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Le Forte de Nossa Senhora da Graça

Le système fortifié d’Elvas, et particulièrement le Forte de Nossa Senhora da Graça, représente l’aboutissement de l’architecture militaire bastionnée dans sa version portugaise. Son implantation géographique, son organisation rationnelle, la précision géométrique de ses bastions, et la longévité de son usage en font un cas unique d’évolution continue de la poliorcétique sur plus de cinq siècles. Érigé entre science, foi et stratégie, Elvas incarne la symbiose parfaite entre architecture, topographie et histoire nationale. Il demeure aujourd’hui un musée à ciel ouvert de l’ingénierie militaire et un symbole identitaire majeur du Portugal moderne.

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Située à l’extrême est de l’Alentejo, la ville fortifiée d’Elvas domine un vaste plateau ondulé à proximité de la frontière espagnole. Elle se trouve à environ 12 km de Badajoz, cité espagnole également fortifiée, avec laquelle elle forme un système défensif frontalier symétrique. Elvas s’élève à environ 310 m d’altitude, sur un mamelon granitique dominant la vallée du Caia, affluent du Guadiana. Trois hauteurs principales structurent le dispositif défensif, la colline de Santa Luzia au sud de la ville, la colline de la Graça, à 1,5 km au nord, culminant à 412 m, et les pentes occidentales, sur lesquels s’étend l’aqueduc d’Amoreira. Cette topographie, formée de reliefs doux et dégagés, se prête idéalement à l’implantation d’ouvrages bastionnés offrant des champs de tir croisé et des lignes de visibilité sur plusieurs kilomètres.

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Sous la domination musulmane, Elvas était déjà un centre fortifié important du Gharb al-Andalus. Les chroniques mentionnent une citadelle almohade (al-Hisn al-Bash), dotée de murailles en pisé, de tours quadrangulaires et d’une mosquée. Reconquise par les Portugais en 1229 sous Sancho II, la ville reçut rapidement une charte de peuplement et devint une place-frontière face au royaume de León puis de Castille. Des remparts de pierre remplacèrent les fortifications en terre. L’enceinte médiévale, conservée partiellement dans le tracé du centre historique, comprenait onze tours carrées et semi-circulaires, trois portes fortifiées (Porta de Olivença, Porta da Esquina, Porta de Santiago) et une alcáçova (citadelle royale), bâtie à proximité du château actuel. Ces défenses médiévales, conçues pour la guerre de siège à engins, furent largement intégrées dans les ouvrages modernes du XVIIe siècle. En 1370, la colline de Graça était occupée par le petit ermitage de Santa Mara da Graça fiancé par l’arrière-grand-mère de Vasco de Gama.

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Pendant la guerre de la Restauration (1640 - 1668), après la proclamation de Jean IV de Bragance, Elvas devint un pivot stratégique de la reconquête du territoire portugais. Dès 1641, des ingénieurs militaires tels que Cosmander, Jean Gilot et Nicolas de Langres entreprirent de moderniser la place selon le système bastionné d’inspiration flamande et italienne. Entre 1641 et 1659, la ville se dota d’une enceinte polygonale régulière, composée de sept bastions principaux (São João de Deus, São Sebastião, São Domingos, São Pedro, São Martinho, São Francisco, et São Mamede) et de quatre demi-bastions, flanqués par des fossés secs et des ouvrages avancés. Les bastions étaient conçus selon des principes géométriques précis avec des faces inclinées de 60 à 80 m, des courtines rectilignes de 100 à 120 m, des parapets épais de 5 à 7 m et des glacis s’étendant jusqu’à 300 m. L’ensemble était parfaitement intégré au relief, combinant angles saillants et rentrants pour éviter les zones mortes et offrir un croisement optimal des feux d’artillerie. Les redoutes de São Mamede, São Pedro, São Domingos, São Francisco et São Magno complétaient la défense périphérique. Ces ouvrages triangulaires ou quadrangulaires étaient reliés par des chemins couverts et des signaux optiques. Bâti sur la colline au sud de la ville, le Forte de Santa Luzia constitua un ouvrage détaché de première génération. Son plan, en étoile à quatre bastions et quatre demi-lunes, représente une forme intermédiaire entre les conceptions italiennes et les théories françaises naissantes. Il avait une enceinte en maçonnerie de granit et de schiste, des fossés secs de 10 à 12 m de profondeur, un chemin couvert périphérique avec traverses, des contre-mines et galeries de communication et des quartiers souterrains, poudrières voûtées et citerne centrale. La forteresse abritait environ 300 hommes, un hôpital militaire et une chapelle baroque (Nossa Senhora dos Remédios).

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Plan des fortifications d'Elvas en 1890

En décembre 1658, l’armée espagnole du marquis de Torrecusa (14 000 hommes) assiégea Elvas. Les Espagnols occupèrent la colline de Graça et y construisirent une redoute. Les Portugais, sous les ordres du comte de Cantanhede et du général André de Albuquerque, défendirent la place, épaulés par le fort de Santa Luzia. Après plusieurs semaines d’encerclement, les troupes portugaises lancèrent une attaque décisive, le 14 janvier 1659, libérant la ville. Les Espagnols subirent plus de 3 000 pertes et se replièrent vers Badajoz. Cette victoire, dite des Linhas de Elvas, consacra la solidité des fortifications et la discipline de la garnison. Elle est célébrée chaque année à Elvas.

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La 2e enceinte

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Durant la guerre de Succession d’Espagne (1701 - 1714), Elvas servit de base logistique pour les forces portugaises alliées aux Anglais. Des bombardements mineurs eurent lieu en 1704, les fortifications n’eurent pas de dommage notable. Des améliorations d’artillerie furent alors entreprises avec le renforcement des parapets et l'ajout de bastions secondaires. En 1762, Elvas subit un nouveau siège au cours de la guerre de Sept Ans (1756 – 1763). Au XVIIIe siècle, le Portugal entreprit une modernisation complète de ses défenses. Sous le règne de Joseph Ier et du marquis de Pombal, le comte de Schaumburg-Lippe, ingénieur allemand au service du royaume, conçut le fort de Nossa Senhora da Graça (1763–1792). L’objectif était le contrôle du point culminant dominant la ville d'Elvas et la frontière, impossible à tenir depuis les bastions d’Elvas. Les travaux supervisés par l'ingénieur Étienne puis par le colonel Guillaume Louis Antoine de Valleré occupèrent 6000 hommes, 4000 animaux de trait et coûtèrent 120 000 pièces d'or (767 000 000 reis). Le fort fut inauguré en 1792 par la reine Maria Ire.

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Porte de la 2e enceinte

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Porte du réduit

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Dans le réduit

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Durant la Guerre des Oranges, en mai 1801, l’Espagne, alliée à la France napoléonienne, envahit le Portugal. Les troupes espagnoles du duc de la Alcudia investirent Campo Maior et tentèrent d’isoler Elvas. Le Forte de Nossa Senhora da Graça, tout juste achevé, servit de verrou stratégique. Malgré des escarmouches et des tirs d’artillerie, la place ne céda pas révélant l’efficacité du dispositif défensif. Le Traité de Badajoz (6 juin 1801) mit fin au conflit sans perte territoriale pour Elvas. Lors des guerres napoléoniennes (1807 - 1811), Elvas devint un bastion majeur de la résistance lusitanienne. En septembre 1808, le général espagnol Galluzzo refusant de reconnaître la convention de Sintra, autorisant les Français à évacuer leurs troupes du Portugal, bombarda le Forte de Nossa Senhora da Graça occupé par les Français. Le commandant français, le capitaine Girod de Novillars, résista aux Espagnols jusqu’à fin novembre où les 1200 Français quittèrent le fort après l'arrivée des Britanniques. Les Britanniques, sous le commandement du maréchal William Beresford, établirent leur quartier général dans le Forte de Nossa Senhora da Graça. La place servit de base logistique pour la bataille d’Albuera (16 mai 1811). Des prisonniers français furent détenus dans les casemates souterraines. L’ouvrage subit plusieurs bombardements espagnols et français (général Nicolas Jean de Dieu Soult) sans dommages structurels majeurs. Opposant absolutistes et libéraux, les guerres libérales (1828 - 1834) virent Elvas tour à tour occupée et assiégée. En 1833, la forteresse fut bombardée par les troupes fidèles au roi Miguel. Ces bombardements endommagèrent les bastions nord. Après la victoire libérale, la forteresse fut réparée et modernisée (ajout de positions d’artillerie).

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Dès le milieu du XIXe siècle, les progrès de l’artillerie rayée rendirent obsolètes les ouvrages bastionnés. Le Forte de Nossa Senhora da Graça fut occupé à partir de 1856 par une compagnie correctionnelle. En 1875, le Forte de Nossa Senhora da Graça fut reconverti en prison militaire. Classé Monument National en 1910, le Forte de Nossa Senhora da Graça servit de centre de détention politique surnommée "Presídio Militar da Graça", durant le régime de Salazar (1933 - 1974). Les cellules, casemates et fossés furent réaménagés pour accueillir les prisonniers. En 1974, le Forte de Nossa Senhora da Graça fut abandonné. En 2012, le "Quartier fortifié d’Elvas et ses fortifications" fut inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La propriété du Forte de Nossa Senhora da Graça, en ruine, fut transférée à la ville d'Elvas en 2014. Après des travaux de consolidation, drainage et reconstitution des voûtes, d'une durée de onze mois occupant 220 travailleurs et d'un coût de 6,1 millions d'euros, le fort fut ouvert au public le 21 novembre 2015.

Le Forte de Nossa Senhora da Graça

Le Forte de Nossa Senhora da Graça (également appelé Forte Conde de Lippe) occupe le sommet d’une colline isolée à 1,5 km au nord d’Elvas, culminant à 412 m d’altitude. Cette position offre un contrôle visuel total de la vallée du Caia et des approches de la frontière espagnole. La colline, de forme conique, a été partiellement nivelée pour accueillir l’ouvrage principal, exploit technique considérable compte tenu de la dureté du substrat granitique. La forteresse domine la ville d’environ 100 mètres, empêchant toute attaque par surprise depuis les hauteurs. La topographie est intégrée au plan géométrique, les pentes forment le glacis naturel, prolongé artificiellement par des terrassements.

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L’ensemble adopte une structure concentrique à trois lignes de défense, combinant la science géométrique bastionnée et l’adaptation topographique. La première enceinte comprend un chemin couvert (caminho coberto) précédé d'un glacis, un fossé sec d’une largeur moyenne de 15 m et de 8 m de profondeur, quatre demi-lunes (meias-luas) indépendantes, couvrant les courtines et les angles morts et un ouvrage à corne protégeant la face nord, la plus exposée vers l’Espagne. Le glacis ou talus extérieur est un large talus (200 à 300 m selon les secteurs) en terre compactée formant une pente douce, descendant du chemin couvert vers la campagne environnante. Il a pour rôle de masquer les remparts à la vue et au tir direct de l’artillerie ennemie. Les ingénieurs ont modelé le relief naturel de la colline pour intégrer le glacis au paysage, le rendant presque indiscernable à distance. Le chemin couvert est une galerie en terre protégée par un parapet de 2 m de haut, courant tout autour du fort. Il permet aux défenseurs de circuler à l’abri et d’ouvrir le feu sur les troupes assaillantes installées sur le glacis. Il possède des traverses tous les 40 m pour se protéger des tirs en enfilade. Les demi-lunes extérieures sont des défenses avancées protégeant les angles morts entre bastions. Elles permettent un tir croisé sur le fossé principal. Chaque demi-lune comprend un parapet bas, un fossé propre, une rampe intérieure menant au chemin couvert et un réduit arrière pour l’artillerie légère. Les demi-lunes sont cruciales pour retarder la progression ennemie vers la forteresse principale.

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(© Wikipédia)

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La deuxième enceinte, l'enceinte bastionnée principale, est le cœur du dispositif. C'est une enceinte quadrangulaire étoilée, formée de quatre bastions, le Bastião de São Pedro, le Bastião de São João, le Bastião de São Tiago et le Bastião de São Paulo. Chaque bastion présente un flanc de 50 à 60 m et une face de 70 à 80 m, avec parapets de 5 à 6 m d’épaisseur. Les remparts ont une hauteur de 12 à 15 m. Les bastions sont reliés par des courtines rectilignes percées de casemates servant à la fois de logements, d’entrepôts et de batteries d’artillerie. Sous le rempart court un réseau de galeries de circulation en maçonnerie voûtée, éclairé par des puits d’aération. Ces galeries permettent d’atteindre rapidement chaque point défensif sans exposition extérieure. Aux angles des bastions se trouvent des échauguettes cylindriques (guaritas), servant de postes d’observation. L'entrée principale, sur la courtine ouest, comprend la porte royale (Porta do Comando) ornée d’un fronton baroque à armes royales. Deux rampes internes permettant la montée de l’artillerie lourde. Dans la courtine sud se trouvent le poste de garde et les appartements des officiers.

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La troisième enceinte est constituée du réduit central (reduto). C’est le noyau fortifié du fort, sorte de citadelle intérieure en forme de tour bastionnée. Le reduto est un carré de 60 m de côté avec des angles arrondis. Il comprend trois niveaux superposés avec des murs de 3 à 4 m d'épaisseur. Au niveau inférieur se trouvent des casemates voûtées en berceau, chacune longue de 20 m, pouvant abriter plus de 200 soldats. Les magasins à poudre sont situés dans des galeries profondes et ventilées. S'y trouvent également la boulangerie, les citernes (capacité 3 000 m³) et les latrines à écoulement souterrain. Au niveau intermédiaire se trouvent la chapelle et le quartier du commandant. La chapelle baroque, dédiée à Nossa Senhora da Graça, est richement décorée de stucs et d’azulejos bleus et blancs. Le gouverneur dispose d'appartements voûtés avec des fenêtres donnant sur la cour intérieure. Le niveau supérieur est constitué d'une terrasse d’artillerie circulaire de 60 m de diamètre ceinte d’un parapet crénelé, d’où partent les tirs vers toutes les directions. Cette terrasse possède 32 emplacements d’artillerie, permettant un tir plongeant sur les fossés et les bastions.

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Le réduit (© Wikipédia)

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Le réduit

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La coupole centrale du réduit

Sous le fond du fossé et les pentes du glacis se trouvent des galeries de contre-mines. Ce sont des couloirs voûtés de 1,20 m de large, maçonnés en pierre, reliés à des puits d’aération verticaux. Leur rôle est la détection des travaux de sape ennemis grâce à des postes d’écoute et de poser des charges explosives pour détruire les galeries adverses. Près de 1,5 km de réseau sont documentés. La rampe d’accès principale, longue de 350 m, pavée de granit, relie la porte principale à la cour du réduit. Sa largeur est suffisante pour permettre le passage des canons et des charrettes. La citerne souterraine, sous le réduit, d'une capacité de 3 000 m³ est alimentée par la récupération des eaux de pluie, filtrée par des lits de gravier et de chaux, et par la source de São Vicente via des canalisations maçonnées. Les magasins et poudrières, situés sous les bastions nord et est, ont des murs de 2,5 m d’épaisseur avec des voûtes renforcées par une double couche de brique. La ventilation est assurée par des puits inclinés pour éviter l’humidité. Les écuries et les cuisines militaires sont disposées dans les courtines sud et ouest, plus abrités du vent. Les écuries ont une capacité d'environ 150 chevaux.

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Galeries de contre-mines

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Galeries de contre-mines

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En 1874, la garnison du fort se composait de 6484 hommes, 288 chevaux et 124 mules. Il avait des réserves alimentaires pour tenir un siège de 60 jours soit 107 520 rations pour les hommes et 600 rations pour les 10 chevaux des officiers. L'armement du fort se composait en 1803 de 144 canons et en 1829, il y en avait 167. En 1874, il y avait dans le fort 137 canons et 12 mortiers.

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Ces photographies ont été réalisées en septembre 2025.

 

 

 

 

Cette page a été mise en ligne le 10 décembre 2025

Cette page a été mise à jour le 10 décembre 2025