Le dolmen de Gaoutabry

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Le dolmen de Gaoutabry est le plus grand dolmen du Var par la superficie de sa chambre. Découvert en 1876, il fut fouillé à plusieurs reprises avant d'être restauré en 1975 puis classé Monument historique en 1988. La zone où est implanté le dolmen fut occupée par l'homme depuis le paléolithique comme en témoignent des vestiges découverts dans le vallon de Tamary et la vallée de Ginouvier. Dans le vallon de Tamary, des vestiges d'habitats démontrent que l'homme s'y est durablement établi depuis le néolithique.

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L'entrée et l'antichambre

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La chambre

En Provence-Alpes-Côte d'Azur ont été répertoriés environ 160 mégalithes. Le département du Var compte environ 60 dolmens et une vingtaine de menhirs. Les dolmens de la région ont été classés par les archéologues en deux groupes. Le premier groupe, concentré sur les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, est constitué de dolmen possédant une chambre allongée précédé par une antichambre rectangulaire. Ces dolmens sont implantés sur des reliefs de faible altitude. Le deuxième groupe qui se rencontre dans le Var et les Alpes-Maritimes est constitué de dolmen simple avec une chambre de petite taille souvent carrée et implantée dans des zones élevées. Le dolmen de Gaoutabry, implanté entre ces deux groupes, présente l'originalité d'une architecture le rattachant au premier groupe alors que son implantation sur une position élevée et le procédé funéraire par crémation qui y fut reconnu le rattache au deuxième groupe.

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La chambre

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Le côté ouest

Le dolmen fut découvert en 1876 par le baron Gustave Charles Ferdinand de Bonstetten qui y vit trois monuments. En 1924, V. Clotte y reconnait un seul dolmen. Le dolmen fut ensuite mentionné dans des publications en 1933 par le commandant Laflotte, en 1957 par Henseling puis en 1974 par Jean Courtin. Fouillé à plusieurs reprises dans les temps anciens, il bénéficia d'une fouille scientifique et d'une restauration en 1975 sous la direction des archéologues Gérard Sauzade et R. Brandi. En 1989, il fut endommagé par le gel et les feux de forêt. Il fut classé Monument historique en 1988. Le nom de Gaoutabry proviendrait du provençal "gaouto" signifiant la joue ou de "gaou" signifiant chaud. La position bien ensoleillée du dolmen privilégierait cette dernière étymologie.

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L'entrée et l'antichambre

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La chambre

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Le dolmen construit à l'aide de grandes dalles de schistes possède une chambre rectangulaire précédée d'une antichambre, elle-même précédée d'un étroit couloir court. L'entrée se trouve dans l'axe du soleil couchant au solstice d'été. La chambre est longue de 2,95 m et large de 1,50 m. Elle est délimitée par huit orthostates et une dalle de chevet. L'antichambre est longue de 1,44 m pour une largeur de 1,75 m. Elle est délimitée par cinq orthostates et est séparée de la chambre par deux dalles transversales. Le couloir, délimité par quatre orthostates, a une longueur de 1 à 2 m pour une largeur de 0,95 m. La hauteur de la chambre semble avoir été de 1,25 m. La largeur des différents orthostates est comprise entre 10 et 20 cm. Les vides existants entre les différents orthostates sont comblés par des murs en pierre sèche. La superficie interne du dolmen avoisine les 10 m2. Le dolmen est implanté dans un cairn ovale de 10 m de longueur pour une largeur de 6,5 m. Celui-ci n'est cependant plus vraiment visible. D'autres dalles disposées verticalement complètent le dolmen. En tout le monument comprend 24 dalles dressées. Aucune dalle de couverture ne fut trouvée. La faible épaisseur des orthostates semble exclure une couverture par des dalles en pierre massive. Des encoches visibles en partie hautes de certains orthostates pourraient avoir soutenu des poutres d'une couverture en bois ou en végétaux.

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La chambre

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La chambre

Les différentes fouilles ont permis la mise à jour des ossements d'environ 34 individus qui subirent une crémation avant la mise dans la chambre du dolmen. Le mobilier mis à jour est constitué de fragments de poteries correspondants à une dizaine de vases, de 3 lames en silex, d'un poignard en silex long de 112 mm, d'une vingtaine de pointes de flèche en silex (type foliacé et tronconique), d'un fragment de hache en pierre polie et de 5 perles et pendeloques en pierre. Les archéologues ont reconnu deux périodes d'utilisation de ce dolmen. La plus ancienne fut datée de 2800 av. J.-C. (fin du néolithique) et correspond à la période de construction du monument. La deuxième période est datée de 2000 av. J.-C. où le dolmen fut réutilisé.

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Ces photographies ont été réalisées en juillet 2022.

D'autres informations et théories sur les mégalithes sont consultable sur la page "Les mégalithes".

 

Y ACCÉDER:

De La-Londe-les-Maures, prendre la D88 en direction de Notre-Dame des Maures (Pierrefeu-du-Var / Collobrières). Après la sortie du village, se garer au parking au début de la piste de Notre-Dame des Maures (sur la droite au niveau du panneau "Ginouvier"). Prendre ensuite la piste à pied en direction du "Signal du Favanquet". Le dolmen se trouve au nord du "Signal du Favanquet" sur une petite éminence (fléchage par panneau symbolisant un dolmen). Compter environ 40 min de marche.

 



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Cette page a été mise en ligne le 10 septembre 2022

Cette page a été mise à jour le 10 septembre 2022