Les nécropoles de Populonia

Populonia fut la seule ville étrusque en bord de mer. Elle connut un formidable essor grâce à l'exploitation du minerai de fer de l'ile d'Elbe en face de laquelle elle s'érigeait. Les riches aristocrates de la ville se firent construire de grands tombeaux, seuls témoignages encore visibles de la puissance de cette ville réduite à l'heure actuelle à un petit village perché.

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Le château de Populonia

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La place du village actuel de Populonia

La ville de Populonia fut établie sur un promontoire s'avançant dans la mer en face de l'ile d'Elbe et, au loin, la Corse. Les groupes dominant à l'époque la société disposaient ainsi d'une position permettant le contrôle du territoire et des voies maritimes passant près des côtes. Ces nombreuses voies maritimes reliaient la région sud-méditerranéenne à la Gaule et à l'Espagne. Elles assuraient également la liaison avec la Corse, la Sardaigne et l'Afrique. Les plus anciennes traces d'habitats furent récemment découvertes au sommet de la colline "del Telegrapho", au sud du village actuel. Les fouilles mirent en évidence une série de trous de poteaux qui soutenaient de grandes maisons datées de l'Âge du fer (IXe au VIIIe siècle av. J.-C.). Une de ces maisons appartenait à un important personnage du VIIIe ou du VIIe siècle av. J.-C.. La fosse du poteau central contenait une centaine de tasses déposées certainement lors d'un rite traduisant un changement politique comme la mort d'un roi.

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Le "Logge" de l'acropole

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Les vestiges d'une villa sur l'acropole

La ville se répartissait sur deux zones. Une ville basse qui regroupait les quartiers productifs et portuaires ouverts sur la baie de Baratti et la ville haute autour de la zone des temples, l'acropole. Une première enceinte de défense fut construite durant la 1re moitié du Ve siècle av. J.-C.. Ce rempart délimitait une zone d'une superficie de 29 ha englobant l'acropole et le sommet des deux collines formant le nord du promontoire, le "poggio del Telegrapho" et le "poggio del Castello" (l'actuel village). Une deuxième enceinte fut érigée entre le IVe et le IIIe siècle av. J.-C. englobant tout le promontoire et séparant l'habitat du centre industriel et des nécropoles. La richesse de Populonia se construisit sur l'exploitation des ressources minières de la région et notamment de l'hématite de l'ile d'Elbe. Transporté par bateau, il était fondu dans les fours fonctionnant à feu continu sur les flancs des collines de la baie de Baratti pour produire du fer. La ville de Populonia, qui était en contact commercial avec les autres cités étrusques et avec les Sardes, les Corses, les Phéniciens et les Grecs, connu au IVe siècle av. J.-C. un très important essor. La zone du port devint un véritable quartier industriel et les scories, déchet des fours produisant le fer, commencèrent à modifier le paysage en créant des collines artificielles. Ces montagnes de scories ont petit à petit enseveli l'antique nécropole de San Cerbone. Les spécialistes ont estimé que la production de fer de Populonia a produit 2,5 millions de tonnes de scories. L'analyse des scories et du minerai a permis d'estimer la production de fer à un million de tonnes.

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Les vestiges des thermes sur l'acropole

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Nécropole de San Cerbone

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Tombe à tumulus de la nécropole San Cerbone

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Tombe à édicule de la nécropole San Cerbone

Au cours du IIIe siècle av. J.-C., Populonia passa sous le contrôle de Rome. Lors des guerres civiles romaines, Populonia fut assiégé en 80 av. J.-C. par les légions de Silla. Après ces événements, Populonia amorça une longue décadence avant de disparaitre. Le géographe grec Strabon écrivit en 14 av. J.-C. que les mines de l'arrière-pays étaient abandonnées, mais que les fours étaient encore actifs. Dans ses écrits, Pline l'ancien s'étonna vers le début du 1er siècle apr. J.-C. que les mines de l'ile d'Elbe étaient toujours en activité alors que le sénat de Rome avait interdit l'extraction minière en Italie. C'est finalement la diffusion du fer provenant des nouvelles provinces de l'Empire romain qui marqua la fin des activités de Populonia. Ce n'est qu'à la fin du XIXe et au début du XXe siècle avec la demande croissante de fer dans le monde que les scories encore riches en fer furent réexploitées. Cette exploitation des scories permit la découverte des nécropoles et leur élimination totale du paysage.

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Vestiges de la zone industrielle de Populonia

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Vestiges de la zone industrielle de Populonia

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Vestiges de la zone industrielle de Populonia

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Vestiges de la zone industrielle de Populonia

Les fouilles de l'acropole mirent à jour les vestiges de trois grands temples, d'une grande rue pavée et d'une zone avec des édifices publics dénommés "Logge", des habitations et des thermes. De ce vaste complexe, établi sur plusieurs niveaux, ne subsistent que les fondations, les pierres des monuments ayant été utilisé au Moyen-âge pour la construction du château et du village actuel. Le temple A occupe la partie nord du site avec sa façade orientée vers le sud. Les temples B et C sont situés du côté de la mer avec les façades orientées vers l'est. Ces temples sont le résultat d'une restructuration monumentale de cette partie de l'acropole réalisée entre le IIIe et le 1er siècle av. J.-C..

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La rue pavée de l'acropole

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Vestiges du temple B de l'acropole

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Plan de l'acropole

Du temple A ne subsistent que les fondations et les vestiges d'un édifice plus ancien qu'il englobait. Le temple B, le plus grand, comprenait une grande salle divisée en trois pièces précédées de deux files de quatre colonnes. Les archéologues ayant découvert des fragments de mosaïques représentant Ganymède, le jeune homme dont Jupiter était amoureux, ont supposé que ce temple était dédié à Jupiter associé à Junon et Minerve. Pline l'Ancien parle de la présence à Populonia d'une statue de Jupiter sculpté dans un énorme tronc de vigne de Chypre.

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Le temple A

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Le temple B

Le temple C, situé à côté du temple B, possédait une salle flanquée de chaque côté d'une pièce plus petite. À l'ouest se trouvait un portique soutenu par deux colonnes précédé de deux autres colonnes. Ce temple était peut-être dédié à trois divinités. Les décors retrouvés font penser à des cultes liés à la terre et à la fertilité comme les divinités Cérès, Libéro et Libéra. À côté du Temple C se trouve une grande citerne d'une contenance de 500 m3 construite au IIe siècle av. J.-C.. Elle était alimentée par un réseau de canalisation qui passait sous la rue pavée.

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Le temple C

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Le temple C

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Le temple C

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Les vestiges de la citerne

La rue pavée remonte vers le sommet de l'acropole où se trouve le Logge. Elle fut construite durant la 2e moitié du IIe siècle av. J.-C. et nécessita la démolition d'édifices plus anciens dont des vestiges furent retrouvés sous la chaussée. Sa forte inclinaison de 11 % et l'absence de rainures provoquée par l'usure des roues des chariots donnent à penser qu'il s'agissait d'une voie processionnelle réservée aux piétons.

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La rue pavée

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La rue pavée

La rue pavée débouche sur le Logge, une grande façade avec des arcs constituant le soubassement monumental d'une terrasse construite durant la 2e moitié du IIe siècle av. J.-C.. Sur cette terrasse furent construits plusieurs édifices, dont un balneum. Celui-ci était richement décoré avec des mosaïques. L'une d'elles était constituée d'un décor de végétaux avec des animaux et les portraits de deux esclaves éthiopiens. Une autre représentait une scène de vie marine avec des poissons et le naufrage d'un bateau avec trois hommes à bord. Cette mosaïque ayant circulé durant plusieurs années sur le marché des antiquités peut maintenant être admirée au musée archéologique de Piombino. Dans la partie orientale du Logge fut découvert une pièce possédant de luxueux décors et donnant sur la terrasse. Les décors connus comme "1er style" ont permis de dater l'ensemble de la fin du IIe siècle av. J.-C.. Elle possédait également un plafond vouté avec des caissons en plâtre. Le Logge était un complexe monumental, probablement un sanctuaire dédié à des divinités liées à la mer et à la navigation.

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Les vestiges des thermes

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Mosaïque des thermes

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Le "Logge"

À la base du Logge, se trouve une grande maison (domus) possédant un jardin avec un porche et des thermes privés chauffés par hypocauste. Cette domus fut construite au cours du 1er siècle av. J.-C.. Dans son prolongement est se trouve une deuxième domus, datée, elle, du IIe siècle av. J.-C. Elle est constituée d'un couloir donnant sur trois pièces et une cuisine possédant un foyer dans un angle. Des latrines privées y furent également trouvées.

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Vestiges de la "Domus"

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Vestiges de la "Domus"

Au bas de la colline jouxtant la baie de Baratti se trouve la nécropole San Cerbone du nom d'une petite chapelle en bord de plage. Cette nécropole utilisée durant la période orientalisante (VIIe siècle av. J.-C.) et archaïque (VIe siècle av. J.-C.) était enfouie sous 7 à 10 m de scories. Ces scories furent entièrement déblayées par une société privée sous concession publique entre 1920 et 1959. La première tombe fut découverte par Isidoro Falchi en 1897. Des fouilles approfondies de la nécropole furent entreprises à partir de 1914 par Antonio Minto et A. De Agostino. Elles furent reprises en 1970 par Marina Martelli et Antonella Romualdi.

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Plan des nécropoles de San Cerbone et Della Grotte

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Nécropole Della Grotte

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La "tombe des chars"

La première sépulture qui apparait aux visiteurs actuels du site est la "Tombe des Chars". Il s'agit du plus grand tumulus encore visible. Les tombes sous tumulus apparaissent au cours du VIIIe siècle av. J.-C. et furent utilisées jusqu'au début du VIe siècle av. J.-C.. Extérieurement, le tumulus est circonscrit par un tambour. Il s'agit d'un mur circulaire en pierre sèche protégée en partie haute par une gouttière et entouré d'un trottoir pavé. Sous le tumulus en terre est enfouie une chambre funéraire de forme carrée ou rectangulaire accessible par un couloir débouchant dans le mur extérieur. La chambre est couverte d'une voute en encorbellement. Le couloir, possédant parfois de petites pièces adjacentes, était comblé après l'inhumation avec des pierres et de la terre pour empêcher le pillage de la chambre. Le tumulus de la "Tombe des Chars" a un diamètre de 28 m. Le couloir d'accès à la chambre possède trois chambres latérales. Les fouilles effectuées en 1914 et 1921 trouvèrent peu d'objets dans la chambre où les défunts étaient placés sur des lits funéraires constitués de dalles décorés de colonnes reproduisant des pieds de lit. Le peu d'objets présent a fait penser aux archéologues que la chambre avait été pillée. La fouille du couloir d'accès livra par contre un important mobilier. Parmi ces objets se trouvaient les roues et les décors en bronze et fer d'un char, une corne en ivoire recouvert d'une plaque en or et une partie d'un deuxième char de guerre. La "Tombe des Chars" est la sépulture d'un puissant aristocrate de la 2e moitié du VIIe siècle av. J.-C..

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La "tombe des chars"

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La "tombe des chars"

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La chambre de la "tombe des chars"

La "Tombe des pyxides cylindriques" fut découverte en 1925. Sous un tumulus de 5,50 m de diamètre (trottoir cylindrique de 0,70 m) se trouve une chambre carrée de 3,25 m de côté. La chambre est accessible au travers d'un couloir long de 2,05 m et large de 1 m. Le couloir était précédé d'un avant-corps, chose unique sur le site. Dans la chambre se trouvaient, délimités par des dalles posées sur chant, cinq lits funéraires. Parmi les objets mis à jour se trouvaient deux boites (pyxides) en céramique fabriquées à Corinthe. Les pyxides étaient utilisées par les femmes pour y entreposer leurs produits de beauté. Des vases en bucchero fabriqué à Populonia faisaient également partie du mobilier qui permit de dater la tombe de la 1re moitié du VIIe siècle av. J.-C..

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La "Tombe des pyxides cylindriques"

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La "Tombe des pyxides cylindriques"

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La "Tombe des pyxides cylindriques"

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La "Tombe des tasses attiques", découverte en 1925, est une tombe à édicule. Les tombes à édicule ont la forme d'une maison ou d'un petit temple. Elles ont un plan rectangulaire avec un toit à double pente. Les murs sont constitués de blocs parfaitement taillés et lissés. Elles sont souvent décorées d'éléments végétaux et d'animaux fantastiques. Les défunts étaient déposés dans des espaces bien délimités. Il s'agit de tombeaux de familles utilisés entre les VIe et IVe siècles av. J.-C.. De la "Tombe des tasses attiques" ne subsiste que la partie basse avec les deux premières assises de blocs. La base rectangulaire fait 3,93 m de longueur et 3,63 m de largeur. La chambre, divisée en trois parties, a une longueur de 2,23 m et une largeur de 1,74 m. L'entrée, large de 0,76 m, est orientée au sud-ouest. Cette tombe, utilisée entre le VIe et IVe siècle av. J.-C., livra quatre tasses décorées avec des figures rouges sur fond noir produites à Athènes durant la 1re moitié du Ve siècle av. J.-C..

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La "Tombe des tasses attiques"

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La "Tombe des tasses attiques"

La "Tombe du vase à tête de guerrier" est une tombe à tumulus de 3,57 m de diamètre. La chambre de 2,15 m sur 0,90 m n'a pas de couloir d'accès. En partie détruite lors des fouilles, elle fut restaurée de manière totalement aléatoire. Elle livra un petit vase à onguent ayant la forme d'un casque de guerrier qui fut malheureusement volé. Ce type de vase fut produit en Grèce aux alentours de 570 av. J.-C., mais aucun autre élément n'a permis une datation plus précise de la tombe.

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La "Tombe du vase à tête de guerrier"

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La "Tombe du vase à tête de guerrier"

La "Tombe des passoires (colatoï)" a été découverte en 1960. La chambre trapézoïdale de 2,15 m de côté maximum est enfouie sous un tumulus simple de 6,20 m de diamètre. Il s'agit de la seule tombe de la nécropole dont le tumulus n'est pas enserré dans un tambour. La chambre, délimitée par des murets en deux niches séparées par un couloir, est accessible au travers d'un couloir long de 2 m et large de 0,90 m. À l'intérieur furent retrouvées des passoires en bronze utilisées lors des banquets par les convives pour filtrer le vin qui, à l'époque, était aromatisé avec du miel et des épices. La tombe fut datée de la fin du VIIe au début du IIIe siècle av. J.-C..

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La "Tombe des passoires (colatoï)"

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La "Tombe des passoires (colatoï)"

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Plan de la "Tombe des passoires (colatoï)"

La "Tombe du bronze de l'offrant" est la seule tombe à édicule intacte du site. Lors de sa découverte en 1957, elle était recouverte par 7 m de scories. L'édicule est long de 3,85 m, large de 3,20 m et haut de 2,85 m. La chambre rectangulaire de 2,64 m sur 2,06 m renferme des lits funéraires de chaque côté d'un couloir central. Les murs sont constitués de cinq assises de gros blocs et le toit est constitué de huit dalles. Le mobilier funéraire, en partie pillé entre le IVe et le IIIe siècle av. J.-C., était constitué d'objets de grande valeur datés du IVe et du début du IIIe siècle av. J.-C.. Parmi ces objets se trouvait la base d'un chandelier en forme de discobole. Cet objet fut interprété lors de sa découverte comme étant la représentation d'un personnage faisant une offrande. À l'extérieur se trouvaient parfaitement alignés avec la face avant de l'édicule deux sarcophages. Les archéologues ont donc supposé que l'ensemble se trouvait au bord d'une ancienne voie sépulcrale, orientée nord-sud.

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La "Tombe du bronze de l'offrant"

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La "Tombe du bronze de l'offrant"

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Sarcophages près de la "Tombe du bronze de l'offrant"

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Sarcophages près de la "Tombe du bronze de l'offrant"

Dans cette zone de la nécropole se trouvent de nombreux sarcophages. Ceux-ci sont soit constitués d'une cuve en un seul tenant avec un couvercle, soit constitué de plusieurs dalles assemblées. Les couvercles sont en forme de toit à double pente. Les sarcophages étaient regroupés et souvent disposés le long des voies d'accès aux cités. Destinés à un seul défunt, au contraire des autres formes de tombeaux, les sarcophages furent, ici, utilisés entre le VIe et le IIIe siècle av. J.-C.. Le mobilier funéraire retrouvé dans les sarcophages était constitué de bijoux et de vases.

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La "Tombe de l'aryballe piriforme", datée du VIIe au VIe siècle av. J.-C., fut fouillée en 1931. Presque entièrement pillé dans l'antiquité, ne subsistait du mobilier funéraire qu'un aryballe (vase à parfum) et, dans la chambre, des restes des colonnes ornant les lits funéraires. À l'époque où la tombe fut ensevelie sous les scories, de petites tombes à crémation furent creusées au-dessus. Ces tombes ont endommagé la partie basse du tumulus. Elles n'ont livré aucun mobilier permettant une datation, mais les archéologues supposent qu'elles ont été réalisées entre les IVe et IIe siècles av. J.-C..

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La "Tombe de l'aryballe piriforme"

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La "Tombe de l'aryballe piriforme"

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La "Tombe de l'aryballe piriforme"

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La "Tombe des lits funéraires" fut découverte en 1897 par Isidoro Falchi, mais fouillée qu'en 1908 et en 1920 par Angelo Pasqui. Sous un tumulus de 18,60 m de diamètre cerné d'un trottoir large de 1,57 m se trouve une chambre carrée de 4,70 m de côté. Elle est accessible par un couloir long de 6,40 m et large de 1,10 m. Ce couloir possède deux chambres latérales de 1,20 m sur 1 m. Dans la chambre se trouvent six lits funéraires (trois de chaque côté) décorés de petites colonnes en pierre reproduisant des pieds de lit. Le tombeau, découvert entièrement pillé, est daté du VIIe siècle av. J.-C.. Une partie des pierres constituant ce tombeau furent utilisées en 1900 pour la restauration du château de Populonia.

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La "Tombe des lits funéraires"

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La "Tombe des lits funéraires"

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La "Tombe des lits funéraires"

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La "Tombe de la perle d'ambre" fut fouillée en 1924 et 1925. Sous un tumulus de 7 m de diamètre et haut de 1,10 m se trouve une chambre funéraire carrée de 2,90 m de côté. Cette chambre, divisée en niche par des dalles posées sur chant, était recouverte d'une voute en encorbellement qui s'était partiellement effondrée. Le couloir d'accès, orienté au sud-ouest, a une longueur de 2 m. Datée du VIIe siècle av. J.-C., mais pillée durant l'antiquité, la chambre a livré quelques perles en ambre constituant probablement un collier.

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La "Tombe de la perle d'ambre"

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La "Tombe de la perle d'ambre"

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Plan de la "Tombe de la perle d'ambre"

La "Tombe delle oreficerie", découverte en 1940, a livré de nombreux bijoux tels que des boucles d'oreilles de type protocorinthien et des pendentifs en forme de glands. Datée du 3e quart du VIIe siècle av. J.-C., la chambre carrée de 2,40 m de côté contenait trois lits funéraires, deux disposés sur les côtés et le troisième disposé en travers en face du couloir. Celui-ci, long de 1,68 m, est orienté vers le sud. L'ensemble est enfoui sous un tumulus de 6 m de diamètre dont la hauteur du mur formant le tambour est de 0,68 m.

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La "Tombe delle oreficerie"

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La "Tombe des aryballes", découverte en 1932, est un tumulus de 7 m de diamètre. La chambre carrée de 1,20 m de côté est décentrée vers l'ouest par rapport à l'axe du couloir. Celui-ci, large de 1,20 m, est coupé en deux dans le sens de la longueur par une dalle longitudinale posée sur chant. Cette dalle servait également à maintenir en place la dalle de fermeture de la chambre. Après la fermeture de la chambre, le couloir fut rempli avec des galets de rivière. Datée du dernier quart du VIIe siècle av. J.-C., la tombe livra deux aryballes, des vases grecs à ventre bombé.

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La "Tombe des aryballes"

La "Tombe de la spirale d'or" fut découverte en 1932, mais fouillée qu'en 1956. Sous un tumulus de 7 m de diamètre se trouve une chambre de 2,50 m sur 2 m délimités en trois niches avec un couloir central. Le couloir d'accès, long de 3,50 m, n'est large que de 47 cm. Outre la fermeture à l'aide d'une dalle du côté de la chambre et de l'extérieur, le couloir possède une troisième fermeture réalisée par deux dalles verticales disposées au centre du couloir. Comme tous les couloirs d'accès des tombes sous tumulus, celui-ci était également comblé par des pierres et de la terre pour empêcher les pillages.

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La "Tombe de la spirale d'or"

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La "Tombe des fragments italo-corinthiens" possède un des plus grands tumulus de la nécropole. Celui-ci d'un diamètre de 16 m recouvre une chambre aménagée avec cinq lits funéraires. Elle est accessible au travers d'un couloir long de 5,70 m et large de 0,95 m. La tombe est datée de la fin du IVe ou du début du IIIe siècle av. J.-C..

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La "Tombe des fragments italo-corinthiens"

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La "Tombe des fragments italo-corinthiens"

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La "Tombe des fragments italo-corinthiens"

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Ces différentes tombes furent construites avec des pierres extraites des carrières exploitées à partir du VIIe siècle av. J.-C. sur les flancs de la colline "del Telegrapho". Dans ces carrières furent retrouvés des blocs terminés comme des futs de colonnes, ce qui permet d'affirmer que le travail de la pierre depuis l'extraction jusqu’à la finition se faisait dans les carrières. Durant la période hellénistique (IVe au IIe siècle av. J.-C.) se développèrent au sein de ces carrières deux nécropoles : la nécropole "Buca delle Fate" sur le versant face à l'ile d'Elbe et la nécropole "delle grotte" face à la baie de Baratti. Ces nécropoles furent fouillées à partir de 1974 par Fabio Fedeli et à nouveau entre 1997 et 1998.

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La nécropole Della Grotte

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Petite carrière

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La grande carrière

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Carrière près de la tombe du protomé

Dans la nécropole "delle Grotte" furent dénombrées trente-cinq tombes à hypogées et huit tombes à fosses, toutes violées et pillées à l'époque romaine. Les tombes à hypogées sont constituées d'une chambre quadrangulaire profondément enfouie sous terre. L'accès à la chambre se fait au travers d'un couloir descendant muni de marche. La chambre possède généralement trois lits funéraires avec parfois un oreiller taillé dans la pierre. Le corps du défunt ou l'urne cinéraire était déposé sur le lit. La plupart des chambres présentaient des décors peints comme visibles dans deux d'entre elles (fermées à la visite). Dans ces deux tombes, les décors représentant des vagues avec des animaux comme des dauphins ou des béliers symbolisent le passage et la vie dans l'au-delà. Des restes de statues funéraires représentant des démons ou des animaux féroces censés surveiller la tombe furent retrouvés dans certaines chambres.

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Tombe à hypogée

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Chambre d'une tombe à hypogée

La "Tombe du protomé" est un groupe de trois tombes à hypogées alignés. Bien que saccagée par les pilleurs, l'une d'entre elles possède encore sa dalle de fermeture de la chambre. Dans l'une d'elles, la chambre possédant une marche de seuil, se trouve sur la droite une sculpture rappelant un visage féminin et nommé protomé. De telles décorations sculptées étaient fréquentes dans les tombes étrusques, mais la plupart ont été volées par les pilleurs de tombes.

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La "Tombe du protomé"

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La "Tombe du protomé"

Dans une des parois de la grande carrière furent creusées, entre le IVe et le IIIe siècle av. J.-C., des chambres funéraires. La plupart d'entre elles furent détruites par l'exploitation de la carrière et par les pillards qui creusèrent, au début du XXe siècle, un tunnel pour y accéder. Le tunnel est toujours visible. En 1997 après le déblaiement des débris au pied de la paroi apparut une chambre funéraire dénommée "tombe n° 14". C'est une chambre funéraire longue de 2,47 m et haute de 1,80 m possédant deux lits funéraires. Cette chambre était la dernière demeure d'une femme incinérée au IIIe siècle av. J.-C.. Parmi le mobilier funéraire se trouvait une bouteille en céramique indiquant que la défunte était vouée à Dionysos. Le culte de Dionysos impliquait une grande consommation de vin. Devant l'entrée de la chambre, large de 0,60 m et haute de 1,57 m, furent retrouvées des traces de bois brulé correspondant peut-être aux vestiges du bucher funéraire.

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La nécropole "delle Grotte"

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Chambre de la "tombe n° 14"

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L'entrée du tunnel des pillards

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Sous le vocable de tombes limitrophes sont regroupés un ensemble d'hypogées alignés sur six niveaux. Ces tombes furent utilisées entre la fin du IVe siècle av. J.-C. jusqu'au milieu du IIe siècle av. J.-C.. Les chambres sont de forme carrée de 0,90 m à 2,67 m de côté. La longueur du couloir d'accès varie entre 4,90 m et 9,52 m avec des largeurs pouvant atteindre 2,67 m. Certaines de ces tombes furent détruites par le creusement d'autres tombes et toutes, sauf une, furent pillées. La tombe retrouvée intacte avait son couloir comblé avec de la terre et des débris afin de la protéger du pillage. Dans ce remplissage furent retrouvés quantité d'assiettes, de coupes et de pichets avec des restes de nourriture. Il s'agit des vestiges du banquet funéraire consommé lors de la fermeture de la tombe.

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Une des tombes "limitrophe"

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Une des tombes "limitrophe"

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Une des tombes "limitrophe"

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Une des tombes "limitrophe"

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Chambre d'une des tombes "limitrophe"

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Une des tombes "limitrophe"

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Une des tombes "limitrophe"

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Coupe d'une des tombes "limitrophe"

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Plan des tombes "limitrophe"

Ces photographies ont été réalisées en juin 2019.

 

Y ACCÉDER:

Populonia est situé au nord de Piombino. L'accès se fait depuis la route reliant Piombino à San Vincenzo. Le "Parco Archeologico di Baratti" se trouve au pied de la colline et l'acropole se trouve en face du village de Populonia Alta. L'accès aux deux sites et aux nécropoles est payant. Le prix du parking au "Parco Archeologico di Baratti" est inclus dans la visite, mais pas celui du parking près de l'acropole.

Après la visite de la nécropole San Cerbone, il faut suivre la "Via del Ferro" et la "Via del Cova" pour rejoindre la nécropole "delle Grotte". Compter 2 heures de marche avec des montées et des descentes parfois abruptes.

 



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Cette page a été mise en ligne le 9 septembre 2019

Cette page a été mise à jour le 9 septembre 2019