La piste des dinosaures
de Courtedoux
Ce site a été découvert, début 2002, lors de prospection sur le tracé de l'autoroute transjurassienne en Suisse. Nous sommes en présence d'une dalle quasiment horizontale sur laquelle ont été dénombrées (en avril 2002) plus de cinq cent empreintes.

Une vue de la dalle aux empreintes

Une autre vue de cette dalle

Une vue d'ensemble de la dalle
La découverte de ce site est exceptionnelle, du fait de l'horizontalité de la dalle qui facilite l'étude. On ne connaît pour l'instant que trois sites de ce type dans le monde, un au Portugal, un aux Etats-Unis et celui-ci. Dans les autres sites connus, les dalles présentent toutes une inclinaison plus ou moins prononcée rendant l'étude difficile.
Passer la souris sur les images suivantes pour faire apparaitre les empreintes
Les différentes traces, découvertes sur ce site, sont datées entre 150 et 140 millions d'années. A cette période, le site correspondait à une plage de la mer "Thétis". La plupart des traces sont emmêlées et ne permettent pas de définir la direction qu'empruntaient les dinosaures.
Cependant, une piste bien tracée a été dégagée. Elle correspond au déplacement d'un jeune sauropode, probablement un Diplodocus. La taille des traces a permis de déterminer la hauteur de la hanche de cet animal qui est de l'ordre de deux mètres vingt. Ceci correspondrait à un jeune animal de huit à neuf mètres de longueur. La piste est actuellement orientée vers le sud-ouest mais il n'est pas possible de déterminer si le diplodocus s'éloignait ou s'approchait du bord de l'eau ou s'il marchait le long de l'eau.
Le diplodocus était un animal quadrupède pouvant atteindre trente mètres de long (vingt-cinq mètres en moyenne). Il possédait un long cou (environ sept mètres) et une longue queue (quatorze mètres) en forme de fouet. Son corps était haut et étroit (quatre mètres de longueur) et sa tête minuscule (à peine soixante centimètres). Malgré sa grande taille, le diplodocus ne pesait qu'une dizaine de tonnes.

Représentation d'un diplodocus
Le diplodocus tenait sa longue queue au-dessus du sol et devait certainement s'en servir comme d'un fouet. Des études et des simulations ont démontrées que lorsque le diplodocus faisait battre la base de sa queue, le bout dépassait la vitesse du son, ce qui provoquait un claquement similaire à celui d'un fouet, mais environ deux mille fois plus fort. Mais la résistance mécanique de cette queue était trop faible pour que le diplodocus s'en serve pour fouetter les prédateurs. Elle ne devait servir que d'arme dissuasive et pour les parades amoureuses. Les découvertes récentes ont montré que son dos était couvert d'épines cutanées et que le long de la colonne vertébrale était disposée une rangée d'épines pouvant atteindre dix-huit centimètres de haut. Le régime alimentaire de diplodocus était constitué de feuilles qu'il arrachait aux plantes à l'aide de ses dents disposées comme ceux d'un peigne. Il était certainement capable de se dresser sur ces pattes arrière en s'appuyant sur sa queue. Cette posture lui permettait de manger les aiguilles des conifères les plus hauts. Les seuls prédateurs que ces sauropodes devaient craindre étaient certainement les Allosaures, cousins du terrible Tyrannosaure. Contre de tels prédateurs, diplodocus n'avait à opposer que sa queue et ses pattes avant qui lorsqu'il se dressait sur ces pattes arrières pouvaient lui servir à écraser ces adversaires. Pour mieux se protéger contre les prédateurs, les diplodocus vivaient certainement en troupeau.
Le diplodocus est connu par quelques squelettes découverts au Wyoming et au Colorado.

Le squelette du diplodocus
Les travaux entrepris pour la construction de l'autoroute ont également permis la découverte en 2005 d'une autre dalle à quelques kilomètres de la première. Sur cette deuxième dalle ont été reconnues en plus des empreintes de sauropodes déjà connus, des empreintes de dinosaures carnivores. Ces empreintes de théropodes sont facilement reconnaissable à leur forme à trois doigts. Les plus petites traces (environs sept centimètres) appartiennent à des dinosaures genre "raptor" ou à des "Compsognatus". Les plus grandes (trente-cinq centimètres) sont celles de représentants de la famille des "Allosaures", cousin européen du "Tyrannosaurus rex". L'observation des traces a permis de déterminer une vitesse de déplacement de l'ordre de 11 km/h. Cette vitesse relativement faible fait dire aux spécialistes que la dalle n'est pas une scène de chasse.

La dalle avec les traces des théropodes

Une belle trace de 7 cm de longueur

Et une de grande taille


Une autre partie de la dalle

Les carnivores croissent les herbivores
Ces photographies ont été réalisées en 2002 et en 2006.
Y ACCÉDER:
Le site, situé sur la commune de Courtedoux en Suisse, est pour l'instant inaccessible au public. Les paléontologues espèrent pouvoir mettre le site en valeur après la construction de l'autoroute et de l'ouvrir au public.
Je veillerais à vous informer de l'accessibilité du site en cas de changement.
Coordonnées GPS
49 N 02.151
01 E 48.871
Altitude 119 mètres
Cette page a été mise en ligne le 23 septembre 2002
Cette page a été mise à jour le 15 décembre 2007