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À partir de 1915, les Allemands se mirent à fortifier le massif du Donon afin de réaliser une deuxième ligne de défense à l’arrière de la première ligne passant par la Roche Mère Henry, le Pain de Sucre et le col de la Chapelotte. Le massif du Donon était alors un grand nœud de ravitaillement où se croisaient les voies ferroviaires et les transports par téléphérique. Les travaux de construction de deux voies ferrées (voie étroite), de deux téléphériques et des 150 blockhaus que compte le massif mobilisèrent 10 000 hommes, dont une majorité de prisonniers russes. D'après les prévisions de l’État-major allemand, le secteur du Donon devait abriter cinq bataillons soit plus de 5000 hommes. En 1916, le secteur perdit son importance stratégique et les travaux furent interrompus.

Un des créneaux de tir de la batterie I

Entrée d'un blockhaus à La Corbeille

Observatoire à La Corbeille

Batterie d'artillerie III
Au sud du col du Donon se trouve la nécropole du Donon qui domine la plateforme du Donon. Cette nécropole regroupe les corps des soldats morts pour la France, lors des combats de l'été 1914, dans la vallée de la Bruche et à Schirmeck. Créée en 1923, cette nécropole rassemble 300 corps de soldats, en particulier ceux du 21e corps d'armée. Deux ossuaires conservent, pour l'un, les restes de 110 chasseurs à pied et, pour l'autre, ceux de 72 fantassins et sapeurs. Les 182 autres combattants sont inhumés en tombes individuelles. En 1954, les corps de 24 soldats français morts en 39-45 y ont été également inhumés.

La nécropole du Donon



Alors qu'au nord du col du Donon, les lignes allemandes sont surtout parsemées de petit blockhaus servant d'abris, de postes de mitrailleuse et d'observatoires, le sud possède quatre importantes batteries d'artillerie sous blockhaus et un imposant blockhaus de commandement. Un sentier de découverte permet de visiter les différents vestiges de ces ouvrages. Au sud du col, au niveau de l'embranchement de la route forestière du col du Prayé subsistent les restes de la station d'arrivée du téléphérique en provenance de la Malcôte, vallon de Saint-Quirin accessible depuis Sarrebourg. Le deuxième téléphérique desservant la zone provenait de Grandfontaine accessible par la vallée de la Bruche.

Vestige de la gare d'arrivée du téléphérique




Le même endroit en 2013

Le même endroit en 2013
Entre cette station de téléphérique et le carrefour de route forestière nommé "Étoile I" se situe une série de grands blockhaus. Il s'agit d'abris pour les troupes. Le long des anciennes tranchées dont le cheminement en zigzag est encore bien visible se trouvent plusieurs postes à mitrailleuse et des observatoires.

Plan allemand du secteur du Donon en 1915

Le 1er grand abri

Le couloir de cet abri

Une des chambres de cet abri

Une autre chambre dans cet abri

Une autre vue de la façade de cet abri

Le couloir de cet abri

Un autre blockhaus

L'entrée d'un abri en forme de tunnel

La sortie de ce tunnel


Dans cet abri-tunnel


Une autre des sorties

Vestige de tranchées




Le sentier débouche, avant le carrefour "Étoile I" sur la première batterie d'artillerie. Il s'agit d'un grand blockhaus, ou plusieurs blockhaus assemblés, constituant quatre encuvements couverts pour canons. Les embrasures de tir de cette batterie sont orientées vers l'est. La batterie était destinée à prendre sous son feu la vallée de la bruche, voie de passage des Français en direction de Strasbourg. La batterie était armée de quatre canons de 90 mm ayant une portée d'une douzaine de kilomètres.

Créneau de tri de la batterie d'artillerie I

Porte arrière de la chambre de tir

Emplacement d'un des canons

Emplacement d'un des canons

Accès aux soutes à munitions à côté du canon


Une des chambres de la batterie

Le couloir de la batterie

Une étagère dans une des chambres

Porte arrière d'une chambre de tir

Accès du personnel à la batterie

Créneau de tir d'un des canons

Créneau de tir d'un des canons

Porte arrière d'une chambre de tir

Accès du personnel à la batterie

Le couloir de la batterie
Au carrefour "Étoile I" se trouve une stèle commémorant la destruction du drapeau, le 22 juin 1940, du 154e régiment d'infanterie pour qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi. À l'ouest du carrefour, au bord de la route forestière du Lacet se trouve la stèle aux fusillés qui rend hommage aux combattants des SAS (Sgt Patt Nevill, Sgt Hay, Pct Bennet, Pct Church, Pct Mac Govern, Pct Weaver, L/Cpl Robinson et L/Cpl Austin) fusillés le 15 octobre 1944 par la Gestapo. Un peu plus loin se trouve un autre blockhaus effondré.

La stèle commémorant la destruction du drapeau

La stèle aux fusillés des SAS

Entrée du blockhaus effondré à l'Étoile I

Entrée du blockhaus effondré à l'Étoile I

Vestige
d'un téléphérique au niveau de l'Étoile I

Vestige
d'un téléphérique au niveau de l'Étoile I
Depuis le carrefour "Étoile I", le sentier balisé d'un cercle rouge grimpe au sommet de "La Corbeille". Cette partie du circuit n'est accessible que de juillet à novembre (zone protection de la faune sauvage). Le sommet de "La Corbeille" présente un labyrinthe de restes de tranchée parsemé de petit blockhaus. Le parcours emprunte un impressionnant tunnel de 60 m de longueur desservant deux observatoires donnant sur la vallée de Raon-sur-Plaine. Bien que cela ne soit pas perceptible en le parcourant, le tunnel d'une largeur d'environ 1 m et d'une hauteur de 2 m réalise un parcours en "V" dont la pointe est orientée vers l'ouest en suivant le bord de la pente.

Blockhaus à La Corbeille

L'intérieur de ce blokhaus

Autre blockhaus à La Corbeille


Autre blockhaus à La Corbeille

Autre blockhaus à La Corbeille

Autre blockhaus à La Corbeille

Dans ce blockhaus

L'entrée du tunnel à La Corbeille

La sortie du tunnel

Le tunnel

Le tunnel

Le tunnel

Une chambre dans le tunnel

La sortie

La sortie

L'observatoire au centre du tunnel

L'observatoire au centre du tunnel

L'autre observatoire du tunnel

Sortie de secours (?) au niveau de cet observatoire
La descente depuis le sommet de "La Corbeille" vers le carrefour "Étoile II" passe par un rocher fortifié. Le surplomb rocheux en grès fut converti en blockhaus.


Le rocher fortifié


Le 1er abri du rocher fortifié

Le 1er abri du rocher fortifié

Le 1er abri du rocher fortifié

Le 2e abri du rocher fortifié

Le 2e abri du rocher fortifié

Le 2e abri du rocher fortifié

Le 2e abri du rocher fortifié
Peu avant le carrefour "Étoile II" se trouvent deux batteries d’artillerie. Chaque batterie comprend quatre encuvements à ciel ouvert pour obusiers FH02 de 15 cm. Chaque encuvement est flanqué de niches à munitions et d'abris couverts pour les servants. La première de ces batteries est orientée vers l'ouest en direction de "La Corbeille" et la deuxième est orientée vers le sud en direction du col de Prayé.

La batterie II

La batterie II

Couloir entre deux emplacements de canons

La batterie II

Emplacement pour canons de la batterie II

La batterie II

La batterie II

La batterie II

La batterie II

La batterie III

La batterie III

Emplacement pour canon de la batterie III

La batterie III

Chambre à la batterie III

Emplacement pour canon de la batterie III

La batterie III

Emplacement pour canon de la batterie III

Soute à munitions à la batterie III

Niche à munitions à la batterie III
Au carrefour "Étoile II" se trouve une autre stèle commémorant un acte de la résistance au cours de la 2e Guerre mondiale. À proximité se trouve un abreuvoir marqué de la Croix de fer. À l'est de l’Étoile II se trouve la Tête Mathis. Le long de la crête de ce massif, les Allemands érigèrent une série d'observatoires bétonnée. Le sentier balisé d'un cercle rouge retourne en direction du carrefour "Étoile I" en passant par la station de pompage qui permettait aux blockhaus allemands de bénéficier de l'eau courante.

La stèle à l'Étoile II

L'abreuvoir à l'Étoile II

La station de pompage

La station de pompage

Abreuvoir

Un autre abreuvoir
Après le carrefour "Étoile I", le sentier repassant par la première batterie d'artillerie mène à la quatrième batterie d'artillerie, celle du "Morveux". Le sentier passe à proximité de deux autres cuves en béton ayant servi d'abreuvoir. La batterie du Morveux est constituée de quatre emplacements pour canons répartis en deux groupes. Chaque emplacement est flanqué de niches à munitions et d'abris couverts pour les servants. Ces abris sont cependant moins développés que ceux des batteries précédentes. Cette batterie est orientée vers l'ouest et protège par ces feux les lignes allemandes entre le col du Donon et le carrefour "Étoile I".

La batterie du Morveux

La batterie du Morveux

Emplacement pour canon à la batterie du Morveux

Niches à munitions à la batterie du Morveux

Abri à la batterie du Morveux

Niches à munitions à la batterie du Morveux

Niches à munitions à la batterie du Morveux

Niches à munitions à la batterie du Morveux
Entre cette dernière batterie et la nécropole du Donon se trouve le blockhaus de commandement du secteur. Ce très grand blockhaus, dont la façade a plus de 55 m de longueur, était muni de latrines, de points d'eau et ses chambres étaient recouvertes de boiserie. Épargnée par les combats de la 1re GM (il fut construit après la bataille du Donon), sa façade a été éventrée lors des combats de 1940. Le 43e corps d'armée de forteresse (CAF), commandé par le général Fernand Lescanne, occupait l'intervalle de la ligne Maginot du secteur fortifié des Vosges, entre les ouvrages du Grand Hohekirkel et du Four à Chaux (Nord du Bas-Rhin). Le 12 juin 1940, ordre lui fut donné de constituer deux divisions de marche pour rejoindre le sud de la France, mais aucun moyen de transport ne fût mis à disposition. Le 18 juin 1940, il fut pris dans les combats sur le canal de la Marne au Rhin. Le 43e CAF y tint le secteur Gondrexange - Lutzelbourg en Moselle. Après une journée de combats intenses, les Allemands passèrent le canal. Le 43e CAF, très éprouvé, se replia alors vers le massif vosgien. Il ne put plus échapper à l'encerclement par le 24e corps d'armée du General der Kavalerie Geyr von Schweppenburg (Infanterie Divisionen 60, 197, 252 et 168), par la 215e ID, remontant la Bruche, et la 6e Gebirgsjäger-Division (chasseurs alpins) et s'apprêta à livrer un dernier combat sur les contreforts du Donon. Le 43e CAF y fut rejoint par les 62e et 103e divisions qui retraitaient précipitamment depuis l'Alsace. Le poste de commandement du 43e CAF s'installa dans le vieux blockhaus allemand du Morveux. Plus de 20 000 hommes et un matériel considérable se massèrent dans ce périmètre réduit. Des combats se déroulèrent les 21 et 22 juin, mais le ravitaillement manquait et le moral était en baisse. Le 23 juin, les combats cessèrent, le PC du 43e CAF se déplaça vers l'hôtel Velleda. Les négociations en vue de la reddition furent alors entamées. Celle-ci se fera le 26 juin 1940. Quatre généraux, 1 031 officiers et 28 444 sous-officiers et soldats partirent vers les camps de prisonniers.

Façade du poste de commandement

Façade du poste de commandement

Le trou éventrant la façade

Le trou éventrant la façade vu de l'intérieur

Le couloir à l'arrière du poste de commandement

Une des chambres du poste de commandement

Une des chambres du poste de commandement

Une des chambres du poste de commandement

Le couloir à l'arrière du poste de commandement

Le passage vers les latrines


Une des chambres du poste de commandement
Ces photographies ont été réalisées en juillet 2025.
Y ACCÉDER:
Les blockhaus allemands situés au sud du col du Donon sont visibles en suivant le sentier des Fortins balisé d'un cercle rouge. Le départ se fait au niveau du parking à embranchement de la route forestière du col de Prayé (au sud du col en direction de Raon-sur-Plaine).
Les indications pour accéder à ce lieu insolite sont donnés sans garantie. Elles correspondent au chemin emprunté lors de la réalisation des photographies. Elles peuvent ne plus être d'actualité. L'accès au lieu se fait sous votre seule responsabilité.
Si vous constatez des modifications ou des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part.
Cette page a été mise en ligne le 20 décembre 2025
Cette page a été mise à jour le 20 décembre 2025