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La bataille de la Somme (1916)

À la fin de l'année 1914, après les combats de la Marne, la course à la mer et les affrontements en Flandre, le front occidental s'était progressivement stabilisé. De la mer du Nord à la frontière suisse, les armées allemandes et alliées se firent face dans un système continu de tranchées, de réseaux de barbelés et de positions fortifiées. Les offensives de 1915, notamment en Artois et en Champagne, n'avaient pas permis aux Alliés de réaliser une percée durable. Les attaques françaises avaient entraîné des pertes considérables sans provoquer l'effondrement des lignes allemandes. Dans ce contexte, la Somme constitua un secteur relativement calme pendant une grande partie de 1915. Les Allemands avaient concentré leurs efforts sur d'autres parties du front, en particulier autour d'Ypres et, à partir de février 1916, devant Verdun. Le terrain de la Somme présente plusieurs caractéristiques importantes comme un plateau de craie, entaillé par des vallées et des vallons, des villages généralement distants de deux à quatre kilomètres, des bois, des fermes et des exploitations agricoles qui pouvaient être transformés en positions fortifiées et un sous-sol crayeux qui facilitait le creusement de tranchées, de galeries et d'abris souterrains. Les villages de la région, souvent bâtis sur des hauteurs ou à proximité des routes, devinrent des points d'appui. Les Allemands ont eu près de deux années pour organiser leurs défenses, renforcer les abris et relier leurs positions par des boyaux de communication.

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Vue général du champ de bataille de la Somme

Beaumont-Hame General view battlefield
Vue général du champ de bataille à Beaumont-Hamel

À la fin de 1915, les gouvernements et les états-majors alliés cherchèrent à coordonner leurs opérations sur plusieurs fronts. La conférence interalliée de Chantilly, tenue les 6 et 7 décembre 1915, prévoyait des offensives contre les puissances centrales en 1916. Les opérations devaient être menées simultanément ou dans des délais rapprochés sur le front occidental, le front russe et le front italien. Le général Joseph Joffre, commandant en chef des armées françaises depuis décembre 1915, souhaitait notamment éviter que les Alliés ne conduisent des opérations isolées, laissant à l'Allemagne la possibilité de déplacer ses réserves d'un secteur à l'autre. L'offensive de la Somme devait ainsi associer les armées française et britannique. Elle fut conçue comme une attaque de grande ampleur contre le dispositif allemand, avec une préparation d'artillerie massive, suivie d'une progression de l'infanterie. Le secteur de la Somme fut retenu parce que les lignes françaises et britanniques s'y rejoignaient. Il permettait une opération commune sans rupture majeure dans la continuité du front allié. Le général Douglas Haig, qui avait remplacé John French à la tête du corps expéditionnaire britannique en décembre 1915, participa à la préparation de l'opération avec Joffre. Le commandement n'était toutefois pas unifié. Les armées françaises et britanniques conservaient chacune leurs chefs, leurs états-majors et leurs chaînes de commandement. La coordination reposait sur les conférences interalliées et les accords conclus entre les deux états-majors.

Lancashire Fusiliers trench Beaumont Hamel 1916
Lancashire Fusiliers trench Beaumont Hamel 1916

Indian bicycle troops Somme 1916 IWM Q 3983
Indian bicycle troops Somme 1916

Le plan initial prévoyait une offensive sur un front d'environ 70 km, avec une participation française importante. L'armée française devait jouer le rôle principal, tandis que les Britanniques apportaient leur appui au nord. Le déclenchement de la bataille de Verdun, le 21 février 1916, modifia profondément cette organisation. L'armée française dut engager à Verdun une part considérable de ses effectifs, de son artillerie et de ses réserves. Joffre maintenait néanmoins la nécessité de l'offensive de la Somme et pressa Haig de préparer l'attaque dans les meilleurs délais. Au printemps 1916, les moyens français disponibles diminuèrent progressivement. Le front d'attaque fut ramené à environ 40 km. Les Britanniques devinrent la force principale de l'opération, au nord de la Somme, tandis que les Français devaient attaquer au sud et sur les deux rives du fleuve. Le projet de percée stratégique fut alors réduit. L'objectif immédiat consistait à attaquer les positions allemandes, conquérir les premières lignes, progresser vers les positions de l'arrière et contraindre l'armée allemande à engager ses réserves. Le commandement français confia la conduite des opérations au général Ferdinand Foch, à la tête du Groupe d'armées du Nord. Le général Haig dirigea les forces britanniques. La date du 1er juillet 1916 fut retenue pour le début de l'assaut. La préparation d'artillerie devait commencer le 24 juin.

Public Schools Battalion at White City 1916
Public Schools Battalion at White City 1916

Stellungswechsel einer englischen Arillerieabteilung
Changement de position d'une unité d'artillerie anglaise

La bataille se déroulerait principalement dans le département de la Somme, à l'est d'Amiens, entre les secteurs d'Albert, de Bapaume, de Péronne et leurs environs. Le front de bataille s'étendait de part et d'autre de la Somme, sur le plateau picard. Au nord, il traversait les environs de Gommecourt, Serre, Beaumont-Hamel, Thiepval, Ovillers, La Boisselle et Fricourt. Plus au sud, il passait par Mametz, Montauban, Maricourt et les secteurs de Curlu et de Hardecourt. Les principales localités concernées par les combats étaient, au nord, Gommecourt, Serre, Beaumont-Hamel et Hébuterne, au centre, Thiepval, Ovillers, La Boisselle, Pozières, Fricourt, Mametz, Contalmaison, Longueval, Bois Delville, Guillemont et Ginchy. À la jonction franco-britannique, Maricourt, Hardecourt et Hem et dans le secteur français, Curlu, Maurepas, Cléry-sur-Somme, Biaches et Barleux. Les distances entre les villages étaient faibles, mais chaque localité pouvait constituer une position défensive indépendante. Les routes, les chemins creux, les bois et les dépressions du terrain furent utilisés pour dissimuler les mouvements de troupes et organiser les communications.

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Les Allemands occupaient en grande partie les hauteurs qui dominent le terrain. Leur ligne suivait les crêtes séparant les bassins versants de la Somme et de l'Ancre. Le système défensif allemand comprenait plusieurs positions successives. La première position comportait des tranchées de première ligne, des tranchées de soutien et des tranchées de réserve. Elle était renforcée par des abris profonds, des postes de mitrailleuses et des communications souterraines. En arrière se trouvait une ligne intermédiaire, moins développée, protégeant notamment les batteries d'artillerie de campagne. Une seconde position, située plus à l'est, possédait des défenses comparables à celles de la première ligne. Les villages et les bois situés à l'arrière immédiat étaient fortifiés et reliés par des boyaux. Dans certains secteurs, les défenses comportaient une troisième et même une quatrième ligne. Les abris étaient bétonnés et les constructions existantes étaient adaptées à la défense. La craie permit le creusement d'abris souterrains relativement profonds. Elle durcissait au contact de l'air, ce qui améliorait la stabilité des parois. Les soldats allemands disposaient ainsi, dans certains secteurs, de refuges capables de résister à une partie des bombardements. Ces installations expliquent pourquoi la destruction apparente des tranchées de surface ne signifiait pas nécessairement que les défenseurs avaient été neutralisés.

BL 92 inch Railway Gun Maricourt September 1916
Canon sur rail de 92 inch à Maricourt en septembre 1916

Cheshire Regiment trench Somme 1916
Cheshire Regiment trench Somme 1916

Le climat de la Somme est marqué par des précipitations fréquentes. En été, les pluies rendirent rapidement les terrains bouleversés par l'artillerie difficiles à traverser. Les trous d'obus se remplissaient d'eau. Les chemins étaient défoncés par les pièces d'artillerie, les caissons, les chariots et les mouvements de troupes. Les boyaux pouvaient s'effondrer sous l'effet des bombardements. À l'automne, les pluies et le refroidissement rendaient les conditions de vie encore plus pénibles. Les hommes devaient combattre dans des tranchées détrempées, parfois remplies de boue jusqu'aux genoux. Ces difficultés affectèrent les deux camps, mais elles compliquèrent particulièrement le ravitaillement des unités qui avancent au-delà de leurs positions initiales.

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L'armée française était placée sous l'autorité du Groupe d'armées du Nord, commandé par le général Ferdinand Foch. Elle comprenait principalement la VIe armée, commandée par le général Émile Fayolle, et la Xe armée, commandée par le général Joseph Micheler. Au début de l'offensive, les Français disposaient de quatorze divisions en ligne, auxquelles s'ajoutaient des divisions de réserve et des unités de cavalerie. Le dispositif français couvrait environ quinze kilomètres de front. L'artillerie française alignait 696 pièces de campagne, 732 pièces d'artillerie lourde, 122 pièces d'artillerie lourde à grande puissance et environ 1100 mortiers de tranchée. Les approvisionnements prévus comprenaient 6 000 000 d'obus de 75 mm, 2 000 000 d'obus pour l'artillerie lourde et environ 400 000 projectiles pour l'artillerie de tranchée. La VIe armée fut engagée de part et d'autre de la Somme. Elle devait attaquer en direction du plateau de Flaucourt et des positions allemandes situées à l'est. La Xe armée intervint plus au sud dans le dispositif français, avec pour mission de poursuivre la progression au-delà des premières positions allemandes. Les unités françaises étaient généralement plus expérimentées que les formations britanniques récemment constituées. Elles avaient participé aux campagnes de 1914 et de 1915 et disposaient d'une artillerie lourde importante.

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Les forces britanniques étaient placées sous le commandement du général Douglas Haig. Le dispositif comprenait la Third Army, commandée par Edmund Allenby, la Fourth Army, commandée par Henry Rawlinson, et une armée de réserve placée sous les ordres de Hubert Gough. La Fourth Army devait conduire l'essentiel de l'attaque au nord de la Somme. Elle disposait de cinq corps d'armée : les III, VIII, X, XIII et XV Corps. La Third Army intervint dans le secteur de Gommecourt, au nord du front principal. L'armée britannique engagea vingt-six divisions en ligne, avec des formations de cavalerie en réserve. Son front d'attaque représentait environ 25 km. Son artillerie comprenait 868 pièces de campagne et 467 pièces lourdes (respectivement approvisionnées à 2 600 000 et 1 163 000 coups). Les forces britanniques étaient composées de soldats anglais, écossais, gallois et irlandais, mais aussi de contingents venus des dominions et des colonies de l'Empire britannique. Participèrent notamment à la bataille des unités canadiennes, des unités australiennes, des unités néo-zélandaises, des unités sud-africaines et des formations britanniques territoriales et de la nouvelle armée de volontaires. L'armée britannique de 1916 était très différente de celle de 1914. Les pertes des premières campagnes avaient fortement réduit les effectifs de l'armée professionnelle. Une grande partie des soldats engagés dans la Somme appartint aux nouvelles formations constituées depuis le début de la guerre. Les bataillons étaient souvent composés de volontaires ayant été recrutés ensemble dans une même ville, une même région ou un même milieu professionnel. Cette organisation a notamment donné naissance aux bataillons dits "Pals Battalions".

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Les forces allemandes étaient placées sous le commandement de la IIe armée, dirigée par le général Fritz von Below. Le dispositif allemand comprenait trois groupements principaux et huit divisions en première ligne. Treize divisions supplémentaires étaient disponibles en réserve au début de la bataille. L'artillerie allemande disposait de 454 canons de campagne et de 390 pièces lourdes. Les effectifs allemands en ligne étaient donc nettement inférieurs à ceux des Alliés au commencement de l'offensive. La situation évolua cependant rapidement à mesure que les unités allemandes étaient transférées depuis d'autres secteurs. Les Allemands bénéficiaient d'un réseau défensif préparé depuis 1914, de positions dominantes et d'abris souterrains. Leurs mitrailleuses, leurs batteries et leurs observateurs disposaient de nombreux emplacements protégés. L'artillerie allemande était également capable de tirer sur les voies de communication et sur les zones de rassemblement alliées. Les positions d'artillerie étaient parfois dissimulées dans les bois ou derrière les crêtes. Les chiffres des effectifs et du matériel correspondent au dispositif initial du 30 juin 1916. Ils ne représentent pas les forces totales engagées au cours des quatre mois et demi de bataille, car les deux camps firent intervenir de nombreuses divisions de renfort.

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L'arrière allié fut progressivement transformé en une vaste zone de stockage, de transport et de préparation des opérations. Amiens constitua le principal centre logistique du dispositif français et britannique. Les voies ferrées furent renforcées, les routes aménagées et des lignes de chemin de fer à voie étroite furent construites pour acheminer les munitions et les approvisionnements au plus près du front. Des dépôts furent installés dans les villages de l'arrière. Les réseaux ferroviaires servirent au transport des canons, des obus, du matériel du génie et des unités d'infanterie. Les services sanitaires furent organisés dans les villes et les localités situées derrière le front. Des hôpitaux militaires furent installés à Amiens, Abbeville, Doullens et dans d'autres communes. Certains établissements scolaires furent réquisitionnés et transformés en hôpitaux. La ville d'Abbeville accueillit notamment des installations sanitaires importantes. Des milliers de blessés pouvaient y être hébergés simultanément au cours de la guerre. L'armée britannique employa également des travailleurs chinois pour les tâches de manutention, de chargement, de déchargement et d'entreposage du matériel. À Nolette, hameau de la commune de Noyelles-sur-Mer, un camp accueillit environ 3000 travailleurs chinois à partir de 1916. Ils participèrent aux travaux logistiques indispensables au fonctionnement des dépôts et des installations britanniques. Leur présence se prolongea après la fin des combats, jusqu'en 1921 pour une partie d'entre eux. Le cimetière chinois de Nolette, aménagé à proximité du camp, témoigne aujourd'hui de cette présence. Dans les territoires occupés, les autorités allemandes imposèrent des réquisitions de matériel, de denrées et d'argent. Des habitants furent déplacés ou déportés et des bâtiments furent détruits. La population civile de la zone occupée subit les conséquences des travaux militaires, des évacuations et de la proximité des opérations. Les préparatifs allemands sur le front de la Somme furent cependant moins importants que ceux des Alliés. L'état-major allemand ne prévoyait pas, au début de l'année 1916, une offensive alliée de cette ampleur dans ce secteur précis. Les Allemands s'attendaient plutôt à une attaque en Artois ou en Alsace. Les préparatifs alliés furent partiellement interprétés comme une opération de diversion.

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Des aérodromes furent également aménagés pour les escadrilles alliées. Des installations servirent à l'entretien et à la construction des aéronefs. Les Britanniques disposaient de 185 appareils chargés de patrouiller et de bombarder, les Français en avaient 115 et les Allemands seulement 129. Au début de la bataille de la Somme, en juillet 1916, l’aviation alliée joua un rôle essentiel dans l’observation, le combat aérien et l’appui aux troupes au sol. Malgré des appareils britanniques encore vulnérables, comme le BE.2c (bientôt remplacé par de nouveaux modèles comme le Sopwith 1½ Strutter), et des pilotes souvent peu expérimentés, le Royal Flying Corps (RFC) obtint la supériorité aérienne grâce à son esprit offensif. L’aviation française, placée sous le commandement de Foch, disposait notamment du groupe de chasse de Cachy (six escadrilles), dirigé par le capitaine Brocard et comprenant des pilotes comme Guynemer, Heurtaux et Dorme. Équipée d’appareils modernes, dont le SPAD VII, elle assura des missions de reconnaissance, de photographie, de chasse et de bombardement. Les avions alliés participèrent également au mitraillage des tranchées et aux bombardements nocturnes, expérimentés au-dessus de Péronne en juillet 1916. Face aux représailles allemandes contre les installations ferroviaires et les terrains d’aviation, Foch renforça la défense antiaérienne par des ballons de barrage, des batteries spécialisées et des patrouilles de chasse nocturne. La supériorité aérienne alliée fut maintenue durant la bataille et inquiéta le haut commandement allemand. La réorganisation complète de la Luftstreitkräfte fut décidée par le haut commandement allemand par la création d'unités de chasse spécialisées (ou Jagdstaffel). À la fin de l'année 1916, ces unités équipées du tout nouveau Albatros D.III rétablirent l'équilibre des forces dans les airs.

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Un RAF BE.2c

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Un RAF Sopwith 1½ Strutter

SPAD VII François Battesti escadrille SPA 73 en 1917
Le SPAD VII de François Battesti escadrille SPA 73 en 1917

Albatros D III
Albatros D III

La préparation d'artillerie commença le 24 juin 1916. Les premiers tirs servirent à régler les pièces, à repérer les positions allemandes et à détruire les réseaux de barbelés, les tranchées et les ouvrages de défense. À partir du 26 juin 1916, les bombardements devinrent continus et s’intensifièrent sur une grande partie du front d'attaque. Les batteries alliées tiraient sur les premières lignes, les positions d'artillerie allemandes, les nœuds de communication et les villages fortifiés. Les Britanniques tirèrent plus de 1,7 million d'obus au cours de la première semaine de préparation. L'ensemble de l'artillerie alliée engagea des quantités considérables de munitions. L'artillerie lourde comprenait des pièces de gros calibre, dont des canons de marine et des pièces montées sur voie ferrée. Des canons de 380 et de 400 mm furent utilisés pour les tirs à longue portée. Les bombardements étaient destinés à détruire les défenses de surface et à empêcher les Allemands de faire parvenir des renforts vers les premières lignes. Les premiers jours fut tirée une moyenne de cinq obus pour chaque soldat allemand. Les bombardements détruisirent une grande partie des tranchées de surface. Les réseaux de barbelés furent parfois coupés et certains ouvrages furent écrasés. Cependant, les abris souterrains allemands résistèrent dans de nombreux secteurs. Les défenseurs pouvaient rester à l'abri pendant les tirs les plus intenses, puis remonter dans les tranchées lorsque les bombardements se déplaçaient vers l'arrière ou cessaient. Les observateurs allemands conservaient ainsi la possibilité de signaler les mouvements alliés et de préparer les tirs de mitrailleuses. Le 28 juin 1916, les mauvaises conditions météorologiques conduisirent au report de l'assaut de quarante-huit heures. Le 1er juillet fut finalement maintenu comme date de l'attaque. Le journal d'un artilleur canadien, Gunner Ferguson, contient une description de la préparation d'artillerie et du début de l'offensive. Il écrivit le 1er juillet "Big British offensive commenced this morning. Boy talk about noise, the ground really shook with the shock of gunfire" (la grande offensive britannique a commencé ce matin. Quel vacarme ! Le sol tremblait réellement sous les chocs des tirs). Il indiqua que sa batterie tirait sur Caterpillar Wood, Willow Trench et Fricourt Wood. Le 1er juillet 1916, J. P. DuCane, officier britannique, adressa une lettre à David Lloyd George depuis le quartier général avancé en France. Il y décrivit le début de l'offensive et les résultats de la préparation d'artillerie. DuCane explique qu'il est encore trop tôt pour déterminer précisément les effets des bombardements. Il constate cependant que de nombreux obus n'avaient pas explosé et que les lignes allemandes étaient restées en grande partie intactes. Il souligna aussi que la brume gênait l'observation des explosions et compliquait l'évaluation des tirs. Le 1er juillet 1916, alors que l'infanterie britannique se préparait à attaquer, le soldat Arthur L. Linfoot, servant au sein de la 58th Field Ambulance, rattachée à la 19th Division britannique, observa les hommes du 9th Battalion Welsh Regiment attendant dans les tranchées. Il échangea quelques mots avec deux soldats. Tous deux tremblaient, sous l'effet de la peur ou de l'excitation. Linfoot écrivit qu'il gardait de cette scène une impression très nette.

Arthur Linfood
Arthur Linfood

6inchHowitzerPozieresSeptember1916
6 inch Howitzer Pozieres September 1916

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18 pdr St Leger 3 August 1916

Australian 92 inch howitzer Fricourt August 1916 IWM Q 4408
Australian 92 inch howitzer Fricourt August 1916

Le samedi 1er juillet, au matin, le temps était clair sur une grande partie du front. À 6 h 25, l'artillerie alliée déclencha le bombardement final. La cadence des tirs britanniques atteignit, selon les estimations rapportées, environ 3500 coups par minute sur l'ensemble du dispositif. L'armée anglaise avait placé, le long des 35 km du front, un canon tous les 18 m. Les explosions furent entendues à grande distance, jusque sur les côtes anglaises. À proximité de La Boisselle, les mines souterraines préparées par les Britanniques furent mises à feu. À Lochnagar, une charge d'environ 27 tonnes d'explosifs détruisit une partie de la position allemande et ouvrit un vaste cratère. Les explosions soulevèrent d'immenses quantités de terre et de craie. En tout, dix-sept mines furent mises à feu par les Britanniques. Elles bouleversèrent les tranchées allemandes, mais les défenseurs situés dans les abris profonds ne furent pas tous neutralisés.

Hawthorn Ridge Redoub mine 1 July 1916
Hawthorn Ridge Redoub mine 1 July 1916

The battle of the Somme july november 1916 W13
 

À 7 h 30, le signal de l'assaut fut donné. Les officiers britanniques utilisaient des sifflets pour donner le signal de sortie des tranchées. Ces instruments, destinés à être entendus au milieu du bruit de l'artillerie, sont aujourd'hui conservés dans plusieurs collections consacrées à la bataille. Sur une grande partie du front britannique, les soldats franchirent les parapets et avancèrent vers les lignes allemandes. De nombreux hommes portaient un équipement très lourd, comprenant leur fusil, des munitions, des grenades, des outils et des provisions. Certains transportent plus de 30 kg de matériel. Le commandement britannique avait demandé aux soldats d'avancer à un rythme régulier, sans courir, afin de conserver la cohésion des unités et de maintenir les liaisons entre les vagues d'assaut. Dans plusieurs secteurs, les Allemands avaient survécu au bombardement. Dès que les Britanniques quittèrent leurs tranchées, les mitrailleuses allemandes ouvrirent le feu. Les tirs prenaient les vagues d'infanterie à découvert. Les officiers, qui marchaient souvent en tête de leurs unités, furent particulièrement exposés. Dans les premières minutes, les pertes furent considérables. Certaines formations furent presque entièrement détruites avant d'avoir atteint les positions allemandes. Le poète et officier britannique Siegfried Sassoon (1886-1967), lieutenant, 1st Battalion, Royal Welch Fusiliers, se trouvait en réserve le premier jour de la bataille. Il était placé dans un abri situé à environ 450 m derrière la première ligne. Il put observer une partie des mouvements britanniques et nota les événements dans son journal. À propos de la scène qu'il vit devant lui, il écrivit "I am looking at a sunlit picture of Hell" (je regarde un tableau ensoleillé de l'enfer). Le 1er juillet 1916, Cyril José participa à l'attaque du 2nd Battalion, Devonshire Regiment contre les positions allemandes en face d'Ovillers. Il appartint à la première vague d'assaut, qui quitta les tranchées britanniques à 7 h 30. Dans son récit, José explique que les fantassins allemands avaient survécu au bombardement dans des abris profonds. Lorsque les Britanniques avançaient à découvert, les défenseurs étaient en mesure de reprendre immédiatement le feu. José écrivit que les Allemands ouvraient le feu avec leurs fusils et leurs mitrailleuses, tandis que leur artillerie établissait un barrage sur le no man's land. Il raconte également avoir vu tomber le sous-lieutenant Gould et son ordonnance Harry Hamblin. En tentant de les éviter, il fut atteint à l'épaule gauche et à la poitrine. À 7 h 36, les troupes britanniques eurent à déplorer 30 000 hommes hors de combat, blessés ou tués.

Troops passing Lochnagar Crater Oct 1916 IWM Q 1479
Troupes passant au Lochnagar Crater Oct 1916

A Canadian Battalion bayonet charge Somme (I0004777)
Un bataillon canadien chargeant à la baïonnette dans la Somme

Au nord, la Third Army britannique attaqua les positions allemandes de Gommecourt. L'attaque fut conçue comme une opération de diversion destinée à retenir les réserves allemandes. Elle se heurta cependant à des défenses intactes et à des tirs de mitrailleuses. Les unités britanniques subirent de lourdes pertes dans les réseaux de barbelés et devant les tranchées allemandes. Les positions conquises furent en partie perdues lors des contre-attaques. Plus au sud, le VIII Corps britannique attaqua dans le secteur de Serre et de Beaumont-Hamel. À Beaumont-Hamel, les soldats du Newfoundland Regiment, appartenant à la 29 th Division britannique, quittèrent leurs positions et progressèrent vers les lignes allemandes. Le journal de marche du Newfoundland Regiment, conservé aux Archives nationales britanniques, fournit un récit particulièrement précis de l'attaque. À 9 h 15, les hommes progressaient encore malgré les tirs d'artillerie et de mitrailleuses. Le journal précise que le feu ennemi était "effective from the outset", c'est-à-dire efficace dès le début. Il indique que les pertes les plus lourdes se produisirent lorsque les soldats tentaient de franchir les propres réseaux de barbelés britanniques. Le document décrit les hommes comme étant "mown down in heaps" (fauchés par groupes entiers). Malgré les pertes, les survivants continuèrent d'avancer. Certains atteignirent les tranchées allemandes et purent y lancer des grenades. À 9 h 45, l'échec de l'attaque était devenu évident. Environ 720 hommes du régiment avaient été mis hors combat durant cet assaut. Le régiment fut pratiquement anéanti comme unité combattante ce jour-là. Le lieu où les soldats de Terre-Neuve se sont rassemblés avant l'assaut est aujourd'hui conservé dans le parc commémoratif terre-neuvien de Beaumont-Hamel.

Going over the top 01

Going over the top 02

Dans le secteur de Thiepval, les unités britanniques de la 36 th (Ulster) Division réussirent à pénétrer dans certaines positions allemandes. Elles franchirent des éléments de la première ligne et atteignirent des secteurs de la redoute de Schwaben. Cependant, les unités voisines n’obtinrent pas les mêmes résultats. Les soldats avancés se retrouvèrent isolés, sans renforts suffisants et sous le feu des positions allemandes. Les contre-attaques allemandes leur infligèrent de nouvelles pertes et les contraignirent à se replier dans plusieurs secteurs. À Ovillers et à La Boisselle, les combats furent également très violents. Les Britanniques prirent pied dans certaines tranchées, mais ne parvinrent pas à établir une ligne continue. Les positions allemandes étaient défendues par des mitrailleuses et des abris que les bombardements n'avaient pas complètement détruits. Plus au sud, les attaques britanniques obtinrent des résultats plus importants. Les positions allemandes de Fricourt furent attaquées par les unités du XV Corps. Les troupes britanniques progressèrent sur les flancs du village et menacèrent les communications allemandes. Fricourt constitua un point d'appui important entre les positions de La Boisselle et celles de Mametz. Les combats permirent aux Britanniques de prendre certaines positions autour du village, mais la conquête complète ne fut pas immédiate. Dans le secteur de Mametz, les unités britanniques rencontrèrent également une résistance importante. Les bois et les villages étaient défendus par des réseaux de tranchées, des abris et des postes de mitrailleuses. Le bilan britannique de la journée atteignit 57 400 hommes hors de combat, dont 19 240 tués, 35 493 blessés, 2082 disparus et 585 prisonniers. Le 1er juillet devint le jour le plus meurtrier de l'histoire militaire britannique, "British army's bloodiest day".

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Les Français obtinrent des résultats sensiblement différents. La VIe armée, commandée par le général Fayolle, attaqua sur les deux rives du fleuve. Les unités françaises disposèrent d'une préparation d'artillerie efficace et attaquèrent sur un front plus resserré. Elles franchirent les premières lignes allemandes et s’emparèrent de plusieurs positions. Au nord de la Somme, les Français progressèrent dans le secteur de Curlu et de Hardecourt. Au sud, ils avancèrent en direction du plateau de Flaucourt. Les troupes françaises capturèrent des prisonniers et du matériel. Les premières positions allemandes furent prises sur plusieurs kilomètres de profondeur. Le succès français ne permit cependant pas de réaliser la jonction avec les unités britanniques qui avaient échoué au nord. Les Français ne purent poursuivre seuls une progression qui les exposerait à une attaque sur leurs flancs. À la fin de la journée, la situation fut donc très différente selon les secteurs. Les Français avaient atteint une partie importante de leurs objectifs initiaux, tandis que les Britanniques subirent des pertes extrêmement élevées sans obtenir la percée attendue.

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Au lendemain de l'assaut, le 2 juillet 1916, les états-majors alliés constatèrent l'ampleur des pertes britanniques. Les attaques se poursuivirent dans plusieurs secteurs afin de consolider les positions conquises et de profiter des brèches ouvertes dans les défenses allemandes. Les Allemands renforcèrent leurs premières lignes et organisèrent des contre-attaques locales. L'artillerie allemande bombarda les positions nouvellement occupées, les voies de communication et les zones de rassemblement. Les Britanniques tentèrent notamment de consolider leurs positions autour de La Boisselle, de Fricourt et de Mametz. Le 3 juillet 1916, les combats se concentrèrent sur les villages et les bois situés devant les positions allemandes. Le 4 juillet, les Britanniques prirent La Boisselle après plusieurs jours de combats. La conquête du village permit de réduire un saillant allemand et de rapprocher les lignes britanniques de Contalmaison. Les unités britanniques poursuivirent leurs attaques vers Fricourt et Mametz. Elles progressèrent lentement, sous le feu des batteries allemandes et des mitrailleuses. Dans les secteurs où les Allemands avaient conservé leurs positions, les Britanniques durent organiser de nouvelles préparations d'artillerie avant chaque attaque. Entre les 6 et 9 juillet, les combats se poursuivirent autour de Contalmaison et dans les secteurs de Mametz et de Fricourt. Les unités britanniques tentèrent de prendre les bois et les positions qui couvraient les villages. Les attaques furent fréquemment interrompues par les tirs d'artillerie allemands. Les Français continuèrent leur progression au sud de la Somme, mais les conditions météorologiques et les difficultés de ravitaillement limitèrent les opérations. Les lignes de communication étaient constamment bombardées. Les chemins de terre étaient encombrés par les convois, les blessés et les renforts. Dans son récit de la bataille, le soldat Arthur L. Linfoot décrit, à la date du 4 juillet 1916, un épisode particulièrement révélateur de la vie dans les cantonnements. Après plusieurs jours dans les tranchées, il retrouva un logement à Albert. Il put enfin se laver et se raser. Alors qu'il écrivait son journal, un rat lui grimpa sur le bras.

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Soldiers fixing their bayonets prior to a charge by the Canadian Somme I0004776
Soldats canadiens fixant leurs baïonnettes avant l'attaque

Le bois de Mametz était un point d'appui important du dispositif allemand. Il couvrait les approches de Contalmaison et les communications vers Longueval. Les Britanniques lancèrent une attaque de grande ampleur pour s'en emparer. Le bois était défendu par des positions fortifiées, des tranchées et des mitrailleuses. Les combats se déroulèrent dans les sous-bois et les ravins, où les unités avaient du mal à maintenir leurs liaisons. Après plusieurs jours de combats, les Britanniques prirent le bois le 10 juillet. La conquête du bois de Mametz ouvrit une voie vers les positions allemandes situées à l'est, notamment autour de Contalmaison et de Longueval. Le poète et officier britannique Siegfried Sassoon participa personnellement aux combats dans le secteur de Mametz. Au cours d'une reconnaissance, il repéra une position allemande d'où un tireur isolé gênait les mouvements britanniques. Il décida de s'approcher seul de la tranchée. Il lança plusieurs grenades Mills dans la position allemande. Dans son récit, il écrivit "I chucked four Mill's bombs into their trench & to my surprise 50 or 60 ran away like hell" (j'ai lancé quatre grenades Mills dans leur tranchée et, à ma grande surprise, cinquante ou soixante hommes se sont enfuis à toute vitesse). L'écrivain Robert Graves, officier du Royal Welch Fusiliers et ami de Siegfried Sassoon, fut engagé dans le secteur de Mametz pendant la bataille. Le 20 juillet 1916, il fut grièvement blessé par un éclat d'obus. Dans sa correspondance et ses écrits, Graves évoque les corps des soldats, les bombardements et les conditions de vie dans les secteurs dévastés. Une formule associée à son expérience du bois de Mametz décrit la vue des cadavres comme "a certain cure for the lust of blood" (un remède certain à la soif de sang). Dans Goodbye to All That, publié en 1929, Robert Graves rapporte une scène de combat au cours de laquelle un officier ordonna à ses hommes de se relever pour poursuivre l'attaque. Comme les soldats restaient à terre, il les accusa de lâcheté. Un sergent lui répondit alors "Not cowards, sir. Willing enough. But they are all f— dead" (ce ne sont pas des lâches, mon capitaine. Ils sont tout à fait disposés à avancer. Mais ils sont tous morts). Graves explique que les hommes ont été fauchés par une mitrailleuse allemande au moment où ils se relevaient.

Siegfried Sassoon 1915
Siegfried Sassoon en 1915

Looking toward Mametz 12th July 1916

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Du 11 au 13 juillet, les Britanniques réorganisèrent leurs unités et préparèrent la poursuite de l'offensive. Les Allemands renforcèrent les secteurs menacés et mirent en place de nouvelles positions défensives. Les attaques britanniques visaient désormais les villages de Contalmaison et de Longueval, ainsi que les bois qui couvraient les approches de la deuxième position allemande. Les pertes continuèrent d'augmenter dans les deux camps. Les unités les plus éprouvées furent relevées ou retirées temporairement du front. Le 14 juillet, les Britanniques lancèrent une nouvelle offensive dans le secteur de Longueval. L'attaque devait permettre de prendre le village et de s'emparer du bois Delville, situé immédiatement à l'est. Le bois Delville était un massif relativement dense, parcouru de chemins et de clairières. Il était défendu par des positions allemandes aménagées dans les sous-bois. Les unités britanniques pénétrèrent dans Longueval, mais la conquête complète du village fut difficile. Les Allemands résistaient dans les maisons, les caves et les positions fortifiées. Les combats se prolongèrent dans le bois Delville, où les soldats devaient avancer entre les arbres, les branches brisées et les trous d'obus. Les unités sud-africaines de la 1st Infantry Brigade (incorporant le Southern Rhodesian contingent) furent engagées dans le bois Delville à partir du 15 juillet. Elles reçurent pour mission de tenir le bois et de repousser les contre-attaques allemandes. Les combats devinrent particulièrement violents. Les bombardements détruisaient les arbres et bouleversaient le terrain. Les soldats étaient exposés aux tirs d'artillerie, aux mitrailleuses et aux attaques d'infanterie. Les liaisons avec l'arrière étaient difficiles. Les ravitaillements et les évacuations de blessés s’effectuèrent sous les bombardements. Les Allemands lancèrent des contre-attaques répétées pour reprendre le bois. Certaines positions changèrent plusieurs fois de mains. Les unités sud-africaines subirent des pertes importantes. Les survivants furent finalement relevés après plusieurs jours de combat. Le bois Delville resta disputé pendant plusieurs semaines. Les Allemands ne furent définitivement chassés de l'ensemble de la position que le 3 septembre.

German trench Delville Wood September 1916
Tranchée allemande à Delville Wood en septembre 1916

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À partir de la seconde moitié du mois de juillet, les Britanniques cherchèrent également à s'emparer de Guillemont. Le village est situé à l'est de Longueval et constituait un point d'appui sur la route menant vers Ginchy et les positions allemandes de l'arrière. Les attaques britanniques se heurtèrent à des défenses solides. Les Allemands avaient aménagé les maisons, les caves et les abords du village. Les premières attaques ne permirent pas de prendre durablement Guillemont. Les Britanniques durent recommencer les préparatifs et renforcer les unités engagées. Les combats autour du village se prolongèrent pendant plusieurs semaines, jusqu'au début du mois de septembre. Dans le secteur central, les Australiens furent engagés dans l'attaque de Pozières. Le village occupe une position élevée sur le plateau et se trouve à proximité de la route reliant Albert à Bapaume. La 1st Australian Division attaqua le village dans la nuit du 22 au 23 juillet. Les Australiens pénétrèrent dans les positions allemandes et prirent une partie importante de Pozières. La conquête du village ne mit pas fin aux combats. Les Allemands bombardèrent intensément les positions australiennes et lancèrent des contre-attaques. Les Australiens durent défendre les ruines du village tout en préparant la progression vers la crête située à l'est. Pozières devint l'un des secteurs les plus bombardés de la bataille. Les maisons furent progressivement réduites à des amas de pierres et de briques. Les pertes accumulées en juillet obligèrent les états-majors à relever fréquemment les divisions engagées. Les unités furent retirées du front pour être réorganisées, recomplétées et rééquipées. Les renforts furent acheminés par les routes et les chemins de fer à voie étroite. L'armée allemande retira treize divisions du secteur de Verdun et deux divisions du secteur d'Ypres pour renforcer le front de la Somme au cours du mois de juillet. La pression exercée sur Verdun diminua ainsi progressivement. Le 26 juillet 1916, Arthur Linfoot raconta avoir récupéré un éclat d'obus retiré de l'épaule d'un soldat du Yorkshire and Lancashire Regiment et qu'il le conserva comme souvenir.

At a height of 150 m above the fighting line the daring French photographer was able to get this rare NARA - 533678
Le champ de bataille à 150 m d'altitude (photo prise par un avion français)

Barbed wire at Beaumont Hamel
Champ de barbelés à Beaumont-Hamel

Au début du mois d'août, les Alliés avaient conquis une partie des premières positions allemandes, mais les principales défenses de la deuxième position restaient intactes. Le front s'était déplacé de quelques kilomètres dans certains secteurs. Les combats se poursuivirent autour de Pozières, de Guillemont, de Longueval et du bois Delville. Les Allemands avaient renforcé leurs réserves et leur artillerie. Les unités qui arrivaient de Verdun furent engagées dans les secteurs les plus menacés. Les Britanniques préparèrent de nouvelles attaques contre Guillemont et Ginchy. Les Français poursuivirent leur progression au sud de la Somme. Les combats autour de Pozières se prolongèrent au cours du mois d'août. Les Australiens et les Britanniques attaquèrent les positions allemandes à l'est du village. Ils cherchèrent à atteindre la crête et à progresser vers la ferme du Mouquet (Mouquet Farm). Celle-ci, située au nord-est de Pozières, avait été transformée en point d'appui fortifié. Ses bâtiments et ses souterrains permirent aux défenseurs de résister aux bombardements. Les attaques australiennes et britanniques se succédèrent sans parvenir à éliminer la position allemande. Les hommes avançaient dans un terrain entièrement bouleversé par les explosions. Les tranchées étaient détruites, les repères disparaissaient et les unités avaient du mal à conserver leurs orientations. Les Britanniques poursuivirent également leurs attaques contre Guillemont. Le village constituait un objectif important pour la progression vers Ginchy. Il était défendu par des tranchées, des mitrailleuses et des positions fortifiées dans les maisons. Les attaques de juillet et du début d'août n'avaient pas permis de prendre durablement le village. Les Britanniques organisèrent de nouvelles préparations d'artillerie et cherchèrent à coordonner leurs attaques avec les unités françaises opérant au sud. Les combats se déroulèrent autour des routes, des bois et des champs qui entourent Guillemont. Les Allemands conservèrent la maîtrise de plusieurs positions dominantes.

British gas attack Somme June 1916 IWMQ 55066
Attaque anglaise avec des gaz en juin 1916

No Mans Land front Canadian line A000786
No Mans Land devant la tranchée canadienne

James Littler, Sergeant, 12th Battalion, King's Royal Rifle Corps, arriva sur la Somme le 29 juillet 1916 et participa notamment aux combats du bois de Trônes et de Bernafay. Son journal permet de suivre presque quotidiennement son expérience. Le 12 août, il nota que les hommes entraient dans les lignes sans abris et avec très peu de nourriture. Le lendemain, après une attaque et la prise de deux lignes allemandes, il écrivit "The whole place a mass of dead" (tout l'endroit n'est qu'une masse de morts). Le lendemain, il ajouta "The smell of the dead is rotten. It makes one hate war" (l'odeur des morts est infecte. Elle vous fait haïr la guerre). Le 12 août, il écrivit "Entrée en ligne au bois de Trônes ; absence d'abris et de nourriture suffisante". Le 15 août "Enseveli par une explosion de mine, puis évacué vers une ambulance de campagne". Le 17 août "Le bombardement se poursuit même après la relève, empêchant le sommeil". Le 25 août "Repousse une tentative allemande de reprendre un réduit".

Royal Irish Rifles ration party Somme July 1916
Royal Irish Rifles ration party Somme July 1916

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Au sud de la Somme, les Français continuèrent d'avancer sur le plateau de Flaucourt et dans les secteurs de Maurepas, de Cléry et de Biaches. Les unités françaises durent franchir les positions allemandes successives et faire face aux contre-attaques. Les combats se déroulèrent dans des villages détruits, des tranchées et des bois. Les bombardements allemands entravaient les mouvements de ravitaillement et les relèves. Les Français parvinrent à progresser dans certains secteurs, mais ils ne disposaient plus des moyens nécessaires à une offensive de grande ampleur comparable à celle envisagée à la fin de 1915. L'armée allemande dut engager des réserves de plus en plus importantes pour tenir le front. Les divisions furent déplacées d'un secteur à l'autre, notamment depuis Verdun. Les unités arrivant sur la Somme durent rapidement prendre position dans des tranchées exposées aux bombardements. Les pertes, les relèves fréquentes et les difficultés de ravitaillement affectèrent également les formations allemandes. Le courrier des soldats témoigne des conditions de combat. L'écrivain allemand August Stramm dans une lettre décrit la Somme comme un secteur où l'horreur et la violence dépassent celles qu'il avait connues à Verdun.

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Au début de septembre, les Alliés préparèrent une nouvelle série d'attaques sur le front de la Somme. Les Britanniques cherchèrent à prendre Guillemont, Ginchy et les positions allemandes qui couvraient la route de Bapaume. Les Français poursuivirent leurs opérations au sud du fleuve, en direction de Péronne. L'artillerie fut renforcée et les unités d'infanterie furent réorganisées. Les préparatifs comprenaient des bombardements, des reconnaissances aériennes et des travaux de tranchées. Les Allemands avaient établi de nouvelles positions défensives en arrière des villages perdus en juillet et en août. Le 3 septembre 1916, les Britanniques achevèrent la conquête du bois Delville. Après plusieurs semaines de combats et de contre-attaques, les Allemands furent définitivement chassés de la position. Le bois fut entièrement bouleversé par les bombardements. Les arbres avaient été brisés ou déracinés et le sol était couvert de cratères. La conquête du bois permit aux Britanniques de renforcer leurs positions autour de Longueval et de préparer les attaques vers Ginchy. Le même jour, les Britanniques lancèrent une nouvelle attaque contre Guillemont. Les unités britanniques et françaises attaquèrent de part et d'autre de la limite de leurs secteurs. Les combats furent particulièrement violents dans le village et sur les routes qui y conduisaient. Les Allemands opposèrent une résistance importante, mais les Alliés parvinrent à progresser et à menacer les positions allemandes. Le 6 septembre, Guillemont tomba aux mains des Britanniques. La prise du village permit de réduire une partie du dispositif allemand qui couvrait les approches de Ginchy. Les Britanniques poursuivirent leurs attaques vers l'est, tandis que les Français continuèrent leurs opérations au sud. La progression resta cependant lente. Les Allemands avaient organisé des positions de défense successives, et chaque avancée exposait les troupes alliées aux tirs d'artillerie et aux contre-attaques. Le 9 septembre, les Britanniques attaquèrent Ginchy. Le village se trouve à l'est de Guillemont et constituait un point d'appui important sur les hauteurs. Les combats permirent aux Britanniques de prendre le village, mais les Allemands conservèrent des positions autour de la localité. La conquête de Ginchy ouvrit la voie vers les positions allemandes situées sur les crêtes et vers les approches de la ligne de défense suivante. Les pertes britanniques restèrent élevées. Les attaques se déroulaient dans un terrain découvert, sous les tirs des batteries allemandes.

New Zealand trench Flers September 1916
Tranchée Néo-Zélandaise à Flers en septembre 1916

Original front line German trench near Fricourt Somme July 1916 A000309
Tranchée allemande près de Fricourt

Le 15 septembre 1916, les Britanniques lancèrent une nouvelle offensive entre Flers et Courcelette. Cette attaque marqua la première utilisation des chars de combat sur un champ de bataille. Les chars employés furent des Mark I, engins chenillés de 28 t conçus pour franchir les tranchées et les obstacles. Deux versions furent employées : les chars dits "mâles", équipés de deux canons de 57 mm et de trois mitrailleuses, et les chars dits "femelles", armés de cinq mitrailleuses. Sur les 49 chars disponibles, 28 tombèrent en panne avant ou pendant l'attaque. Les chars durent avancer sur un terrain bouleversé, encombré de cratères et de débris. Certains parvinrent à franchir les réseaux de barbelés et à progresser au-delà des premières lignes allemandes. L'apparition de ces véhicules surprit les défenseurs allemands, mais leur effet demeura localisé. Les pannes mécaniques, les difficultés de communication et la lenteur des engins limitèrent leur contribution à l'opération. Les Allemands, remis de la stupeur créée par ces monstres mécaniques, comprirent rapidement qu'ils étaient vulnérables au tir des canons notamment du canon de campagne de 77 tirant à vue. L'offensive du 15 septembre fut menée par plusieurs divisions britanniques et canadiennes. Les troupes britanniques attaquèrent en direction de Flers et de Martinpuich. Les Canadiens intervinrent dans le secteur de Courcelette. Les premières lignes allemandes furent prises dans plusieurs secteurs. Les Britanniques progressèrent vers Flers et parvinrent à pénétrer dans le village. Courcelette fut également conquise par les Canadiens après des combats importants. La progression permit de gagner du terrain vers la deuxième position allemande. Ce jour, les Alliés firent entre 6000 et 7000 prisonniers. Les Alliés ne parvinrent cependant pas à exploiter immédiatement les résultats de l'attaque. Les unités d'infanterie furent ralenties par les pertes, les difficultés de ravitaillement et la résistance allemande. Entre le 16 et le 30 septembre 1916, les combats se poursuivirent autour de Flers, de Martinpuich, de Courcelette et de Thiepval. Les Allemands lancèrent des contre-attaques pour reprendre les positions perdues le 15 septembre. Les Britanniques cherchèrent à consolider leurs conquêtes et à progresser vers les crêtes situées à l'est. Dans le secteur de Thiepval, les attaques furent dirigées contre les positions allemandes qui dominaient la vallée de l'Ancre. Les combats se déroulèrent autour des redoutes et des ouvrages fortifiés, notamment la redoute de Schwaben. Les Britanniques et les Canadiens subirent de nouvelles pertes. Les positions conquises furent souvent bombardées dès leur occupation.

British Mark I male tank Somme 25 September 1916
British Mark I male tank Somme 25 Septembre 1916

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Building dummy tanks Somme September 1916 A004330-v8

Le 28 septembre 1916, le lieutenant-colonel Francis Maxwell, qui commandait le 12th battalion, Middlesex Regiment, décrivit les difficultés de communication pendant les opérations autour de Thiepval. Les lignes téléphoniques étant régulièrement coupées par les bombardements, les commandants durent recourir aux signaux lumineux ou aux coureurs. Maxwell explique que le message lumineux était transmis lentement, mot par mot. Il présentait également un danger, si les Allemands apercevaient le signal, ils pouvaient régler leur artillerie sur son emplacement. Quant aux coureurs, ils devaient parcourir de longues distances dans un terrain bouleversé, de jour comme de nuit. Il résume leur sort "De jour, le coureur est généralement tué ou blessé ; de nuit, il se perd !". Raymond B. Penniman, lieutenant, Royal Canadian Regiment, 3rd Canadian Division, né aux États-Unis en 1891, devint citoyen canadien pour pouvoir obtenir une commission dans l'armée. Il servit au sein du Corps expéditionnaire canadien. Le 28 septembre 1916, il écrivit à sa famille depuis la Somme. Il raconte avoir commandé une compagnie lors d'une attaque. Il est passé lui-même par-dessus le parapet avec ses hommes. Dans sa lettre, il souligne que la préparation d'artillerie n'a pas rempli son objectif et que les Canadiens ont subi un feu intense. Il écrivit "Dieu seul sait comment je suis revenu". Il disparut le 8 octobre 1916, lors de l'attaque canadienne contre la tranchée Regina, un secteur fortement défendu au nord de Courcelette. Un rapport militaire établi après sa disparition indique qu'un soldat, J. Stevenson, l'a reconnu mort dans le no man's land vers 8 h 30, le 8 octobre. Penniman commandait alors son peloton.

lieutenant Raymond Penniman
Lieutenant Raymond Penniman

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The British Army on the Western Front 1914-1918 Q4649

Au début du mois d'octobre, les Alliés poursuivirent leurs attaques sur un front qui s'étendait de Thiepval au secteur français situé au sud de la Somme. Les opérations furent ralenties par les pluies, qui rendaient les chemins et les tranchées difficiles à parcourir. Les cratères d'obus se remplissaient d'eau et les voies de communication étaient fréquemment interrompues par les bombardements. Dans une lettre datée du 4 octobre 1916, Raymond Penniman, officier canadien, évoque la capture de marins allemands employés dans les combats terrestres. Il rapporte que certains soldats allemands en ont assez de se battre et se rendent en levant les mains. Les unités britanniques cherchèrent à progresser vers Le Transloy et les hauteurs situées à l'est de Flers. Les Français poursuivirent leurs attaques en direction de Péronne. Les Allemands avaient organisé de nouvelles positions défensives derrière les villages perdus. Ils utilisèrent les crêtes, les bois et les ravins pour installer leurs batteries et leurs postes d'observation. Le secteur de Thiepval demeura l'un des principaux points de résistance allemands. Le village et ses abords étaient défendus par des ouvrages fortifiés, des tranchées et des abris souterrains. Les attaques britanniques de septembre avaient permis de prendre certaines positions, mais les Allemands conservaient encore plusieurs ouvrages et des éléments de la redoute de Schwaben. Les Britanniques poursuivirent leurs opérations contre ces positions. Les combats se déroulèrent dans les tranchées, les abris et les ruines. Les bombardements détruisaient progressivement les fortifications de surface. Les défenseurs continuaient toutefois à utiliser les abris souterrains et les galeries pour se protéger. Les Britanniques attaquèrent également en direction de Le Transloy, à l'est de Flers. Les opérations visaient les positions allemandes qui couvraient les routes vers Bapaume. Les combats se déroulèrent dans les secteurs de Gueudecourt, de Lesbœufs et de Morval. Les unités britanniques progressaient sur certains points, mais se heurtèrent à une résistance allemande importante. Les Allemands utilisaient les villages et les bois comme points d'appui. Les contre-attaques locales obligèrent les Britanniques à consolider leurs positions avant de poursuivre leur progression. Eric Pearce Hall, second lieutenant, Hampshire Regiment, participa aux combats du secteur de Gueudecourt, au cours de la bataille du Transloy (1er-18 octobre 1916). Le 13 octobre, son unité attaqua les positions allemandes. Hall décrivit la prise d'une tranchée et les combats pour la conserver, suivis d'une contre-attaque allemande le soir même. Le 15 octobre, il découvrit un abri allemand dont l'entrée a été obstruée par des soldats allemands morts. Le 20 octobre, il consigna cette phrase dans son journal "One of the worst days of my life. Was out in mud and pouring rain, sopping wet through all day, stretcher bearing" (l'une des pires journées de ma vie. J'ai passé toute la journée dehors dans la boue et sous une pluie battante, trempé jusqu'aux os, à transporter des blessés sur des brancards). Hall rapporta également les pertes de son unité : 34 hommes tués et 150 blessés au cours de quelques journées de combat.

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Le lieutenant Eric Hall décrivit également la transformation du terrain pendant les dernières semaines de la bataille. À l'automne 1916, les pluies détrempèrent les sols crayeux de la Somme. Les tranchées, les chemins et les zones de ravitaillement devinrent progressivement des bourbiers. Les difficultés touchaient les combattants, mais aussi les hommes chargés d'assurer le transport des munitions, de la nourriture et des blessés. Les soldats devaient donc poursuivre les opérations dans un terrain où les déplacements devinrent eux-mêmes une épreuve. Au sud de la Somme, les Français poursuivirent les opérations en direction de Péronne. Les combats se concentrèrent notamment autour de Biaches, de Barleux et des positions situées sur les hauteurs à l'ouest de la ville. Les Français durent franchir des lignes de défense successives et faire face aux tirs de l'artillerie allemande. Les opérations permirent de conserver les positions conquises au cours de l'été et de progresser dans certains secteurs, mais elles ne provoquèrent pas l'effondrement du dispositif allemand.

Eric Pearce Hall
Eric Pearce Hall

Men of the Royal Warwickshire Regiment
Soldats du Royal Warwickshire Regiment

En novembre, les combats se déroulèrent dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles. Les pluies rendaient le terrain boueux et compliquèrent les mouvements d'infanterie, d'artillerie et de ravitaillement. Les soldats vivaient dans des tranchées détrempées, exposés au froid, aux bombardements et aux difficultés d'approvisionnement. Les états-majors alliés poursuivirent néanmoins leurs opérations. Les attaques cherchaient à améliorer les positions conquises et à s'emparer des dernières hauteurs qui dominaient le secteur de la Somme. Les Allemands maintinrent leurs lignes et organisaient des contre-attaques locales. Le 13 novembre, les Britanniques lancèrent une offensive importante dans le secteur de l'Ancre. Les attaques furent dirigées contre Beaumont-Hamel, Saint-Pierre-Divion, Beaucourt-sur-l'Ancre et les positions allemandes voisines. Les unités britanniques avancèrent derrière un barrage d'artillerie. Les conditions météorologiques étaient mauvaises et le terrain était profondément bouleversé par les combats précédents. Les Britanniques parvinrent à prendre plusieurs positions allemandes. Beaumont-Hamel tomba après de violents combats. Les attaques permirent également de progresser dans le secteur de Beaucourt-sur-l'Ancre. Les Allemands opposèrent une résistance importante, mais certaines de leurs positions furent isolées par les avancées britanniques. Le 14 novembre, les Britanniques poursuivirent les combats autour de Beaucourt et dans la vallée de l'Ancre. Les unités allemandes tentèrent de reprendre les positions perdues, tandis que les Britanniques cherchaient à consolider leurs conquêtes. Les ravitaillements furent difficiles. Les chemins étaient couverts de boue et les troupes devaient transporter les munitions et les vivres dans des conditions pénibles. Les combats se poursuivirent dans les tranchées et les positions fortifiées. Du 15 au 18 novembre, les dernières opérations se déroulèrent dans le secteur de l'Ancre. Les attaques et les contre-attaques se succédèrent localement, mais aucune percée décisive ne fut réalisée. Les unités britanniques consolidèrent les positions conquises autour de Beaumont-Hamel et de Beaucourt. Le 18 novembre 1916, les opérations offensives principales prirent fin.

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La bataille de la Somme figure parmi les affrontements les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale. Les chiffres varient selon les sources, notamment en raison des difficultés à distinguer les tués, les disparus, les prisonniers et les blessés évacués plusieurs fois. Pour les Britanniques, le bilan comprend environ 213 000 blessés et 206 000 morts ou disparus. Pour les Français, il est fait état d'environ 136 000 blessés et de 67 000 morts ou disparus. Les estimations allemandes sont moins homogènes. Le chiffre de 437 000 pertes constitue un minimum, avec environ 170 000 tués. Le 1er juillet 1916 demeure la journée la plus meurtrière de l'histoire militaire britannique. En une seule journée, les forces britanniques comptent 57 400 hommes hors de combat, dont 19 240 morts. Les pertes touchent de nombreuses unités de volontaires, dont certaines sont presque entièrement détruites.

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À la fin de la bataille, les Alliés avaient progressé de quelques kilomètres à une douzaine de kilomètres dans les secteurs où leurs attaques ont obtenu les résultats les plus importants. Ils ont conquis plusieurs villages et positions fortifiées, notamment La Boisselle, Fricourt, Mametz, Pozières, Longueval, le bois Delville, Guillemont, Ginchy, Flers, Courcelette, Beaumont-Hamel et Beaucourt-sur-l'Ancre. Les forces françaises ont également progressé sur le plateau de Flaucourt et dans les secteurs situés à l'ouest de Péronne. Cependant, la ligne allemande ne fut pas rompue. Les Alliés ne parvinrent pas à atteindre les objectifs stratégiques initiaux de l'offensive. Les combats ont contraint l'armée allemande à transférer de nombreuses divisions depuis d'autres secteurs du front occidental, notamment Verdun. Les Allemands ont dû engager des réserves importantes, remplacer les unités éprouvées et renforcer les défenses de la Somme. La bataille s'achève donc sans décision militaire définitive. Les deux camps ont subi des pertes considérables et les lignes de front restaient établies dans la région. Les Britanniques ont fait prisonniers 31076 Allemands et ont capturé 102 canons de campagne, 29 canons lourds, 111 mortiers, et 453 mitrailleuses. Les Français ont fait prisonniers 41605 Allemands (dont 809 officiers) et se sont emparés de 71 pièces de campagne, 101 pièces lourdes, 104 mortiers et 535 mitrailleuses. La bataille de la Somme fut également marquée par l'utilisation du cinéma à des fins de propagande et de documentation. Le film britannique "The Battle of the Somme", réalisé en 1916 par Geoffrey Malins et John McDowell, comprend des images tournées pendant la bataille. Il montre des soldats dans les tranchées, les préparatifs de l'attaque, les bombardements et les mouvements de troupes. Certaines scènes furent filmées au plus près du front. Le film devint l'un des documents visuels les plus connus de la Première Guerre mondiale.

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La bataille de la Somme, commencée le 1er juillet 1916 et terminée le 18 novembre, constitue l'une des principales opérations de la Première Guerre mondiale sur le front occidental. Elle a engagé des millions d'hommes au cours de quatre mois et demi de combats, entraîné plus d'un million de pertes militaires selon les estimations retenues et profondément marqué les armées française, britannique et allemande. Les opérations ont entraîné la destruction de nombreux villages, de bois et de terres agricoles. Les bombardements ont bouleversé durablement le paysage de la Somme. La bataille n'a pas provoqué la rupture du front allemand. Malgré les très faibles gains territoriaux, les Allemands furent très impressionnés par le bombardement de préparation des Alliés. À la suite de la bataille de la Somme, le haut commandement allemand décida la guerre sous-marine à outrance qui fut l'une des causes de l’entrée en guerre des États-Unis, provoquant un basculement du rapport de forces. La Somme demeure ainsi un événement majeur de l'histoire militaire et de la mémoire de la Première Guerre mondiale. Le 24 février 1917, l'armée allemande effectua une retraite stratégique, l'Opération Alberich, afin de raccourcir sa ligne de défense sur la ligne Hindenburg.

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Ruine du village de Frise

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 Amas de barbelé

Les monuments commémoratifs de la bataille de la Somme (1916)

La bataille de la Somme, engagée le 1er juillet 1916 et poursuivie jusqu'au 18 novembre 1916, a profondément marqué les paysages et la mémoire collective de la Picardie. Les combats, qui opposèrent principalement les armées britannique et française aux forces allemandes, provoquèrent des pertes humaines considérables et transformèrent de nombreux villages en champs de ruines. Les monuments commémoratifs édifiés après la guerre témoignent de cette histoire. Ils rendent hommage aux soldats britanniques, français, terre-neuviens, australiens, néo-zélandais, sud-africains, canadiens et gallois qui combattirent sur le front de la Somme. Certains sont de vastes monuments nationaux, d'autres de simples stèles, des cimetières militaires, des vestiges fortifiés ou des édifices religieux associés au souvenir des combats. L'ensemble forme aujourd'hui un véritable paysage mémoriel, particulièrement dense autour de Thiepval, Beaumont-Hamel, Pozières, Longueval et Courcelette. Depuis septembre 2023, plusieurs ensembles funéraires et mémoriels de la Somme sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO dans le cadre du bien sériel consacré aux sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale du front occidental. Cette reconnaissance concerne notamment Thiepval, Beaumont-Hamel, Pozières et Longueval.

La nécropole nationale de Serre-Hébuterne

La nécropole est étroitement liée aux combats livrés du 10 au 13 juin 1915 dans le secteur d'Hébuterne, au cours des opérations françaises conduites sur le front de l'Artois. Les troupes françaises cherchaient alors à reprendre des positions allemandes et à progresser dans un secteur fortifié. Les affrontements se déroulèrent dans des conditions difficiles, face à des positions défensives organisées. Les 243e et 327e régiments d'infanterie figurent parmi les unités françaises particulièrement associées à ces combats. Les pertes subies par ces formations expliquent le caractère initialement régimentaire du lieu de mémoire. En 1919, à la demande des associations d'anciens combattants des 243e et 327e régiments d'infanterie, une nécropole fut créée à la suite des recherches et exhumations conduites sur l'ancien champ de bataille. Son aménagement se poursuivit jusqu'en 1923. Les dépouilles retrouvées furent regroupées dans le cimetière, qui devint un lieu de recueillement pour les familles et les anciens combattants des unités engagées. Le transfert définitif à l'État intervint le 11 juin 1933, à l'occasion de la cérémonie annuelle du Souvenir.

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La nécropole présente l'organisation classique d'un cimetière militaire national de l'après-guerre. Les sépultures individuelles sont disposées en rangées régulières. Elles matérialisent l'organisation collective du souvenir, tout en conservant l'identification individuelle des soldats lorsque celle-ci a pu être établie. Dans cette nécropole sont inhumés 824 corps, 582 le sont dans des tombes individuelles, et 240 en ossuaire Un monument fut édifié en 1925 au sein de la nécropole. Il porte l'inscription "À la mémoire des héros morts pour la France à Hébuterne 10-13 juin 1915". Une autre stèle porte la mention "Aux braves du 243e morts pour la Patrie le 10 juin 1915".

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En face de la nécropole, fut construite en 1936 une chapelle. Elle complète l'ensemble mémoriel constitué par le cimetière et ses monuments. Sa présence témoigne de la volonté des familles et des associations d'anciens combattants de prolonger le souvenir des soldats au-delà du seul espace funéraire. Le cimetière, le monument de 1925 et la chapelle forment ainsi un ensemble commémoratif lié aux combats de juin 1915. La nécropole nationale de Serre-Hébuterne doit être distinguée des grands mémoriaux britanniques voisins, notamment celui de Thiepval et le parc mémoriel terre-neuvien de Beaumont-Hamel. Ces sites renvoient à des combats et à des communautés militaires différents. La nécropole française rappelle principalement les pertes des unités françaises engagées en juin 1915, tandis que les mémoriaux britanniques et du Commonwealth commémorent notamment les combats de juillet 1916.

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Le cimetière britannique de Serre-Hébuterne

Le secteur de Serre, situé au nord de Beaumont-Hamel, fut l'un des points les plus meurtriers de l'offensive britannique du 1er juillet 1916. Les troupes britanniques attaquèrent les positions allemandes établies autour du village de Serre et des bois voisins. Les défenses allemandes résistèrent aux bombardements préparatoires et infligèrent de lourdes pertes aux unités britanniques. Les combats se poursuivirent pendant plusieurs mois. Le secteur demeura un espace de front jusqu'aux opérations de 1917, puis connut de nouveaux affrontements en 1918. Les cimetières militaires de Serre furent constitués à partir des sépultures provisoires et des dépouilles retrouvées après les combats. Ils accueillent les corps de soldats britanniques et du Commonwealth tombés dans le secteur.

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Les cimetières britanniques de Serre présentent les caractéristiques habituelles des nécropoles du Commonwealth : rangées de stèles funéraires en pierre claire, espaces engazonnés et aménagements paysagers. Les stèles portent les noms des soldats identifiés, leur unité et leur date de décès. Les tombes inconnues sont signalées par des inscriptions spécifiques. Les entrées sont généralement marquées par des murs de pierre et des portails aménagés. Les cimetières comprennent également des éléments commémoratifs et des inscriptions consacrées aux unités ayant combattu dans le secteur. Le cimetière de Serre-Hébuterne est associé à la mémoire des unités britanniques engagées dans l'attaque du 1er juillet 1916 et aux pertes considérables subies sur ce front. Il rassemble 7139 corps, dont 5971 Britanniques, 699 Australiens, 301 Canadiens, 116 Néo-Zélandais, 39 Sud-Africains. Parmi ces corps, 4943 n'ont pu être identifiés.

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Cimetière britannique de Serre Road 2

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Cimetière britannique de Serre Road 2

Le parc mémoriel terre-neuvien de Beaumont-Hamel (voir la page dédiée)

Le parc mémoriel terre-neuvien de Beaumont-Hamel est consacré au souvenir du Royal Newfoundland Regiment et des soldats de Terre-Neuve tombés pendant la Première Guerre mondiale. Il occupe une partie du champ de bataille où le régiment fut presque anéanti le 1er juillet 1916, au début de l'offensive britannique sur la Somme. À cette époque, Terre-Neuve était encore une colonie autonome de l'Empire britannique. Elle ne faisait pas partie du Canada, auquel elle sera rattachée en 1949. Le régiment terre-neuvien, constitué de volontaires, fut intégré à la 29th Division britannique. Le 1er juillet 1916, les soldats durent progresser depuis leurs positions de départ vers les lignes allemandes établies au nord de Beaumont-Hamel. Ils traversèrent un terrain découvert, battu par les mitrailleuses et l'artillerie allemandes. Les pertes furent considérables. Plus de 700 hommes du régiment furent tués, blessés ou portés disparus au cours de cette journée. Les effectifs encore disponibles furent insuffisants pour poursuivre l'action et l'unité dut être retirée du front. Le champ de bataille resta aux mains des Allemands jusqu'en novembre 1916. Le 13 novembre, au cours de la bataille de l'Ancre, les troupes britanniques, notamment la 51st Highland Division, s’emparèrent du secteur de Beaumont-Hamel. Après la guerre, le gouvernement de Terre-Neuve décida de conserver une partie du terrain comme lieu de mémoire. Il acquit les parcelles nécessaires au début des années 1920, afin de préserver les traces matérielles des combats et d'y établir un mémorial permanent.

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Le mémorial terre-neuvien

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Vestige de tranchée à Beaumont-Hamel

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Le parc couvre environ 30 hectares dans sa configuration actuelle. Le terrain conserve une partie importante de son relief de 1916 : cratères d'obus, anciennes tranchées, emplacements de boyaux et irrégularités du sol. L'aménagement paysager fut confié à Rudolph Cochius. Le projet prévoyait la conservation des vestiges du champ de bataille et l'introduction de végétaux provenant de Terre-Neuve, afin de rappeler le territoire d'origine des soldats commémorés. Le parc comprend plusieurs monuments et cimetières militaires. Son parcours permet de suivre approximativement les positions de départ des Terre-Neuviens, leurs axes de progression et les anciennes lignes allemandes. Les principaux éléments sont le monument national terre-neuvien du Caribou, le mémorial de la 29th Division, le monument de la 51st Highland Division et les cimetières militaires présents dans l'enceinte et à proximité. Le parc est ainsi à la fois un mémorial, un espace funéraire et un champ de bataille conservé. Le monument principal est installé sur une butte artificielle dominant le terrain environnant. Il représente un caribou en bronze, emblème du Royal Newfoundland Regiment. La sculpture est l'œuvre de Basil Gotto. L'animal est représenté debout, la tête relevée, dans une attitude de vigilance. Il est placé au sommet d'un cairn de pierres, constitué de blocs de granit provenant notamment de Terre-Neuve. L'ensemble est visible depuis une grande partie du parc. La position du monument permet d'embrasser du regard le terrain sur lequel le régiment s'élança le 1er juillet 1916. Au pied de la butte se trouvent des plaques de bronze portant les noms de soldats terre-neuviens morts pendant le conflit et dont les sépultures n'ont pas été identifiées. Le mémorial fut inauguré en 1925, en présence de représentants de Terre-Neuve et des autorités britanniques. Le Caribou devient l'un des principaux symboles de la mémoire militaire terre-neuvienne. Il rappelle le sacrifice du régiment lors de son premier engagement majeur sur le front occidental.

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Cimetière Hunters

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Cimetière n°2 de la crête Hawthorn

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Le ravin Y

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Monument de la 51e Division (Highland)

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Cimetière du ravin Y

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Cimetière du ravin Y

Le parc conserve plusieurs éléments directement associés aux combats de 1916. Le plus connu est le Danger Tree, un arbre déchiqueté qui se trouvait dans le no man's land et servait de repère aux soldats. Réduit à un tronc et à quelques branches, il est devenu un symbole des pertes subies par les Terre-Neuviens. L'arbre d'origine a disparu et a été remplacé à plusieurs reprises par des répliques. Une nouvelle reproduction historique a été installée en juin 2026. Les anciennes tranchées, les cratères et les dépressions du terrain témoignent également de l'intensité des bombardements. Le ravin Y, situé dans le secteur, fut l'un des éléments importants du dispositif défensif allemand. Le monument de la 51st Highland Division, inauguré en 1924, commémore la prise du secteur en novembre 1916. Il représente un soldat écossais en kilt et porte une inscription gaélique évoquant la fraternité des combattants. Le parc de Beaumont-Hamel constitue ainsi un ensemble mémoriel où la topographie du champ de bataille demeure une composante essentielle du monument.

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L'arbre du danger

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La tour d'Ulster, à Thiepval

La tour d'Ulster est située à proximité du village de Thiepval, dans le secteur où combattit la 36th Ulster Division. Le 1er juillet 1916, cette division attaqua les positions allemandes entre Thiepval et Hamel. Elle parvint à franchir une partie des défenses ennemies et à atteindre plusieurs objectifs, notamment dans le secteur de la redoute des Schwaben. Cependant, les unités voisines ne progressèrent pas suffisamment pour soutenir cette avancée. Les soldats irlandais se retrouvèrent exposés aux tirs allemands et aux bombardements de leur propre artillerie. La division subit plus de 5500 pertes et dut être relevée. Après la guerre, des associations d'anciens combattants et des souscripteurs d'Irlande du Nord organisèrent la construction d'un monument commémoratif. La tour est inaugurée en 1921.

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La tour d'Ulster est une construction en pierre, de plan carré, qui reprend le modèle de la tour Helen, située dans le domaine de Clandeboye, en Irlande du Nord. L'édifice est dû aux architectes Bowden et Abbot, établis à Londres. Il adopte une composition verticale, avec un corps massif percé d'ouvertures et une partie supérieure crénelée. Son aspect rappelle les tours fortifiées irlandaises, bien qu'il s'agisse d'un monument commémoratif et non d'un ouvrage militaire de 1916. Une plaque commémorative est apposée sur la façade. L'édifice est entouré d'un espace dégagé permettant de l'observer à distance et d'accueillir les cérémonies du souvenir. La tour d'Ulster constitue aujourd'hui l'un des principaux lieux de mémoire de la participation irlandaise à la bataille de la Somme.

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Le mémorial britannique de Thiepval

Le mémorial de Thiepval est le principal monument britannique consacré aux disparus de la bataille de la Somme. Il est implanté sur une hauteur dominant le champ de bataille, à proximité de l'ancien village de Thiepval. En 1916, le village et son château constituaient un élément majeur du dispositif défensif allemand. Le secteur fut attaqué dès le 1er juillet, mais les forces britanniques ne parvinrent à s'emparer définitivement de Thiepval que le 26 septembre 1916, après plusieurs semaines de combats. Les destructions furent telles que le village dut être entièrement reconstruit après la guerre. Le gouvernement britannique décida d'édifier un mémorial destiné à honorer les soldats disparus dont les corps n'avaient pas été retrouvés ou identifiés. Le projet fut confié à l'architecte Edwin Lutyens, qui conçut un monument de dimensions exceptionnelles. La construction débuta en 1928 et s’acheva en 1932. Le mémorial fut inauguré le 31 juillet 1932, en présence du prince de Galles, futur roi Édouard VIII, et du président de la République française Albert Lebrun.

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Le mémorial est constitué d'un vaste ensemble d'arches entrecroisées, construit principalement en brique et en pierre blanche de Portland. Son plan repose sur une composition symétrique de piliers massifs et d'arcs de dimensions croissantes. Seize piliers carrés, revêtus de pierre de Portland, supportent les arches monumentales. Le monument atteint environ 45 m de hauteur. Sa grande arche centrale domine les ouvertures secondaires et constitue l'axe principal de la composition. Les noms des soldats disparus sont gravés sur les surfaces de pierre. Les inscriptions comprennent les noms de militaires britanniques et sud-africains morts dans le secteur de la Somme et ne disposant pas de sépulture connue. Le monument porte également des inscriptions commémorant la coopération entre les armées française et britannique. Au pied de l'édifice se trouve un cimetière franco-britannique comprenant 600 sépultures, réparties à parts égales entre soldats français et britanniques. Cette disposition rappelle la participation conjointe des deux armées à l'offensive de 1916.

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Le mémorial porte les noms de plus de 72 000 soldats britanniques et sud-africains disparus dans le secteur de la Somme entre juillet 1916 et mars 1918. La majorité des noms concerne les combattants tombés pendant la bataille de la Somme de juillet à novembre 1916. L'importance de cette liste s'explique par la disparition de nombreux corps sous les bombardements, mais aussi par l'impossibilité d'identifier les dépouilles retrouvées après les combats. Le mémorial est ainsi conçu non comme un monument funéraire traditionnel, mais comme un monument aux morts sans sépultures individuelles connues. Il est aujourd'hui géré par la Commonwealth War Graves Commission et constitue l'un des principaux lieux de commémoration de la Première Guerre mondiale sur le front occidental.

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Le mémorial australien de Pozières

Pozières occupait une position stratégique sur la crête séparant la vallée de l'Ancre du plateau en direction de Bapaume. En 1916, le village fut intégré à la deuxième ligne de défense allemande et protégé par des réseaux de tranchées, des abris bétonnés et des positions d'artillerie. Le 23 juillet 1916, la 1st Australian Division s'empara du village après une attaque préparée par l'artillerie britannique. Cette conquête ouvrit aux Alliés la possibilité de progresser vers la ferme du Mouquet et les hauteurs de Thiepval. Les Australiens durent ensuite résister à de violentes contre-attaques allemandes et à des bombardements incessants. Les divisions australiennes se succédèrent dans le secteur jusqu'au début du mois de septembre. Les pertes furent particulièrement élevées. Pozières acquit ainsi une place majeure dans la mémoire australienne. Après la guerre, plusieurs monuments furent édifiés pour rappeler l'engagement des divisions australiennes et les combats livrés sur la crête.

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Le secteur comprend plusieurs monuments australiens, notamment ceux associés aux 1st et 2nd Divisions. Le mémorial de la 1st Australian Division se présente sous la forme d'un monument de pierre dressé sur un socle. Il porte les inscriptions commémoratives relatives à la division et aux opérations auxquelles elle participa. L'ensemble est implanté à proximité de l'ancienne zone de combat. Les inscriptions et les plaques rappellent l'engagement des soldats australiens sur le front de la Somme. Le monument s'inscrit dans un ensemble plus vaste comprenant les cimetières militaires, les vestiges des fortifications allemandes et les monuments consacrés aux différentes unités ayant combattu à Pozières. Le secteur est aujourd'hui associé à la mémoire nationale australienne et aux cérémonies du 23 juillet, date anniversaire de la prise du village.

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Le bunker Gibraltar de Pozières

Le bunker Gibraltar est un vestige des fortifications allemandes établies autour de Pozières avant l'offensive alliée de juillet 1916. Le village se trouvait sur une hauteur dominant les environs. Les Allemands avaient aménagé plusieurs positions fortifiées sur la crête, notamment des abris bétonnés, des observatoires et des tranchées reliées entre elles. Le bunker Gibraltar constituait l'un de ces ouvrages. Son emplacement, à proximité de la route reliant Albert à Bapaume, permettait de surveiller les abords du village et les mouvements dans le secteur. Les troupes australiennes s’emparèrent de Pozières le 23 juillet 1916, mais les positions allemandes voisines restèrent soumises à des combats prolongés. Les installations fortifiées furent progressivement détruites par l'artillerie et les opérations de nettoyage du champ de bataille. Le bunker Gibraltar est aujourd'hui conservé sous la forme de vestiges en béton et de fondations intégrées au terrain. Les vestiges visibles correspondent à une construction renforcée, associée à une ancienne cave et à des accès bétonnés. Les structures souterraines d'origine ont été en grande partie détruites ou remblayées. Le chemin qui mène au monument suit approximativement le tracé d'une ancienne tranchée allemande.

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Le mémorial The Windmill de Pozières

Le site du Moulin à Vent, ou Windmill, se trouve sur la crête de Pozières, à l'est du village. Avant la guerre, un moulin à vent occupait cet emplacement. Sa position dominante en faisait un point de repère dans le paysage. Pendant la bataille, le secteur devient un objectif militaire important. Les combats pour le contrôle du moulin et de ses environs furent particulièrement violents. Les bombardements détruisirent progressivement le bâtiment et bouleversèrent le terrain. Les Australiens s’emparèrent de Pozières en juillet 1916, mais les affrontements se poursuivirent sur la crête et vers la ferme du Mouquet durant les semaines suivantes. Après la guerre, le site fut conservé comme lieu de mémoire de l'engagement australien.

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Le mémorial est implanté à l'emplacement de l'ancien moulin. Il se présente comme un monument de pierre de dimensions modestes, installé au sommet de la hauteur. Une plaque commémorative rappelle les combats livrés par les troupes australiennes. Le monument est entouré d'un espace dégagé qui permet d'observer le relief de la crête. Les restes du moulin ont disparu en grande partie. Le site conserve néanmoins la mémoire de l'ouvrage disparu et de sa situation sur le champ de bataille. Le Windmill est aujourd'hui l'un des principaux points de référence du parcours mémoriel de Pozières.

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Le mémorial des tanks de Pozières

Le mémorial des tanks de Pozières rappelle l'apparition des chars de combat sur le champ de bataille de la Somme, le 15 septembre 1916. Ce jour-là, au cours de la bataille de Flers-Courcelette, les Britanniques engagèrent pour la première fois des chars Mark I. Ces véhicules chenillés étaient destinés à franchir les tranchées, les réseaux de barbelés et les terrains bouleversés par les bombardements. Trente-deux chars furent engagés dans l'opération, mais seuls neuf atteignirent leurs objectifs. Malgré ces résultats limités, leur apparition marqua une nouvelle étape dans l'histoire de la guerre mécanisée. Le mémorial fut édifié après la guerre pour commémorer cet évènement et rappeler l'engagement du Heavy Section, Machine Gun Corps britannique.

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Le monument est composé de quatre piliers de pierre portant chacun une représentation réduite d'un char britannique de la Première Guerre mondiale. Les modèles reproduisent la silhouette caractéristique des chars Mark I, avec leur caisse allongée et leurs chenilles enveloppant les flancs. Les piliers sont disposés autour d'un espace central et portent des inscriptions commémoratives. Le monument rappelle à la fois la bataille de la Somme et le développement des premiers chars de combat.

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Le mémorial canadien de Courcelette

Le village de Courcelette se situe à l'est de Pozières, sur le plateau de la Somme. Il constitua un objectif de l'offensive alliée de septembre 1916. Le 15 septembre, au cours de la bataille de Flers-Courcelette, les troupes canadiennes participèrent à l'attaque contre les positions allemandes. La 2nd Canadian Division s'empara du village après de violents combats. L'opération s'inscrivit dans une offensive britannique de grande ampleur, au cours de laquelle les chars furent utilisés pour la première fois. Les Canadiens durent ensuite défendre leurs positions face aux contre-attaques allemandes et poursuivre les opérations dans les environs. Après la guerre, le gouvernement canadien fit édifier un monument commémoratif à proximité du village afin de rappeler les combats de septembre 1916.

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Le mémorial canadien est constitué d'une grande croix de pierre reposant sur un socle massif. L'ensemble est implanté dans un espace aménagé, à proximité du champ de bataille. Les inscriptions rappellent la participation des divisions canadiennes à la bataille de Courcelette et aux opérations de la Somme. Le monument est entouré d'un espace paysager et accessible depuis la route. Sa composition sobre s'inscrit dans la tradition des monuments commémoratifs canadiens de la Première Guerre mondiale. Le mémorial rappelle le rôle des troupes canadiennes dans la prise du village et leur participation à l'offensive de septembre 1916.

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Le bunker allemand de Martinpuich

Martinpuich est un village situé au nord-est de Pozières, sur le plateau de Bapaume. En 1916, il se trouvait à l'intérieur du système défensif allemand qui protégeait les approches de Bapaume. Le village fut attaqué par les troupes britanniques au cours des opérations de septembre 1916. Il fut pris le 15 septembre, dans le cadre de l'offensive de Flers-Courcelette. Les Allemands avaient aménagé dans ce secteur un ensemble de tranchées, d'abris et de positions fortifiées. Les ouvrages bétonnés servaient à protéger les hommes et à maintenir les communications entre les différentes parties de la ligne de défense.

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Le bunker allemand de Martinpuich est un vestige de fortification de campagne. Il se présente sous la forme d'une construction en béton, partiellement enterrée, dont certaines parties émergent encore du sol. Les ouvrages de ce type comportaient généralement des accès protégés, des salles abritées et des ouvertures destinés à la ventilation ou à la surveillance. Toutefois, il convient de distinguer les caractéristiques générales des abris allemands de 1916 des éléments effectivement observables sur le vestige de Martinpuich. Le bunker témoigne de la présence des fortifications allemandes sur le plateau et de l'importance des ouvrages bétonnés dans la défense du secteur.

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Le mémorial néo-zélandais de Longueval

Le mémorial néo-zélandais de Longueval commémore les soldats de la New Zealand Division morts pendant les combats de la Somme. La New Zealand Division participa aux opérations de septembre 1916, notamment à la bataille de Flers-Courcelette et aux combats autour de Longueval. Les soldats néo-zélandais prirent part aux attaques contre les positions allemandes et progressèrent dans le secteur de la ferme du Mouquet et de la crête de Longueval. Les pertes subies par les unités du Dominion furent importantes. Après la guerre, plusieurs monuments furent construits pour rappeler leur engagement sur le front occidental. Le mémorial de Longueval est dédié aux Néo-Zélandais disparus de la Somme et s'inscrit dans le réseau des monuments nationaux du Commonwealth.

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Le monument est constitué d'un élément vertical de pierre, de composition sobre, portant les inscriptions commémoratives de la division. Il est implanté dans un espace dégagé du secteur de Longueval, à proximité des lieux où combattirent les unités néo-zélandaises. Les inscriptions rappellent les opérations de la division et le sacrifice des soldats dont les sépultures n'ont pas été retrouvées. Le mémorial participe à la commémoration nationale néo-zélandaise des combats de 1916.

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Le mémorial sud-africain de Delville Wood

Le bois Delville, situé sur le territoire de Longueval, fut le théâtre de combats particulièrement violents en juillet 1916. Le 14 juillet, la brigade sud-africaine reçut l'ordre de prendre et de tenir le bois. Les unités pénétrèrent dans une forêt transformée par les bombardements en un espace de troncs brisés, de cratères et de tranchées bouleversées. Les soldats sud-africains durent résister à de nombreuses contre-attaques allemandes et à des bombardements continus. Le bois changea plusieurs fois de mains dans différentes parties du secteur. Le 20 juillet, les derniers éléments de la brigade furent relevés. Seuls 143 hommes environ étaient encore en état de combattre parmi les effectifs initialement engagés. Cette bataille marqua durablement la mémoire militaire sud-africaine. Le bois Delville, renommé "Devils Wood" par les soldats, devint un lieu symbolique du sacrifice des soldats sud-africains pendant la Première Guerre mondiale.

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Le gouvernement sud-africain décida après la guerre d'édifier un mémorial national dans le bois Delville. Le projet fut confié à l'architecte Herbert Baker. Le monument fut inauguré en 1926. Il est conçu comme un hommage aux soldats sud-africains morts pendant la guerre, et non uniquement à ceux tombés dans le bois Delville. Le monument se compose d'une arche centrale encadrée par des éléments architecturaux symétriques. La construction est réalisée en pierre, dans un style classique. Au sommet de l'arche se trouvent le groupe sculpté par Alfred Turner de Castor et Pollux tenant un cheval. Les jumeaux de la mythologie grecque sont représentés dans une composition monumentale qui surplombe l'entrée du mémorial. L'architecture reprend les formes de l'Arc de Triomphe antique, avec une ouverture centrale, des piliers et un couronnement sculpté. Le monument est implanté au cœur du bois, dans un espace dégagé. Il est entouré d'arbres et d'un aménagement paysager qui rappellent la forêt dans laquelle les combats se déroulèrent. Le mémorial est complété par des inscriptions et des éléments commémoratifs consacrés aux soldats sud-africains.

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Le musée sud-africain de Delville Wood (Longueval)

Le musée sud-africain de Delville Wood complète le mémorial national sud-africain et le cimetière militaire de Longueval. Il est consacré à l'engagement des soldats sud-africains pendant la Première Guerre mondiale, à leur participation aux combats de Delville Wood en juillet 1916 et à la mémoire militaire de l'Afrique du Sud. Il constitue un lieu de conservation documentaire et historique, distinct du monument commémoratif extérieur. Le projet de construction du musée commémoratif sud-africain naît des demandes des anciens combattants et des visiteurs, qui souhaitèrent disposer de documents historiques et de témoignages matériels sur les combats de Delville Wood. La première pierre fut posée le 7 juin 1984. Le musée fut inauguré le 11 novembre 1986 par le président de la République sud-africaine, Pieter Willem Botha.

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Initialement consacré à la mémoire des Sud-Africains morts pendant les deux guerres mondiales et la guerre de Corée, le musée a progressivement élargi sa présentation historique. Les aménagements réalisés au XXIe siècle ont notamment renforcé la représentation des combattants noirs sud-africains, dont la participation à la guerre avait été peu mise en valeur dans les premières présentations. Le musée est construit derrière le mémorial national sud-africain, autour de la Croix de la Consécration. L'architecte John Alan Wylie conçut un édifice inspiré du château de Bonne-Espérance, situé au Cap. Le bâtiment reprend les formes générales de cette ancienne fortification coloniale, avec une composition évoquant une enceinte et des constructions basses organisées autour d'un espace central. Le musée s'intègre ainsi dans l'axe monumental imaginé par Herbert Baker pour le mémorial de 1926. Le blason de la République sud-africaine fut inauguré sur le fronton du musée le 18 juillet 2006, lors des cérémonies du 90e anniversaire de la bataille de Delville Wood.

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Les collections présentent l'histoire des forces sud-africaines au cours des conflits du XXe siècle, avec une place particulière accordée à la Première Guerre mondiale. Les salles consacrées au front occidental comprennent des objets retrouvés sur le champ de bataille et pendant les travaux de construction du musée. Une œuvre importante est la fresque "The Sixth Day", réalisée par Danie de Jager. Elle représente des soldats sud-africains quittant les restes du bois le 20 juillet 1916, à l'issue des cinq jours de combats. Le musée comprend également une présentation des conditions de vie et de combat sur le front occidental, ainsi que des éléments relatifs à la participation sud-africaine à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre de Corée. Le musée conserve les livres d'honneur et les documents relatifs aux soldats sud-africains morts dans les différents théâtres d'opérations. Il complète le mémorial extérieur, qui ne porte pas les noms des morts, contrairement aux grands monuments aux disparus du Commonwealth. Les registres nominatifs permettent ainsi de retrouver les identités des combattants commémorés.

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Tombe du premier soldat sud-africain tombé en France

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Le cimetière britannique de Delville Wood

Le cimetière militaire britannique de Delville Wood se trouve à proximité immédiat du mémorial sud-africain, sur le territoire de Longueval. Il est associé aux combats de juillet à septembre 1916 et aux opérations menées dans le secteur après la prise du bois. Les premières sépultures furent constituées pendant la guerre, puis le cimetière fut agrandi après l'armistice par le regroupement de dépouilles provenant des champs de bataille et de sépultures provisoires des environs. Le site est aujourd'hui entretenu par la Commonwealth War Graves Commission. Le cimetière comprend des rangées de stèles funéraires en pierre claire, disposées dans un espace paysager. Les tombes sont réparties selon une organisation géométrique. Les stèles portent les noms, les unités, les dates de décès et, lorsque les informations sont connues, les emblèmes militaires des soldats inhumés. Un mur d'enceinte et une entrée aménagée délimitent le cimetière. La croix du Sacrifice, caractéristique des cimetières du Commonwealth, est présente dans l'ensemble funéraire. Le cimetière contient 5523 corps (5242 Britanniques, 29 Canadiens, 81 Australiens, 19 Néo-Zélandais et 152 Sud-Africains), dont 3500 non identifiés. Il constitue un lieu funéraire distinct du mémorial national sud-africain, même si les deux monuments sont étroitement associés dans le paysage.

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Monument aux morts de Longueval

La nécropole nationale de Rancourt

La nécropole nationale de Rancourt est l'un des principaux cimetières militaires français de la Somme. Elle se situe à proximité de l'ancienne ligne de front, dans un secteur où se déroulèrent des combats particulièrement violents à l'automne 1916. Le village de Rancourt est situé sur l'axe reliant Péronne à Bapaume. Sa position en fit un objectif militaire important pendant les offensives françaises et britanniques. À partir de septembre 1916, les combats s’étendirent dans le secteur et provoquèrent de nombreuses pertes françaises. Les soldats furent d'abord enterrés dans des sépultures provisoires, réparties sur le champ de bataille et à proximité des postes de secours. Après la guerre, les autorités françaises procédèrent au regroupement des corps dans des nécropoles nationales. Rancourt devint ainsi un lieu de rassemblement des sépultures militaires du secteur. La nécropole fait partie d'un ensemble mémoriel comprenant également le cimetière britannique et le cimetière allemand de Rancourt, ainsi que la chapelle du Souvenir français.

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La nécropole est organisée selon un plan géométrique, avec des rangées de tombes individuelles. Les sépultures sont matérialisées par des croix portant les noms des soldats identifiés, leurs unités et leurs dates de décès. Des ossuaires accueillent les restes des combattants dont les dépouilles n'ont pu être individualisées. L'ensemble est délimité par une enceinte et aménagé dans un espace paysager. Les alignements de croix forment l'élément principal de la composition du cimetière. Elle rassemble 8566 dépouilles de soldats français, dont 5327 dans des tombes individuelles et 3223 dans quatre ossuaires.

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La chapelle du Souvenir français se trouve à proximité immédiate de la nécropole nationale. Elle fut construite à l'initiative de la famille Du Bos, en mémoire du lieutenant Jean Du Bos du 93e RI tué à cet endroit le 25 septembre 1916. L'édifice fut réalisé dans les années suivant la guerre et devint un lieu de recueillement pour les familles des soldats morts dans le secteur. La chapelle, inaugurée en 1923 par la femme du maréchal Foch, est un bâtiment de pierre, de dimensions modestes, comprenant une nef et un espace destiné aux cérémonies religieuses et commémoratives. Son architecture reprend les formes traditionnelles des chapelles funéraires françaises, avec une façade sobre, une toiture à deux versants et des ouvertures permettant l'éclairage intérieur. Le Souvenir français en assure la gestion depuis 1937. Une cérémonie commémorative y est organisée chaque année en septembre, en hommage aux soldats inhumés dans les cimetières français, britanniques et allemands du secteur.

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En face de la nécropole française se trouve le cimetière britannique ouvert durant l'hiver 1916/1917. Y sont inhumés 90 soldats britanniques et les trois membres d'équipage d'un bombardier anglais Bleinheim IV abattu en mai 1940 devant la ferme du Priez. En contrebas se trouve la nécropole allemande regroupant 11 422 sépultures en tombes individuelles et deux grandes fosses communes.

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La nécropole nationale de Bray-sur-Somme

La nécropole nationale de Bray-sur-Somme fut créée pendant la Première Guerre mondiale, à proximité d'un hôpital militaire installé dans cette commune située à l'arrière immédiat du front. Elle accueille principalement les soldats français morts des suites de leurs blessures pendant la bataille de la Somme. Les corps furent d'abord inhumés à proximité des installations sanitaires, puis le cimetière fut agrandi après la guerre. En 1923 et en 1935, des dépouilles provenant de cimetières militaires provisoires des environs furent regroupées dans la nécropole. La nécropole couvre un espace aménagé en cimetière militaire et comprend 1045 sépultures, dont 943 tombes individuelles et 102 corps regroupés dans un ossuaire. Les tombes individuelles sont matérialisées par des croix, tandis que les ossuaires rappellent les pertes qui n'ont pu être individualisées. Le cimetière comporte également la sépulture d'un soldat britannique. Il s'agit d'un lieu de mémoire consacré principalement aux combattants français morts dans les formations sanitaires de Bray-sur-Somme et dans les combats du secteur.

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La nécropole nationale des Buttes, à Marcelcave

La nécropole nationale des Buttes est située à Marcelcave, à l'est d'Amiens, sur le plateau du Santerre. Elle fut créée en 1916, à proximité d'un hôpital d'évacuation militaire français. Pendant la bataille de la Somme, Marcelcave constitua un important centre sanitaire et logistique situé à l'arrière du front. L'hôpital d'évacuation n° 13 comprenait des baraquements en bois et se trouvait à proximité de la voie ferrée Amiens-Tergnier. Les blessés y furent soignés avant leur transfert vers d'autres établissements. Les soldats morts des suites de leurs blessures furent initialement enterrés dans un cimetière voisin de l'hôpital. En 1922 et en 1936, la nécropole fut réaménagée au lieu-dit Les Buttes. Des dépouilles provenant de cimetières militaires provisoires de la Somme y furent regroupées.

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La nécropole couvre une superficie d'environ 1,17 hectare. Elle comprend 1610 soldats inhumés, parmi lesquels figurent des militaires français et des combattants de différentes nationalités ayant servi dans les rangs de l'armée française. Les tombes sont disposées en rangées régulières. Les sépultures individuelles sont matérialisées par des croix portant les inscriptions nominatives lorsqu'elles sont connues. Le cimetière accueille également deux travailleurs indochinois et de nombreux légionnaires étrangers, notamment des ressortissants espagnols, italiens, grecs, russes, suisses, turcs et uruguayens. La diversité des nationalités représentées témoigne du recrutement international de la Légion étrangère et des formations militaires françaises pendant la Grande Guerre. La nécropole des Buttes constitue ainsi un lieu de mémoire consacré aux combattants morts dans les structures sanitaires de l'arrière-front et aux soldats regroupés après la guerre.

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Le mémorial national australien de Villers-Bretonneux

Villers-Bretonneux est associé à deux épisodes majeurs de la Première Guerre mondiale, la bataille de la Somme de 1916 et l'offensive allemande du printemps 1918. Le 23 avril 1918, les forces allemandes s’emparèrent du village au cours de leur offensive en direction d'Amiens. Le lendemain, les 13th et 15th Brigade australiennes, soutenues par d'autres unités australiennes, britanniques et françaises, lancèrent une contre-attaque et reprirent Villers-Bretonneux. Les combats d'avril 1918 contribuèrent à faire du village un lieu majeur de la mémoire australienne sur le front occidental. Après la guerre, le général Talbot Hobbs proposa la construction d'un mémorial national australien en France. Le site de Villers-Bretonneux fut retenu en raison du rôle joué par les Australiens dans la défense d'Amiens. Le projet architectural initial fut remanié au cours des années 1930. L'architecte britannique Edwin Lutyens fut finalement chargé de concevoir le monument. La construction fut réalisée en 1936 et 1937. Le mémorial fut inauguré le 22 juillet 1938 par le roi George VI, en présence du président de la République française Albert Lebrun.

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Le mémorial est situé sur les hauteurs de Fouilloy, au nord de Villers-Bretonneux, à l'intérieur du cimetière militaire du Commonwealth. L'ensemble architectural est composé d'une tour centrale monumentale, de deux murs latéraux incurvés portant les noms des soldats disparus et des pavillons et des aménagements d'entrée intégrés au cimetière. La tour centrale est construite en pierre claire et adopte une composition verticale à plusieurs niveaux. Elle est accessible par un escalier intérieur qui conduit à une plateforme d'observation dominant la campagne environnante. Les deux murs latéraux encadrent la tour. Leurs panneaux portent les noms de plus de 10 000 soldats australiens morts en France pendant la Première Guerre mondiale et dont les sépultures n'ont pas été retrouvées. Les inscriptions rappellent les principales batailles auxquelles les unités australiennes ont participé en France et en Belgique. Le monument est accompagné de la Croix du Sacrifice, implantée dans le cimetière militaire. La composition générale associe ainsi un mémorial national aux disparus et un cimetière de sépultures individuelles.

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Le cimetière militaire de Villers-Bretonneux fut créé en 1920 pour regrouper les tombes provenant de nombreux cimetières provisoires des environs, pour la plupart de soldats australiens tombés de mars à août 1918. D'autres apports se poursuivront jusqu'en 1925. Aujourd'hui, 2150 militaires du Commonwealth de la Première Guerre mondiale sont enterrés ou commémorés dans ce cimetière, dont 609 ne sont pas identifiés. Le cimetière a été conçu par Sir Edwin Lutyens. Le site est entretenu par le Commonwealth War Graves Commission et accueille chaque année les cérémonies de l'ANZAC Day, le 25 avril. Il constitue aujourd'hui le principal lieu de mémoire national australien de la Première Guerre mondiale en France.

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Le cimetière militaire allemand de Fricourt

Fricourt se situe à proximité d'Albert, dans un secteur directement concerné par les combats du 1er juillet 1916. Le village constituait un élément du système défensif allemand au sud de la route reliant Albert à Bapaume. Il fut attaqué par les troupes françaises et britanniques au début de l'offensive de la Somme. Le cimetière militaire allemand de Fricourt fut créé en 1920 par les autorités françaises. Il rassemble les corps de soldats allemands provenant de 79 lieux de sépulture différents, situés notamment dans les environs d'Albert, de la vallée de l'Ancre, de Bapaume et de Villers-Bretonneux. Ce regroupement intervient dans le cadre de la réorganisation des cimetières militaires après la guerre. Il permet de réunir les dépouilles allemandes dans un espace funéraire permanent.

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Le cimetière présente une organisation différente de celle des nécropoles françaises et britanniques. Les tombes sont signalées par des croix métalliques sombres portant les noms des soldats inhumés. Les inscriptions indiquent généralement le nom, le grade et la date de décès lorsque ces informations sont connues. Le cimetière accueille plus de 17 000 soldats allemands, dont 12 000 dans quatre fosses communes. Les croix métalliques sont disposées en rangées dans un espace paysager délimité par des arbres et des aménagements végétaux. La sobriété de l'ensemble caractérise les cimetières militaires allemands de la Première Guerre mondiale, dont la conception privilégie les matériaux sombres et les aménagements relativement discrets. Le cimetière de Fricourt rappelle les pertes allemandes subies sur le front de la Somme et constitue le pendant funéraire des nombreux mémoriaux alliés du secteur.

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Le mémorial gallois de Mametz Wood

Le bois de Mametz, situé à proximité du village de Mametz, fut l'un des objectifs de l'offensive britannique du 1er juillet 1916. Les positions allemandes dans le bois étaient défendues par des tranchées, des mitrailleuses et des abris. La forêt constituait un obstacle important à la progression des troupes britanniques. La 38th Welsh Division reçut la mission de s'emparer du bois au début du mois de juillet. Les combats se déroulèrent principalement entre le 7 et le 12 juillet 1916. Les soldats gallois durent progresser à travers les arbres et les positions fortifiées, sous le feu des défenseurs allemands. Les pertes furent importantes, mais le bois fut finalement conquis. Cette opération devint un épisode majeur de la mémoire militaire galloise, en raison de la participation de la 38th Welsh Division et des pertes qu'elle subit.

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Le mémorial gallois est situé à proximité du bois de Mametz, dans un espace dégagé dominant les environs. Il est constitué d'une sculpture représentant un dragon rouge, emblème national du pays de Galles. La sculpture fut réalisée par David Petersen et inaugurée en 1987. Le dragon est représenté dans une posture agressive, les ailes déployées et la tête tournée vers l'avant. Il repose sur un socle de pierre portant des inscriptions commémoratives. Contrairement aux grands mémoriaux de l'entre-deux-guerres, il s'agit d'un monument tardif, réalisé plusieurs décennies après le conflit. Il rappelle la participation galloise à la bataille de la Somme et les combats pour la conquête du bois de Mametz.

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Lochnagar Crater (La Boisselle) (voir page dédiée)

Lochnagar Crater, situé à La Boisselle, est l'un des vestiges les plus spectaculaires de la guerre des mines de la Première Guerre mondiale. Créé le 1er juillet 1916 par l'explosion d'une mine britannique sous les positions allemandes, il marque le début de l'offensive franco-britannique de la bataille de la Somme. Contrairement aux cimetières et mémoriaux voisins, Lochnagar Crater est un vestige du champ de bataille lui-même : le relief actuel conserve la trace directe d'une opération militaire souterraine. Dès l'automne 1914, La Boisselle devint un point de confrontation entre les armées françaises et allemandes. Les tranchées se rapprochaient parfois à quelques dizaines de mètres. À partir de décembre 1914, les Français commencèrent à creuser des galeries sous les positions allemandes. Les Allemands entreprirent parallèlement leurs propres travaux souterrains. Cette guerre des mines se poursuivit après la relève des Français par les Britanniques dans le secteur en 1915. Les compagnies spécialisées du génie britannique, les Tunnelling Companies, creusèrent des galeries destinées à placer des charges explosives sous les tranchées adverses. Elles travaillaient dans la craie, dans des conditions difficiles, sous la menace constante des contre-mines allemandes. Le chantier de la mine commença le 11 novembre 1915. Il fut initialement confié à la 185th Tunnelling Company, puis repris en mars 1916 par la 179th Tunnelling Company, du Royal Engineers. Un puits incliné fut creusé depuis la tranchée britannique Lochnagar Street. La galerie descendit jusqu'à environ 29 m de profondeur, puis se prolongea sur 314 m sous le no man's land en direction des lignes allemandes pour aboutir dans deux chambres séparées d'environ 18 m. Les deux chambres furent chargées avec environ 27 216 kg d'ammonal. Les charges furent réparties entre deux compartiments, l'un contenant environ 16,3 tonnes et l'autre 10,9 tonnes. L'objectif était de détruire une position allemande fortifiée, désignée sous le nom de Schwaben Höhe, située sur la ligne de front au sud de La Boisselle. À 7 h 28, le samedi 1er juillet 1916, la mine fut mise à feu par les sapeurs britanniques. L'explosion intervient deux minutes avant le déclenchement de l'assaut général de l'infanterie britannique. La déflagration projeta une immense colonne de terre, de craie et de débris. Le pilote du Royal Flying Corps Cecil Lewis, qui observait l'explosion depuis son avion, décrivit une colonne s'élevant à près de 1200 m dans le ciel. L'explosion détruisit une partie des abris allemands, sur une longueur estimée entre 91 et 122 m. Elle creusa un vaste cratère, entouré d'un bourrelet de terre projetée. La profondeur atteint environ 21 m et le diamètre global environ 100 m, bourrelet compris. Deux minutes après l'explosion, à 7 h 30, les soldats britanniques sortirent de leurs tranchées. Dans ce secteur, l'attaque fut menée par la 34e division britannique, composée notamment des bataillons Tyneside Irish et Tyneside Scottish, ainsi que des 10th Lincolnshire, 11th Suffolk et des 15th et 16th Royal Scots. Malgré la destruction provoquée par la mine, les défenseurs allemands conservèrent des positions de mitrailleuses et d'artillerie. Les Britanniques subirent des pertes très importantes au cours de leur progression à découvert. La 34e division subit environ 6380 pertes, tués, blessés et disparus, lors de cette journée.

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Le Lochnagar Crater

Après le déplacement du front vers l'est, le cratère fut progressivement abandonné comme position de combat. Il servit temporairement de lieu d'inhumation et d'abri. Durant l'entre-deux-guerres, il demeura un point de visite pour les anciens combattants et les familles venues se recueillir sur les champs de bataille de la Somme. Il connut ensuite plusieurs usages sans rapport avec sa fonction militaire d'origine. Dans les années 1950 et 1960, il accueillit notamment des compétitions de motocross. En 1978, Richard Dunning, passionné d'histoire militaire britannique, acheta le terrain afin d'empêcher le comblement du cratère et d'en assurer la conservation. Le site actuel conserve le relief historique de l'explosion. Le visiteur peut observer depuis la périphérie la dépression et les parois du cratère. Chaque année, le 1er juillet, une cérémonie du souvenir est organisée au cratère pour commémorer le début de la bataille de la Somme et les soldats morts lors de l'offensive. Lochnagar Crater constitue un témoignage matériel exceptionnel de la guerre souterraine de 1914-1918.

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Vue aérienne du Lochnagar Crater (© IGN)

Ces photographies ont été réalisées en juin 2026.
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Cette page a été mise en ligne le 09 octobre 2026

Cette page a été mise à jour le 09 octobre 2026