Le mausolée de du Guesclin

Bertrand du Guesclin est né en 1320 au château de la Motte-Broons près de Dinan. Il est le fils ainé de Robert II du Guesclin et de Jeanne de Malesmains. Sa laideur (on disait de lui le plus laid qu'il y eut de Rennes à Dinan) et sa brutalité en font la honte de la famille. Dés son plus jeune âge, son habilité au maniement des armes, ses goûts belliqueux et sa force lui font gagner le respect de la noblesse. Il participe malgré l'interdiction paternelle à son premier tournoi à l'âge de quinze ans. Il y défait tous ses adversaires sauf son père qu'il refuse de combattre.

le mausolée

Il participe en 1357 à la défense de Rennes assiégé par Henry de Grosmont, duc de Lancastre. Sa bravoure lui vaut l'adoubement. Il soutient ensuite Charles de Blois lors de la guerre que celui-ci livre à Jean de Montfort pour la possession du duché de Bretagne. En 1360, le roi de France qui soutient Charles de Blois le nomme lieutenant de Normandie, d'Anjou et du Maine. En 1361, il se met au service du roi de France, Jean II le bon. En 1364, il devient capitaine général et chambellan de France. Lors de l'avènement de Charles V en avril 1364, il bat le roi de Navarre à la bataille de Cocherel. Le roi le nomme duc de Longueville en Normandie. En septembre 1364, il combat au côté de Charles de Blois lors de la bataille d'Auray. Il y est battu et fait prisonnier par l'armée anglaise. Il est libéré contre une rançon de 100000 livres payée par le roi de France.

le côté du mausolée

En 1365, il délivre le royaume de France des hordes de soldats indisciplinés dénommés les Grandes Compagnies qui pillaient les provinces. Il les enrôle au côté d'Henri de Trastamare dans la guerre que celui-ci livre à Pierre le cruel pour le trône du royaume de Castille. Après s'y être couvert de gloire, du Guesclin est défait lors de la bataille de Najera en 1367 par Chandos et le Prince Noir, deux capitaines anglais venus au secours de Pierre le cruel. Fait prisonnier, le roi de France paye à nouveau sa rançon. Il venge cette humiliation en 1369 lors de la bataille de Montiel où il établit définitivement Henri de Trastamare sur le trône de Castille. Celui-ci le nomme en récompense duc de Molina et roi de Grenade.

de face

En 1370, Charles V le nomme connétable de France. En tant que commandant général des armées, il a la lourde charge de chasser les Anglais de France. Il procède, contrairement aux habitudes de la chevalerie de l'époque, par de petits sièges, ville par ville, pour reconquérir les provinces. Il va ainsi conquérir la Normandie, la Guyenne, la Saintonge et le Poitou. Les sièges sont bien souvent gagnés par ruse. En 1376, il est nommé seigneur de Pontorson en Normandie. En 1378, il participe à la campagne de Bretagne.

En 1380, il combat les Grandes Compagnies en Auvergne et dans le sud du Massif Central. Il assiège Châteauneuf-de-Randon. Après plusieurs assauts le gouverneur anglais promet de se rendre au connétable si la ville n'est pas secourue sous quinze jours. Du Guesclin meurt le 13 juillet avant la fin de ce délai, d'une congestion pulmonaire. Il aurait bu trop d'eau glacée après un combat en plein soleil. À la fin de la trêve, le gouverneur de Châteauneuf-de-Randon vient déposer les clefs de la cité sur son cercueil.

le visage

Du Guesclin avait exprimé le souhait d'être enterré en Bretagne. Son corps fut donc embaumé au Puy en Velay. On préleva les viscères qui furent enterrés dans l'église des Jacobins devenue l'église St Laurent. Sur la route, l'embaumement se releva insuffisant et le cortège fut assailli par les mouches. À Montferrand, on fit bouillir le cadavre afin de détacher les chairs des os. Les chairs furent enterrées dans l'église des Cordeliers, le squelette et le cœur poursuivant leurs routes vers Dinan. À leurs arrivées, un officier du roi apporte l'ordre de le conduire à la basilique St Denis pour y être enterré avec les rois de France. Seul le cœur reste à Dinan où il fut déposé au couvent des Jacobins puis transféré en 1810 dans l'église St Sauveur. La sépulture de St Denis fut profanée en 1793 par les révolutionnaires. Celle de Montferrand fut la même année détruite et les cendres dispersées. Du Guesclin eut droit après sa mort à un meilleur traitement que les rois de France. Ceux-ci avaient trois tombeaux contenant le cœur, les entrailles et le corps alors que du Guesclin eut quatre tombeaux. Le cœur à Dinan, le squelette à la basilique St Denis, les entrailles à Montferrand et le cénotaphe de Châteauneuf-de-Randon.

une des inscriptions

Le mausolée actuel a été construit en 1820 à l'occasion du 440e anniversaire de sa mort. Construit en calcaire, ce mausolée fut reconstruit en 1911 en granit. Le gisant, copie de celui du Puy en Velay, a été remplacé en 1980 par une sculpture en zinc, œuvre du sculpteur Kaeppelin. Ce mausolée occupe l'emplacement du campement de du Guesclin lors du siège de Châteauneuf-de-Randon. À proximité se trouve la source de la Glauze où du Guesclin aurait bu l'eau glacée responsable de sa mort.

De part et d'autre du mausolée figurent deux inscriptions. Sur la gauche, nous pouvons lire "Ce monument a été élevé par le gouvernement de la République et le département de la Lozère à la mémoire de Bertrand du Guesclin précurseur de Jeanne d'Arc dans l'œuvre du relèvement national". Sur la droite, nous trouvons "Ici le 13 juillet 1380 Bertrand du Guesclin a reçu sur son lit de mort les clefs de Châteauneuf-de-Randon près aux derniers chefs des Grandes Compagnies".

Ces photographies ont été réalisées en août 2008.

 

Y ACCÉDER:

Le mausolée est situé au lieu dit "l'habitarelle" au Sud de Châteauneuf-le-randon au bord de la N88.

 



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Cette page a été mise en ligne le 28 septembre 2008

Cette page a été mise à jour le 17 février 2015