Hartmannswillerkopf
La montagne de la mort

1ere partie

cimetiere national

La bataille du Hartmannswillerkopf (HWK)

Au moment de la déclaration de guerre, le 3 aout 1914, la frontière franco-allemande passe au sommet des Vosges. Elle passe par le Sudel (au nord de Masevaux), le Ballon d'Alsace, le col du Bussang, le Drumont, le col d'Oderen, le Ventron, le Grand Ballon, le Hohneck, le col de la Schlucht, le Tanet, le col du Bonhomme, le col de Sainte-Marie, etc. L'offensive française, début août, permet la reconquête du sud de l'Alsace jusqu'au-delà de Mulhouse. La contre-offensive allemande puis le repli de l'armée française vont créer, à partir de septembre, un front stabilisé sur une ligne au travers du Sundgau (voir le front du Sundgau). Les vallées de Masevaux et de St-Amarin sont occupées par l'armée française. Le front, passant entre Cernay et Thann, rejoint le Hartmannswillerkopf (HWK). Ce promontoire rocheux, haut de 956 mètres, s'avance dans la plaine d'Alsace. De son sommet, la vue est imprenable sur la plaine d'Alsace et la trouée de Belfort. Tout le sud et le centre de l'Alsace ainsi que l'ensemble du Territoire de Belfort et les vallées vosgiennes environnantes sont visibles. Certains jours, la vue porte jusqu'au Mont-Blanc.

la plaine
La plaine d'Alsace et au fond la Forêt Noire vue du sommet

la troué de belfort
La trouée de Belfort vue du sommet

Durant les premiers mois de guerre, cet observatoire n'intéresse aucun des belligérants. Il n'y a que quelques rares patrouilles pour parcourir le massif montagneux. Le 18 décembre 1914, les patrouilles allemandes du Landwehr Infanterie Regiment 123 (LIR123) signalent la montagne libre d'ennemis. Le 21 décembre 1914, un accrochage entre patrouilles du 28e Bataillon de Chasseurs alpins (28e BCA) et du Infanterie Regiment 69 (IR69) provoque les trois premiers blessés allemands du HWK. Le 25 décembre 1914, le 28e BCA occupe le col du Silberloch (cimetière actuel) et un détachement de trente hommes, commandé par le caporal Destroyat et le sergent Calestroupat, s'établit à proximité du sommet.

L'abri p8
Créneau de tir dans l'abri français P8

l'abri sans nom
L'abri sans nom de la tranchée de pierre

Le 28 décembre 1914, le LIR123 établit un avant-poste, occupé par quarante hommes à l'Aussichtsfelsen sans avoir eu connaissance de l'existence du poste français. Le 30 décembre 1914, les patrouilles françaises et allemandes découvrent mutuellement ces avant-postes. Les combats qui s'ensuivent provoqueront la mort du premier Allemand, Maximilian Ott de la 8e Kompanie du LIR123. Sa dépouille repose au cimetière allemand de Cernay. Au matin du 4 janvier 1915, la 8e Kompanie du LIR123 et une partie du Landsturmbataillon Heidelberg assiègent le poste du caporal Destroyat et le poste du sergent Calestroupat. Ceux-ci résistent héroïquement et seront dégagés vers 14 heures par deux sections commandées par le lieutenant Canavy. L'affrontement aura fait dix morts dont le sergent Calestroupat et six blessés côté français.

Plan du HWK

Plan du HWK réalisé d'après cartes IGN et Club Vosgien

Le 9 janvier 1915 à 10 heures 40 débute le premier bombardement d'artillerie allemand. À 13 heures 30, le LIR123 attaque à nouveau les avant-postes français. Ceux-ci seront secourus par un peloton du 68e Bataillon. Les Allemands laisseront trente-quatre morts sur le terrain et compteront quatre-vingt-un blessés. À partir du 10 janvier 1915, les Français préparent une grande offensive destinée à percer le front alsacien. Les préparatifs n'ayant pas échappé aux Allemands, cette offensive va se solder par un échec. Le 19 janvier 1915, le 1er Rheinische Infanterie Regiment 25 conquiert le rocher du Hirtzenstein au sud du HWK et fait quarante-deux prisonniers du 28e BCA. En même temps, le LIR119, le LIR123, le 14e Großherzogglicher Mecklemburgische Jägerbataillon et le 11e Ulanen de la 42e Kavalerie Brigade attaquent le sommet du HWK. Les hommes du lieutenant Canavy résistent héroïquement. Plusieurs contre-attaques des 13e BCA et 27e BCA échouent. Le 20 janvier 1915, les 13e BCA, 28e BCA et 53e BCA sont envoyés afin de dégager les avant-postes français, mais sont repoussés. Les combats ont lieu dans une forêt épaisse sous une forte neige (+ de deux mètres) et des températures glaciales. Le 21 janvier 1915, les Allemands mettent en position le premier Minenwerfer (mortier). Après un bombardement de vingt obus de cinquante kilos qui provoque la mort du lieutenant et la destruction des dépôts de vivres et de munitions, les Français se rendent. Cent vingt-sept hommes et trois officiers partent en captivité. En hommage à leur héroïsme, les Allemands leur permettent de défiler à Mulhouse avec leurs armes. Les combats de ces trois jours auront fait plus de mille morts dans les deux camps.

minenwerfer
Un Minenwerfer (collection privée)

1ere ligne française
Un abri dans la 1ere ligne française près du sommet

Après ces combats, chaque camp va se retrancher. Les Français vont construire deux routes pour approvisionner le camp du Silberloch. Les Allemands construisent la voie serpentine qui aboutit avec sa courbe 7 près du sommet. Ils réaliseront également deux téléphériques pour acheminer le matériel vers les fortifications du sommet. Le HWK devient stratégique pour les deux camps.

plan du sommet

Plan du sommet réalisé d'après cartes IGN et Club Vosgien

À partir de début février 1915, les Français lancent une opération de reconquête. Le 11 février, la 66e Division du général Serret avance sous la neige en direction du Sudel au nord du HWK et la 57e Division du général Cordonnier avance vers Pont d'Aspach. Le 17 février 1915, les Français enlèvent la ferme du Sudel, mais le mauvais temps les bloque. Le général Serret installe alors son PC au Molkenrain à l'ouest du HWK et décide de concentrer les efforts des Français sur ce sommet. Le 27 février 1915, les positions allemandes sont bombardées par les treize batteries d'artillerie françaises. Parmi elles figurent deux batteries de 220 et cinq de 155. À 15 heures, les 7e BCA, 13e BCA et 53e BCA attaquent les positions allemandes au Jägertanne. Mais les fortifications allemandes sont intactes et les hommes du Rheinischen IR 161, du Landsturmbataillon Mannheim et du 2e Schwadron Ulanen 11 les repoussent.

Le 5 mars 1915 nouvelle attaque française sur le Jägertanne. Le 13e BCA conquiert les positions allemandes et anéantit la 3e Kompanie du IR 161. Les contre-attaques allemandes du 7 mars 1915 échouent. Le 13e BCA, totalement épuisé, est relevé par le 15-2e régiment d'infanterie. Le 23 mars 1915, vingt-cinq canons de 220 et trente-deux canons de 155 écrasent durant quatre heures les tranchées allemandes sous leurs obus. À 15 heures, le 15-2 part à l'assaut du HWK. Ces hommes, baïonnette au canon, progressent à travers les tranchées effondrées, les barbelés et l'enchevêtrement de sapins abattus par les obus. Neuf assauts successifs échouent à cent cinquante mètres du sommet face aux mitrailleuses allemandes que les canons n'ont pas détruites. Les Allemands déplorent plus de quatre cents morts et plus de deux cents prisonniers. Le 15-2 a perdu deux cent soixante hommes et neuf officiers. N'arrivant pas jusqu'au sommet, le 15-2 s'enterre et résiste aux contre-attaques allemandes. Le 26 mars 1915, une préparation d'artillerie de trente-cinq heures précède l'assaut du15-2 renforcé par des sections des 7e, 13e, 15e, 27e, 28e et 53e BCA. Le sommet est atteint et dépassé. Les Français bousculent les survivants du IR25 et prennent l'Aussichtsfelsen. Ils progressent au nord et dépassent le Bischofshut et la courbe 7. Au sud, l'Obere et le Mittlere Rehfelsen tombent. Les survivants de la Landwehr IR15, Reserve Infanterie Regiment 75, IR25, Ulanen 11 et 15 se cramponnent au flanc nord-est du HWK et à l'Untere Rehfelsen. Les Français ont fait mille six cents prisonniers et plus de mille morts allemands sont à déplorer.

barbelé
Chevaux de frise avec barbelé

bischofshut
Abri allemand au Bischofshut

Le 27 mars 1915, les Allemands amènent au HWK deux nouveaux bataillons, les Landwehr IR40 et Landwehr IR126. Afin de poursuivre leur attaque, les Français doivent avancer leur artillerie. Ce qui prend du temps sur les pentes enneigées des Vosges. Les Allemands en profitent pour s'enterrer sur les pentes du HWK. Les 6 et 14 avril 1915, les Français partent à l'assaut de l'Untere Rehfelsen. Mais l'artillerie étant impuissante contre cette forteresse, ils échouent.

Le 19 avril 1915, après une préparation d'artillerie d'à peine une heure, les Allemands partent à l'assaut des pentes du HWK. Cette préparation ayant été largement insuffisante, ils se font massacrer. Un nouvel assaut prévu le 23 puis le 24 est stoppé par de fortes chutes de neige. Le 25 avril 1915 à 18 heures après une préparation d'artillerie de deux heures, les RIR75, le Reserve Jäger Bataillon 8 et des sections du Garde Jäger et du LIR56 partent à l'assaut des positions françaises. Le Mittlere Rehfelsen, l'Obere Rehfelsen et l'Aussichtsfelsen sont repris. Mille hommes du 15-2 et du 57e Régiment d'Infanterie territorial sont encerclés au sommet et sont fait prisonniers. Des pointes sont même poussées au-delà du sommet vers le Silberloch. Les Allemands se retirent cependant à l'est du sommet qu'ils estiment intenable face à l'artillerie française. L'artillerie des deux camps a transformé les profondes forêts du HWK en désert de pierre et de terre gorgé du sang des combattants. Les Français sont repoussés sur leurs positions du 23 mars 1915. Le 26 avril 1915, les dernières réserves du 15-2 et le 7e BCA contre-attaquent et reprennent pied au sommet. Ce retour au sommet coûtera huit cents hommes (tués ou faits prisonniers) aux Français.

le sommet
Le sommet du HWK

vue
L'Aussichsfelsen et la plaine d'Alsace

De mai à septembre 1915, la bataille au HWK se poursuit par des coups de main locaux destinés à la prise de quelques mètres de terrain. Durant l'été, la bataille principale des Vosges se déroule au Linge. Les deux camps s'enterrent de nouveau au sommet. Des duels d'artillerie ou de grenades d'une tranchée à l'autre, distante parfois de trois mètres seulement, rendent la vie impossible. Mais le gain de quelques mètres de terrain est bon pour le moral. Le 9 septembre 1915, des soldats du Grade Pionier Bataillon utilisent pour la première fois des lance-flammes lors d'un assaut près du Bischofshut. Le 15 septembre 1915, le sommet fait l'objet d'une terrible bataille, les Allemands le prennent pour le perdre aussitôt. Le 15 octobre 1915, le même scénario se reproduit. Personne n'arrive à se maintenir au sommet. À partir de début novembre, les Français préparent une grande offensive. Des batteries d'artillerie lourde (entre autres une de 370) sont installées dans la montagne. Huit camps sont construits et des tonnes de munitions et de vivres sont amenées à pied d'œuvre malgré les tempêtes de neige de ce début d'hiver.

barbara graben
Tranchée allemande (Barbaragraben)

johan albrecht graben
Johann Albrecht Graben

L'offensive est déclenchée le 21 décembre 1915 à 9 heures. Les positions allemandes tenues par le 14e Jäger, le RIR78 et le LIR99 sont écrasées cinq heures durant par vingt-cinq mille (25000) obus. Plus de trois cents canons y participent. L'infanterie part à l'assaut à 14 heures 15. Le 27e et le 28e BCA s'emparent du Hirtzenstein. Le 15-2 s'empare de la Feste Rohrburg, de la Feste Großherzog puis déborde l'Ausssichstfelsen et descend jusqu'à la courbe 6 de la voie serpentine. D'autres sections du 15-2 s'emparent du Bischofshut et de la courbe 7. Le 5e Bataillon de Chasseurs à pied (BCP) déborde par le nord jusqu'à la Schlummerklippe et descend jusqu'à la cote des 700 mètres. Il n'y a que le 23e RI et 15e BCP qui échouent à prendre l'Unterer Rehfelsen. Les Allemands sont totalement débordés et jettent dans la bataille tous les hommes pouvant tenir un fusil même les non-combattants comme les cuisiniers ou les ouvriers. L'assaut français s'arrête cent cinquante mètres avant le poste de commandement allemand. Les pertes importantes (plus de quatre cents hommes), la nuit et l'absence de liaison avec l'arrière sont la cause de cet arrêt. L'État-major français ne s'est pas douté qu'ils étaient à quelques mètres de la percée définitive de la ligne de front. Les Allemands ont perdu huit cents hommes et mille quatre cents hommes ont été faits prisonniers. Les Allemands se reprennent très vite et durant la nuit amènent à pied d'œuvre le 8e Reserve Jäger basé à Soultz et les LIR40 et LIR56 basés à Mulhouse.

abri au Bischofshut
Abri au Bischofshut

schweinsberggraben
Le Schweinsberg graben

abri C7
Abri à la courbe 7 de la voie serpentine

Ils contre-attaquent le matin du 22 décembre 1915 à la grande surprise des Français. Cette contre-attaque permet aux Allemands la reconquête de toutes les positions perdues la veille sauf le Hirtzenstein. Le 15-2 est encerclé au sommet. Il déplorera six cents morts et mille cinq cents prisonniers. Durant les combats de ces deux jours, le 15-2 gagnera le surnom des Diables Rouges reconnu par les troupes allemandes. Il y perdra également quarante-huit officiers et mille neuf cent cinquante hommes. Le 28 décembre 1915, après une préparation d'artillerie de deux heures, le 12e BCA s'empare de la majeure partie de l'Unterer Rehfelsen. Mais une trentaine d'hommes du RIR74 s'est retranchée et résiste désespérément. La contre-attaque des Garde Jäger effectuée le 29 décembre 1915 pour délivrer les Allemands assiégés échoue. Ce jour, le général Serret est blessé par un éclat d'obus alors qu'il termine une inspection des premières lignes. Après avoir été amputé d'une jambe, il décède le 2 janvier 1916 à l'hôpital de Moosch. La 66e DI passe alors sous les ordres du général Nollet.

Le 30 décembre 1915, le Garde Jäger Bataillon reprend l'Unterer Rehfelsen et délivre les hommes du RIR74 qui ont résisté deux jours sans ravitaillement. Les combats acharnés pour quelques mètres de terrain alternent avec les duels d'artilleries durant les jours suivants. Le 8 janvier 1916, plus d'une centaine de canons allemands pilonnent le Hirtzenstein durant cinq heures. Les IR188 et IR 189 reprennent le Hirtzenstein. Les Français ont perdu tout le terrain conquis le 21 décembre 1915. Depuis cette date, la 66e DI a perdu au HWK cent soixante officiers et sept mille trois cents hommes.

À partir du 9 janvier 1916, le front du HWK se stabilise. Le sommet devient un no man's land, chaque camp s'enterre profondément. Les duels d'artillerie et les escarmouches sont quotidiens, mais aucune grande offensive ne sera plus entreprise. Les États-majors ont enfin compris que des offensives d'envergure en montagne sont bien trop coûteuses en vies humaines pour le gain escompté. Cela ne les empêchera nullement de massacrer leurs troupes sur les autres champs de bataille pour des résultats tout aussi insignifiants. Le 14 mai 1916, les Allemands utilisent pour la première fois des obus au gaz.

le sommet
Le sommet du HWK

Le 28 janvier 1917, un accident ou un tir trop court détruit un dépôt de munitions au Ziegelruckenstollen. Il coûta la vie à soixante-trois hommes du LIR124 qui attendaient le signal pour partir à l'attaque du poste Moyret. Leurs restes sont toujours emmurés dans le souterrain. Un des derniers grands bombardements eut lieu le 23 février 1918. Les canons français tirent durant dix heures. Dix-sept mille obus et deux mille cinq cents torpilles de mortiers s'écrasent sur les positions allemandes. Ils ne créeront cependant que peu de dégâts. À partir du 15 octobre 1918, les troupes américaines prennent la relève des Français. Le 28 octobre 1918 décèdent les trois derniers Américains et Auguste Vallon du 363e RI, le dernier mort français.

Ziegzlrucken graben
L'entrée du Ziegelruckenstollen

L'officier Weckerle du LIR124 tombera lors d'une patrouille sous les balles françaises le 4 novembre 1918. Il sera le dernier mort du HWK. Les troupes allemandes quitteront le HWK le 15 novembre 1918. Le HWK a été baptisé "Vieil Armand" par le général Serret. Les combattants surnommaient cette montagne la "Mangeuse d'hommes" ou la "Montagne de la mort".

La visite du champ de bataille du HWK

La première rencontre avec le HWK a généralement lieu au col du Silberloch au niveau du monument national précédant la nécropole. Le monument a été construit entre 1924 et 1929 et inauguré en 1932 par le président Lebrun. L'esplanade est couronnée par l'autel de la patrie. Ses quatre côtés sont ornés des blasons des villes ayant financé le monument (Paris, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Besançon, Metz, Lille, Rouen, Lyon, Marseille, Bordeaux et Nantes). Sous cet autel se trouve la crypte. L'entrée de celle-ci est flanquée de deux victoires sculptées par Antoine Bourdelle. Dans l'entrée sont exposés des armes et des équipements retrouvés sur le champ de bataille. Sur les murs du corridor d'accès à la crypte sont inscrits les noms des cent cinq unités, régiments et bataillons français et américains qui se sont battus au HWK. Au centre de la crypte se trouve un monumental bouclier de six mètres vingt-cinq de diamètre en bronze recouvrant un ossuaire. Celui-ci abrite les restes de douze mille soldats non identifiés.

la crypte
L'entrée de la crypte

le monument national
Le monument national

Derrière ce monument se trouve le cimetière national du Silberloch. Il comprend mille deux cent soixante-quatre tombes de soldats français et six ossuaires regroupant trois cent quatre-vingt-quatre soldats français non identifiés. Il ne sert pas de dernière demeure à tous les hommes morts au HWK. En 1918, une trentaine de cimetières existaient au HWK. Les dépouilles françaises ont été inhumées au Silberloch, mais également dans les cimetières de la vallée de Thann ou ont été réclamées par les familles. Les dépouilles allemandes ont été inhumées à Cernay et à Guebwiller ou ont été rapatriées. Le chiffre de soixante mille (60000) morts a été avancé pour les combats du HWK. Actuellement, les historiens parlent de vingt-cinq mille (25000) morts. Philippe Koch qui a rédigé une thèse sur le service de santé dans la vallée de la Thur en 1915 estime que le nombre de morts devrait se situer entre 12000 et 16000 pour les Français et de 14500 pour les Allemands.

cimetiere national
Le cimetière du Silberloch

ossuaire
Un des six ossuaires de la nécropole nationale

Le cimetière fait face au champ de bataille du HWK. Sur cette montagne, quatre-vingt-dix kilomètres de tranchées furent creusés et plus de six mille abris ont été construits ou taillés dans la roche. Il en subsiste environ mille cinq cents et quarante-cinq kilomètres de tranchées. Ce champ de bataille compte parmi les mieux conservés de la Grande Guerre. Le sommet du HWK a été classé monument historique en 1921. Il est entretenu et aménagé par une association de bénévoles qui a édité une carte très détaillée du site (en vente à l'auberge du Silberloch). Je vous convie ci-dessous à la découverte de ce site exceptionnel.

le hwk
Le HWK vu depuis la nécropole du Silberloch

À droite de la crypte se trouve le monument Scheurer. Ce jeune Alsacien, né à Thann en 1887, était le porte-drapeau du 15-2. Il a été blessé à cet endroit lors de l'offensive du 26 avril 1915. Il décédera quelques jours plus tard dans sa famille à Bitschwiller-les-Thann. À cet endroit se trouvaient également le camp français et un poste de secours souterrain. Les vestiges ont disparu lors de l'aménagement du monument national.

monument Scheurer
Le monument Scheurer

Le sentier conduit vers l'Eierstellung. C'est une position avancée allemande marquant leur avancée extrême en janvier 1915. Elle résistera aux attaques françaises jusqu'au 15 mars 1915 où le 13e BCA en fera la conquête. Tout autour les cratères d'obus sont encore bien visibles.

tranchée
Tranchée à l'Eierstellung

vestige de tranchée
Les restes de la tranchée française de l'Eierstellung

abri
Un abri à l'Eierstellung

trou d'obus
Un cratère d'obus

Le sentier nous mène vers la roche Mégard. Ce poste fortifié français doit son nom au sous-lieutenant Mégard. Sous l'abri, des galeries donnent sur deux postes de mitrailleuses.

le poste mégard
Le poste de la Roche Mégard

l'intérieur
Dans le poste

entrée des souterrains
Une des entrées des galeries souterraines

dans les souterrains
Une des chambres souterraines

une autre chambre
Une autre des chambres souterraines

poste de tir
Un des postes de tir pour mitrailleuse

Au-dessus de la roche Mégard est située la roche Sermet. Le commandant Sermet du 15-2 a été tué ici le 22 avril 1915. La roche Sermet forme avec la roche Mégard la première ligne française face à la crête des "Pains de Sucre" allemande distante d'une cinquantaine de mètres. À cet endroit, les tranchées sont empierrées avec des postes de mitrailleuses dans des abris. Deux étages de souterrains ont été creusés. Les étages communiquent par un puits vertical. Chaque étage se termine par un créneau de mitrailleuse pointant vers les fortifications allemandes. De la roche Sermet, on dispose d'un beau point de vue sur le Grand Ballon, point culminant des Vosges (1424 mètres). Celui-ci abritait une partie de l'artillerie française qui tirait sur le versant nord du HWK. De la roche Sermet, le sentier permet de gagner le sommet en suivant la première ligne française (nous en reparlerons) ou de descendre vers la crête des "Pains de Sucre".

roche sermet
La roche Sermet

poste de tir
Poste de tir dans la tranchée de la roche Sermet

une entrée dans les souterrains
Une des entrées dans les souterrains

tranchée couverte
Tranchée couverte

un des abris
Un des abris de la roche Sermet

l'entrée des souterrains
L'entrée de l'étage supérieur des souterrains de la roche Sermet

galerie souterraine
Galerie souterraine de la roche Sermet

le grand ballon
Le Grand Ballon vu depuis la Roche Sermet

La crête des "Pains de Sucre" débute avec le Doppelkopf. Cette crête est la première ligne allemande à partir du 23 décembre 1915. Les ouvrages qui la composent sont taillés dans le roc tout comme la tranchée les reliant. Au Doppelkopf subsiste un observatoire cuirassé équipé d'une ouverture pour un périscope. Les galeries souterraines sont inaccessibles, car le puits vertical y donnant accès est dépourvu d'échelle.

le dobbelkopf
Le poste du Dobbelkopf

observatoire
L'observatoire blindé du Dobbelkopf

interieur de l'observatoire
Vue intérieure de l'observatoire

puis
Le puits d'accès aux étages souterrains du Dobbelkopf

poste de tir
Poste de tir inférieur du dobbelkopf

tranchée de la crête
Tranchée de la crête des Pains de Sucre

La tranchée serpente le long de la crête et mène vers l'ouvrage du Veilchenstein puis vers l'Adlerhorst (altitude 760 mètres). Cet imposant abri est organisé sur trois étages. Les galeries souterraines mènent vers des postes de mitrailleuses et des abris. Les abris allemands étaient éclairés à l'électricité et bénéficiaient de l'eau courante dont les restes de canalisation sont toujours visibles au bord des tranchées.

veilchenstein
Tranchée et postes de tir en partie supérieure du Veilchenstein

poste de tir
Le poste de tir supérieur du Veilchenstein

entrée du Veilchenstein
L'entrée des souterrains du Veilchenstein

souterrain du Veilchenstein
Les souterrains du Veilchenstein

adlerhorst
L'Adlerhorst

le haut de l'Adlerhorst
Le poste supérieur de l'Adlerhorst

entrée superieure
L'entrée supérieure de l'Adlerhorst

entrée sup
L'entrée supérieure avec l'escalier extérieur

lavabo
Point d'eau à l'Adlerhorst

dans l'adlerhorst
Une chambre à l'étage supérieur de l'Adlerhorst

vers l'observatoire
Le couloir de l'étage supérieur avec l'escalier d'accès à un observatoire

chambre pour mitrailleuse
Poste de tir pour mitrailleuse à l'étage supérieur de l'Adlerhorst

étage inférieur
L'étage inférieur de l'Adlerhorst

couloir d'entrée
Le couloir d'entrée de l'étage inférieur qui commence à se remplir d'eau

Nous remontons la tranchée vers le Doppelkopf et prenons le sentier vers le Papststuhl et la roche Kardinal. Le sentier longe les vestiges d'une grande tranchée qui serpentait à flanc de montagne. L'abri Papstuhl est situé en contrebas du sentier. Kardinal était le surnom de l'officier allemand qui a dirigé la construction de cette forteresse. Elle comprend des souterrains taillés dans le roc sur trois étages.

la roche kardinal
La roche Kardinal

entrée supérieur
L'entrée supérieure du fortin de la roche Kardinal

entrée inférieure
L'entrée inférieure de la roche Kardinal

l'accés interne
Vue sur l'accès interne aux étages de la roche Kardinal

le couloir supérieur
Vue dans le couloir supérieur en partie effondré

une des chambres
Une des chambres souterraines de la roche Kardinal

Nous arrivons maintenant à la position du Bastion qui surplombe la courbe 7, point final de la voie serpentine. Le bastion comprend de nombreux postes de tir, des abris bétonnés et des galeries souterraines. La majorité de ces galeries sont effondrées. À proximité se trouve un poste de Minenwerfer (mortier) fortifié. L'ouverture dans le toit était équipée de volets blindés. Une tranchée grimpe de la courbe 7 vers le Bischofshut. Cette tranchée taillée dans le rocher comprend de nombreuses marches très irrégulières. Son ascension n'est pas facile actuellement ; alors, la parcourir, chargé de munitions, sous le feu ennemi…

tranchée au bastion
Une des tranchées au Bastion

entrée d'un abri
L'entrée d'un abri au Bastion

entrée d'abri
L'entrée d'un abri

dans l'abri
Dans cet abri

tranchée devant l'abri
La tranchée d'accès à cet abri

tranchée escalier
La tranchée escalier menant vers le Bischofshut

abri à minenwerfer
L'abri du Minenwerfer du Bastion

embase de minenwerfer
L'embase du Minenwerfer du Bastion

Le Bischofshut est un ouvrage important. Il est construit ou plutôt creusé sur un éperon rocheux bénéficiant d'une belle vue sur la plaine d'Alsace. Il changera plusieurs fois de propriétaire durant la bataille du HWK. Au Bischofshut, débute le Ziegelruckengraben, tranchée qui mène vers le sommet.

tranchée au Bischofshut
Tranchée au Bischofshut avec un poste de mitrailleuse

autre poste de mg
Un abri pour mitrailleuse

poste de tir supérieur
Un poste de tir bétonné

entrée d'abri
L'entrée de la partie souterraine du Bischofshut

couloir d'accès
Le couloir souterrain du Bischofshut

accès vers les chambres
L'accès vers les chambres effondrées

autre entrée
Une autre des entrées dans le souterrain du Bischofshut

tranchée
La tranchée venant vers le sommet

En contrebas de cette tranchée se trouve le Ziegelruckenstollen. Dans ce souterrain périrent le 28 janvier 1917 soixante-trois hommes du LIR124. Ces hommes attendaient ici le départ pour un assaut sur le poste Moyret lorsqu'une explosion détruisit le Minenwerfer "Christian" et son dépôt de munitions établi à l'entrée du souterrain. L'explosion serait due à un tir allemand trop court. L'inscription au-dessus de l'entrée du souterrain est dédiée à ces hommes. Ce souterrain communiquait avec la Feste Hilda, mais cette partie est aujourd'hui éboulée.

ziegelruckenstollen
L'entrée du Ziegelruckenstollen

croix de fer allemande
La croix de fer allemande à l'entrée du Ziegelruckenstollen

a l'intérieur
L'entrée du Ziegelruckenstollen vu de l'intérieur

le stollen
Le mur fermant le lieu du drame

l'entrée de la feste Hilda
L'entrée de la Feste Hilda ou la sortie du Ziegelruckenstollen

chambre de la feste hilda
Une des chambres souterraines de la Feste Hilda

le haut du souterrain
Le haut du souterrain venant du Ziegelruckenstollen (vu du bas du souterrain)

La suite du Ziegelruckengraben mène à la Feste Dora qui constitue la première ligne allemande au sommet.

le ziegelruckengraben
La tranchée du Ziegelruckengraben

poste fortifié
Un des postes fortifiés du Ziegelruckengraben

la tranchée au sommet
Le Ziegelruckengraben au sommet du HWK

la feste dora
La Feste Dora

la même
La Feste Dora vue de la tranchée française

Nous voici au sommet du HWK. Celui-ci est marqué par une croix de vingt mètres de hauteur et large de cinq mètres vingt-cinq. Cette croix a été illuminée pour la première fois dans la nuit du 10 au 11 novembre 1936. Après de nombreuses années dans l'obscurité, elle est de nouveau illuminée la nuit depuis le 17 septembre 2004 grâce aux bénévoles d'EDF. À côté de la croix sommitale se trouve le monument du 28e BCA. Ce monument, inauguré le 5 octobre 1975, rappelle la résistance héroïque de ces hommes le 21 janvier 1915. Au sud sont situées les tranchées françaises dans lesquelles a été placée une guérite d'observation blindée avec une coupole mobile. Cette guérite ne se trouvait pas à cet endroit durant le conflit. Elle fut récupérée dans les lignes françaises situées sur le flanc sud du HWK. À côté est située la borne du front érigée par le Touring club de France. Ces bornes jalonnent les neuf cents kilomètres du front de la Mer du Nord à la Suisse et marquent l'avancée extrême de l'armée allemande.

la croix du sommet
La croix du sommet

monument du 28 BCA
Le monument du 28 BCA

borne du front
La borne du front érigé par le Touring club de France

guérite blindée
La guérite blindée vue de l'avant

l'arriere de la guérite
L'arrière de la guérite blindée (il fallait du courage pour s'exposer au feu ennemi dans cette boite)

Depuis le sommet, nous redescendons dans les tranchées allemandes en empruntant le Sengerngraben qui mène vers le sentier des Mines et le Malepartusstollen. Celui-ci, en forme de fer à cheval, entoure la Osswaldhutte. Ce sont les vestiges d'un chalet que fit construire le général allemand Osswald au cours de la Seconde Guerre mondiale. La tranchée Sengern possède des murs maçonnés de deux mètres de hauteur. Les postes de mitrailleuses de cette tranchée sont abrités sous des toits réalisés avec des rails de chemin de fer. En suivant le sentier vers l'est, nous arrivons à la Gallaschburg puis à la Kreutzburg. Ces deux abris sont en ruine. Entre les deux, une tranchée impraticable remonte vers la première ligne.

Sengerngraben
Le Sengerngraben

un abri
Un abri à mitrailleuse du Sengerngraben

le Sengerntunnel
L'entrée du Sengertunnel

la descende
La descente vers les abris du Sengertunnel

autre entrée du tunnel
L'autre entrée du Sengerntunnel

la chambre
Une des chambres du Sengerntunnel

Le Malepartusstollen
L'entrée du Malepartusstollen

dans le stollen
Dans le Malepartusstollen

La partie effondrée
La majeure partie du Malepartusstollen est effondrée

osswaldhutte
Les restes de l'Osswaldhutte

gallaschburg
La Gallaschburg

la Kreutzburg
L'entrée de la Kreutzburg

intérieur de Kreutzburg
L'intérieur de la Kreutzburg

Remontons le Sengerngraben et suivons la première ligne allemande vers l'est. Le haut du HWK est un dédale de tranchées, d'abris, de boyaux, de postes de tir et d'observatoires. Au nord sont les lignes allemandes et au sud, les lignes françaises. Aux points les plus proches, moins de dix mètres séparaient les combattants. La différence de construction est flagrante. Les tranchées allemandes sont maçonnées, les abris bétonnés. L'eau courante et l'électricité équipaient le moindre abri. Les tranchées françaises sont faites de terre et de planches et les abris de pierre sèche couverts de rondins. L'état-major allemand défendait la mère patrie. Les défenses devaient être solides et imprenables. Pour l'état-major français, il fallait conquérir et donc les abris ne pouvaient qu'être provisoires. En suivant la tranchée, nous arrivons à l'abri Blindsack constitué de sacs de ciment pétrifié. À l'arrière (vers le nord) sont situées les deux entrées du souterrain du Krottenloch en forme de "U". C'est à cet endroit que se trouvait le premier poste allemand au HWK en décembre 1914. Il n'a été fortifié que des mois plus tard.

le Blindsack
Le Blindsack

créneau de tir
Créneaux de tir avec plaque blindée au Blindsack

la 1ere entrée du Krottenloch
La 1ere entrée du Krottenloch

la 2e entrée du Krottenloch
La 2e entrée du Krottenloch

tranchée française
La tranchée française de 1ere ligne au sommet du HWK

abri P8
L'abri français P8

Poursuivons vers l'est pour aborder la Rohrburg dénommée ainsi d'après le commandant Rohr des Pioniers Kompanie. C'est la partie supérieure du plus grand complexe du sommet du HWK. Il comprend en surface deux observatoires et deux chambres de tir. Les souterrains, aujourd'hui effondrés, possédaient six sorties dans les tranchées entourant la Rohrburg. Ces souterrains permettaient l'accès sous couvert aux premières lignes.

la Rohrburg
La Rohrburg

l'entrée de la Rohrburg
Une des entrées de la Rohrburg

Plus loin se trouve la Feste Großherzog en hommage au Grand-duc de Bade. Ce grand fortin possède en surface deux observatoires cuirassés et deux abris. Le sous-sol, accessible par un escalier très raide, débouche sur le versant nord à l'abri des tirs français.

Feste Grossherzog
La Feste Großherzog

l'entrée de la feste Großherzog
L'entrée de la Feste Großherzog

une autre entrée
Une autre entrée de la Feste Großherzog

sortie de périscope
Observatoire pour périscope

couloir
Le couloir de la partie émergée de la Feste Großherzog

la chambre supérieure
La chambre supérieure

escalier
L'escalier vers le niveau inférieur

sortie du souterrain
La sortie vers le nord de la partie souterraine de la Feste Großherzog

Devant nous se dresse l'Aussichtsfelsen, une autre fortification allemande. Ce rocher était nommé Rocher Helé par les Français. Le commandant Hellé occupa ce fort avec la 28e BCA en avril 1915. Le rocher est traversé par un grand souterrain donnant sur le versant nord. Il dessert des chambres et un poste de mitrailleuse accessible par une échelle. Ces trois forts étaient reliés entre eux par de nombreuses tranchées dotées de mitrailleuses battant tous les flancs. Ils possédaient des vivres et des munitions pour soutenir un siège de trois mois. À droite de l'Aussichtsfelsen se trouve l'emplacement du premier Minenwerfer qui a contraint le 21 janvier 1915 les hommes du lieutenant Canavy à la reddition. Sur le haut de l'Aussichtsfelsen se dresse la croix des engagés volontaires d'Alsace-Lorraine. Cette croix haute de six mètres fut érigée en 1919.

l'Aussichtsfelsen
Le rocher de l'Aussichtsfelsen avec la croix des engagés volontaires

l'entrée de la partie souterraine
L'entrée au niveau du sommet de la partie souterraine

le couloir
Le couloir de la partie souterraine de l'Aussichtsfelsen

accès au poste de tir
L'accès au poste de mitrailleuse

sortie nord
La sortie nord de l'Aussichtsfelsen

Sur le côté sud de l'Aussichtsfelsen se trouve la Feste Mengelbier qui possède un observatoire cuirassé pour périscope facilement accessible. En suivant le sentier, nous contournons l'Aussichtsfelsen en passant à gauche de la Feste Ratz qui abrita un canon. Nous voici devant le monument du 15-2. Ce monumental bronze témoigne du sacrifice des soldats du 15-2 en avril et décembre 1915 au HWK. Il est l'œuvre du sculpteur Victor Antoine qui combattit ici même dans les rangs du 15-2. Le monument a été inauguré en 1921. Il fut dynamité en 1940 par les Allemands et reconstruit par Victor Antoine puis ré inauguré en 1954.

observatoire cuirassé
L'observatoire cuirassé de la Feste Mengelbier

l'observatoire
L'observatoire cuirassé

Feste mengelbier
La Feste Mengelbier

le storckenneststollen
L'entrée du Storckenneststollen sous le monument du 15-2

monument du 152
Le monument du 15-2

la feste Ratz
L'entrée de la Feste Ratz

l'intérieur de la feste Ratz
L'intérieur éboulé de la Feste Ratz

Sous le monument du 15-2 débute un sentier descendant sur le flanc nord du HWK. Ce sentier contourne l'Aussichtsfelsen et mène vers une série d'abris en tôle ondulée et de cavités creusées dans le rocher. La première cavité abritait un compresseur utilisé par les Pioniers pour creuser les souterrains. Dans la deuxième se trouvait la station supérieure du premier téléphérique. D'imposants vestiges de ces machines subsistent. Nous avons ensuite l'entrée du Muhestollen et en suivant le sentier nous arrivons au Gewerkschaftstollen, le plus grand souterrain du HWK. Il comprend de nombreuses chambres latérales et fut construit par des mineurs. Il était muni d'une ventilation et permettait un accès protégé vers les premières lignes. Les troupes y attendaient la fin des préparations d'artillerie avant les assauts.

abris sur le versant nord
Abris allemands avant le compresseur

entrée du compresseur
L'entrée de la salle du compresseur

les vestiges du compresseur
Les vestiges du compresseur et de la cuve sous pression

l'entrée de la salle des machines
L'entrée de la salle des machines du téléphérique

vestige du téléphérique
Les vestiges de la machinerie du compresseur

le muhestollen
L'entrée du Muhestollen

le Gewerkschafstollen
Le Gewerkschaftstollen

l'entrée
L'entrée du Gewerkschafstollen

au fond
Dans le souterrain

Revenons sur nos pas et descendons vers la Wartburg et les casernes. La Wartburg était la dernière station du téléphérique. Au fronton figure l'inscription "Une solide forteresse est notre dieu, une bonne protection et une arme. Landwehr Pioniers Kompanie. Été 1915". Une autre inscription donne le nom des officiers de la compagnie. Les casernes sont un bâtiment de deux étages dont l'étage est constitué d'une enfilade de pièces et le rez-de-chaussée de pièces individuelles. Il servait de logement aux combattants.

la warfburg
La Warfburg

les casernes
Les casernes allemandes

l'étage
L'étage supérieur des casernes

une chambrée
Une des chambrées du rez-de-chaussée

Nous entamons maintenant la descente du HWK par le flanc est. Pour cela, nous remontons d'abord vers la Wartburg pour emprunter le Felsenweg (sentier des rochers) vers le Jägerdenkmal. Nous passons par les fortins Adler, Zündmittelraum et Weser qui ont tous abrité des Minenwerfer. Le Jägerdenkmal est une petite pyramide couverte de plaques commémoratives déposées par les régiments allemands. À l'origine, il était couronné par deux fusils croisés.

casemate adler
L'abri Adler

minemwerfer adler
L'embase du Minenwerfer Adler

weser
Le Minenwerfer Weser

le Jagerdenkmal
Le Jagerdenkmal

les plaques
Les plaques commémoratives du Jagerdenkmal

Poursuivons en direction de la courbe 6 de la voie serpentine. De nombreux abris servant de dépôts de munitions se trouvaient à cet endroit. De même qu'un souterrain, le Bohrstollen. Les vestiges du bâtiment qui se trouvent dans la courbe du chemin sont ceux d'un dépôt de la Seconde Guerre mondiale.

courbe 6
Abris dans la courbe 6 de la voie serpentine

bâtiment de la 2e GM
Les vestiges du dépôt de la 2e Guerre mondiale

le Bohrstollen
L'abri du Bohrstollen

entrée du bohrstollen
La porte blindée du Bohrstollen

dans le bohrstollen
Dans le bohrstollen

couloir du bohrstollen
Le couloir d'entrée du Bohrstollen

Notre prochaine étape est la courbe 2 et la cantine Zeller. À cet endroit se trouvaient le poste de commandement allemand et le village des Pioniers. L'offensive française du 21 décembre 1915 s'arrêta à seulement cent cinquante mètres au-dessus. Le village comprenait une librairie, un coiffeur, un cabinet médical avec dentiste, une cuisine, une chapelle et le cercle des officiers. Le site a été restauré et le chalet et la chapelle reconstruite. Une auberge y est ouverte durant l'été. Le lieu est dénommé cantine Zeller en référence à une madame Zeller qui y vécut entre 1945 et la fin des années 70.

la cantine Zeller
La cantine Zeller

bunker de la courbe 2
Un des bunker de la courbe 2 avec sur le haut la chapelle reconstituée

un bunker
Un autre des bunkers de cet endroit

le monument Sproesser
Le monument Sproesser à proximité de la cantine Zeller
Ce monument a été érigé le 1er mai 1915 à la mémoire du Generalmajor Sproesser du 82e Landwehr Infanterie Brigade

Poursuivons en descendant le long de la voie serpentine et prenons, avant les ruines du fortin Ratzburg, le chemin à droite. Sur notre gauche se trouve le Kommandeurstein, monument en hommage aux commandants du secteur en 1915 (Moos, Schramme, Hadeln, Kachel, Schkopp et Dïepow). Sur la gauche émerge ensuite la casemate en béton qui servit de bureau au LIR124. Le LIR124 est le régiment dans lequel servit mon grand-père (voir Xavier Unterfinger). En poursuivant le long de ce chemin (direction Hirtzenstein) nous passons devant l'emplacement de l'ancien cimetière du 14e Pioniers Bataillon pour accéder à l'ancien cimetière du LIR124. Un escalier en pierre gravit le flanc de la montagne pour accéder au monument commémoratif de la tragédie du Ziegelruckenstollen. C'est la seule chose, avec les terrasses où étaient disposées les tombes, qui subsiste de ce cimetière. Les tombes ont été transférées dans d'autres lieux.

Kommandeurstein
Le Kommandeurstein

bureau du LIR124
Le bureau du LIR 124

le cimetière du LIR124
Le cimetière du LIR 124

le monument du drame du Ziegelruckenstollen
Le monument aux victimes du Ziegelruckenstollen

Remontons à la courbe 6 pour attaquer le flanc sud du HWK. À la courbe 6, nous empruntons le Sturmpfad vers le Mittlerer Rehfelsen. Sur notre droite se trouvent le Felsennest II et l'Adlergraben qui sont l'Oberer Rehfelsen. L'Adlergraben est une tranchée qui grimpe vers l'Aussichtsfelsen.

le Felsennest II
Le Felsennest II

Nous poursuivons sur le Bergpfad qui passe au-dessus du Mittlerer Rehfelsen pour rejoindre la Himmelsleiter (l'échelle du ciel). C'est un immense escalier de cinq cent soixante marches (très irrégulières) qui débute à sept cent quatre-vingt-dix mètres d'altitude pour finir sous la Rohrburg à neuf cent trente mètres d'altitude. Il fut creusé par les Allemands et servait de tranchée. Je n'ose imaginer le calvaire des soldats chargés d'apporter la soupe trois fois par jour à leurs camarades postés sur cette Himmelsleiter. En gravissant la Himmelsleiter, nous croisons le Rohrstollen, le Hindenburgstollen et la Hadelnsappe pour déboucher sur la Moossappe et aboutir au Bremerratskeller.

Himmelsleiter
La tranchée de la Himmelsleiter

la moossappe
La Moossappe

vestige de la moossappe
Les vestiges de la tranchée de la Moossappe

Le Bremerratskeller est un important ouvrage qui comprend un observatoire cuirassé relié par un tunnel à une chambre et un poste de tir pour mitrailleuse. Il fait partie de la première ligne allemande face au poste P6 de la tranchée française.

Bremerratskeller
L'entrée sud du Bremerratskeller

créneau de tir du bremerratskeller
Le créneau de tir qui protège l'entrée nord du Bremerratskeller

abri p6
L'abri français P6

Un sentier nous mène du Bremerratskeller vers l'abri du 2e Génie. C'est un complexe fortifié formant l'équivalent des fortifications allemandes du sommet. Les tranchées françaises y sont consolidées par des planches et les abris sont recouverts de rondins. Nous pouvons y voir le central téléphonique et un poste de secours. En 2009, il est en cours de restauration. Le sentier parcourt les lignes françaises parsemées de trous d'obus.

abri du 2e Génie
L'abri du 2e Génie

début de tranchée
Début de la tranchée à l'abri du 2e Génie

l'intérieur
L'intérieur de l'abri du 2e Génie

tranchée du centralLa tranchée menant au central téléphonique

l'entrée du central
L'entrée du central téléphonique

En débouchant sur le chemin, nous prenons à droite pour rejoindre le sommet. Dans le virage se trouve le poste Moyret qui était la cible des soldats victimes de l'accident du Ziegelruckenstollen le 28 janvier 1917.

le poste moyret
Le poste Moyret

entrée du poste Moyret
L'entrée du poste Moyret

Arrivés à la croix sommitale, nous pénétrons dans le Johann-Albrecht-Graben et parcourons une fois de plus les tranchées allemandes. Nous passons par le Carolagraben, le Dortmundergraben, le Cecilliengraben en prenant vers l'ouest. Après le passage à l'Annastollen et dans le Mariannegraben, nous sortons des tranchées allemandes afin de descendre vers la roche Sermet.

le johann graben
Tranchée allemande du Johann-Albrecht Graben

abri du Johann graben
Un abri dans le Johann-Albrecht Graben

carola stollen
L'entrée du souterrain du Carolastollen

anna stollen
L'entrée du Annastollen

emmagraben
La tranchée Emmagraben

Nous passons dans la tranchée française au poste P10. C'est la première ligne à partir de 1916. Elle est nommée la tranchée de pierre. Après une série d'abris effondrés (cagnas dans l'argot du poilu) nous débouchons sur l'abri "sans nom" suivi de l'abri Chevassus, tous deux restaurés dans les années 1990. La tranchée continue jusqu'à la roche Sermet. Il ne nous reste plus qu'à revenir vers le cimetière du Silberloch.

1ere ligne française
La tranchée de 1ere ligne française au nord du sommet

autre vue de cette tranchée
La tranchée française un plus loin

abri sans nom
L'abri sans nom

l'abri sans nom
L'intérieur de l'abri sans nom

abri Chevassus
L'abri du poste Chevassus

le poste chevassus
L'entrée de l'abri du poste Chevassus

la tranchée de pierre
La tranchée de pierre

abri dans la tranchée de pierre
Un abri de mitrailleuse dans la tranchée de pierre

Plus de quatre-vingt-dix ans après la bataille, le HWK reste un endroit dangereux. Mis à part les risques liés à l'exploration des souterrains (trous et puits non sécurisés), les pentes du HWK sont toujours truffées de fils de fer barbelés et de munitions. Les services de déminage estiment que 10 % des munitions ne fonctionnent pas lors des tirs. Les conditions climatiques régnant lors des batailles du HWK, qui se sont tenues en hiver, ont porté ce chiffre à 30 %. En se tenant à cette valeur, sur les vingt-cinq mille obus tirés par les Français le 21 décembre 1915, sept mille cinq cents n'auraient pas explosé. Les sentiers et les tranchées dégagées ont bien sûr été déminés, mais pas le reste de la montagne. La preuve, lors de ce parcours, j'ai retrouvé, au bord du sentier, les restes d'un crapouillot (torpille de mortier de 58 Français) et un obus de 75 français non explosé mais en bon état. Attention danger ! Ne touchez pas les obus non explosés, car ils sont actifs et très sensibles.

obus de 75
Obus de 75 trouvé près du sentier

crapouillot
Partie inférieure d'un crapouillot (obus de mortier de 58 français)

Le parcours décrit ci-dessus a été réalisé en deux fois et représente une randonnée de douze heures.

débris d'abri
Débris de tôle d'un abri (côté allemand)

En parcourant les sentiers du HWK, pensez à ces milliers d'hommes qui ont donné leurs vies pour ce que chaque camp croyait être une juste cause. Aucun de ces hommes n'avait demandé à faire la guerre. Ils ont été les instruments d'autres hommes dont les idées ont conduit à cet immense gâchis que fut la Première Guerre mondiale. C'est grâce à leurs sacrifices que l'Europe s'est construite et que nous y vivons aujourd'hui en paix. Les deux nations qui se sont affrontées si durement ici collaborent aujourd'hui à la valorisation du site. La brigade franco-allemande de défense participe tous les ans à des travaux sur le HWK.

Les poilus Français ont surnommé le HWK "la mangeuse d'hommes", les fantassins allemands, "la montagne de la mort". Passant, souviens-toi de ces surnoms !

vue depuis le HWK
Nuage rosi par le soleil couchant au dessus du Silberloch

Ces photographies ont été réalisées en novembre et décembre 2009.

La suite de la visite se passe dans la deuxième partie.... 

Y ACCÉDER:

L'accès du HWK se fait par Uffholtz ou par Wattwiller en empruntant la route des crêtes. La crypte du Silberloch est ouverte de Pâques au 11 novembre. La route des crêtes est fermée à la circulation en cas de neige. Dans ce cas, les sentiers du HWK peuvent être parcourus depuis le Hirtzenstein.

 

 

Cette page a été mise en ligne le 20 décembre 2009

Cette page a été mise à jour le 20 décembre 2009