Le musée de la torture 

Le musée de la torture

La violence fait partie de la nature humaine bien qu'à des stades différents en fonction des hommes et des femmes. L'imagination humaine est sans limites en ce qui concerne cette violence et la façon d'infliger de la souffrance à ses semblables. La torture a été utilisée depuis la nuit des temps et l'est toujours. Si la majorité des tortionnaires sont des hommes, des femmes se sont également tristement illustrées dans cette pratique.

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Instrument pour la punition des enfants (remarquez le nombreuses pointes)

La torture est utilisée comme châtiment, pour obtenir quelque chose (des aveux par exemple ou la combinaison d'un coffre), pour susciter un climat de terreur ou tout simplement par cruauté et sadisme. La torture a été officialisée en 1252 par le pape Innocent IV pour les procès des hérétiques. Elle devenait un moyen légitime pour obtenir les aveux ou des informations de la part des suspects. En 1256, le pape Alexandre IV étendit la pratique et permit aux inquisiteurs de "s'absoudre mutuellement en cas d'irrégularités commises au cours de leur travail". Les hérétiques pouvaient être soumis à toute forme de torture jugée adaptée par l'inquisiteur en vue de la recherche de la vérité. À partir du XIIIe siècle, le système inquisitoire pouvait condamner un accusé en se basant sur une des deux preuves légalement admises, l'aveu de l'accusé ou le témoignage de deux personnes. Afin d'établir une recherche plus rationnelle des preuves, la pratique de la torture fut codifiée au cours du XIVe siècle dans le "Manuel des inquisiteurs". Différents délits furent alors associés à l'hérésie dont, notamment, la sorcellerie. Il devint ainsi assez simple de se débarrasser de quelqu'un. Accusée de sorcellerie, la personne était soumise à la "question". Très peu d'entre elles résistèrent à la torture et la plupart avouèrent des crimes qu'elles n'avaient pas commis rien que pour faire cesser la souffrance.

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Instruments destinés à briser les membres

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Masque d'infamie

Les juridictions laïques réglementèrent la pratique de la torture dès le XIIIe siècle. Elles exclurent de ces pratiques les personnes fragiles comme les vieillards, les femmes enceintes (on attendait qu'elles aient accouché), les enfants et les nobles. À partir du XIVe siècle, la torture faisait partie du code d'instruction criminelle. Elle était utilisée de deux manières : la torture "préparatoire", utilisée pour faire avouer l'accusé avant son procès, et la torture "préalable", utilisée en tant que peine ou pour aggraver une peine. Jusqu'au XVIIIe siècle, la torture faisait partie de l'instrument ordinaire de la recherche de preuve. En France, l'ordonnance royale de Blois de 1498 stipulait que si le supplicié avouait son crime, il devait renouveler son aveu sans contrainte. Par contre s'il n'avouait pas sous la torture, il était acquitté. Au vu des instruments de torture présentée ci-après je pense que les acquittés ne devaient pas être nombreux. En France, chaque province avait le privilège de pratiquer la torture de son choix. À la fin du XVIIe siècle, le parlement de Paris tenta d'unifier les pratiques dans tout le royaume de France. La torture fut abolie en France par Louis XVI, la torture préparatoire en 1780 et la torture préalable en 1788.

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Le pilori servait à attacher un condamné afin de l'exposer à la vindicte populaire.

Des musées de la torture existent dans de nombreuses villes ayant gardé un aspect médiéval. Ils présentent différents instruments de torture plus effrayants les uns que les autres. Cependant, le professeur Wolfgang Schild de l'université de Bielefeld en Allemagne établit dans une étude que la quasi-totalité des instruments de torture présentés dans les musées sont des reproductions n'ayant jamais servi.

La cage

Le condamné y était enfermé et exposé aux intempéries, la cage étant accrochée aux remparts ou à une tour de la ville. Le condamné mourrait de soif et de faim avant d'être dévoré par les oiseaux et les insectes.

cage

banc

La table d'écartèlement

Il s'agit d'une table pourvue d'un cylindre à chaque extrémité. Le supplicié, étendu sur la table qui pouvait avoir des parties pointues, était attaché par les pieds et les mains à l'aide de cordes aux cylindres. En tournant les cylindres, le supplicié était étiré. L'élongation pouvait atteindre 30 cm avant de provoquer la mort. L'écartèlement était un moyen d'exécution pour les crimes les plus graves tels que le régicide. Dans ce cas, les membres du condamné étaient attachés à quatre chevaux…

Briseur de genoux

Cet instrument était utilisé par les inquisiteurs espagnols. Le genou était placé entre les deux barres munies de pointes qui étaient ensuite serrées à l'aide des vis. Cette torture rend invalide et était parfois utilisée sur d'autres parties du corps.

brise genoux

ane

 

 

L'âne espagnol

Le supplicié était assis, nu, à cheval sur une structure en "V" inversée. Le bourreau lui attachait des poids aux pieds pour augmenter la pression.

La poire d'angoisse

Cet instrument en forme de poire possède des parois qui s'écartent sous l'action d'une vis. Parfois, les parois étaient également munies de pointes. L'instrument fut utilisé par l'inquisition sur les homosexuels, les femmes accusées d'avoir couché avec le diable, les menteurs et les blasphémateurs. La poire d'angoisse était introduite dans la bouche, l'anus ou le vagin et provoquait la mort par déchirement des organes.

poire

vierge

La vierge de fer ou de Nuremberg

Il s'agit d'un sarcophage dont l'intérieur est hérissé de pointes. Il s'agit d'une méthode lente et douloureuse de torture. Le supplicié était transpercé par les pointes placées judicieusement pour éviter les organes vitaux. Réservée aux hérétiques, l'agonie pouvait durer jusqu'à trois jours.

La chaise d'inquisition

Utilisée au XVIIIe siècle, la chaise est hérissée de pointes. L'accusé y était attaché et soumis à la "question".

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Brise crâne

La boucle munie de pointes était placée autour du crâne puis serrée à l'aide de la vis jusqu'à faire éclater le crâne.

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Ceinture de St-Erasme

La boucle, munie de pointes, passée autour de la cage thoracique provoquait des blessures à chaque respiration. Le supplicié mourrait généralement de septicémie et de gangrène. Cet instrument était utilisé entre 1500 et 1800.

 

Cigogne à estropier

Cet instrument servait à attacher les bras, le cou et les jambes dans une position qui provoquait des crampes abdominales et dans le rectum. Le supplicié pouvait également être frappé, écrasé, ébouillanté, etc. L'appellation de cet instrument fut donnée par Muratoni qui l'attribua aux archives judiciaires et inquisitoires de Rome et de Milan entre 1550 et 1650.

cigogne

tonneau

 

Tonneau-pilori

Le condamné était immergé dans un tonneau rempli d'eau ou avec le contenu de la fosse des latrines. Un anneau de grande dimension disposé autour du cou du condamné et lesté de poids obligeait celle-ci à rester accroupie dans le tonneau. Le tonneau-pilori était utilisé pour punir les ivrognes.

 

Morailles

L'anneau en fer, muni, côté interne, d'une boite rectangulaire, était fixé sur la tête du supplicié, la boite insérée dans sa bouche. L'instrument était utilisé pour faire taire les cris du supplicié afin de ne pas gêner les entretiens entre les inquisiteurs. La respiration du supplicié se faisait au travers d'une ouverture pratiquée dans la boite et que le bourreau pouvait obstruer à sa guise.

morailles

 

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Masques d'infamie
Ils étaient utilisés pour humilier le condamné qui devait le porter en public.

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guillotine

Guillotine

Cet instrument permet de décapiter le condamné au moyen d'une lame en biseau coulissant entre deux montants verticaux. Elle permet une décapitation plus sûre et plus rapide qu'avec l'épée ou la hache du bourreau. Popularisé lors de la Révolution française où le professeur Guillotin (1738-1814), député aux états généraux de 1789, fit approuver le principe de la peine unique pour tous (nobles ou roturiers) exécuté par l'instrument qui portera son nom. Contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas lui qui l'inventa.

Chaise à garrot

Le dossier de cette chaise est muni d'une lanière de cuir ou en fer que l'on passait autour du cou du supplicié. Une vis, qui s'applique conte la nuque, permettait d'étrangler petit à petit le supplicié, soit de lui briser les cervicales et de le laisser paralysé.

chaise a garrot

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Corset de fer

Il s'agit ici du contraire d'un instrument de torture (bien que). Les nobles étaient souvent contraints par leur fonction à rester assis ou debout durant des heures lors des audiences. Ces corsets leur permettaient ainsi de maintenir leur position.

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Ceinture de chasteté

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Autres instruments de torture

Ces photographies ont été réalisées en mars 2016.

 

Y ACCÉDER:

Le musée de la torture est situé dans le Palazzo Guinigi Magrini, via Fillungo à Lucca. Son entrée est payante.

 



Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont données sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accés au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

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Cette page a été mise en ligne le 16 mai 2016

Cette page a été mise à jour le 16 mai 2016