Notre-Dame du Chêne

Cécile Mille est née le 16 octobre 1789. Son père, Pierre-Antoine, et sa mère, Biaise Pointurier, tenaient une ferme à la Malcôte. Elle avait deux sœurs Simone et Marguerite. Depuis la Révolution française, aucune célébration de la première communion n'était plus pratiquée dans la paroisse de Scey-en-Varais dont dépendaient les hameaux de la Malcôte et de Maisières. Ce n'est que le 3 avril 1803 que Cécile, âgée de 13 ans, allait enfin pouvoir recevoir ce sacrement.

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Ce jour, sur le chemin de l'église, accompagné d'une autre jeune fille, elle vit devant elle une grande dame habillée de blanc. Cette dame était accompagnée de quatre petites demoiselles également de blanc vêtu et portant chacune un cierge allumé. Cette petite troupe s’était arrêtée au "Chêne de Notre-Dame". C'était un vieil arbre qui faisait l'objet d'une vénération dont personne ne connaissait l'origine. Les deux jeunes filles ont pensé que la dame avait décidé de les attendre pour les accompagner à l'église. Mais au moment de la rejoindre, la dame s'éleva en l'air au milieu d'une vive lumière. Prenant peur, les deux jeunes filles s'enfuirent en courant jusqu'aux premières maisons de Maisières où Céline raconta à monsieur Verny ce qu'elles avaient vu. Mais personne ne l'a crue. Son père lui ordonna même de "laisser ses inventions".

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Le 15 août 1803, au matin, Pierre-Antoine Mille partit avec ses filles et son ami Louis Seure pour la messe. À proximité du "Chêne de Notre-Dame", Marguerite raconta la vision de Cécile. Levant les yeux sur l'arbre, ils furent stupéfaits de voir deux belles lumières jaillissant du tronc à la naissance des premières branches. Après un moment de contemplation, ils se précipitèrent à la messe. À la sortie de la messe, la nouvelle passa de bouche à oreille et une procession s'organisa jusqu'au chêne. Après des prières, Pierre-Antoine et Louis creusèrent le tronc à l'endroit où ils avaient vu les lumières. Ils mirent à jour une petite statue de la Vierge. Celle-ci, probablement déposée au pied de l'arbre alors que le chêne n'était qu'une jeune pousse, s’est trouvée incluse dans le tronc qui grandissait.

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Notre-Dame du Chêne

Le curé de la paroisse, l'abbé Dupuy, appelé sur les lieux, constata la découverte miraculeuse. Celui-ci fit le récit de la découverte dans un courrier adressé à sa hiérarchie. Ce n'est que le 31 mai 1844 que le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, forma une commission d'enquête. La statue en terre cuite haute de 19 cm a été datée du XVIIe siècle et provient probablement de la poterie d'Etrepigney dans le Jura. Elle représente la Vierge avec un enfant portant une grappe de raisin. Elle fut peut-être déposée à cet endroit par un viticulteur (la vallée de la Loue comptait à l'époque 1000 hectares de vigne) ou par un voyageur. Le passage, où se trouvait le "chêne de Notre-Dame", était un endroit étroit balayé par les crues de la Loue et propice aux attaques des voyageurs par les brigands. Après la découverte, la statue fut replacée dans l'arbre et protégée par une grille métallique. En 1839, le chêne fut abattu pour des raisons de sécurité et la statue placée sur une croix. Elle fut ensuite confiée à la famille Pirey de Maisières. En 1844, elle passa sous la protection des religieuses de la Visitation d'Ornans puis fut déposée en 1847 dans une chapelle restaurée de l'église de Scey où les pèlerins affluèrent.

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La commission d'enquête fit témoigner sous serment plus de quarante personnes. Malheureusement, les témoins directs avaient déjà quitté ce monde. La mère de Cécile mourut le 16 septembre 1803, son père en 1812. Cécile se maria en 1813 et donna naissance à 5 enfants avant de s'éteindre le 13 juillet 1835. Elle est enterrée au cimetière de Cléron. Au terme de son enquête, le cardinal prononça officiellement l'authenticité de l'apparition de la Vierge et ordonna la construction d'une chapelle sur les lieux de l'apparition miraculeuse.

Dufay Emmanuel-Olivier, auteur-compositeur-interprète franc-comtois, a composé une chanson en l'honneur de Cécile. Vous pouvez l'écouter ici https://soundcloud.com/arloksounds/cecile

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La première pierre de la chapelle fut posée le 12 juillet 1863 et elle fut inaugurée le 3 août 1869 par le cardinal Mathieu. Elle a été conçue par Pierre Bossan, l'architecte de Notre-Dame de Fourvière à Lyon. Il travailla gratuitement disant à tous avoir été choisi pour ce travail par Notre-Dame du Chêne. C'est cependant l'architecte Ducat de Besançon qui en assura la maitrise d'œuvre. Le bâtiment, construit à l'aide de pierres des carrières de Montrond et du Puits Noir, mélange le style roman avec le gothique. Les clochetons et les chapiteaux des colonnes sont des sculpteurs Duffet et Arnaud de Besançon et le bas relief situé au-dessus de la porte est de Franceschi et date de 1885. Il montre l'apparition du 3 avril 1803.

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À l'intérieur de la chapelle se trouvent deux monuments funéraires. À droite se trouve celui de l'abbé Marie-Théodore Grosjean (mort en 1880) premier chapelain des lieux. C'est en grande partie grâce à lui que le sanctuaire existe. Sur la gauche se trouve le monument de Mgr Bastide, aumônier général des armées à Rome en 1870. Il était originaire d'Ornans. Le chœur de la chapelle est éclairé par cinq verrières. Le vitrail central représente Marie avec la couronne de douze étoiles mentionnée par l'apocalypse de St-Jean. À ses pieds, dans un médaillon, sont représentées Cécile Mille et sa compagne le jour de leur première communion. Les quatre autres vitraux représentent quatre anges tenant des cierges allumés. L'ensemble rappelle la vision de Cécile Mille. La statue découverte en 1803 est placée dans une châsse en bois du sculpteur ornanais Cornu disposé au-dessus du grand autel du XVIIIe siècle.

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Le 1er chapelain officiant à la chapelle fut l'abbé Grosjean. À sa mort en 1880, il fut remplacé par l'abbé Blanchet qui officia jusqu'en 1919. L'archevêque de Besançon Mgr Humbrecht confia ensuite le site aux Pères Montfortains. Ces missionnaires donnèrent un nouvel essor au pèlerinage. C'est sous leur direction que furent construites les galeries couvertes, entre 1920 et 1927, par les bénévoles des villages avoisinants. En 1936 furent érigées la maison des chapelains puis la maison des pèlerins. La grande croix érigée au centre de l'esplanade a été rapportée de Terre Sainte en 1903. De 1976 à 1996, les Pères Montfortains, en plus du pèlerinage, prirent en charge plusieurs des paroisses de la région. Ils quittèrent le sanctuaire en 2006. Le père Lacrampe, archevêque de Besançon, mit tout en œuvre pour qu'une nouvelle communauté de religieux reprenne la gestion du sanctuaire. Depuis novembre 2007, les missionnaires de Notre-Dame-de-la-Salette se sont établis au sanctuaire de Notre-Dame du Chêne.

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La Loue devant le pèlerinage

Ces photographies ont été réalisées en juin 2011.

 

Y ACCÉDER:

À Ornans, prendre la D101 en direction de Cléron. Le pèlerinage est sur le bord de la route.

 



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Cette page a été mise en ligne le 31 mai 2013

Cette page a été mise à jour le 4 juin 2016