La batterie d'artillerie de Quiberon

Dès le début de la guerre, les Allemands firent de Lorient leur principale base de soutien aux sous-marins. Le premier sous-marin allemand fit escale à Lorient le 7 juillet 1940. L'amiral Dönitz, commandant la flotte des sous-marins, y établit son quartier général le 16 octobre 1940. La construction de la base sous-marine de Kéroman commença en février 1941. La base de Lorient prit rapidement une importance stratégique et fut de ce fait, la cible de la Royal Air Force. Le premier bombardement eut lieu le 27 septembre 1940. Pour assurer la protection de cette base, les Allemands réalisèrent plusieurs lignes de défense. La protection antiaérienne était réalisée par trente batteries de DCA de gros calibre. Pour la défense terrestre et contre les éventuels débarquements, pas moins de 550 casemates furent construites. Ces casemates étaient armées par toutes sortes d'armes telles qu'artillerie de marine, artillerie de campagne, canon antichar, mitrailleuses, mortiers et lance-flammes. Un fossé antichar de 3,50 m de large et 2,50 m de profondeur entourait Lorient et 36000 mines avaient été posées. Ces fortifications étaient prévues pour stocker armes, munitions et vivres permettant aux 12000 hommes de la garnison de résister à deux mois de siège. La base qui abritait 25000 hommes résista pendant neuf mois (du 7 août 1944 au 10 mai 1945) aux alliés.

la tour
La tour de direction de tir

Pour assurer la protection de la base contre une attaque venant de la mer, les Allemands installèrent autour de la baie sept batteries lourdes. En 1944, ces batteries comprenaient huit canons de 105 mm, quatre canons de 164 mm, quatre canons de 170 mm, quatre canons de 203 mm et trois canons de 340 mm. Ces différentes batteries étaient organisées en points d'appui indépendants assurant leur propre défense. Elles étaient constituées de casemates abritant les canons, de casemates pour les munitions, d'abris pour le personnel et de casemates pour les canons antichar et les mitrailleuses. La protection antiaérienne était assurée par des canons de DCA. Chaque batterie était équipée de groupes électrogènes et de projecteurs.

vue sur les dunes
Vue sur les dunes truffées de bunker depuis un encuvement de canon

Dans les dunes au début de la presqu'île de Quiberon, au lieu dit le Bégot, fut établi en 1943, la plus puissante des batteries allemandes. Elle pouvait prendre sous son feu l'ensemble de la baie de Lorient, de Belle-Île à Groix. Pour cette batterie, les Allemands récupérèrent sur le champ de tir de l'armée française de Saint-Pierre de Quiberon, trois canons Schneider de 340 mm montés sur des affûts sur voies ferrées. Ces canons dataient de 1912 et étaient utilisés durant la Grande Guerre par l'armée française. Pour installer les canons, les Allemands réalisèrent quatre cuves en béton de 36 m de diamètre. De chaque côté de la cuve étaient placés deux abris pour les munitions. Les canons furent installés dans les cuves après démontage des trains de roulement. Chaque canon avait un poids de 164 tonnes. Sa longueur totale était de 19,50 m dont 15,30 m pour le tube du canon. La portée maximale était de 44400 m et l'obus pesait 432 kg. Contrairement aux autres batteries, ces canons n'ont pas été protégés par des bunkers en béton.

la cuve
Une des cuves pour canon

la cuve à canon
La cuve avec les soutes à munitions

À l'arrière de ces positions se trouve une tour de direction de tir haute de 14 m. Cette tour abritait un télémètre de marine et différents appareils de visée optique. Cette tour et son bunker abritaient également le poste de commandement de la batterie. À proximité était installé un radar "Würzburg See Riese" assurant la détection lointaine des navires. Autour des installations sont disséminés 60 bunkers servant de soutes à munitions, d'abris pour le personnel et de casemates de défense. En 1945, la batterie était desservie par 310 hommes.

Durant le siège de Lorient, ces nombreuses casemates, armées entre autres de dix canons de 75 mm, permirent aux Allemands de se maintenir dans la batterie malgré son isolement. Le 16 février 1945, les Allemands réussirent à retourner les canons pour tirer sur le front terrestre. Ils tirèrent en direction de Vannes et prirent pour cible le poste de commandement français distant de 25 km. Des témoins comparaient le passage des obus au bruit fait par le passage d'un wagon de métro. L'artillerie américaine et française neutralisa la batterie après plusieurs jours de bombardement. La tour de direction de tir subit de nombreux impacts qui ne réussirent cependant pas à la détruire.

la tour
La tour vu depuis la cuve

un des bunkers
Un des abris pour le personnel

une autre cuve
Une autre des quatre cuves

Ces photographies ont été réalisées en août 1996.

 

Y ACCÉDER:

L'emplacement de la batterie est facile à trouver dans les dunes à l'entrée de la presqu'île de Quiberon. La tour de direction de tir se voit de loin.

 

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Cette page a été mise en ligne le 11 janvier 2009

Cette page a été mise à jour le 12 février 2015