Le Linge
Le tombeau des chasseurs

Le champ de bataille du Linge mérite comme beaucoup de champs de bataille de la Première Guerre mondiale le titre de champ de bataille de l'absurde. Aucun rôle stratégique ne peut être reconnu à cet éperon rocheux qui se dresse à presque mille mètres d'altitude entre les vallées de Munster et d'Orbey. La crête du Linge est éloignée des cols et routes importants qui permettaient la traversée des Vosges. Elle n'offre aucune vue plongeante sur les vallées ni aucune vue étendue. Ce champ de bataille doit tout à l'obstination des états-majors français et allemand et surtout à celle du chef de l'état-major français : Joffre.

le cimetière français
Le cimetière français du Wettstein

Au début d'août 1914, la 1ere Armée française du général Dubail, remplacé peu après par le général Pau, pénètre en Alsace par le sud et par les vallées vosgiennes. Elle atteint Mulhouse et le 22 août elle est aux portes de Colmar (voir le front du Sundgau). Durant le même temps, l'armée allemande bat les Français sur le front de Lorraine. Craignant un encerclement de la 1ere Armée, renommée Armée d'Alsace, l'état-major ordonne le repli. L'armée française se retire d'Alsace vers les sommets des Vosges abandonnant l'Alsace aux Allemands. Durant l'automne 1914, l'armée française contient l'offensive allemande dans le nord et dans les Flandres. Le front vosgien reste relativement calme. Fin décembre 1914, les Français s'installent au Hartmannswillerkopf (HWK). La première bataille du HWK commence le 3 janvier 1915 et se terminera fin avril. Fin janvier 1915, Joffre prescrit une nouvelle offensive au général Dubail. Il veut atteindre Munster par les hauteurs nord et sud de la vallée de la Fecht. Mais les Allemands devanceront les Français. Ils attaqueront le 19 février 1915. Ils avanceront jusque sur les pentes du Hohrodberg, du Linge et du Reichackerkopf. Leur avance ne sera stoppée que le 24 février 1915. Les chasseurs français auront perdu mille cinq cent cinquante-deux hommes et officiers durant ces féroces combats. Les différentes contre-attaques du mois de mars et d'avril 1915 restent sans succès. Le Grand Quartier Général (GQG) met au point une offensive de grande envergure. La 47e division d'infanterie (DI) du général Pouydraguin doit attaquer le Linge au nord et poursuivre sur les hauteurs de la vallée de Munster. La 66e DI du général Serret doit attaquer au sud et prendre l'Hilsenfirst et le Petit-Ballon. L'offensive est lancée le 15 juin 1915 à seize heures trente, précédée d'une préparation d'artillerie de cent quatre canons de quatre heures trente. Le premier objectif est Metzeral. Il sera atteint le 21. La 47e et la 66e DI ont progressé de cinq kilomètres sur une largeur de quatre kilomètres à travers un terrain très fortifié et défendu avec acharnement par la 19e Reserve Division et par les 6e et 12e Bayrische Landwehr Division. Les Français contrôlent désormais la haute vallée de la Fecht. Plus aucune ligne fortifiée ne les sépare de Munster. Le général Pouydraguin veut exploiter ce succès et poursuivre l'offensive par le fond de la vallée. Mais le GQG tient à son projet de déborder l'ennemi par les hauteurs. Joffre exige donc l'arrêt de l'offensive en fond de vallée et la reprise de la conquête du massif du Linge et du Barrenkopf.

le Glasborn
Trous d'obus au Glasborn

Avant l'offensive du 19 février 1915, les Allemands ne contrôlaient les hauteurs au nord de la vallée de Munster que par de petits postes de contrôle. Dès mars 1915, ils entreprennent de nombreux travaux. Sous le couvert de la forêt, le massif du Linge et du Barrenkopf est couvert par un réseau complet de tranchées et d'abris. Des ensembles fortifiés ont été érigés et le Rain des Chênes au nord du Linge abrite une artillerie protégée par des casemates. Cet ensemble sera encore renforcé en juin lorsque l'activité accrue des patrouilles françaises dans le secteur alerte les Allemands sur l'imminence d'une attaque. Les reconnaissances informent le général Pouydraguin de l'état de fortification du secteur. Le général juge une offensive sur le Linge très hasardeuse et en fait part au GQG. Il préconise une fois de plus la poursuite de l'offensive en fond de vallée. Le général Maud'Huy, commandant la VIIe armée dont fait partie la 47e DI, propose donc au GQG de confier l'attaque du Linge aux chasseurs alpins de la 129e DI.

la 1ere ligne allemande
1ere ligne allemande au Collet du Linge

L'offensive prévue le 8 juillet 1915 et reportée au 12 puis au 18 est fixée au 20 juillet 1915 pour permettre la mise en place de la 129e DI du général Nollet. À quatorze heures, précédé par une préparation d'artillerie, la 129e DI attaque. Le 22e Bataillon de Chasseurs alpins (BCA) prend d'assaut le Barrenkopf (au sud), le 30e et le 70e BCA la Courtine et les carrières du Schratz (au centre) et le 14e et le 54e BCA, le Linge (au nord) et la partie nord du Schratz. Le 22e BCA est fauché par les mitrailleuses des fortins allemands et doit se replier en laissant sur le terrain cent quatre-vingt-douze morts. Plus de quatre cents blessés rejoignent les tranchées de départ. Le 14e et le 54e BCA subissent le même sort. Seuls quelques éléments parviennent au Collet du Linge. La moitié de l'effectif a été tué. L'attaque au centre, qui devait être effectué dans un deuxième temps par le 30e et le 70e BCA, est décommandée.

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Tranchées allemande au Barrenkopf

Durant ce temps, la 47e DI a été envoyé à l'attaque du Reichackerkopf. Ce sera, au soir du 21 juillet 1915, un échec sanglant, la conquête de quelques mètres de tranchées aura couté mille cinquante-huit hommes. La bataille du Reichackerkopf est arrêtée et les unités les moins éprouvées de la 47e DI sont mis à la disposition de la 129e DI. L'armée française a été tenue en échec au Reichackerkopf par la 8e Bayrische Reserve Division et au Linge par la 1er Bayrische Landwehr Brigade, le 11e Mecklenburger Jäger Bataillon et le Garde Jäger Bataillon qui content parmi les troupes d'élite de l'armée allemande. Ces échecs vont transformer la grande offensive française, prévue sur un front de douze kilomètres, en une série d'attaques sur trois objectifs d'un front réduit à deux kilomètres, le Collet du Linge, les carrières du Schratz et le Barrenkopf.

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Trous d'obus au Barrenkopf

Une nouvelle offensive est entreprise le 22 juillet 1915. La 5e Brigade attaque le Barrenkopf et la Courtine tandis que la 3e Brigade se rue sur le Collet du Linge. Les chasseurs âgés d'à peine vingt ans sont fauchés par les mitrailleuses des blockhaus allemands que l'artillerie n'a pas réussi à détruire. Cloués au sol par les tirs des mitrailleuses, les chasseurs français sont décimés par les tirs de l'artillerie allemande. Les rares survivants se replient sur les lignes françaises. Le général Maud'Huy reporte la prochaine attaque au 26 juillet 1915. Le mauvais temps qui règne sur le massif depuis trois jours empêche une préparation d'artillerie efficace. L'offensive est donc réduite à une action sur le Collet du Linge. Le 14e et le 30e BCA sortent de leurs tranchées à dix-huit heures. Le 30e BCA s'empare de la crête du Linge avec tous ses fortins et le 14e BCA se rend maître du Collet du Linge. Ce succès est obtenu au prix de très lourdes pertes.

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Chevaux de frise et barbelés placés devant les tranchées

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Le sommet du Linge

Les Allemands réagissent en écrasant les positions conquises par les Français sous les obus durant toute la nuit. Sous ces conditions, l'évacuation des blessés, l'arrivée des renforts et le réapprovisionnement sont très difficiles. Les Allemands contre-attaquent à trois heures du matin, mais sont repoussés. Ils échouent à nouveau à huit heures, à dix heures et à midi malgré un formidable bombardement par des obus de gros calibre (150 et 210 mm). Ces contre-attaques empêchent la poursuite de l'offensive française sur le Schratz et le Barrenkopf. À treize heures, le 15e, le 115e et le 120e Bataillon de Chasseurs à pied (BCP) partent à l'assaut de ces sommets tandis que la 3e brigade et le 121e bataillon attaquent le Schratz depuis le Collet du Linge. Après avoir atteint les sommets, le 115e est rejeté du Schratz par la contre-attaque allemande. Le 15e BCP arrive à se maintenir au Barrenkopf et y réduit à néant trois contre-attaques. Mais la 3e brigade et le 121e bataillon n'arrivent pas à escalader la crête du Schratz sous le feu des mitrailleuses allemandes. Dans la soirée, l'état-major estime la situation du 15e BCP trop fragile et ordonne le repli général.

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Trous d'obus et tranchées française à la Courtine

Dans la soirée du 28 juillet 1915, Joffre décide de ne pas renforcer les effectifs de la VIIe armée et signifie au général Dubail de ce placer sur la défensive à partir du 20 août 1915. Il a compris l'impossibilité de déborder les Allemands en passant par les hauteurs des Vosges. Le général Dubail ordonne donc l'occupation de la crête Linge-Schratz-Barrenkopf. Le 29 juillet 1915, à quinze heures trente, le 5e BCP attaque le Schratz depuis le Collet du Linge, le 15e BCP attaque le Schratz par l'ouest, le 120e bataillon attaque la Courtine et le 11e bataillon le Barrenkopf. Le 5e BCP parvient au sommet du Schratz. Il y repousse trois contre-attaques à seize heures, à dix-sept heures trente et à vingt heures. Le 15e BCP parvient aux carrières, mais y est bloqué par les Allemands en position dominante. Le 11e et le 120e bataillon sont bloqués devant les positions allemandes qui ont été évacuées le 27 juillet 1915 par le 15e BCP et à nouveau solidement tenu par les Allemands. Les positions n'évolueront pas jusqu'au 1er août 1915 malgré des bombardements intenses de la part de l'artillerie allemande.

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Mortier français 150 de fabrication Fabry conservé au Mémorial du Linge

Le 1er août 1915 à dix-neuf heures trente après un pilonnage d'artillerie, la 3e brigade reprend l'offensive sur le Schratz depuis le Collet du Linge tandis que la 5e brigade repart à l'assaut du Schratz et du Barrenkopf depuis la Courtine. À vingt et une heures, la 3e brigade s'empare des tranchées allemandes de la crête du Linge et du versant nord du Schratz. La 5e brigade est bloquée par le fortin du sommet du Schratz, mais progresse, bien que lentement, au Barrenkopf. Le 2 août 1915, toutes les tentatives de s'emparer du fortin sommital du Schratz échouent. Le 3 août 1915, de dix heures trente à seize heures, les lignes françaises sont écrasées par l'artillerie allemande qui provoque de très lourdes pertes. À seize heures trente, les Allemands contre-attaquent et reprennent leurs positions du Collet et de la crête du Linge. Les Français reprendront le Collet du Linge dans la soirée.

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1er ligne allemande au Linge

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Observatoire allemand en 1ere ligne

Le 4 août 1915, les canons allemands expédient sur les trois kilomètres du front du Linge au Barrenkopf, quarante mille obus. Les bombardements, les attaques et les contre-attaques se poursuivront jusqu'au 8 août 1915. Aucun des deux camps ne parvient à se maintenir sur ses positions. Les généraux Dubail et Maud'Huy, en accord avec Joffre, demandent au général Nollet, commandant la 129e DI, un dernier effort avant sa relève prévue le 20 août 1915. Ils exigent la prise du Linge, du Schratz et du Barrenkopf. Le 17 août 1915, commence la préparation d'artillerie et l'offensive est déclenchée le 18 août 1915. Le 11e bataillon prend le sommet du Linge, mais le perd dans la soirée. La crête du Schratz est enlevée et tenue par le 27e bataillon. Joffre s'impatiente face au maigre bilan et ordonne une attaque de grande envergure. Cet ordre est répercuté par le général Maud'Huy au général Nollet le 20 août 1915. L'artillerie allemande et le mauvais temps reportent l'attaque au 22 août 1915. Le 22e BCA enlève le sommet du Schratz et le 23e BCA celui du Barrenkopf. Une contre-attaque allemande durant la nuit reprend le sommet du Barrenkopf et rejette les Français dans la tranchée en contrebas. Le général Maud'Huy estime que les directives de Joffre sont réalisées, du moins en partie. Soutenu par le général Dubail, il décide d'arrêter l'offensive et d'organiser la défense. Depuis le 20 juillet 1915, les Français ont perdu neuf mille quatre cent quatre-vingt-cinq hommes et cent soixante-seize officiers.

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1ere ligne allemande au Collet du Linge

L'armée française renonce à l'offensive, mais pas les Allemands. Ils ont déjà engagé dans le secteur sept brigades et perdu plusieurs milliers d'hommes et ne veulent pas rester sur un échec. Le 26 août 1915, le général Nollet et la 129e DI cèdent leurs positions au général Pouydraguin et aux hommes de la 47e DI. Lors de sa première inspection, le 27 août 1915, le général Pouydraguin estime que les positions françaises, accrochées à découvert dans des pentes raides en contrebas de l'ennemi maître des sommets, sont intenables. Le 31 août 1915 à onze heures l'artillerie allemande ouvre le feu sur les lignes françaises du Linge, du Schratz, du Barrenkopf et sur le camp arrière du Wettstein coupant toutes les communications. À treize heures, les obus explosifs laissent la place aux obus au gaz. Les hommes pris d'étourdissement et de nausées suffoquent. Le nuage mortel planera sur les prés à l'arrière des lignes durant dix-huit heures empêchant l'arrivée des renforts. À dix-sept heures, l'infanterie allemande se rue à l'attaque. Les contre-attaques françaises notamment celles du 14e BCA et du 51e BCA, limitent le terrain perdu. Les offensives se poursuivront jusqu'au 5 septembre 1915.

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1ere ligne française au Collet du Linge

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Observatoire français (réinstallé près du Memorial)

Le 9 septembre 1915, les Allemands reprennent l'offensive en employant pour la première fois les lances flammes. Ils rejettent les Français hors des premières lignes. Ce n'est qu'au cours de la nuit que les chasseurs français peuvent reprendre leurs positions. Depuis son engagement au Linge le 26 août 1915, le 47e DI a perdu mille soixante-dix hommes. Devant cette situation, le général Maud'Huy réclame des renforts pour reconquérir les sommets. Les renforts lui seront refusés par le général Dubail. La 47e DI doit maintenir ses positions. Le 12 octobre 1915, un puissant pilonnage d'artillerie précède l'attaque allemande sur le Linge et le Schratz. Au Collet du Linge, le 14e BCA résiste, mais au Schratz la première ligne est perdue. Le 16 octobre 1915 a lieu la dernière grande offensive allemande qui échoue à percer les lignes françaises. À partir de là, chaque camp organise ses positions pour la défense et continue de harceler l'ennemi jusqu'à l'armistice. Le temps de l'offensive est passé au Linge. La bataille se déplace sur d'autres fronts. La deuxième bataille vient de débuter au HWK.

La bataille du Linge aura couté la vie de plus de onze mille Français et de plus de sept mille cinq cents Allemands. Inutilement.

plan du massif du Linge

Notre visite débute avec la Croix de Wihr. Ce monument commémore l'avancée victorieuse des hommes du 152e régiment d'infanterie (RI) contre les troupes allemandes lors de l'offensive du 19 août 1914. À cet endroit, le 152e RI, qui gagnera au HWK le nom des Diables Rouges, s'est battu au corps à corps à la baïonnette. La Croix de Wihr marque l'avancée ultime de l'armée française en Alsace durant la Première Guerre mondiale.

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Le monument de la croix du Wihr

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Autel allemand sur la route du Linge

La route nous mène ensuite vers le Baerenstall où se trouve le cimetière allemand. Ce cimetière a été créé en 1930 pour regrouper les sépultures allemandes du secteur du Linge. Il contient les sépultures de deux mille quatre cent trente-huit Allemands. Initialement, le cimetière était situé sur le versant opposé, au niveau du monument en forme de pyramide. Ce monument a été élevé en 1916 par les troupes bavaroises en honneur des morts des Mecklenburger Jäger, des Garde Jäger et du 8e Reserve Jäger. Le blockhaus situé devant le cimetière a été construit en 1917.

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Le cimetière allemand du Baerenstall

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L'ossuaire du cimetière allemand

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L'alignement des croix noires

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Le bunker devant le cimetière

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Le monument de l'ancien cimetière allemand

Nous arrivons sur l'actuelle esplanade qui sert de parking au mémorial-musée du Linge. Nous sommes au Collet du Linge. Devant nous se trouvent les vestiges du champ de bataille du sommet du Linge classés monument historique le 11 octobre 1921. Le reste du champ de bataille a fait l'objet du comblement des tranchées et d'un reboisement à partir de 1923. En effet, le Parlement a voté le 24 avril 1923 une loi prescrivant l'arasement des vestiges de la guerre et le reboisement de tous les secteurs de la zone rouge (le front) à l'exception des sites classés de Verdun, du Linge, du HWK et de la Tête des Faux.

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Le monument des chasseurs du 5e BCP au Collet du Linge

Au Collet du Linge a été érigé un monument en hommage au sacrifice des chasseurs du 5e BCP. C'est la seule chose qui signalait aux passants la présence du champ de bataille qui depuis 1923 tombait dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1968 que des bénévoles s'attèleront au débroussaillage et à la mise en valeur du site du sommet du Linge. Suite à cette mise en valeur, le 9e Génie, basé à l'époque à Neuf-Brisach, aménagea l'esplanade afin d'y ériger le mât qui porte le plus haut drapeau des Vosges. À ses pieds se trouve le monument commémoratif en forme de flamme torsadée dédié aux 10000 morts français du Linge. Il a été réalisé avec le bronze provenant des balles, des douilles, des anneaux et des fusées des obus ramassés sur le champ de bataille.

l'esplanade
L'esplanade du Collet du Linge

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La stèle de l'armistice

Le mémorial-musée a été construit entre 1973 et 1981 par l'association du Mémorial du Linge. À côté a été érigée une stèle intitulée "Armistice" conçue par Gérard Ambroselli et portant un poème d'André Piot combattant de la Grande Guerre. Le musée sert de porte d'entrée aux vestiges du sommet du Linge.

le plan du sommet

La première ligne allemande court le long de la crête ouest du sommet du Linge. C'est une solide tranchée entièrement maçonnée avec un parapet de tir dont les créneaux sont équipés de boucliers blindés munis de fentes obturables. Elle est munie d'observatoires bétonnés préfabriqués. Des abris souterrains jalonnent également cette tranchée. Plusieurs tranchées transversales la relient à la tranchée de seconde ligne.

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La 1ere ligne allemande au sommet du Linge

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La suite de la 1ere ligne

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Un observatoire de la 1ere ligne allemande

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1ere ligne allemande (les croix marquent les endroits où furent exhumés des corps, croix blanche pour les Français et croix noires pour les Allemands)

La première ligne française est parallèle à la tranchée allemande. Elle se trouve à moins de vingt mètres, mais dix mètres en contrebas. Contrairement aux tranchées allemandes, elle n'est pas consolidée, mais juste creusée dans le sol. Les vestiges en sont donc en très mauvais état. Les Allemands étaient ici dans leur pays (l'Alsace et la Moselle étaient allemandes à l'époque) qu'ils avaient à défendre. Ils construisaient donc du solide. Les Français étaient en position offensive. Ils voulaient reconquérir l'Alsace et la Moselle et donc pas question de construire du durable étant donné qu'ils ne prévoyaient de n'occuper les positions que peu de temps. Ils y resteront quatre années. Au milieu du sommet, la tranchée française fait une avancée dans la première ligne allemande. À cet endroit, les Allemands construisirent un fortin dont les embrasures de tir ne sont éloignées que d'un mètre de la tranchée française.

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La 1ere ligne française au sommet du Linge

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La 1ere ligne française sous la 1ere ligne allemande

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La 1ere ligne française vu depuis la ligne allemande

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L'endroit où la 1ere ligne française touche la 1ere ligne allemande

En suivant la tranchée de première ligne allemande, nous débouchons sur l'éperon du Linge. Sur le côté nord-ouest de cet éperon, deux fortins couvraient de leurs feux l'avant de la première ligne. Une tranchée circulaire relie la tranchée de première ligne à ces fortins. De cet endroit, la tranchée descend, en serpentant, le flanc nord du Linge. Cette tranchée et ses abris sont aujourd'hui totalement effondrés.

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La tranchée allemande à la crête nord

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Observatoire à la crête nord

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Poste de mitrailleuse à la crête nord

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Tranchée de la crête nord avec observatoire et niche à munitions

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Abri à la crête nord

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Abri à la crête nord

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La tranchée de la crête nord avec un passage particulièrement étroit

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Le fortin à triple meurtrière prenant en enfilade la tranchée française

Peu avant l'éperon, un fortin à triple meurtrière, contrôle un carrefour de tranchées donnant accès à la deuxième ligne allemande courant le long de la crête est du Linge. Cette tranchée profondément encaissée mène par un escalier maçonné vers le "Fort Carré". Ce vaste complexe à plusieurs niveaux (inaccessibles) est couvert par un blockhaus cubique. Ce blockhaus est un observatoire équipé d'un périscope. Celui-ci fut récupéré intact lors du dégagement du site en 1969, mais n'est plus présent. L'accès au fortin avait été dynamité par les Allemands lors de leur départ en 1918. L'accès à l'observatoire est possible au travers d'une petite porte et d'un minuscule escalier intérieur. Ce blockhaus est également muni de meurtrières disposées suivant l'angle de la pente. Le long de la tranchée sont disposées plusieurs entrées d'abris souterrains effondrés. De cet endroit partait un tunnel rejoignant l'arrière des lignes.

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Le Fort carré

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La tranchée d'accès au Fort carré

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Entrée d'un abri souterrain au Fort carré (à noté l'escalier sur la gauche permettant la sortie de la tranchée pour l'assaut)

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La tranchée bétonnée au Fort carré

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L'entrée du bunker du Fort carré

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Dans le bunker avec le trou de passage du périscope

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Le Fort carré

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La tranchée qui descend le flanc nord du Linge

En poursuivant dans la tranchée de deuxième ligne, nous accédons à un autre blockhaus contrôlant la partie nord-ouest du terrain situé entre les deux lignes. La partie supérieure de ce blockhaus est aménagée en poste de mitrailleuse avec banquette de tir et casiers à munitions. La suite de la tranchée, profondément enfouie, mène vers le carrefour permettant d'accéder au "Fort Lingekopf" et à la troisième ligne. Le "Fort Lingekopf" est la dénomination que les Allemands donnèrent à l'ensemble des tranchées de deuxième ligne et de ses abris souterrains au sommet du Linge. De là, une tranchée transversale mène directement à la première ligne. Deux autres tranchées partant à droite et à gauche mènent en arc de cercle vers la première ligne. Ces deux tranchées sont bordées de sapes dont ne subsistent que les entrées.

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Bunker de la 2e ligne allemande

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Le même bunker

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La 2e ligne allemande

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Une entrée d'un abri de la 2e ligne allemande

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La stèle du Fort Lingekopf

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Tranchée du Fort Lingekopf

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Tranchée de la 2e ligne au Fort Lingekopf

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Entrée d'abri au Fort Lingekopf

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Bunker à l'entrée de la tranchée de 2e ligne allemande

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La tranchée de 2e ligne allemande

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La tranchée de liaison entre la 2e et la 3e ligne allemande

Du carrefour, une tranchée descend la pente est vers la troisième ligne où se trouve au nord les vestiges de casernes. Au sud de cette troisième ligne, nous découvrons un grand abri ayant servi de poste de commandement. Les deux salles de ce PC sont accessibles à la visite, mais pas les autres parties souterraines qui se sont effondrées.

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Le poste de commandement allemand en 3e ligne

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La façade du PC allemand

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Les vestiges des casernes en 3e ligne

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L'entrée d'un des casernes souterraines de la 3e ligne

En poursuivant vers le sud, nous passons au-dessus de la fosse commune provisoire des Allemands pour remonter avant le mémorial vers la deuxième ligne. À cet endroit a été installé lors de la réfection du site le soubassement d'un minenwerfer allemand. À l'entrée de la deuxième ligne sont placés deux blockhaus qui prenaient sous leurs feux la partie sud-ouest du terrain entre la deuxième et la première ligne.

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Le dépôt mortuaire allemand

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La 2e ligne allemande près du Collet du Linge

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La 2e ligne allemande entre le PC et le Collet du Linge

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Embase de minenwerfer dans la 2e ligne allemande

De retour sur l'esplanade, nous remontons la route vers le Baerenstall (cimetière allemand) pour découvrir après quelques dizaines de mètres, en contrebas de la route, le poste de commandement érigé par la 8e Bayrische Landwehr en 1916.

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Le poste de commandement bavarois

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La façade du PC bavarois

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L'intérieur du PC bavarois

Depuis l'esplanade, un sentier part à l'arrière du monument des chasseurs alpins vers le sommet du Schratzmaennele abrégé en Schratz par les chasseurs. Les tranchées qui couraient de part et d'autre du sentier ont été comblées à partir de 1923. Il n'en subsiste que de temps en temps, un trou dans le sol lié à l'effondrement d'un abri souterrain depuis longtemps oublié.

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Vestiges de tranchées allemande au Schratz

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Vestiges d'abris au Schratz

Arrivés au sommet, nous entamons la descente à droite vers la Courtine. Au bout de quelques mètres, nous atteignons la Grande Carrière. À cet endroit furent extraites, entre 1867 et 1873, les pierres pour la construction du temple protestant de Munster. Les Allemands la transformèrent en campement retranché. Il n'y subsiste que quelques ruines des abris allemands.

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La grande carrière du Schratz

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Abri dans la grande carrière

Nous poursuivons vers l'ouest pour arriver à un poste de mitrailleuse bétonné. C'était un des principaux obstacles aux assauts français sur le Schratz. Il prenait sous son feu tout le versant ouest et d'innombrables chasseurs sont morts sous ses balles.

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Poste de mitrailleuse au somment du Schratz

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Le fortin vue depuis le côté français

Le prochain blockhaus est le fameux "Storkennest" (nid de cigogne). Ce fortin imprenable servait d'abri aux hommes de troupe et aux officiers durant les bombardements. Il surplombait la Petite Carrière et tout le flanc ouest du Schratz. Il était puissamment armé de mitrailleuses.

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L'entrée du Storkennest

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Dans le Storkennest

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Les créneaux de tir pour mitrailleuses du storkennest

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Un abri à l'arrière du Storkennest

Le sentier descend maintenant dans la Petite Carrière dont les parois de grès sont constellées d'impact de balles et d'obus. C'était un piège mortel pris d'assaut notamment par le 15e BCP durant le 29 juillet 1915. Cet assaut fut effectué après une série de tir à vue par un canon de 75 hissé à dos d'hommes sur la position française surplombant le Glasborn.

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La petite carrière

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Les impacts dans la petite carrière

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Fortin allemand surplombant la petite carrière

Le sentier descend en pente raide vers la Courtine. Ce sentier que nous descendons fut, lors de la bataille, gravi par les chasseurs sous une pluie mortelle de balles de mitrailleuses en provenance des fortins du sommet. Nous débouchons sur le replat de la Courtine très âprement disputé en 1915. Le terrain totalement bouleversé est toujours marqué par les entonnoirs jointifs des explosions des obus. Entre les entonnoirs se devinent les vestiges des tranchées des deux belligérants, distantes de quinze à vingt mètres seulement. D'après différents témoignages de poilus, ces tranchées rapprochées étaient les points les moins dangereux du front, car ils ne pouvaient être bombardés par l'artillerie qui craignait de toucher leurs propres troupes.

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Trous d'obus à la Courtine

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La Courtine

Au sud de la Courtine se trouve le Barrenkopf qui fut l'objet de combats acharnés. Nous trouvons ici un dédale de tranchées allemandes dont les restes maçonnés sont parfaitement visibles. Nous pouvons y découvrir de nombreux observatoires bétonnés et des positions de mitrailleuse fortifiées. De nombreuses entrées d'abris souterrains sont visibles, mais leurs visites ne sont plus possibles. Nous pouvons également y voir des tranchées dont les murs ont la forme d'escaliers. Les Allemands y ont expérimenté les escaliers d'assaut afin de faciliter la sortie des fantassins. Auparavant, la sortie des tranchées, pour partir à l'assaut, nécessitait l'utilisation d'échelles en bois. Le sommet du Barrenkopf fut conquis le 27 juillet 1915 par le 15e BCP et à nouveau le 22 août 1915 par le 23e BCA, mais il ne fut jamais tenu par les troupes françaises.

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Tranchée allemande au Barrenkopf

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Autre bout de tranchée allemande

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Poste de mitrailleuse au Barrenkopf

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Tranchée au Barrenkopf

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Observatoire allemand dans la tranchée au Barrenkopf

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Abri allemand au Barrenkopf

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Poste de mitrailleuse au Barrenkopf

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Abri au Barrenkopf

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Autre abri au Barrenkopf

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Coin de tranchée au Barrenkopf au-dessus de la station d'arrivée du funiculaire

Peu après le sommet du Barrenkopf, subsistent sur le versant est les ruines de la station d'arrivée d'un funiculaire utilisé par les Allemands pour acheminer le matériel lourd vers le sommet. Il s'agissait de deux voies de chemin de fer à voie étroite sur lesquelles circulaient des wagonnets entrainés par un câble.

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La station d'arrivée du funiculaire vue depuis le haut

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La station d'arrivée du funiculaire vue depuis le bas

La station de départ du funiculaire
La station de départ du funiculaire

Le sentier descend vers le Kleinkopf, objectif important pour l'état-major français. Les chasseurs n'atteindront cependant jamais cet éperon rocheux. Sur celui-ci, les Allemands avaient installé un observatoire. Les tranchées françaises passaient deux cents mètres en contrebas sur le flanc ouest. Le sommet était truffé d'abris maçonnés ou souterrains. Il n'en subsiste pas grand-chose, la plupart d'entre eux se sont effondrés, largement fragilisés par les bombardements. Le sentier passe par un des postes d'observation dont la meurtrière peut passer inaperçue. Elle se trouve actuellement au raz du sol. Le sentier débouche ensuite sur l'alpage d'où la vue embrasse la vallée de la Fecht, le Petit Ballon (en face), le Hohneck (sur la droite) et avec un peu de chance les Alpes (sur la gauche).

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La tranchée allemande au Kleinkopf

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Observatoire au Kleinkopf

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Abri au Kleinkopf

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L'entrée de cet abri

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L'observatoire au sommet du Kleinkopf

De retour à la Courtine, nous nous dirigeons vers la ferme auberge du Glasborn d'où nous prenons le sentier vers le Wettstein. Peu après nous atteignons une petite crête qui domine le terrain du Glasborn. Cette crête était la première fortification française face aux fortifications allemandes du Barrenkopf. Peu de vestiges des abris sont visibles, mais les traces des tranchées et les trous d'obus sont parfaitement visibles.

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La 1ere crête du Glasborn

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Un abri sur la 1ere crête du Glasborn

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Le Glasborn et au fond la Courtine

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Les trous d'obus au Glasborn

Le sentier nous mène ensuite vers une deuxième crête où s'élevait le camp Mortiere qui servait de camp de base pour les assauts français. Les abris bétonnés y sont nombreux et pour certains visitables.

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La 2e crête du Glasborn

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Abri à la 2e crête de Glasborn

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Un autre abri sur la 2e crête du Glasborn

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L'entrée d'un abri souterrain sur la 2e crête

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Dans la chambre de cet abri

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La 2e crête du Glasborn

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Vestiges de tranchées sur la 2e crête

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Un autre abri sur la 2e crête

Nous rebroussons chemin vers le mémorial du Linge. Nous empruntons la route allant de la ferme auberge vers le mémorial en passant par l'obélisque commémorant le sacrifice des hommes de la 47e, de la 66e et de la 129e DI "qui ont lutté, qui ont souffert, qui sont morts pour la France au Lingekopf".

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Monument dédié au sacrifice des hommes de la 47e, de le 66e et de la 129e DI

Nous nous dirigeons maintenant vers le col du Wettstein. Ici se trouvait la base arrière des troupes françaises. Les cantonnements, dépôts de vivres, dépôts de munitions, cuisines, hôpitaux de campagne et positions d'artillerie ont été totalement démantelés et arasés en 1924. Ce camp, exposé aux vues des observatoires allemands du Linge et du Barrenkopf (la forêt ayant été rasée par les bombardements) et aux bombardements, était relié aux lignes françaises situées au Glasborn par une grande tranchée. Certains ouvrages parlent d'un tunnel débouchant près de la ferme de la Combe. Des recherches récentes n'ont trouvé aucune trace d'un quelconque ouvrage souterrain de cette ampleur et la relecture des cartes d'époque démontre qu'ils font état d'une tranchée et non d'un souterrain. Du camp français, ne subsiste actuellement qu'une reconstitution d'un baraquement, mis en place par les bénévoles du mémorial.

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L'abri reconstitué du camp français du Wettstein

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L'abri reconstitué

Au col du Wettstein se situe le cimetière français où sont regroupées les tombes de trois mille cinq cent trente-huit hommes, dont mille trois cent trente-sept, en deux ossuaires. Le cimetière est dominé par une grande croix de granit portant le mot "PAX". Elle remplace une croix formée de deux troncs d'arbres érigés par les poilus durant la guerre. Au pied de la croix, nous trouvons un gisant en bronze, œuvre du sculpteur Antoine. Il montre un chasseur fauché au champ d'honneur.

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Le monument du cimetière français 

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La croix avec le gisant

Nous reprenons la route vers le Collet du Linge et le cimetière allemand d'où nous entamons la descente vers le village de Hohrod. Le long de la route subsistent des bunkers allemands. Après la fontaine, nous rencontrons la station de départ du funiculaire du Barrenkopf. Au débouché de la forêt, nous nous arrêtons au parking situé dans le virage à gauche de la route. En contrebas, nous trouvons une table d'orientation pointant les sommets de la vallée de la Fecht.

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Un abri sur la route entre le Collet du Linge et le Bärenstall

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Un abri sur la route de Hohrod

En descendant le sentier, nous débouchons au col du Wahlenstall. À cet endroit, sont visibles les encuvements de protection de deux canons allemands. Ceux-ci bombardaient les positions françaises au fond de la vallée de Munster et du Reinchakerkopf en face.

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Encuvement de canon

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Le 2e encuvement

Le chemin forestier partant à gauche en remontant mène vers deux abris d'état-major en relativement bon état. À remarquer les murs pare-éclats construits devant les entrées.

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Le 1er abri d'état-major

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Le 2e abri d'état-major

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Le 2e abri d'état-major

À partir du col du Wahlenstall, le sentier grimpe sur le petit sommet situé en face (à l'est) sur lequel se trouve l'observatoire d'artillerie servant aux canons installés au col. Derrière le rocher sommital, creusé d'un abri, se trouve un escargot métallique. C'est une guérite d'observation de type standard de l'armée allemande. Ce type de guérite était installé dans les forts allemands construits entre 1871 et 1914 le long de la frontière. Des exemplaires complets sont visibles à la position d'infanterie de Heiteren. Celui-ci a probablement été démonté dans un de ces forts pour être installé ici.

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L'observatoire d'artillerie

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L'arrière de la guérite

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L'escargot de la guérite

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L'observatoire vue de face

Nous redescendons au col et empruntons le sentier partant à gauche (en descendant de l'observatoire) pour rendre visite au mémorial du crash du bombardier Lancaster 766. C'est au retour d'une mission de bombardement sur l'Allemagne nazie que ce bombardier, touché par la DCA, s'écrasa à cet endroit le 7 janvier 1945 à vingt et une heures trente. Il essayait de rallier la France libérée, en passant les Vosges. W.J. Max Arthur, pilote de la Royal Canadian Air Force (RCAF), R.J. Longheed, pilote de la RCAF, R.P. Candy, ingénieur de vol de la Royal Air Force, M. Greenstein, bombardier de la RCAF, M.H. Horne, officier de bord de la RCAF, D.J. Mac Aulay, mitrailleur de la RCAF et D.F. Campbell, mitrailleur de la RCAF sont mort dans cette mission pour notre liberté.

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Le monument du crash du Lancaster 766

Dans la descente par la route vers Hohrodberg, nous croisons un petit bunker sur la droite du parking. C'est un des petits postes de mitrailleuses tenus par trois hommes qui parsemèrent la ligne entre le hameau du Hohrodberg, fortifié par les Allemands, et le sommet du Barrenkopf. Les lignes françaises étaient situées bien plus bas au niveau du village de Soultzeren.

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Bunker de mitrailleuse

Un dernier petit détour nous mène vers le col du Schneiden. Sur le versant nord-est du Hoernleskopf (entre le col du Wahlenstall et le col du Schneiden) a été érigé le poste de commandement allemand abritant les officiers supérieurs de tout le secteur du Linge. Ce bunker, à l'abri des bombardements français, possédait une façade le faisant ressembler plus à une villa de vacances qu'à un abri de guerre.

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Le poste de commandement du col du Schneiden

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La façade du poste de commandement

Ces photographies ont été réalisées en avril 2010.

 

Y ACCÉDER:

Pour la visite de ce champ de bataille, partez des Trois-Épis en empruntant la D11 vers le Linge. Le premier arrêt a lieu à la Croix de Wihr puis au cimetière allemand du Baerenstall. Reprenez la voiture pour aller au mémorial du Linge pour une visite à pied du Linge, du Schratz, de la Courtine, du Glashorn, du Barrenkopf et du Kleinkopf (balisage rectangle bleu vers le Kleinkopf et rectangle jaune vers le Wettstein).

De retour au mémorial, reprenez la voiture pour poursuivre sur la D11 vers le col du Wettstein. Faites ensuite demi-tour pour revenir au cimetière allemand. Puis prendre la D5 vers Hohrodberg.

Arrêtez-vous au débouché de la forêt sur le parking dans le virage à gauche de la route. Descendez à pied vers le col du Wahlenstall.

Reprenez la voiture et arrêtez-vous dans le chemin partant à gauche de l'épingle à cheveux à la sortie de Hohrodberg. Partez à pied par le chemin goudronné et au carrefour, prenez à gauche puis au prochain croisement reprenez à gauche et ensuite prenez le sentier grimpant le Hoernleskopf sur la gauche.

 

Cette page a été mise en ligne le 15 mai 2010

Cette page a été mise à jour le 5 novembre 2012