Le village troglodyte de Troo

Les bords du Loir présentent de nombreuses cavités utilisées de tout temps comme habitats troglodytes. Le village de Troo présente de nombreuses maisons de ce type dont certaines se visitent. Une petite promenade le long de ces rues qui s'échelonnent sur la hauteur de la colline et reliée entre elles par des escaliers vous permet de découvrir ce charmant village.

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Le site de Troo est occupé depuis le 1er siècle apr. J.-C. ou un oppidum celte est attesté. Au cours du IXe siècle, pour s'opposer aux incursions des Normands, Landry Sore, le "missus dominicus" (envoyé du maitre) de Charles le Chauve, créa une ligne de défense avec une série de forteresses implantée à Oucques, Freteval, Vendôme, Lavardin, Montoire, Troo et La Chartre. À Troo fut construite une butte castrale de 170 m de diamètre et de 14 m de haut au-dessus de la falaise soutenant une tour en bois. En 1050, Geoffroy Martel, comte d'Anjou, de Vendôme et du Maine, fonda la collégiale et fortifia la ville par un rempart flanqué de tours. Un château, avec une tour de 14 m sur 10 m, fut construit à proximité de la motte castrale en 1124 par Foulque le Jeune, comte d'Anjou.

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En 1128 le village et le château devinrent la propriété de la couronne d'Angleterre par le mariage de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, avec Mathilde, la fille de Henri 1er, roi d'Angleterre. Au cours du XIIe siècle, une deuxième enceinte de défense fut construite à l'est de la ville en suivant le ravin de la Gouffrande. Le roi de France, Philippe-Auguste, assiégea Troo, propriété de Richard Coeur de Lion, en 1188 et brula la ville basse. L'année suivante, Philippe-Auguste s'allia à Richard Coeur de Lion contre le père de celui-ci, Henri II. Le quartier installé dans la première enceinte fut saccagé par les routiers commandés par Robert Marcault en 1365. Ce quartier ne fut jamais reconstruit.

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En 1515, le comté de Vendôme devint un duché par décision royale. Troo fut saccagé durant les guerres de religion en 1576 par les huguenots et à la fin du XVIe siècle, Henri IV fit démanteler les fortifications de Troo ainsi que ceux de Lavardin et de Montoire. En 1815, après la défaite de Waterloo, les habitants trouvèrent refuge dans les "cafforts". Ils firent de même en 1871 pour fuir les Prussiens. Les "cafforts", caves fortifiées, remonterait à l'époque gauloise. Il s'agit de galeries souterraines menant à de nombreuses salles. Ces galeries comprennent de nombreux systèmes défensifs comme des trous de 2 à 3 m de profondeur creusés dans le sol dans des endroits obscurs ou de solides portes fermant les couloirs aux endroits stratégiques. Parmi ces "cafforts", un couloir en colimaçon de 0,70 m de largeur relie une des salles à la butte castrale.

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La cave des vignerons

Une importante industrie de la serge et du coton s'installa dans la région au XVIIIe siècle. Entre Troo et Montoire étaient logés plus de 1200 ouvriers. Vers la fin du XIXe siècle, les habitants troglodytes de Troo, déserté par leurs habitants, commencèrent à être utilisés comme résidence secondaire. Le journaliste Auguste Arnault y invite ses amis comme Anatole France ou Antoine Bourdelle. Celui-ci offrit, en 1921, le dessin et la conception du monument aux morts au village. Les habitants de Troo firent preuve d'héroïsme entre 1942 et 1944 en hébergeant et en cachant aux nazis 29 enfants juifs.

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La cave des vignerons

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La cave des vignerons

Le village de Troo est étagé sur trois niveaux. En partie basse, ce trouve le village médiéval, au milieu ce trouvent les habitats troglodytes, et en partie haute ce trouve la ville haute avec la collégiale et la motte castrale. Le nom de Troo serait l'orthographe anglaise ou angevine ancienne de trou, une allusion aux nombreuses cavités creusée dans la colline. Dans la partie troglodyte, l'escalier Saint-Gabriel occupe l'emplacement d'une église primitive érigée dans une grotte. Le seul vestige de cette église est la statue de Saint-Gabriel actuellement exposé dans la grotte pétrifiante.

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Le vieux fournil est une ancienne boulangerie troglodyte restaurée en 1997.

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Le vieux fournil

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Le vieux fournil

La fontaine Saint-Gabriel est une source qui approvisionna la ville basse en eau jusqu'en 1972.

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La fontaine Saint-Gabriel

La grotte pétrifiante est le plus ancien site touristique de Troo. Il fut ouvert au public au début du XXe siècle. Dans cette petite cavité naturelle, l'eau en provenance de différentes sources coulant dans le coteau y dépose la calcite dissoute à raison d'un centimètre par an.

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La grotte pétrifiante

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La grotte pétrifiante

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La grotte pétrifiante

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La grotte pétrifiante

La collégiale fut fondée en 1050 par Geoffroy Martel, comte d'Anjou. Au XIIIe siècle, Pierre de Broyer, évêque du Mans et natif de Troo, fit reconstruire les voutes, le transept, la chapelle Notre-Dame et le second étage du clocher. La restauration du chœur fut réalisée au XIVe siècle et au XVIe siècle, l'église délabrée, fut restaurée par Louis Tourtay, chevecier du chapitre et doyen rural du doyenné de Troo, sur ces propres deniers. La flèche du clocher fut détruite par la foudre le 25 mars 1737. La collégiale fut classée Monument historique en 1862.

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Dans la ville haute, vous pourrez vous pencher sur le "Puits qui parle". Ce puits, profond de 45 m, alimenta le haut du village en eau jusqu'à l'installation de l'eau courante en 1972. Ce puits qui date de la fondation de la collégiale au XIIe siècle fut classé Monument historique en 1935. Le nom de "Puits qui parle" provient du fait que la configuration du fond du puits provoque un écho particulièrement fort. Mais selon la légende, le Diable y aurait enfermé une femme trop bavarde à la demande d'un mari bienveillant. Ce serait elle qui répond au cri des visiteurs.

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Ces photographies ont été réalisées en septembre 2021.

 

Y ACCÉDER:

Le village de Troo se trouve sur la D917 entre Montoire-sur-le-Loir et La Chartre-sur-le-Loir.

 



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Cette page a été mise en ligne le 31 décembre 2021

Cette page a été mise à jour le 31 décembre 2021