Les thermes du Hogolo

les thermes

Le site fut découvert par hasard en 1892. Il fut préservé durant plus de quinze siècles par une dune qui le recouvrit de 2 m de sable.

Le bâtiment de 25 m de longueur sur 7,50 m de largeur comprend deux parties. Au sud, un bâtiment rectangulaire de 15,50 m sur 6,50 m forme un hangar où était stocké le bois de chauffage. Au nord, les thermes forment un circuit en "U" de cinq chambres parcourues successivement par les utilisateurs.

la salle froide
La salle froide

La première pièce est un vestiaire de 5,30 m sur 3,20 m. Cette pièce donne accès, par une porte ouverte au nord, à la salle froide de 3,20  sur 2,30 . Au nord de la salle froide est accolée la piscine froide de 1,20 m sur 2 m. La piscine froide est précédée d'un pédiluve. La piscine et le pédiluve sont carrelés avec des dalles en schiste vert de Locquirec et de schiste noir de St Michel en Grève. Le reste des sols est en béton de chaux. Les murs sont enduits avec de la chaux blanche. Des traces de fresques réalisées avec des palourdes ont été retrouvées. Sur le côté nord de la piscine subsiste une fenêtre en plein cintre réalisée avec des briques. De nombreux morceaux de verre ont été recueillis à cet endroit lors des fouilles. La piscine froide est bordée d'une banquette. Sur le mur ouest, à la base de la piscine, figure une conduite d'évacuation en plomb et en face, le trou d'une arrivée d'eau.

La piscine froide
La piscine froide

le pediluve
Le pédiluve

Sur le mur ouest de la salle froide, une porte avec un seuil en bois rainuré, donne accès au vestibule. Cette porte, qui devait fermer de manière hermétique, empêchait tout courant d'air entre les salles chaudes et froides. A l'ouest du vestibule se trouve la grande piscine chaude de 2,70 m sur 2,50 m.

Le chauffage des pièces et piscines chaudes était réalisé par un système d'hypocauste. Dans ce système, le sol des pièces est disposé sur des colonnes de brique (pila) haute de 72 cm, créant ainsi un vide dans lequel était fait du feu. L'évacuation de l'air chaud et des fumées s'effectue au travers de tuyaux (tubulus) inclus dans les murs. La grande piscine chaude disposait d'un chauffage indépendant alimenté par un four tunnel extérieur. Les autres pièces étaient chauffées depuis le four s'ouvrant au nord du hangar.

l'hypocauste
Le système d'hypocauste

le four
Le four dans la réserve de bois

La grande piscine chaude était équipée de deux banquettes encadrant une fenêtre donnant sur la mer. Cette fenêtre a aujourd'hui disparu. Dans cette piscine, l'atmosphère était très chaude et saturée de vapeur. Elle devait contenir une hauteur d'eau très faible de l'ordre de 15 cm.

piscine chaude
La piscine chaude

Entre le vestibule et le hangar, se trouvent, en enfilade, la salle tiède et la salle chaude. Ces deux salles ont une longueur cumulée de 5,0 m et une largeur de 2,60 m. L'air y était chaud et sec. Au sud-ouest de la salle chaude, une porte donne accès à la petite piscine chaude. Celle-ci, de 1,90 m sur 1,40 m, possède un revêtement en dallage identique à la piscine froide. Elle possédait également une fenêtre donnant sur la mer. L'air y était chaud et saturé de vapeur. La hauteur d'eau y était identique à la grande piscine chaude.

la petite piscine chaude
La petite piscine chaude

Les utilisateurs de ces thermes se changeaient dans le vestiaire, puis passaient dans la piscine froide. Ils passaient ensuite dans le vestibule puis dans la grande piscine chaude. Après ils allaient suer dans la salle tiède puis chaude. Après être passés dans la petite piscine chaude, ils retournaient dans la piscine froide puis au vestiaire.

La salle froide
La salle froide

Le site a été découvert en 1892 par un habitant de Plestin qui bêchait son champ. Les premières fouilles furent effectuées en 1938 par le colonel Pérès, conseiller municipal de Plestin. Des briques et des carrelages caractéristiques lui firent penser à une implantation romaine. Les fouilles furent reprises en 1942 par messieurs Dhailly et Jacquer de Lannion puis par le colonel Pérès. Ils dégagèrent le sous-sol de la première pièce et délimitèrent les autres pièces. Ces travaux confirmèrent la présence d'une villa romaine. D'autres fouilles furent entreprisses en 1960 par monsieur Pinot, en 1971 par monsieur Chiche et en 1973 par monsieur Triste.

le four extérieur
Le four extérieur

le four
Vue dans le four avec le système hypocauste

Les principaux travaux de fouilles eurent lieu en 1981, 1982 et 1991. Ces fouilles furent suivies en 1992/1993 de la restauration du site. La restauration a été effectuée avec les matériaux d'origine trouvés lors des fouilles et des méthodes identiques à celles utilisées par les Romains. Le site autour des thermes a été restitué tel qu'il était au 1er siècle.

Les fouilles ont permis de préciser l'histoire de ce site. Le premier bâtiment, une remise à bois et des thermes sans piscine chaude, mais avec une baignoire chaude, date du 1er siècle apr. J.-C. La remise à bois fut à la fin du 1er siècle agrandie et la baignoire fut remplacée par la petite piscine chaude. Au IIe siècle, on ajouta la grande piscine chaude avec son four extérieur. Un chemin permettait d'apporter le bois de la remise. A la fin du IIe siècle, les thermes furent convertis en maison d'habitation occupée par des gens de condition modeste. Ceci est déduit d'un important dépotoir de déchets alimentaires, d'outil agricole et d'outil de pêche découvert sur le site. A la fin du IIIe siècle, le bâtiment fut détruit et remblayé avec de la terre pour transformer le site en champ. Après son abandon, le site fut recouvert par une dune éolienne.

Le batiment

Les thermes ont été construis par de riches Romains et faisant partie d'un ensemble d'habitats de villégiature situés à l'ouest du fort romain du Yaudet.

Ces photographies ont été réalisées en août 2006.

 

Y ACCÉDER:

De Plestin les Greves, prendre la direction de Locquirec. Arrivé sur la plage, prendre la route vers la droite (Lannion par la côte). Les thermes sont situés à gauche de la route dans la montée juste avant la forêt.

 



Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont données sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accés au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

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Cette page a été mise en ligne le 13 novembre 2006

Cette page a été mise à jour le 14 février 2015