La batterie d'artillerie de Crisbecq

crisbecq 14
Face avant d'une des casemates type 683

Cette batterie était la plus puissante en baie de Seine et la seule batterie lourde dans le secteur des plages du débarquement. Nommée batterie STP134 Marcouf par les Allemands, elle était dénommée Crisbecq battery par les Américains.

crisbecq 1
Une des casemates type 683

crisbecq 3
Face avant d'une des casemates type 683

La batterie fut construite en 1942 pour être administrée par l'armée de terre allemande, la Wehrmacht. Elle comprenait alors 6 canons de 155 installés dans des encuvements et plusieurs abris. Elle fut par la suite confiée à la marine allemande, la Kriegsmarine, qui remplaça les canons de 155 par 4 canons de 210 K39/40 L52, fabriqué par Skoda d'une portée de plus de 30 km. Y fut rajouté un canon de 150 SKL45 protégé par une casemate de type M272 (760 m3 de béton), 6 canons antiaériens de 75 d'origine française et 3 canons de 20 Flak. Le site regroupe 21 bunkers comprenant des abris pour une compagnie de type H621 (356 m3 de béton) et pour deux compagnies de type H622 (629 m3 de béton), des soutes à munitions de type H134 (490 m3 de béton), huit tobrouks pour mitrailleuses et plus d'un kilomètre de tranchées bétonnées. Le poste de direction de tir fut construit au sud de la batterie en 1943. Il possède une visière en façade, une cloche blindée et un encuvement pour un canon de 20 Flak Oerlikon. La batterie était, en juin 1944, tenue par 406 hommes commandés par l'Oberleutnant zur See Walter Ohmsen.

crisbecq 2
Encuvement pour canon de 155

crisbecq 7
Encuvement pour canon de 155

En janvier 1944, furent mises en chantier des casemates de type 683 pour abriter les canons de 210. Il s'agit d'une casemate de "Regelbau" (standard) de l'armée de terre en protection "A" de 21 m de longueur, de 16 m de largeur et de 8 m de hauteur. Sa construction nécessita 2000 m3 de béton. Au DDay, deux d'entre elles étaient achevées, le radier de la troisième était coulé mais pour la quatrième, l'emplacement était juste excavé.

crisbecq 6
Face arrière d'une des casemates type 683

crisbecq 15
L'emplacement du canon de cette casemate

Bombardée depuis le 20 avril 1944, la batterie reçut jusqu'au DDay, 2800 tonnes de bombes. Durant la nuit du 5 au 8 juin 1944, les avions alliés larguèrent sur la batterie 598 tonnes de bombes. Le village de St-Marcouf, également touché, déplorèrent 35 civils tués. Tous les canons de DCA et un canon de 210 furent détruits par ce bombardement. À l'aube du 6 juin 1944, la batterie fut attaquée par les parachutistes du 502nd Parachute Infantery Regiment de la 101e Airborne division US. Ils furent repoussés par les Allemands qui firent 20 prisonniers. Le 6 juin 1944 à 5 h 55, la batterie ouvrit le feu sur les navires du débarquement sur Utah Beach. À 6 h 33, un obus de 210 toucha le destroyer USS Corry sous la ligne de flottaison. Il coula à 6 h 40 faisant 24 morts et 60 blessés. La batterie fut engagée par les USS Arkansas, USS Nevada, USS Texas, USS Tuscaloosa et USS Quincy qui réussirent à détruire un des canons de 210 vers 8 h. À 9 h, le dernier des canons de 210 fut mis en pièces par un tir direct.

crisbecq 21
Un autre encuvement

crisbecq 9
Les fondations de la 3e casemate type 683

crisbecq 4

crisbecq 5

Du 6 au 11 juin 1944, les Allemands se retranchèrent dans la batterie. Le 8 juin 1944, ils réussirent à remettre en état un des canons de 210 qui fut immédiatement pris à parti par les navires américains. Assiégé par la 4e DIUS, le commandant allemand Ohmsen demanda à la batterie d'Azeville de tirer sur lui. Les Américains se retirèrent alors poursuivis par les Allemands qui firent 90 prisonniers. Ayant reçu l'ordre de se replier sur Cherbourg, Ohmsen quitta la batterie durant la nuit du 11 au 12 juin 1944 avec les 78 survivants sans être repéré par les Américains. Il laissa sur place 21 Allemands blessés, soigné par un infirmier volontaire, et les prisonniers. Les hommes du 39e RIUS de la 9e DIUS prirent la batterie sans combat le 12 juin 1944. Ohmsen fut décoré par la Croix de fer pour sa résistance face aux Américains.

crisbecq 1
Vue aérienne à très basse altitude de la batterie de Crisbecq
© Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

crisbecq 2
Une des deux casemates de la batterie de Crisbecq avec un canon Skoda de 210 mm.
© Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

crisbecq 3
Un canon de gros calibre dans son bunker de béton après les combats.
© Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

crisbecq
Une des deux casemates de la batterie de Crisbecq avec un canon Skoda de 210 mm.
© Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

pdt crisbecq
Le poste de tir de la batterie de Crisbecq
© Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

crisbecq 18
Le poste de direction de tir

Les Américains firent par la suite des essais d'explosifs sur les casemates 683. Ces essais sont responsables des dégâts visibles actuellement sur ces casemates. Après la guerre, le site fut déminé par des prisonniers allemands et rendu aux paysans. Il fut ferraillé dans les années 1950. Le terrain fut nivelé dans les années 1970 par la direction départementale de l'équipement (DDE) et tous les abris furent enterrés. Le site fut racheté en 2004, déterré et transformé en musée. Il est ouvert d'avril à octobre.

crisbecq 10
Un tobrouk

crisbecq 23
L'arrière du poste de direction de tir

Ces photographies ont été réalisées en juin 2017.

 

Y ACCÉDER:

L'accès au site est fléché depuis le village de St-Marcouf.

Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont donnés sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accès au lieu se fait sous votre seule responsabilité.

Si vous constatez des modifications ou des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part.

 

 

Cette page a été mise en ligne le 15 septembre 2017

Cette page a été mise à jour le 15 septembre 2017