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Au cœur du Pays de Saint-Omer, sur le canal de Neuffossé, se dresse un monument industriel unique en France : l'Ascenseur à bateaux des Fontinettes. Mis en service en 1888, cet ouvrage spectaculaire permettait aux péniches de franchir en quelques minutes un dénivelé de 13 m entre les bassins de l'Aa et de la Lys. À une époque où le transport fluvial constituait l'un des principaux moteurs du développement économique, l'ascenseur des Fontinettes représentait une véritable révolution technique. Pendant près de quatre-vingts ans, il facilita la navigation entre l'intérieur des terres et le port de Dunkerque, avant d'être remplacé en 1967 par la grande écluse toujours en service aujourd'hui. Classé Monument historique depuis 2014, il demeure le seul ascenseur à bateaux conservé en France et constitue l'un des plus remarquables témoignages du génie industriel du XIXe siècle.

L'histoire de l'Ascenseur à bateaux des Fontinettes commence près de huit siècles avant sa construction. Pour comprendre cet ouvrage exceptionnel, il faut remonter au Moyen-âge, à une époque où le canal de Neuffossé n'existait pas encore comme voie de navigation, mais comme… une ligne de défense. Vers 1046, le comte de Flandre Baudouin V fit creuser un vaste fossé défensif destiné à ralentir une éventuelle invasion des troupes de l'empereur germanique Henri III. Ce "Neuf Fossé" s'étendait entre les vallées de l'Aa et de la Lys et constituait une véritable barrière artificielle, renforcée par des levées de terre et plusieurs postes fortifiés. La tradition rapporte qu'il fut réalisé en un temps record grâce à la mobilisation de milliers d'hommes, même si cette légende doit être nuancée. Pendant plusieurs siècles, cet ouvrage conserva essentiellement une vocation militaire. Il matérialisait également une frontière politique et culturelle entre l'Artois et la Flandre, frontière qui influencera durablement l'organisation du territoire. Au XVIIIe siècle, les besoins avaient profondément changé. Le commerce connut un développement sans précédent. Les villes de Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys, Lille et Dunkerque recherchèrent des liaisons rapides pour transporter céréales, bois, pierre, charbon et produits manufacturés. Le vieux fossé médiéval offrait un tracé particulièrement intéressant. Entre 1753 et 1774, les ingénieurs du royaume entreprirent de transformer cette ancienne ligne défensive en véritable canal de navigation reliant l'Aa à la Lys. Long d'environ 18 km, le canal de Neuffossé devint progressivement l'un des maillons essentiels du réseau fluvial du nord de la France. Quelques décennies plus tard, l'ouverture du canal d'Aire, puis les améliorations successives du réseau permettaient de relier directement Dunkerque, Saint-Omer, Béthune, Lille, Douai et, plus largement, le bassin de l'Escaut. La navigation fluviale devint alors l'un des principaux moteurs de l'économie régionale. À cette époque, une péniche transportait l'équivalent de plusieurs dizaines de chariots. Le transport par voie d'eau était plus rapide, moins coûteux et bien plus régulier que les routes souvent impraticables en hiver.


Malgré ses qualités, le nouveau canal présentait un défaut majeur. À Arques, il doit franchir le versant séparant les bassins de l'Aa et de la Lys. En quelques centaines de mètres seulement, le dénivelé atteint 13,13 m. Pour les ingénieurs du XVIIIe siècle, il n'existait qu'une solution : construire une succession d'écluses. Au lieu-dit Les Fontinettes, une impressionnante échelle d'écluses fut alors aménagée. À l'origine, elle comprenait plusieurs sas superposés (les sources anciennes évoquent parfois sept sas, avant des réaménagements qui conduisirent à une échelle de cinq écluses au XIXe siècle). Ce système permettait de franchir progressivement la différence de niveau entre les deux biefs. Pendant près d'un siècle, cette échelle d'écluses remplit parfaitement son rôle. Pour monter de la vallée de l'Aa vers le canal supérieur, il fallait franchir successivement les cinq bassins. La manœuvre demandait environ une heure et demie à deux heures, sans compter l'attente avant d'entrer dans le premier sas. Cette organisation restait acceptable tant que le trafic demeurait modéré. Mais la révolution industrielle allait rapidement bouleverser la situation. Au milieu du XIXe siècle, le trafic fluvial explosa. Les mines du bassin houiller expédiaient leur charbon. Les verreries d'Arques se développèrent. Les industries métallurgiques et textiles utilisèrent massivement les canaux. Chaque jour, des dizaines de péniches convergeaient vers les Fontinettes. Très vite, les cinq écluses deviennent insuffisantes. Le passage fut organisé selon un système alterné. Pendant plusieurs jours, les péniches montaient. Les jours suivants, elles descendaient. Cette organisation limitait les pertes d'eau, mais provoqua des files d'attente spectaculaires. Les archives évoquent parfois près d'une centaine de bateaux immobilisés, avec des délais pouvant atteindre cinq à six jours avant de franchir les écluses. Pour les bateliers, cette attente représentait une perte de temps considérable. Pour les industriels, elle ralentit toute la chaîne économique. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées recherchèrent alors une solution radicalement nouvelle.


En 1875, un ouvrage inédit fut inauguré à Anderton, en Angleterre. Il s'agissait d'un ascenseur capable de faire monter ou descendre directement deux bateaux grâce à un système hydraulique. Les ingénieurs français furent immédiatement séduits et une mission fut envoyée outre-Manche afin d'étudier cette réalisation. Le directeur des Ponts et Chaussées, Bertin, prit contact avec son concepteur, l'ingénieur britannique Edwin Clark. Le principe fut adapté aux besoins du canal de Neuffossé et la construction de l'ouvrage débuta en 1883. Les travaux durèrent quatre années. Les éléments métalliques furent réalisés par les anciens établissements Cail, l'une des plus prestigieuses entreprises françaises de constructions métalliques de l'époque. Le chantier était suivi par l'ingénieur George Penin. Le 8 juillet 1888, l'ascenseur fut officiellement inauguré devant une foule venue admirer cette machine extraordinaire.

Le piston assurant le mouvement du bac

Porte aval du sas
Même à l'arrêt, l'Ascenseur des Fontinettes impressionne par ses dimensions. L'ensemble repose sur une puissante structure métallique encadrée par trois hautes tours de briques et de pierre. Au sommet de la tour centrale se trouvait la cabine de commande. Depuis ce poste d'observation, les agents surveillaient l'ensemble des opérations. Deux immenses bacs métalliques occupent la partie centrale de l'ouvrage. Chaque bac mesure près de 40 m de longueur, plus de 5 m de largeur et peut accueillir une péniche au gabarit Freycinet entièrement chargée. Le fonctionnement de l'ascenseur repose sur une idée aussi simple qu'ingénieuse. Contrairement à un ascenseur classique utilisant des câbles ou des contrepoids, celui des Fontinettes fonctionne comme une immense balance hydraulique. Chaque bac est rempli d'eau. Or, selon le principe d'Archimède, un bateau déplace exactement son propre poids en eau. Autrement dit, qu'un bac contienne ou non une péniche, son poids reste pratiquement identique. Les deux bacs sont donc naturellement en équilibre. Pour provoquer leur déplacement, il suffit d'ajouter une faible quantité d'eau dans le bac supérieur. Ce léger excédent (une simple lame d'eau d'une trentaine de centimètres) crée un déséquilibre suffisant pour mettre l'ensemble en mouvement. Sous chacun des deux bacs se cache le véritable cœur de la machine. Chaque cuve repose sur un énorme piston d'environ 2 m de diamètre plongeant dans un cylindre rempli d'eau sous pression. Les deux cylindres communiquent entre eux. Lorsque le bac supérieur devient légèrement plus lourd, son piston descend. L'eau est alors poussée vers le second cylindre. Cette pression soulève automatiquement le second piston, qui fait monter l'autre bac. L'ensemble fonctionne avec une remarquable douceur. Aucun moteur puissant n'est nécessaire. La gravité fournit l'essentiel de l'énergie. L'intervention humaine consiste principalement à contrôler le remplissage, les vannes et les portes. À la fin du mouvement, les deux péniches ont échangé leur niveau.

Le piston du vérin situé sous le bac

Le piston
Le franchissement suivait une succession d'opérations très précises. Les deux péniches entraient simultanément dans les bacs. Les portes des canaux étaient ensuite fermées. Les bacs étaient isolés des biefs. Le bac supérieur recevait la faible quantité d'eau nécessaire au déséquilibre. Les vannes étaient ouvertes. Les deux cuves se mettaient alors lentement en mouvement. Une fois arrivées à leur destination, les portes étaient rouvertes et les péniches poursuivaient leur route. Toute la manœuvre durait environ vingt à vingt-deux minutes, contre plus d'une heure avec les anciennes écluses et parfois plusieurs jours d'attente lorsque le trafic était saturé. L'un des principaux avantages de l'ascenseur réside dans sa faible consommation d'eau. Une écluse traditionnelle vide une importante quantité d'eau à chaque passage. Aux Fontinettes, seule la mince lame d'eau servant à déséquilibrer les deux bacs est consommée. Cette économie est particulièrement importante pendant les périodes d'étiage, lorsque les réserves d'eau deviennent limitées. Les ingénieurs du XIXe siècle avaient ainsi conçu un ouvrage à la fois rapide, efficace et remarquablement économe. De 1888 à 1967, l'ascenseur fonctionna pratiquement sans interruption. Il accompagna l'évolution du transport fluvial durant toute la première moitié du XXe siècle. Il traversa les deux guerres mondiales et devint un élément familier du paysage industriel audomarois. Son fonctionnement exigeait une équipe spécialisée d'environ six agents, chargés de surveiller les mécanismes, de manœuvrer les portes et d'assurer la sécurité des passages.

Le bac en position haute

Escalier d'accès à la partie supérieure de l'ascenseur
Après la Seconde Guerre mondiale, le transport fluvial évolua profondément. Les péniches devinrent beaucoup plus longues et plus larges. Le canal de Neuffossé fut progressivement adapté au grand gabarit européen. L'ascenseur, conçu pour les péniches Freycinet, ne put plus accueillir ces nouveaux convois. Son entretien devint également de plus en plus coûteux. Une solution plus simple fut retenue. Une immense écluse fut construite quelques centaines de mètres en amont. Mise en service le 16 août 1967, elle remplaça définitivement l'ascenseur. Celui-ci fut alors arrêté et ses pistons neutralisés afin d'empêcher toute remise en fonctionnement. Pendant plusieurs décennies, l'ascenseur demeura silencieux, mais heureusement, il échappa à la démolition. Les collectivités prirent progressivement conscience de sa valeur patrimoniale. D'importantes campagnes de restauration furent entreprises, notamment lors des travaux d'adaptation du canal Dunkerque-Escaut au grand gabarit. En 2014, l'ensemble de l'ouvrage, ses ateliers, la maison de l'éclusier et ses abords furent classés au titre des Monuments historiques. Aujourd'hui, l'Ascenseur à bateaux des Fontinettes est devenu un site de découverte du patrimoine industriel. Le centre d'interprétation permet de comprendre le fonctionnement de cette machine exceptionnelle grâce à une scénographie immersive, des animations, une ancienne péniche Freycinet et la visite des ateliers de réparation. Le parcours met également en lumière la vie quotidienne des mariniers, le rôle économique du canal et les innovations techniques qui ont fait la renommée de l'ouvrage. Plus de cent trente ans après son inauguration, ses immenses bacs suspendus continuent de fasciner les visiteurs. Ils rappellent qu'avant les autoroutes et les trains à grande vitesse, ce sont les canaux et les péniches qui assuraient l'essentiel des échanges commerciaux dans le nord de la France. L'Ascenseur des Fontinettes demeure ainsi l'un des plus beaux monuments du patrimoine industriel français, un ouvrage où la science, la mécanique et l'histoire se rencontrent dans un spectaculaire équilibre.

Les portes amonts

Bien avant que l'Ascenseur à bateaux ne devienne l'emblème d'Arques, le site des Fontinettes était déjà un lieu d'une intense activité humaine. Pendant plus d'un siècle, les cinq écluses qui permettaient de franchir les 13,13 m de dénivelé constituaient un véritable carrefour de la navigation intérieure. Jour et nuit, éclusiers, mariniers, chevaux de halage, négociants et artisans animaient ce petit monde où le rythme de la vie était dicté par le passage des péniches. Aujourd'hui, le calme qui règne autour du canal rend difficile d'imaginer l'effervescence qui caractérisait autrefois les Fontinettes. Les éclusiers étaient des agents de l'administration des Ponts et Chaussées, puis du service de la Navigation. Leur responsabilité était considérable. Ils devaient assurer la sécurité des bateaux, maintenir les niveaux d'eau, surveiller les ouvrages et organiser le trafic sans provoquer d'accident. Chaque écluse demandait une surveillance permanente. Avant l'arrivée de la mécanisation, toutes les manœuvres étaient effectuées à la force des bras. Les lourdes portes en chêne étaient ouvertes à l'aide de longues barres de manœuvre. Les vannes étaient actionnées à la main afin de remplir ou de vider les sas avec précision. Une erreur pouvait avoir de graves conséquences. Une ouverture trop rapide risquait de faire heurter violemment une péniche contre les portes ou les bajoyers. Un courant trop fort pouvait rompre les amarres ou endommager les cargaisons. L'expérience de l'éclusier était donc essentielle.

Le travail ne s'arrêtait jamais. La navigation pouvait débuter dès l'aube et se prolonger jusqu'à la tombée de la nuit. Durant les périodes de fort trafic, les éclusiers enchaînaient les manœuvres sans véritable répit. Ils devaient également intervenir lors des crues, des périodes de sécheresse ou des épisodes de gel. En hiver, lorsque la glace immobilisait le canal, ils participaient parfois au dégagement des passages afin de permettre la reprise de la navigation. Leur connaissance du canal était exceptionnelle. Ils savaient reconnaître les variations du niveau de l'eau, anticiper les difficultés météorologiques et adapter les manœuvres aux caractéristiques de chaque bateau. À proximité des écluses se trouvaient les maisons de fonction. Ces logements, construits par l'administration, permettaient aux éclusiers de rester disponibles à tout moment. Les maisons étaient généralement modestes, mais confortables pour l'époque. Elles comprenaient un logement familial, un jardin potager et parfois quelques dépendances. Les familles vivaient au rythme du canal. Les enfants grandissaient au milieu des péniches. Les épouses participaient souvent à l'entretien des jardins ou rendaient de petits services aux mariniers de passage. Le métier d'éclusier se transmettait parfois de père en fils, tant l'expérience acquise sur le terrain était précieuse.

Ancien atelier de mécanique du site

Face aux éclusiers arrivaient quotidiennement les mariniers. À bord de leurs péniches Freycinet longues de près de 39 m, ils transportaient charbon, céréales, sable, pierres, bois, engrais, sucre ou matériaux de construction. Contrairement aux idées reçues, beaucoup vivaient en permanence à bord. La péniche était à la fois leur outil de travail et leur maison. Les familles entières naviguaient ensemble. Le capitaine dirigeait la manœuvre. Son épouse assurait souvent la tenue des comptes, préparait les repas et participait aux passages d'écluses. Les enfants grandissaient eux aussi sur le bateau. Beaucoup fréquentaient les écoles des villes traversées lorsqu'ils restaient suffisamment longtemps à quai, tandis que d'autres suivaient leurs parents durant toute la saison de navigation. Cette vie itinérante forgeait une véritable culture batelière, avec ses traditions, son vocabulaire et une forte solidarité entre mariniers.

Ancienne péniche de type Frecinet

Jusqu'à la généralisation des remorqueurs puis des moteurs diesel, les péniches étaient tractées par des chevaux. Depuis les chemins de halage, ces animaux tiraient lentement les lourdes embarcations au moyen d'un long câble. Le passage des écluses demandait une organisation précise. Le cheval devait être dételé avant l'entrée dans le sas, puis reprendre sa place une fois le bateau ressorti. Les conducteurs de chevaux, appelés haleurs, possédaient eux aussi une parfaite connaissance du canal. Le rythme régulier des sabots sur le chemin de halage faisait partie des sons familiers des Fontinettes. L'attente des bateaux profitait largement aux habitants d'Arques. Autour des écluses se développa tout un ensemble d'activités. Des auberges accueillaient les mariniers. Les cafés servaient de lieux de rencontre. Les épiceries vendaient vivres, charbon, cordages ou matériel de réparation. Des maréchaux-ferrants entretenaient les chevaux de halage. Des charrons réparaient les véhicules utilisés pour le transport des marchandises. Les artisans trouvaient dans cette clientèle itinérante une source importante de revenus. Les Fontinettes constituaient ainsi un véritable petit centre économique vivant au rythme de la navigation. Lorsque l'ascenseur fut inauguré en 1888, il transforma profondément le travail des éclusiers. Les longues manœuvres des cinq écluses disparaissent progressivement. Les agents durent désormais apprendre à utiliser une machine beaucoup plus complexe. Ils devinrent en quelque sorte des mécaniciens autant que des éclusiers. La surveillance des pistons hydrauliques, des vannes, des portes métalliques et des systèmes de sécurité exigeait une formation nouvelle. Le métier évolua sans perdre sa dimension essentielle : assurer la sécurité de la navigation. Malgré cette modernisation, l'animation demeura intense. Les péniches continuaient d'affluer. Les équipages se croisaient dans les bassins d'attente. Les conversations portaient sur les conditions de navigation, les niveaux d'eau, les tarifs du fret ou les nouvelles venues des différents ports. L'ascenseur devint rapidement une attraction. De nombreux curieux vinrent assister aux manœuvres. Voir deux péniches chargées s'élever ou descendre simultanément de plus de treize mètres restait un spectacle fascinant. Les habitants d'Arques sont fiers de posséder un ouvrage considéré comme l'un des plus modernes d'Europe. Aujourd'hui, le silence est revenu aux Fontinettes. Les chevaux ont disparu. Les longues files de péniches appartiennent au passé. Les anciennes maisons éclusières rappellent cependant la présence de ces familles qui ont consacré leur vie au fonctionnement du canal. Les archives, les photographies anciennes et les témoignages des derniers mariniers permettent de reconstituer cette activité intense qui a façonné le paysage et la mémoire d'Arques.

Ces photographies ont été réalisées en juin 2026.
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L'Ascenseur à bateaux des Fontinettes se trouve rue de l'ascenseur à Arques.
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Cette page a été mise en ligne le 00 septembre 2026
Cette page a été mise à jour le 00 septembre 2026