La Pierre Clouise 

La Pierre Clouise

Mentionné sur les cartes IGN comme menhir, il s'agit en réalité d'une pierre à glissade comme il en existe dans toutes les régions de France. Et la tradition y est la même que dans d'autres lieux. Une jeune fille, qui parvient à glisser d'un bout à l'autre de la pierre, est assurée de se marier dans l'année. Mais celle-ci ne doit tenter sa chance qu'une seule fois par an et en étant vêtue le moins possible.

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Cette pierre à glissade est un bloc de grès de 9 m de largeur et haut de 8,50 m. Elle est couchée, inclinée à 45°, le long du flanc d'un petit ravin. Au fond de ce ravin, à une centaine de mètres, se trouve une source. Le nom de Pierre Clouise pourrait provenir de Pétra Clivosa qui signifie la pierre en pente ou du gaélique "druidh" qui donnerait la pierre du druide. La tradition y voit également le lieu de fêtes druidiques. La Pierre Clouise aurait servi d'oreiller au dieu Esus, le terrible seigneur de la forêt. Esus était le dieu de la destruction et de la mort, craint par les druides et auquel ils sacrifiaient des êtres humains par pendaison. Une histoire, recueillie au XIXe siècle, parle d'un vieillard à la longue barbe blanche, rescapée des guerres de Louis XIV, qui vivait en ermite près de la pierre. Personne ne connaissait son âge, pas même lui, mais tout le monde l'appelaient l'homme des bois ou le père Clouis.

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De nombreuses fêtes païennes étaient célébrées à cet endroit. En 1653, le curé d'Haramont s'est indigné de la tenue de ces fêtes. Il écrivit : "n'estoient qu'une continuation des meschantes festes payennes abolies par notre sainte mère l'Église et que les pratiques singulières qui s'y faisoient, garçons et filles d'Haramont et du bourg de Villers-Costerezt ne pouvaient qu'offenser grandement la bonne et saine moralitez". La dernière fête tolérée fut celle du "printemps" qui se déroulait le 1er dimanche de Carême. Elle fut définitivement supprimée en 1867 par l'administration forestière.

Une autre de ces fêtes était connue sous le nom de l'Épreuve de légitimation qui se déroulait à la mi-septembre. Elle découlait d'une coutume gauloise où le père mettait l'enfant, né durant les 12 dernières lunes précédant l'équinoxe d'été, endormi, dans un bouclier et confiait le tout aux caprices d'une rivière sur un parcours d'une dizaine de mètres au bout duquel l'attendait sa mère. Si l'enfant arrivait à l'endroit où l'attendait sa mère sans se réveiller ou sans crier, il était reconnu comme légitime sinon il était déclaré bâtard. Dans le pays, on disait "qu'en faisant glisser sa progéniture sur la Pierre Clouise, on était tout de suite fixé du point de vue paternel". Et l'on rapporte les dires du Père François Lorgue : "Quante tu voudras savoir si tes jeunes sont d'toi, fous-les sur la Pierre Clouise, toi dans le haut, ta femme dans l'bas. Si leur glissade s'fait sans qu'y gueulent, y sont d'toi sinon bernique. Seurment, t'entends, c'tiot y a des exceptions".

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Marcel Leroy a rapporté, en 1959, la légende des "Femmes tuées". Cette légende nous indique que la Pierre Clouise servait d'habitat à une tribu gauloise. Un jour, les hommes partirent à la guerre en laissant leurs femmes seules. Après un certain temps, l'une d'elles décéda. Ses consœurs ne sachant quoi faire déposèrent sa dépouille sur la pierre. Ce qui attira les loups fort nombreux dans la forêt. Celle-ci fut d'ailleurs longtemps appelée la forêt aux loups. Après avoir dévoré le cadavre, ils essayèrent de pénétrer dans le trou où habitait la tribu. Les cris poussés par les femmes attirent des chasseurs qui mirent les loups en fuite. Comme leurs hommes étaient partis depuis fort longtemps et pour les remercier de les avoir sauvés, les femmes prirent pour époux les chasseurs libérateurs. À leurs retours, les guerriers furent très surpris de trouver leurs foyers occupés par des inconnus. Il s'en suivit une terrible bataille où les guerriers massacrèrent les chasseurs et leurs épouses infidèles. Ils laissèrent les corps en pâture aux loups et quittèrent pour toujours cette forêt.

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Ces photographies ont été réalisées en août 2013.

 

Y ACCÉDER:

De Villers-Cotterêts, prendre la D973 en direction de Pierrefonds et de Compiègne. Après le passage de la nécropole nationale, il faut parcourir environ 5 km dans la forêt pour trouver, sur la gauche, le départ d'un chemin. Le sentier vers la Pierre Clouise est balisé par des panneaux marqués d'une croix inscrite dans un cercle.

Coordonnées GPS
49 N 16' 58"
03 E 04' 37"
Altitude 077 m

 



Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont données sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accés au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

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Cette page a été mise en ligne le 16 novembre 2013

Cette page a été mise à jour le 16 novembre 2013