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Les mines de Giromagny

Situées au pied du Ballon d’Alsace, dans le sud du massif vosgien, les mines de Giromagny constituaient l’un des plus importants districts miniers polymétalliques de l’est de la France entre la fin du Moyen-âge et l’époque moderne. Exploitées principalement pour l'argent, mais également pour le plomb, le cuivre et le zinc, ces mines s’inscrivaient dans un vaste ensemble d’exploitations vosgiennes marquées par l’influence technique germanique et par une organisation proto-industrielle remarquable.

mine des lorrains 31La mine des Lorrains

Le district minier de Giromagny appartient à la bordure méridionale du massif vosgien cristallin. Il s'agit de terrains primaires du carbonifère avec des formations volcaniques et éruptives du Tournaisien et du Viséen (359 à 328 millions d'années). Dans ces roches anciennes (granites et gneiss) sont encaissés des filons hydrothermaux fortement minéralisés. Ces filons présentent une orientation dominante nord–sud à nord-est / sud-ouest avec un pendage souvent fort (60° à 80°) et une puissance variable (quelques centimètres à plusieurs mètres). Ces filons polymétalliques résultent de circulations de fluides chauds dans des fractures tectoniques, déposant progressivement les minerais. Les principaux minerais sont la galène argentifère, la chalcopyrite, le cuivre gris, la blende sphalérite (zinc), la pyrite de fer, la malachite, la pyromorphite, la cérusite et le mispickel. La gangue est constituée de quartz et de barytine, caractéristiques des systèmes polymétalliques vosgiens. Le système filonien forme un réseau structuré en faisceaux, dont le cœur se situe au Mont Ordon-Verrier, avec des mines majeures comme "Pfennigthurm", "Saint-Daniel" et "Teutschgrund".

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Entrée de la mine en grès

L’origine exacte de l’exploitation reste mal documentée, mais les premières activités minières structurées remontent vraisemblablement au XIVe siècle, dans un contexte d’essor économique régional. À cette époque, le territoire dépendait des seigneurs du Rosemont, vassaux de la Maison de Habsbourg. Ces derniers favorisaient le développement minier pour tirer profit des ressources argentifères. L’un des éléments fondamentaux du développement du district fut l’arrivée de mineurs spécialisés venus de Saxe, du Tyrol et de la Forêt-Noire. Ils introduisirent des techniques avancées d’abattage du minerai, une organisation juridique (droit minier) et des savoir-faire dans la ventilation des galeries, le pompage de l’eau et le traitement métallurgique. Cette migration technique transforma Giromagny en un centre minier structuré. Le district minier ne concernait pas seulement Giromagny, mais aussi les communes voisines comme Auxelles-Haut, Auxelles-Bas, Lepuix et, plus largement, le secteur du Rosemont. Les études minières du massif vosgien montrent que le district de Giromagny, Auxelles-Haut et Plancher-les-Mines a compté parmi les principaux producteurs de cuivre, de plomb et d'argent de la région.

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Un dépilage à ciel ouvert

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Entrée d'une galerie au fond de ce dépilage

Le véritable âge d’or des mines de Giromagny se situe entre le milieu du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, avec un pic d’activité entre 1560 et 1630. Cette période correspond à un moment où l’Europe centrale connut une forte demande en métaux, en particulier en argent, indispensable à la frappe monétaire et aux échanges commerciaux. La production locale prit alors une dimension stratégique. La présence d’une justice des mines installée à Giromagny en 1561 montre que la commune n’était pas seulement un lieu d’extraction, mais aussi un centre de décision, de contrôle et de contentieux miniers. Giromagny atteignit alors une importance remarquable, rivalisant localement avec des centres urbains plus anciens comme Belfort. La population dépassait probablement 1500 habitants, avec des mineurs, des fondeurs, des charpentiers et des ingénieurs. Le cœur de l’exploitation se situait dans le massif du Phanitor où se trouvait les principales mines nommées "Pfennigthurm", "Saint-Daniel", "Teutschgrund", "Gesellschaft" ou "Saint-Nicolas". Ces exploitations suivaient un système filonien structuré, avec des galeries interconnectées. Une zone secondaire, mais active se trouvait sur le Mont Jean avec la mine "Saint-Pierre". Un rapport de 1585 cite une mine "Zum Himmlichen Herr" (armée céleste) et une mine "Gesellenbaur im Teutschgrund" (mine des compagnons). Ces deux mines furent absorbées après 1626 par la mine "Sanct-Georg im Teutschgrund", la plus importante exploitation depuis 1550. Elles furent abandonnées en 1637. Entre 1590 et 1594, les mines produisirent 1000 kg d'argent, 35 000 kg de cuivre et plus de 100 000 kg de plomb.

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La mine au filon

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La mine au filon

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La mine au filon

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La mine au filon

L’exploitation minière à Giromagny se déroulait dans des conditions très difficiles. Les mineurs creusaient des galeries dans la roche, souvent sur des pentes boisées et dans un relief accidenté. Le travail était pénible, dangereux et lent, car il reposait encore largement sur des outils manuels, sur l’usage du feu, du marteau et du ciseau, puis sur des procédés d’extraction et de transport très contraignants. Le minerai extrait devait ensuite être trié, concassé, fondu et raffiné. Dans le cas du plomb argentifère, l’objectif était de récupérer l’argent contenu dans la masse minérale. Cela suppose une chaîne de production complète, qui mobilise des ouvriers spécialisés, des charretiers, des charbonniers, des forgerons et des responsables de concession. L’activité minière faisait donc vivre un ensemble économique beaucoup plus vaste que la seule extraction souterraine. Les mines de Giromagny présentaient une organisation tridimensionnelle complexe. Les travers-bancs, galeries horizontales, permettaient l'accès aux filons, le drainage des eaux et le transport du minerai. Creusée depuis le flanc de la montagne, leur longueur pouvait atteindre plusieurs centaines de mètres. Les puits, structures verticales d'une profondeur de 10 à 75 m, étaient destinés à l'extraction, la ventilation et la circulation des mineurs. Les galeries d’exploitation suivaient directement les filons. De section étroite (0,6 à 1,5 m), creusée en utilisant des outils manuels (pointerolle, marteau), leurs progressions étaient lentes et ciblées. Les dépilages étaient des chambres d'extraction irrégulières, parfois de grande hauteur, nécessitant un boisage important. Contrairement à une vision simplifiée, les mines de Giromagny ne sont pas isolées. Les galeries profondes formaient parfois un réseau interconnecté, permettant le drainage commun, la circulation entre concessions et l’optimisation de l’exploitation. Comme dans toutes mines, l’eau constituait une contrainte majeure avec des infiltrations constantes provoquant l'inondation des niveaux profonds. Pour l'évacuer, les mineurs mirent en œuvre des travers-bancs drainants et des pompes mécaniques entraînés par des roues hydrauliques alimentées par des étangs. L’activité imposa également une forte pression sur l’environnement, notamment sur les ressources forestières utilisées pour le boisage des galeries, la fabrication du charbon de bois et les installations métallurgiques. Des étangs artificiels furent créés et le réseau hydraulique fut modifié avec la création d'un canal pour alimenter les roues hydrauliques entraînant les pompes d'exhaures.

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La mine Zum Himmliches Heer

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Une tranchée de recherche minière

Le XVIIe siècle marqua un tournant. La guerre de Trente Ans (1618 – 1648) bouleversa profondément la région, avec des destructions, des déplacements de populations et une forte baisse de l’activité économique. Les mines de Giromagny ne disparurent pas immédiatement, mais leur rendement et leur régularité furent fortement affectés. La guerre agit donc comme un frein majeur à une industrie déjà exigeante en main-d’œuvre et en investissements. Les invasions et les troubles militaires fragilisèrent aussi les infrastructures minières. Il devint plus difficile d’assurer la continuité des travaux, la sécurité des galeries et l’approvisionnement en bois, indispensable aux étais et au fonctionnement des fours. À partir de là, le district entra dans une phase de ralentissement durable. En 1648, les traités de Westphalie rattachèrent la région à la France. Cette modification politique majeure changea le cadre de propriété et de gestion des mines. En 1659, Louis XIV fit don du comté de Belfort, comprenant Giromagny, au cardinal Mazarin pour le remercier des services rendus. Ce transfert ne provoqua pas une relance spectaculaire, mais il inscrivit Giromagny dans les circuits de la grande propriété aristocratique et politique. Les principales mines à cette période furent "Saint-Jean", "Pfennigthurm" et "Saint-Pierre". En 1667, ces deux dernières produisirent 350 kg d'argent. Les mines "Gesellschaft" et "Teutschgrund" étaient abandonnées.

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L'entrée de la mine des Lorrains

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La mine des Lorrains

Au cours du XVIIIe siècle, les mines furent exploitées par plusieurs concessionnaires. L’exploitation fut alors inégale, parfois relancée, parfois presque abandonnée. Les filons ayant déjà été largement entamés durant les siècles précédents, les perspectives de profit étaient limitées. Les investissements nécessaires restaient élevés, tandis que la teneur en minerai devint moins intéressante. Les mines "Pfennigthurm" et "Saint-Pierre" furent abandonnées vers 1750 et la mine "Saint-Jean" fut uniquement exploitée dans les niveaux supérieurs. Une dizaine de nouvelles mines furent exploitées dans des filons secondaires. L'ensemble des mines produisit dans la première moitié du XVIIIe siècle moins de 100 kg d'argent par an et moins de 10 t de cuivre. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la production tomba à moins de 50 kg d'argent, à moins de 1000 kg de cuivre et à moins de 1000 kg de plomb par an. En 1777, Honoré IV de Grimaldi épousa Louise d'Aumont, l’héritière d'Hortense Mancini, la nièce du cardinal Mazarin. Les Grimaldi, princes de Monaco, devinrent détenteurs du comté et des mines de Giromagny. Malgré quelques tentatives de relance, l’exploitation ne retrouva jamais son niveau antérieur.

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

La Révolution française bouleversa une nouvelle fois la situation. En 1791, les mines furent nationalisées. Durant cette période instable, l'exploitation fut stoppée. Certains équipements furent vendus aux enchères comme bien national. En 1795, une loi formalisa l'exploitation minière et institua la création d'une école des mines. Le Conseil des Mines missionna divers experts pour trouver le site optimal pour l'implantation de cette école. Arsène Nicolas Baillet du Belloy et Jean-Baptiste Guillot-Duhamel évaluèrent le potentiel du site de Giromagny. Leur rapport de 1796 détaille l'état des lieux des galeries et les investissements nécessaires pour relancer l’activité. Parmi les experts qui étudièrent le site figure le jeune Charles Nodier, qui laissera plus tard un témoignage sur cette mission dans ses écrits. Mais les coûts d’une remise en exploitation furent trop importants. Le projet d’école ou de relance minière fut abandonné à la fin du Directoire en 1799.

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Représentation des mines du Phanitor (image créée par IA)

Au XIXe siècle, plusieurs tentatives de reprise furent engagées. En 1826, l'administration royale concéda l'exploitation des mines à Sylvain Cressant, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Saône. Cette décision fut contestée par les Grimaldi, qui durant plus de 25 ans tentèrent vainement de récupérer la propriété des mines. En 1843, une concession de mines de cuivre, plomb et argent à Giromagny fut accordée à Charles Pierre Colard, ancien substitut du procureur d’Épinal, moyennant une redevance annuelle payable même en l'absence d'exploitation des mines. Cette décision montre que l’on croyait encore à la valeur du sous-sol local, malgré l’ancienneté de l’exploitation. Mais les résultats restèrent décevants et Charles Pierre Colard abandonna en 1847. Les raisons de cet échec étaient multiples. D’une part, les filons les plus riches avaient déjà été largement exploités. D’autre part, les techniques industrielles modernes exigeaient des investissements plus lourds que ceux des siècles précédents. Enfin, d’autres bassins miniers offraient une rentabilité supérieure. Dans une notice à la Société Industrielle de Mulhouse en 1849, l'ingénieur Michel Furiet expliqua que les travaux faits à la mine Saint-Jean avec 52 ouvriers concernaient principalement l'épuisement des filons et des travaux de recherches stériles. Les minéraux sont toujours présents, mais leur exploitation entraînait des coûts bien trop élevés. Une firme anglaise et d’autres acteurs tentèrent encore des exploitations ou des prospections, mais aucune relance durable ne s’imposa. En 1878, Alphonse Vaville fonda la "Société des mines de Giromagny" dont le siège fut transféré à Lille en 1912. Cette société fit faillite en 1932, durement touchée par la crise financière de 1929. Au cours du XIXe et XXe siècle la production maximale ne fut que de quelques centaines de tonnes de minerai avec 75 % de plomb et 0,5 à 0,7 kg d'argent. Le sous-sol continua d’attirer l’attention, sans que cela ne produise une véritable renaissance industrielle. La Compagnie Royale Asturienne des Mines effectua des prospections en 1960 et 1982. En 1980, Elf Aquitaine demanda une concession pour une exploitation de tungstène. La concession couvrait alors une large zone comprenant Giromagny, Lepuix et les communes voisines.

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

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La galerie de droite de la mine des Lorrains

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Boisage dans la galerie de droite de la mine des Lorrains

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Champignons poussant sur le boisage de la galerie
de droite de la mine des Lorrains

Aujourd’hui, les mines de Giromagny sont mises en valeur par un sentier de découverte et par les travaux historiques locaux. Le sentier des mines permet de parcourir les anciens espaces exploités et d’expliquer au public le rôle de ce district dans l’histoire régionale. Ce patrimoine rend lisible l’ancien lien entre la commune et son sous-sol. L’intérêt de Giromagny ne tient pas seulement à ses vestiges, mais aussi à son rôle dans l’histoire économique du massif des Vosges. La commune fut pendant plusieurs siècles un centre de production, un lieu de pouvoir administratif et un point de passage technique entre l’Europe germanique et la France. C’est cette profondeur historique qui fait encore aujourd’hui la valeur du site.

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La galerie de gauche
de la mine des Lorrains

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La galerie de gauche
de la mine des Lorrains

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Le fond de la galerie de gauche
de la mine des Lorrains

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Galerie de la mine en grès

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Galerie de la mine en grès

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Galerie de la mine en grès

Les géologues estiment que la mine "Saint-Jean" exploitait le plus grand site de galène des Vosges méridionales. Le site comprend deux filons nommés Saint-Jean et Alabazin. Les estimations portent sur une exploitation de 25 000 t de galène donnant 15 000 kg d'argent pour le filon Saint-Jean et de 2500 t de galène donnant 1500 kg d'argent pour le filon Albazin. La mine "Saint-Jean", d'une profondeur de 250 m, était déjà en exploitation au début du XVIIe siècle. Elle fut abandonnée entre 1633 et 1653. La mine "Gesellschaft", abandonnée en 1633, fut, entre 1612 et 1630, la plus grande mine de la région. En 1619 y fut extrait 265 t de minéraux. La production fut de 195 t en 1620, de 262 t en 1621, de 161 t en 1622, de 148 t en 1629 et de 157 t en 1630. Ce minerai avait une teneur de 21 à 32 % de plomb et de 0,6 à 1,2 kg d'argent par tonne. En 1632, la production ne fut plus que 15 t de minerai avec un effectif de treize mineurs. La mine "Teutschgrund" (terre allemande), qui atteignit 200 m de profondeur, fut mentionnée pour la première fois en 1607. En 1619 y fut extrait 147 t de minéraux. La production fut de 166 t en 1620, de 137 t en 1621, de 111 t en 1622, de 183 t en 1629 et de 124 t en 1630. Ce minerai avait une teneur de 7 à 12 % de cuivre et de 1,8 à 2,5 kg d'argent par tonne. En 1632, la production ne fut plus que 27 t de minerai avec un effectif de 67 ouvriers, dont 24 mineurs. La mine "Pfennigthurm", également mentionnée pour la première fois en 1607, produisit, en 1619, 34 t de minerai. La production fut de 28 t en 1620, de 27 t en 1621, de 26 t en 1622, de 76 t en 1629 et de 67 t en 1630. Ce minerai avait une teneur de 7 % de cuivre et de 2,1 kg d'argent par tonne. En 1632, elle employait 64 ouvriers, dont 23 mineurs. En 1659, la production fut de 12 t de minerai. Elle fut de 85 t en 1667, de 54 t en 1678 et de 16 t en 1698. En 1680, vingt-deux pompes assuraient l’assèchement des galeries. En 1701, la production fut de 21 t de minerai avec une teneur d'argent de 3,9 à 4,8 kg par tonne. En 1741, Antoine de Ricouart, comte d'Hérouville de Claye, estimait que cette mine était la plus considérable du pays. Elle comptait alors douze puits de 32 m de profondeur chacun avec une profondeur totale de 384 m. La mine fut définitivement abandonnée en 1750. En 1619, la mine "Saint-Pierre" produisit 81 t de minerai. La production fut de 67 t en 1620, de 86 t en 1621, de 63 t en 1622, de 103 t en 1629 et de 99 t en 1630. Ce minerai avait une teneur de 2,8 à 3 kg d'argent par tonne. En 1632, la production ne fut plus que 15 t de minerai avec un effectif de 64 ouvriers, dont 26 mineurs. Abandonnée en 1633, la production reprit en 1648. En 1692, trente-quatre mineurs travaillaient dans cette mine et en 1700 cinquante ouvriers y étaient employés. En 1701, la production fut de 26 t de minerai. Selon le comte d'Hérouville de Claye, la mine "Saint-Pierre" comportait douze puits superposés pour une profondeur de 416 m. Elle employait encore 49 ouvriers, dont 28 mineurs en 1745, et fut abandonnée en 1750.

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(image créée par IA)

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Galerie de la mine en grès

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Galerie de la mine en grès

Plusieurs galeries de recherche improductives furent creusées au XVIe siècle au sud de la mine "Sanct-Georg" dont la "mine en grès" et la "mine des Lorrains". La plus importante, la "mine des Lorrains", redécouverte en 1990, doit son nom aux marques d'avancement des travaux gravées par les mineurs sur les parois, dont plusieurs en forme de croix de Lorraine. Cette mine présente deux galeries dont le début conservait des voies de roulage en hêtre daté par dendrochronologie de 1559/1563. La galerie de droite est longue de 80 m et celle de gauche est longue de 50 m. Ces galeries sont étonnamment hautes avec des plafonds à plus de 3,80 m à certains endroits. Au fond de la galerie de gauche est visible la technique de creusement du "Sitzort". La technique du "Sitzort" consistait à creuser la galerie en deux temps. Un premier mineur creusait une galerie d'environ 1 m de hauteur. Il était assis sur un bâton coincé en travers de la galerie et utilisait une pointerolle (dont cinq furent retrouvés dans la galerie) et un marteau. Il était éclairé par une lampe à suif. Son front de taille avançait de 5 à 6 cm par jour. Quelques mètres derrière lui, un deuxième mineur surcreusait la sole (le plancher de la galerie) à l'aide de coins et d'une masse. Il donnait à la galerie sa hauteur définitive, entre 1,80 et 2 m, en veillant à maintenir une pente à la galerie pour évacuer l'eau de ruissellement. Un troisième mineur assurait l'évacuation des déblais à l'aide d'une auge. Le fond de cette galerie est une vision directe du Moyen-âge. Elle est telle qu'elle fut laissée le jour de son abandon.

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L'entrée de la mine des Lorrains

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L'entrée de la mine en grès

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Le fond de la galerie de gauche de la mine des Lorrains

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La mine en grès

Ces photographies ont été réalisées en mai 2026.

 

Y ACCÉDER:

Le sentier minier débute au bout de la rue du Phanitor à Giromagny. Il est long de 4 km.

 



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Cette page a été mise en ligne le 5 mai 2026

Cette page a été mise à jour le 5 mai 2026