, en un triptyque, la translation des reliques de Saint-Benoit du Mont-Cassin à Fleury. Les six statues-colonnes représentent les patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament.

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Le portail nord

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Dans le transept nord est conservée la statue de Notre-Dame de Fleury. Il s'agit d'une statue en albâtre du XVIe siècle. Devant cette statue venait prier le poète Max Jacob (1876-1944) lors de sa retraite à l'abbaye avant son arrestation par la Gestapo et sa déportation à Drancy en 1944.

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Notre-Dame de Fleury

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Le gisant de Philippe 1er, inhumé en 1108, est porté par six lions. Retaillé en 1830, il représente l'effigie du défunt.

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Le gisant de Philippe 1er

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Le gisant de Philippe 1er

Ces photographies ont été réalisées en septembre 2021.

 

Y ACCÉDER:

L'abbatiale est située au centre du village de Saint-Benoit de Fleury. Son accès est libre.

 



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Cette page a été mise en ligne le 31 décembre 2021

Cette page a été mise à jour le 31 décembre 2021