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Dominant la Manche depuis les falaises de la pointe de la Crèche, à près de 76 m d'altitude, le fort de la Crèche constitue l'un des ensembles défensifs les plus remarquables du littoral boulonnais. Bien qu'il soit couramment désigné sous le nom de fort, il s'agit en réalité d'une batterie côtière permanente appartenant au système défensif imaginé par le général Raymond Adolphe Séré de Rivières après la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Le site possède toutefois une histoire militaire beaucoup plus ancienne. Depuis l'époque napoléonienne jusqu'au Mur de l'Atlantique allemand, près de cent cinquante années de fortifications se sont succédé sur cette même hauteur stratégique. Le fort actuel résulte ainsi d'une superposition exceptionnelle de constructions françaises et allemandes, faisant de la Crèche un véritable conservatoire de l'architecture militaire des XIXe et XXe siècles.

Le casernement

Le
casernement
La pointe de la Crèche forme l'extrémité occidentale d'un plateau crayeux dominant brutalement la mer. Cette falaise offre une vue jusqu'au cap Gris-Nez, un contrôle visuel sur toute la baie Saint-Jean et une surveillance naturelle du détroit. Avant même les aménagements militaires, cette hauteur servait probablement de point de guet dès la Protohistoire. Des découvertes archéologiques attestent d'une occupation ancienne du secteur, notamment durant le Néolithique puis l'époque gallo-romaine. Les populations locales y bénéficiaient d'un remarquable observatoire sur les voies maritimes reliant la Bretagne insulaire au continent. La véritable militarisation du site débuta avec Napoléon Bonaparte. En 1803, le Premier Consul rassembla à Boulogne près de 150 000 soldats destinés à l'invasion de l'Angleterre. Toute la côte fut transformée en gigantesque camp retranché. Des dizaines de batteries furent construites à Ambleteuse, à Wimereux, au Portel et sur les hauteurs de Boulogne. La pointe de la Crèche devient rapidement un élément essentiel du dispositif. Afin d'interdire l'approche des navires britanniques, Napoléon décida la construction d'un fort implanté directement sur un récif au large. Ce fort était très proche dans sa conception du fort de l'Heurt, situé plus au sud. Il comprenait une plateforme d'artillerie, plusieurs niveaux casematés et une garnison permanente. Les difficultés de construction en pleine mer, les tempêtes et les moyens techniques limités rendaient toutefois son entretien extrêmement difficile. Après l'abandon du projet d'invasion de l'Angleterre, il fut progressivement laissé à l'abandon. Aujourd'hui seules quelques fondations sont encore visibles à marée basse. En arrière de la pointe fut également construit le fort de Terlincthun. Contrairement au fort maritime, il s'agissait essentiellement d'un retranchement de terre renforcé par des maçonneries. Il devait protéger les batteries côtières, les réserves de poudre et les voies d'accès au plateau. Après la chute de l'Empire, cet ouvrage est progressivement démantelé. Il n'en subsiste aujourd'hui pratiquement aucun vestige visible.

Le casernement

Une des chambrées du casernement

Une des traverse-abri

Vestige d'une traverse-abri
Pendant plusieurs décennies, la défense côtière française demeura relativement négligée. La guerre franco-prussienne bouleversa totalement cette situation. La défaite de Sedan en septembre 1870 démontra la vulnérabilité des anciennes fortifications, l'efficacité de l'artillerie rayée moderne et la nécessité de protéger les grands ports militaires et commerciaux. Le gouvernement chargea alors le général Raymond Adolphe Séré de Rivières de concevoir un nouveau système défensif. Son principe reposait sur des forts dispersés, des batteries enterrées, une meilleure résistance aux obus explosifs et l'utilisation du relief naturel. Boulogne devint rapidement l'un des secteurs retenus. Les travaux commencèrent vers 1878 et durèrent une année. Le fort appartint à une série de batteries côtières identiques protégeant Boulogne : la batterie de la Tour d'Ordre, le fort d'Alprech, la batterie du mont de Couppe et la batterie de la Crèche. Ces ouvrages constituaient un véritable verrou destiné à empêcher toute attaque navale contre le port. À la pointe de la Crèche, les ingénieurs choisirent d'édifier une batterie permanente relativement discrète. Contrairement aux forts bastionnés du XVIIe siècle, le nouvel ouvrage privilégiait les terrassements et les positions enterrées. L'objectif était de rendre l'artillerie difficile à repérer depuis la mer. Le fort adopta le plan caractéristique des batteries côtières Séré de Rivières avec une enceinte polygonale, un fossé sec, un mur d'escarpe maçonné, un casernement, une poudrière voûtée, plusieurs traverses-abris, des plateformes d'artillerie, un puits et une place d'armes centrale. Le fossé sec fut creusé directement dans la craie et présentait une largeur moyenne de 6 à 8 m et une profondeur atteignant localement 5 m. Ses parois étaient revêtues d'une maçonnerie de moellons calcaires soigneusement appareillés. Le casernement constituait le cœur de l'ouvrage. Construit en maçonnerie de pierre et de brique, il était recouvert d'une importante masse de terre. Les salles étaient couvertes par des voûtes en berceau réalisées en brique. Les magasins à poudre figurent parmi les espaces les mieux conservés. Chaque poudrière comporte un vestibule, une salle principale, un système de ventilation naturelle et des niches destinées aux lampes protégées. Les voûtes sont particulièrement épaisses. Les sols étaient autrefois recouverts d'un plancher en bois afin d'éviter les étincelles. Les portes étaient doublées de cuivre ou de bronze sur leurs ferrures pour supprimer tout risque lié aux chocs métalliques. Entre les plateformes d'artillerie prenaient place plusieurs traverses-abris. Ces massifs de terre renfermaient des locaux voûtés destinés à protéger les servants des éclats d'obus. Leur disposition perpendiculaire aux lignes de tir limite les effets des explosions latérales. Le fort possédait plusieurs citernes alimentées par les eaux pluviales recueillies sur les toitures et des systèmes de caniveaux maçonnés. L'eau était filtrée avant stockage. La garnison permanente ne dépassait généralement pas une centaine d'hommes. À l'origine, l'armement comprenait quatre canons de 19c Modèle 75-76 et, sur le front nord, 4 pièces de 95 mm en une ligne. Ces canons étaient installés sur des plateformes découvertes sur des affûts circulaires offrant une rotation complète de 360°, afin de couvrir aussi bien la rade que le détroit. Les plateformes étaient séparées par de puissantes traverses de terre servant à limiter les effets des explosions et à protéger les servants. À son achèvement, vers 1879, le fort de la Crèche constituait l'une des batteries permanentes les plus modernes du système défensif de Boulogne-sur-Mer. Conçu pour résister aux progrès de l'artillerie rayée et protéger les approches maritimes du premier port de pêche français de l'époque, il entra rapidement en service.

Plan du fort Séré de Rivières

Le casernement

La cour devant le casernement
À partir de 1880, la batterie fut intégrée à la Défense mobile des côtes, placée sous l'autorité du ministère de la Guerre. En temps de paix, le fort n'abritait qu'un effectif limité constitué généralement d'un officier commandant la batterie, de deux à trois sous-officiers, d'une cinquantaine d'artilleurs et de quelques spécialistes chargés des transmissions et de l'entretien. En cas de mobilisation, l'effectif pouvait dépasser 120 hommes. À partir des années 1890, l'évolution des explosifs transforma profondément la guerre. L'apparition de la mélinite, des obus à forte puissance explosive, des poudres sans fumée et de l'artillerie navale moderne réduisit considérablement la protection offerte par les anciennes maçonneries. Le ministère de la Guerre décida alors de moderniser progressivement les batteries côtières. À la Crèche, les voûtes furent recouvertes d'une importante épaisseur de terre et certaines parties furent renforcées par des couches supplémentaires de béton, des blindages métalliques et des traverses plus épaisses. Les magasins à poudre furent particulièrement protégés. Leur accès fut organisé selon un système de sas destiné à limiter les risques d'explosion accidentelle. La fin du XIXe siècle vit apparaître un réseau moderne de télécommunications militaires. Des postes d'observation avancés furent également installés sur les falaises. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en août 1914, le fort fut immédiatement remis en état de guerre. Bien que Boulogne ne fut jamais directement attaquée par la flotte allemande, la ville devint un port stratégique de première importance accueillant des centaines de milliers de soldats britanniques, des convois de ravitaillement, des transports sanitaires et des unités de la Royal Navy. Contrairement aux forts de Verdun ou aux batteries belges de la côte flamande, la Crèche ne participa pas à de grands combats d'artillerie. À la fin de la Grande Guerre, le fort demeurait en bon état général. Le conflit démontra toutefois les limites des batteries côtières héritées du XIXe siècle. L'aviation militaire apparut comme une menace nouvelle. Les canons installés à ciel ouvert devenaient vulnérables. Les autorités militaires envisagèrent une modernisation complète. Toutefois, les restrictions budgétaires des années 1920 limitèrent fortement les investissements. Les principaux travaux consistèrent à réparer les maçonneries, à remettre en état les réseaux de drainage, à renforcer certaines voûtes et à moderniser les installations de transmission. Les anciennes pièces d'artillerie furent remplacées par quatre canons de 194 mm modèle 1902 ayant chacun deux soutes à munitions. Le mur d'enceinte fut partiellement démoli pour leur faire place. Un poste de contrôle de tir dans une casemate bétonnée fut construit sur la pointe, en haut de la falaise. Il fut équipé de télémètres optiques de grande portée, d'instruments de calcul balistique et de postes téléphoniques protégés. Le fort fonctionnait désormais comme un centre de coordination des batteries voisines plus que comme une simple batterie autonome.

Les fortifications de la pointe de la Crèche



La jetée nord du port de Boulogne



Pendant la bataille de France en mai-juin 1940, le fort fut le théâtre de violents combats. La batterie était dirigée par le lieutenant de vaisseau René de Forton. Le 23 mai 1940, la batterie fut investie par des chars, malgré la destruction à bout portant d'un char léger et de deux automitrailleuses. Le combat se poursuivit alors avec des mitrailleuses et ce n'est qu'après deux heures de combat que les marins de la batterie, à court de munitions, se rendirent. Le contre-torpilleur Chacal fut coulé au large du Portel alors qu'il tentait de stopper l'avancée allemande. Après la campagne de France, Boulogne-sur-Mer fut occupée par la Wehrmacht. Les ingénieurs militaires allemands inspectèrent immédiatement les anciennes batteries françaises. Le fort de la Crèche présentant plusieurs avantages (altitude importante, excellente visibilité, infrastructures encore utilisables et proximité immédiate du détroit), il fut donc intégré au vaste système défensif que l'Allemagne entreprit de construire sur toute la façade atlantique. En juin 1940, la Kriegsmarine prit possession des lieux en y affectant un détachement du Marine-Artillerie-Abteilung 240 sous le commandement du Korvetten-Kapitän Fritz Diekmann. Les quatre canons de 194 mm, endommagés par les combats, furent réparés et camouflés pour éviter qu'ils ne soient repérés par l'aviation alliée. En arrière de chaque canon fut construit un abri pour le personnel. La batterie fut protégée des raids alliés par des pièces antiaériennes britanniques et françaises. Le fort fut alors appelé Batterie Crèche I. Au nord de la pointe, les Anglais avaient abandonné une batterie de quatre pièces de 94 mm Vickers M39. Le Marine-Artillerie-Abteilung 240 reprit cette batterie et en fit une batterie antiaérienne dénommée Crèche II. Des encuvements pour les canons et des bunkers pour personnel furent construits. Les quatre pièces de 75 mm Mle 1897, installées derrière le fort en 1931 par les Français pour la défense antiaérienne, constituèrent la batterie Crèche III. Dès l'été 1940, le poste de direction de tir français est remis en fonction. Sur le toit du poste de direction de tir fut ajoutée une petite pièce d'observation sur laquelle fut implanté un télémètre. Un projecteur allemand d'un diamètre de 150 cm vint remplacer le projecteur français. En avant du poste de direction de tir, un projecteur modifié pour repérer des navires fut implanté dès 1941, avec un blockhaus pour le protéger.

Le poste de direction de tir à la Pointe de la Créche


Encuvement de canon au fort

Encuvement de canon au fort

La jetée prolongeant la Pointe de la Crèche

La jetée prolongeant la Pointe de la Crèche
À partir de 1942, Hitler ordonna la réalisation du Mur de l'Atlantique, destiné à empêcher tout débarquement allié. Le secteur de Boulogne devint l'un des plus puissamment fortifiés. Les Allemands considèrent en effet que le Pas-de-Calais représentait l'endroit le plus probable pour une future invasion alliée. Le fort de la Crèche reçut alors des installations entièrement nouvelles. Plusieurs blockhaus importants pour mitrailleuses ou pour canon antichar furent érigés autour du fort. Dès 1942, les trois batteries Crèche ainsi que la pointe furent regroupées dans une même position codée Stützpunkt 01 La Crèche. En 1943, elle sera renommée Arnika 221. En 1943, sur la pointe de la Crèche furent installées un canon de 155 mm français dans un blockhaus R611 et deux canons de 76,2 mm russes, dont l'un dans un blockhaus R669. Un blockhaus R634 fut également implanté sur la pointe. En 1944, une batterie de quatre pièces de 10,5 cm SK/C 32 vint remplacer les canons français. Les anciennes plateformes furent remplacées par des blockhaus permettant de protéger le nouveau canon, et intégrant les anciennes soutes françaises. Deux pièces de 194 mm furent conservées et un quatrième blockhaus, aujourd'hui détruit, prit place sur la route de Terlincthun. Les quatre pièces de 94 mm Vickers M39 furent protégées par des blockhaus de type R671. Plusieurs tobrouks, petits ouvrages circulaires semi-enterrés accueillant une mitrailleuse MG34 ou MG42, assuraient la défense rapprochée du fort contre une attaque d'infanterie. L'ensemble fut complété par un vaste réseau de tranchées bétonnées. L'une des principales transformations allemandes concerna les circulations internes. Les différents ouvrages furent reliés par des chemins couverts, par des tranchées bétonnées et par des galeries enterrées pour certains secteurs. Ces aménagements vinrent se greffer autour de la batterie française sans la détruire totalement.

Plan de la position allemande du cap de la Crèche



Vestige d'une traverse-abri dans le fort


Plan d'un regelbau 671

Blockhaus R611

Plan d'un regelbau 630

Plan d'un regelbau 634
À partir de 1943, les Alliés identifièrent le secteur de Boulogne comme un objectif stratégique. Le fort de la Crèche subit plusieurs bombardements aériens. Les ouvrages allemands en béton résistèrent remarquablement bien grâce à l'épaisseur de leurs dalles, souvent supérieure à deux mètres. Après le débarquement de Normandie, les forces alliées progressèrent rapidement vers le nord de la France. Boulogne-sur-Mer fut encerclée à la mi-septembre 1944. Les positions côtières allemandes, dont la Crèche, participèrent à la défense de la Festung Boulogne (forteresse de Boulogne), conformément aux ordres d'Hitler. Elles furent soumises à de violents bombardements d'artillerie et à des attaques terrestres menées principalement par les unités canadiennes de la 3 rd Canadian Infantry Division, appuyées par des chars spécialisés de la 79 th Armoured Division britannique. Le fort de la Crèche, comme les autres batteries du secteur, fut progressivement réduit. Les tirs d'artillerie lourde, les bombardements aériens et les assauts d'infanterie finirent par neutraliser les positions allemandes. La garnison de Boulogne capitula le 22 septembre 1944, mettant fin à plus de quatre années d'occupation.


Blockhaus SK/KM dans le fort

Blockhaus SK/KM dans le fort

Blockhaus SK/KM dans le fort

Blockhaus SK/KM dans le fort


Plan d'un regelbau 626

Plan d'un regelbau L669
Après-guerre, le site fut laissé à l'abandon, plusieurs ouvrages furent habités par des sans domiciles fixes et une partie du fort, bien qu'appartenant toujours à la Marine, servit à la ferme proche. La plupart des ouvrages furent abandonnés à la nature qui reprit ses droits et au vandalisme. Depuis 2002, l'Association du Fort de la Crèche restaure au fur et à mesure les différents ouvrages du site et propose désormais des visites guidées avec illustrations et photos d'époque. Les blockhaus de la Crèche II et de la pointe furent aussi victimes de la nature et de l'homme, puisque plusieurs ouvrages sont tagués ou sont tombés ces dernières décennies à la suite des éboulements de la falaise. La plupart des ouvrages de ces deux positions ont été fermés par le Conservatoire du Littoral, propriétaire des lieux, pour éviter tout accident.

Blockhaus SK/KM

Blockhaus SK/KM

Blockhaus SK/KM

Blockhaus SK/KM

Plan d'un regelbau R611

Blockhaus SK/KM dans le fort

Plan d'un regelbau 658

Plan d'un regelbau R105
Malgré les bombardements de 1944 et plusieurs décennies d'abandon, une grande partie des structures d'origine est encore en place. Les éléments les mieux conservés sont les fossés, les traverses, les poudrières, les casernements voûtés, les blockhaus allemands, différents tobrouks et les plateformes d'artillerie. En revanche, les anciennes pièces d'artillerie, les affûts, les équipements métalliques et la plupart des aménagements intérieurs ont disparu, soit récupérés après la guerre, soit détruits. L'Association du Fort de la Crèche a récupéré un des canons de 130 mm du contre-torpilleur Chacal, coulé non loin de là en juin 1940. Le fort de la Crèche est bien plus qu'une simple batterie côtière. Il constitue un véritable palimpseste de l'architecture militaire, où se lisent près de cent cinquante années d'évolution des techniques de fortification. Héritier des ambitions napoléoniennes, conçu selon les principes de Séré de Rivières, profondément remanié par l'armée allemande dans le cadre du Mur de l'Atlantique, puis progressivement redécouvert et restauré, il offre aujourd'hui un témoignage exceptionnel de l'histoire militaire du littoral boulonnais.

Canon de 130 mm du contre-torpilleur Chacal

Blockhaus R671

Poste de direction de tir

Encuvement de pièce Flak
Ces photographies ont été réalisées en juin 2026.
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Le fort de la Crèche et la pointe de la Crèche se situent entre Boulogne-sur-Mer et Wimereux au niveau du rond-point du croisement entre la D940 et la D96.
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Cette page a été mise en ligne le 25 septembre 2026
Cette page a été mise à jour le 25 septembre 2026