Les Hospices de Beaune

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Les hospices de Beaune sont mondialement connus pour leur vente aux enchères annuelle des grands crus de Bourgogne de leur domaine viticole. Cette vente permet aux hospices de dispenser des soins médicaux aux pauvres et indigents respectant ainsi les vœux de leur fondateur Nicolas Rolin et de sa femme Guigone de Salins.

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Dès 1440, Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon, et son épouse, Guigone de Salins, conçurent le projet d'un Hôtel-Dieu pour apporter des soins médicaux aux pauvres et aux indigents, nombreux dans la contrée ravagée par la misère et les guerres. Ayant obtenu, en 1441, du Pape Eugène IV, la mise sous tutelle pontificale de l'établissement, puis, par lettre patente, l'exonération de charges fiscales et féodales de la part de la maison ducale, ils créèrent, le 4 aout 1443, à Beaune le palais des "Pôvres". Ils le dotèrent d'une rente annuelle grâce au revenu des salines détenu par Guigone et de revenu propre grâce à des vignobles.

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Lits dans la salle des Pôvres

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Le plafond de la salle des Pôvres

Inspiré par les hôpitaux du nord et notamment par les hospices Saint-Jean de Valenciennes, les Hospices de Beaune furent conçus par l'architecte flamand Jacques Wiscrère et construits par des artisans locaux comme le maitre maçon Jean Rateau, le maitre-charpentier Guillaume La Rathe et le contrôleur d'ouvrage Laurent Jacquelin. Les hospices accueillirent leur premier patient le 1er janvier 1452. Les sœurs des Hospices prirent soin de nombreux malades et acquirent très vite une grande renommée auprès des pauvres, mais également auprès des nobles et des bourgeois attirant de leurs parts des dons. En 1457, Guillemette, veuve de Jean Guillote LeVerrier, fit aux Hospices le 1er don de vignes. Ce don concernait "6 ouvrées de vignes finage". En 1459, Nicolas Rolin obtint du Pape Pie II la création de l'ordre des Sœurs hospitalières de Beaune. Cette année-là, Jean Pamplays et son épouse firent don de vignes. Le premier agrandissement des Hospices fut entrepris en 1645 par l'écuyer Hugues Betault, gestionnaire du domaine. Après sa visite en 1658, Louis XIV, choqué par la présence dans la même salle de malades hommes et femmes, alloua aux Hospices une rente de 500 livres pour réaliser des aménagements pour y remédier.

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Lit de malade dans la salle des Pôvres

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Lit de malade dans la salle des Pôvres

À la Révolution française en 1789 les Hospices, rebaptisés Hôpital d'humanité, connurent des difficultés financières. Durant cette période trouble, la sépulture de Guigone de Salins, située dans la chapelle, fut profanée. Pour faire face aux besoins de financement eut lieu, en 1795, la 1re vente aux enchères de vins. Par la suite, la vente se fit alternativement en vente privée et aux enchères jusqu'en 1859 où la vente prit son aspect actuel. Napoléon 1er rétablit, en 1801, l'intégralité des statuts des religieuses qui avait été supprimée lors de la Révolution. Les Hospices furent classés Monument historique en 1862. En 1971, la fonction médicale des Hospices fut transférée dans un nouvel hôpital et les lieux historiques furent transformés en musée. Depuis 1978, lors de la vente des grands crus une pièce est vendue au profit d'œuvres caritatives.

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Plafond de la salle des Pôvres

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Détail des poutres de la salle des Pôvres

Le domaine viticole des Hospices de Beaune regroupe actuellement une soixantaine d'hectares de premiers et grands crus autour de Beaune. Ils sont également propriétaires de parcelles dans les Côtes de Nuits et dans le Mâconnais. Ces vignes sont élevées par vingt-deux vignerons, salariés par les Hospices, et produisent 48 cuvées. Celles-ci sont vendues annuellement aux enchères mondialement courues. Le patrimoine foncier (forêts, vignes, terres…) des Hospices couvre 790 hectares.

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Les stalles de la chapelle

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Le jubé séparant la salle des Pôvres de la chapelle

Le musée des Hospices de Beaune rassemble 2500 meubles et 2500 objets dont le polyptyque du "Jugement Dernier" peint par Roger Van Der Weyden entre 1446 et 1452. Ce polyptyque constitué de neuf panneaux était accroché dans la chapelle des Hospices. Il n'était ouvert à la vue des malades que les dimanches et les jours fériés. La chapelle, disposée dans le prolongement de la salle des Pôvres, est séparée de celle-ci par un jubé. La grande salle des Pôvres, inaugurés en 1452, est longue de 50 m, large de 14 m et haute de 16 m. Cette salle est recouverte par une charpente apparente en forme de carène de bateau renversé dont les poutres traversières sortent de gueules de dragons symbolisant les monstres de l'enfer. Le mobilier d'inspiration médiéval actuellement visible dans cette salle fut reconstitué en 1875 lors de la restauration réalisée par Maurice Ouradon, gendre de Viollet-le-Duc. Sous cette salle se trouvent les 300 m de caves abritant les futs des grands crus des Hospices (visite possible lors des ventes aux enchères).

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Le polyptyque du Jugement dernier

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Le polyptyque du Jugement dernier

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Le polyptyque du Jugement dernier

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Le polyptyque du Jugement dernier

La salle Saint-Hugues fut construite en 1645 par maitre Hugues Bétault pour être affectée à l'hébergement des malades. Elle est décorée par onze peintures murales réalisées par Isaac Moillon. Neuf de ces peintures illustrent les miracles du Christ et les deux derniers montrent Saint-Hugues en évêque. Le plafond porte une fresque montrant le miracle de la piscine de Bethzaïda.

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La salle Saint-Hugues

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La salle Saint-Hugues

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La salle Saint-Hugues

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La salle Saint-Hugues

La salle Saint-Nicolas, installée au-dessus de la rivière Bouzaine, contenait douze lits de malades utilisés par les deux sexes. Cette disposition choqua Louis XIV lors de sa visite en 1658. Les eaux de la Bouzaine passant sous la salle permettaient l'évacuation rapide des déchets et des pansements souillés des malades.

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La salle Saint-Nicolas

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La salle Saint-Louis

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Les cuisines des Hospices sont restées en fonction jusqu'en 1985 avec des équipements modernes afin de préparer les repas des pensionnaires de la maison de retraite hébergée dans les murs des Hospices. Elles furent restaurées dans leur état du début du XXe siècle. La vaste cheminée gothique à deux foyers comprend un tournebroche de 1698.

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Les cuisines

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Les cuisines

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La pharmacie

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La pharmacie

Ces photographies ont été réalisées en septembre 2017.

 

Y ACCÉDER:

Les Hospices se trouvent rue de l'Hôtel-Dieu au centre-ville de Beaune. La visite est payante.

 



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Cette page a été mise en ligne le 23 mai 2020

Cette page a été mise à jour le 23 mai 2020