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Le fort de Beauregard, construit en 1831, fait partie des 25 ouvrages conçus au fil des siècles pour la défense de la ville. Après 1871, il fut intégré dans le camp retranché de Besançon conçu par le général Séré de Rivières. N'ayant pas servi pendant la guerre de 1870 ni durant les deux Guerres mondiales, le fort fut laissé à l'abandon après la 2e Guerre mondiale. L'ancienne fortification a été réhabilitée par la ville de Besançon et est devenue un square offrant une belle vue sur la ville.

Le fossé est

Le casernement
Lors du siège de Besançon du 19 avril au 22 mai 1674 par les troupes de Louis XIV, ceux-ci installèrent au sommet de la colline de Chaudanne et sur la colline de Bregille des batteries d'artillerie. Celles-ci entamèrent à partir du 10 mai le bombardement de la citadelle espagnole et de la ville. Jusqu'au 15 mai où la ville capitula, celle-ci reçut plus de 20 000 boulets. La citadelle résista jusqu'au 22 mai. La Franche-Comté fut rattachée à la France en 1678. Chargé de revoir les fortifications de la ville, Vauban refusera cependant de fortifier la colline de Chaudanne et la colline de Bregille prétextant que si l'ennemi parvenait à s'emparer de ces fortifications, elles deviendraient des lieux idéaux pour bombarder la citadelle. Des plans de 1791 relèvent cependant la présence d'ouvrages terrassés aux emplacements des actuels forts de Beauregard et de Bregille. En 1792, les fortifications de la ville furent renforcées par la construction de cinq "Lunette d'Arçon" sur les hauteurs, deux en bordure de la combe sud, ainsi qu'à Chaudanne, Bregille et Beauregard. Celle de Bregille ne sera pas réalisée et la construction des quatre autres ne fut pas immédiate, de sorte que seule celle de Chaudanne, achevée en 1797, était opérationnelle lors du siège de 1814. Il s'agit d'une sorte de bastion détaché constitué d'un réduit de sûreté formé d'une tour ronde à deux niveaux (l'un servant d'abri et l'autre au combat) entourés de deux coffres casematés de contrescarpe précédée du côté de l'attaque par un fossé. Les coffres sont reliés au réduit par des galeries souterraines.

Le fossé est


Le pont de l'entrée

La porte charretière
Alors que la construction de la "Lunette d'Arçon" de Beauregard n'était pas achevée, la place de Besançon fit l'objet en 1814 d'un blocus par les Autrichiens lors de la campagne de France opposant les troupes napoléoniennes aux alliés de la Sixième Coalition. Le 1er janvier 1814, la défense de Besançon fut confiée au général Marulaz qui eut à défendre la ville contre les Autrichiens à Bregille et aux Chaprais et contre les troupes liechtensteinoises à Planoise. Les Autrichiens établirent leur artillerie sur la colline de Bregille le 31 janvier 1814, dans le petit ouvrage terrassé, et menacèrent de faire feu sur la citadelle. Bien que les canons de la citadelle firent feu sur la batterie ennemie, provoquant des dégâts considérables, la situation resta bloquée jusqu'au 2 mai 1814, alors même que Napoléon avait abdiqué le 6 avril 1814. Dès la fin de ce conflit on reprit les travaux de construction de la "Lunette d'Arçon" de Beauregard qui s’achevèrent en 1831. Mais cet ouvrage fut très rapidement jugé obsolète. Après l'acquisition de nouveau terrain en 1841, la lunette de Beauregard fut transformée à partir de 1845 pour devenir le fort actuel de Beauregard destiné à assurer le flanquement du fort de Bregille. Les travaux ne furent totalement terminés qu'en 1870. Après la défaite de 1871, le général Séré de Rivières entreprit la construction d'une nouvelle ligne de défense des frontières nord et est de la France. Cette ligne était constituée d'une série de forts censés canaliser les troupes ennemies vers des points de passage fortement défendu. Les villes situées sur ces lieux de passage furent dotées de nombreux forts comme Verdun, Épinal ou Belfort. À Besançon fut mis en place un nouveau camp retranché en deux phases. Entre 1872 et 1880, les positions du camp de 1871 furent en grande partie reprises avec une extension vers le nord, puis, entre 1889 et 1893, il fut procédé à un élargissement vers l'ouest et le sud. On aboutit à partir de 1893 à une ceinture de 25 forts et batteries sur un périmètre de 50 km autour de la ville.

Le casernement

Le casernement

La porte charretière (côté interne)

Le casernement
Le fort ne servit pas durant les deux Guerres mondiales, la ville de Besançon n'ayant pas été impliquée lors de ces conflits. Le fort fut cependant touché lors du bombardement par un avion anglais du funiculaire de Bregille le 16 juillet 1943. Laissé à l'abandon après la 2e Guerre mondiale, le fort fut acquis par la ville de Besançon en 2010 et transformé en square public. Le casernement accueille un centre d'artistes.


La casemate centrale
Le fort présente un plan polygonal proche d'un triangle. Il était à l'origine constitué d'une casemate centrale entourée d'un mur d'escarpe à créneau de pied, ainsi qu'un fossé et une contrescarpe en terre. Un chemin de ronde protégé par un parapet à meurtrières complétait ce mur d'escarpe. La caserne de deux étages, donnant directement sur la ville, fermait l'ouvrage. La partie basse de la caserne est percée de meurtrières et l'étage possède de hautes fenêtres rectangulaires. On y accède depuis la cour intérieure du fort par une porte qui s'ouvre au milieu de l'étage. Cette porte est surmontée d'une bretèche en saillie de style médiéval. Le toit, construit en terrasse, est protégé par un parapet à créneaux. La cour du fort est accessible par une porte charretière qui comporte, côté extérieur, l'inscription "Fort Beauregard — 1848". Cette porte, située dans le front sud, est précédée d'un pont soutenu par deux piles permettant le franchissement du fossé. Sur le côté de la caserne, une volée d'escaliers courbes permet de rejoindre une poterne donnant accès à l’esplanade devant la caserne. De cette esplanade un escalier droit permet de descendre jusqu'au Doubs.

Le casernement


La cour devant le casernement
Lors de la transformation du fort en square une partie du fossé (côté attaque) ainsi que la cour intérieure jusqu'au niveau supérieur des parapets, ont été comblés. Le chemin de ronde, les traverses et les banquettes d'infanterie ont aussi disparu. La casemate centrale sert maintenant de surélévation d'où est visible le panorama.

La poterne

L'escalier de la poterne

La cour du casernement
Ces photographies ont été réalisées en février 2026.
Y ACCÉDER:
Le fort de Beauregard est librement accessible depuis le chemin du fort de Bregille à Besançon. Les intérieurs du casernement ne sont pas toujours visitable.
Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont donnés sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accès au lieu se fait sous votre seule responsabilité.
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Cette page a été mise en ligne le 7 mars 2026
Cette page a été mise à jour le 7 mars 2026