La basilique inachevée 

La basilique inachevée

Une ossature en béton attend au bord de la route près du village de Léojac des jours meilleurs. Le bâtiment avec un clocher ne laisse aucun doute sur son usage, il s'agit bien d'une église, mais à quel malheur doit-elle sa ruine ? En réalité, elle n'est pas ruinée, mais sa construction ne fut jamais achevée.

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La basilique des Fargettes est l'œuvre de l'abbé Garibaud. Il est né le 6 octobre 1872 à Vazerac et débuta son sacerdoce à Léojac le 27 juillet 1927 dans la modeste église dédiée à St-Symphorien. Celle-ci fut détruite en 1561 par les protestants puis reconstruite au cours du XVIIe siècle. Cette petite église n'était pas du tout du goût de l'abbé. Dirigeant la revue diocésaine "L'almanach catholique", il y fit paraitre un article où il décrit l'église comme "située dans un bas fond humide et malsain, avec ses murs bas et crevassés, sans chapelle latérale … elle reçoit la lumière que d'un côté, par des fenêtres étroites, avec son plafond bas et délabré, le gris de ses murs vétustes, elle constitue la demeure trop indigne du Maitre de la Terre et des Cieux ….". Usant de ses talents de communication, il parvint à faire paraitre le même descriptif, accompagné de photographies, le 28 janvier 1928, dans le journal "La Croix".

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En 1931, lassé d'attendre le "bon vouloir" de sa hiérarchie, l'abbé Garibaud rassemble le village sur un terrain qu'il avait choisit et y traça, à la charrue, le contour de la basilique qu'il avait prévu de construire. Il bénit le lieu et y fit planter une croix réalisée avec deux sapins. Le terrain, privé, ne fut acquis par le diocèse qu'en 1946 pour la somme de 10000 francs. En 1936, l'évêque de Montauban, Mgr Durand organisa un concours d'architecte pour la construction du bâtiment. C'est le projet de Pierre Moure, architecte de Montauban, qui fut retenu. Il s'agissait d'un édifice de plan rectangulaire de 32 m sur 14 m en béton armé avec six chapelles dont les voutes étaient hautes de 14 m. L'abside à sept pans s'appuyait sur un mur pignon en dessinant un arc brisé. Sur le côté sud-ouest se dressait un clocher, haut de 36 m. Les murs en béton étaient destinés à être recouverts d'un parement en briques rouges ponctuées de céramique vernissée en bleu. Le coût de l'édifice fut estimé à 400000 francs en 1936 et la construction fut confiée à l'entreprise Bonnafous. Le coût, largement sous-estimé, grimpa rapidement et passa à 1200000 francs en 1937. Pour faire face à ces dépenses, l'abbé fit appel à ses paroissiens qui furent sollicités financièrement et physiquement. Ce sont eux qui réalisèrent les terrassements. Une quarantaine de personnes creusèrent les fondations (1,50 m pour les murs et 2,50 m pour le clocher). Pour récolter des fonds, l'abbé fit réaliser un film qu'il présenta dans toutes les paroisses du département. Il expédia, avec l'aide de ses paroissiens, des lettres à toutes les paroisses de France et fit vendre des produits dérivés comme des cartes postales, des calendriers, des broches, des colliers, des timbres, etc.

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Le 20 novembre 1937, la hauteur des murs atteignit 2 m, puis 7 m le 5 février 1938 et 18 m le 12 avril 1938. À la fin avril 1938, le clocher culmina à 36 m. L'ossature en béton armé de la basilique était réalisée à cette date. Le 2 août 1938, une croix en fer forgé, haute de 10 m, fut installée au sommet du clocher. Faute d'argent et malgré tous les efforts de l'abbé, les travaux furent stoppés en août 1938. Ils ne reprendront jamais. La 2e Guerre mondiale mit un terme à la collecte de fonds. En 1944, l'abbé Garibad fut mis à la retraite à 72 ans. Il se retira à la maison de retraite de Montbeton où il décéda le 2 février 1950. Mgr Theas ordonna, au lendemain de la 2e Guerre mondiale, l'abandon du projet.

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Ces photographies ont été réalisées en septembre 2014.

 

Y ACCÉDER:

De Montauban, prendre la D70 en direction de Léojac et des Vergnous. La basilique est située sur la droite de la route avant le village de Léojac, au niveau du lieu-dit "Coste Rouge".

 



Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont données sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accés au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

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Cette page a été mise en ligne le 13 décembre 2014

Cette page a été mise à jour le 13 décembre 2014