L'alignement de
menhirs de Couches

Impressionnant !

Les pierres dressées constituant cet alignement forment un ensemble mégalithique impressionnant. C'est sans aucun doute le plus bel alignement de l'est de la France. Ces menhirs sont dressés à proximité de voies anciennes et à la limite de la ligne de partage des eaux séparant les bassins de la Saône et de la Loire au lieu dit "Epoigny".

Vue d'ensemble
Vue d'ensemble

Cet ensemble est constitué de sept pierres dont cinq ont été redressés. Ces menhirs ont été redressés dans les années 1980 à quelques mètres des emplacements de leurs découvertes. L'alignement forme actuellement un "V" dont la pointe orientée vers le sud est occupée par le menhir n° 1. Sur la branche du "V" orientée vers le nord-est sont disposés les menhirs n° 2 et n° 3. Sur l'autre branche sont disposés le menhir n°6, les pierres n° 4 et n° 5 et au bord de la route le menhir n° 7.

Le menhir n° 1 a une hauteur de sept mètres trente et un poids estimé de trente tonnes. Il est actuellement enfoncé d'un mètre soixante dans un massif de béton situé à plusieurs mètres de l'emplacement où il gisait. Un examen du menhir avant son redressement a permis de déterminer que les néolithiques ne l'avaient enterré que d'un mètre vingt.

Le menhir n°1
Le menhir n° 1

Le menhir n° 2 a une hauteur de cinq mètres quatre-vingt cinq et reposait à cinquante mètres vers le nord-est du menhir n° 1. Il a été redressé à quatre mètres vers l'ouest de son emplacement primitif. A son emplacement d'origine, il était moins enterré et était tourné dans l'autre sens. Son dégagement a mis à jour quelques silex et de la céramique attestant d'une occupation des lieux du néolithique à l'époque gallo-romaine. Sous le mégalithe a également été trouvée une urne funéraire datée du bronze final. A soixante-dix centimètres de profondeur a été retrouvé le calage ainsi qu'un gros morceau de la base du menhir. Ce gros morceau donnait la position et l'orientation exactes de ce menhir.

Le menhir n°2
Le menhir n° 2

Le menhir n° 3 a une hauteur de cinq mètres quatre-vingt. Il est dressé à quelques mètres à l'ouest de l'endroit où ont été découverts, à un mètre de profondeur, son trou d'implantation et le système de calage. Un silex et des tessons de céramiques protohistoriques furent apparemment découverts lors de son dégagement.

Le menhir n°3
Le menhir n° 3

Le menhir n° 6 a une hauteur de cinq mètres soixante. Il a été redressé dans un bloc de béton à peu près à l'emplacement de sa découverte.

Les menhirs n°6 et n°1
Les menhirs n° 6 et 1

Le menhir n° 7 a été dressé en bord de la route. Ce menhir servait, depuis 1840, de parapet au pont de Vigny. La tradition orale affirmant qu'il provenait d'Epoigny. Lors de la réfection du pont, la municipalité a décidé de le réimplanter à proximité des autres menhirs. Cependant, l'absence de données archéologiques sur son emplacement original a motivé le choix de son implantation le long de la route.

Le menhir n°7
Le menhir n° 7

La pierre n° 4 est un gros bloc de deux mètres de longueur pour soixante-dix centimètres de large. C'est un fragment d'un menhir plus grand qui a été débité.

La pierre n°4
La pierre n° 4

La pierre n°5
La pierre n° 5

La pierre n° 5 est un bloc régulier de trois mètres quatre-vingt quinze de longueur. Il présente à une de ces extrémités une entaille sur trois de ces faces. Les pierres n° 4 et n° 5 ont été découvertes dans la prairie voisine. Ils ont été regroupés à proximité du menhir n° 6. Ces pierres proviennent de grands monolithes qui ont été débités. L'étude de l'entaille de la pierre n° 5, d'une profondeur de quinze centimètres démontre qu'elle a été réalisée à l'aide d'outils en pierre. Ce travail resté inachevé apparaît comme préhistorique. La base de cette pierre montre une fragmentation réussie de même que la pierre n° 4. Ces pierres ne se raccordant pas entre elles, elles proviennent donc de bloc plus important dont la destruction a certainement commencé à la fin du néolithique. Ces débitages laissent supposer la présence d'un grand ensemble mégalithique composé d'un nombre plus élevé de menhirs.

Les connaissances actuelles ne permettent pas d'établir si les menhirs formaient un alignement ou un cromlech. Seuls les emplacements précis des menhirs n° 2 et n° 3 ont été retrouvés. En considérant les emplacements où ont été trouvés les menhirs n° 1 et n° 6 et la pierre n° 4, il s'avère que ces monolithes formaient une ligne orientée de 30 à 35° vers le nord-est.

Les menhirs n°1, 6, 2 et 3
Les menhirs n° 1, 6, 2 et 3

Le menhir n°6 et les pierres n°4 et 5
Le menhir n° 6 et les pierres n° 4 et 5

Les menhirs sont constitués de granite à deux micas dont les gisements les plus proches sont à cinq kilomètres dans le secteur de l'étang de Brandon. Des blocs identiques ont été trouvés dans le lit du ruisseau au niveau de l'ancien moulin. Ces pierres pourraient également être des menhirs.

Les menhirs n° 1, n° 2 et n° 3 ont été gravés par les hommes du néolithique. Ces gravures ont cependant subi l'outrage des ans et sont difficilement visibles. Le menhir n° 1 possède dans sa partie supérieure un trait en creux faisant le tour du sommet. Sur la face sud, dans la partie supérieure est gravée une représentation anthropomorphe de soixante-dix centimètres de hauteur. La tête est située au-dessus de bras en forme d'anse. Le corps est représenté par une ligne verticale reliant le sommet de la tête aux jambes. Les jambes arquées se terminent par deux cupules. La ligne du corps est prolongée entre les jambes, marquant ainsi le sexe. En dessous de la représentation anthropomorphe est situé un groupe de cinq cupules. Et en dessous est gravée une hache emmanchée de trente-cinq centimètres de hauteur. Sur la face est du menhir est gravée une cupule contenue dans un cercle.

Les gravures du menhir n°1
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Le menhir n° 2 a été taillé en forme d'ogive rappelant ainsi les stèles en écusson renversé de Bretagne. Ce menhir est orné de deux grosses cupules dont la plus haute est pédonculée. Ce genre de cupule se rencontre fréquemment sur les statues-menhir du Rouergue.

Le menhir n° 3 possède des cupules et sur une des faces des signes elliptiques entourant une représentation anthropomorphe.

Les gravures des menhirs d'Epoigny sont connues dans l'art mégalithique. La représentation anthropomorphe du menhir n° 1 peut être rapprochée des gravures rupestres de la crête des Barmes dans le Valais suisse ou de Val Camonica en Italie. Ces gravures rupestres sont datées du néolithique moyen. Quant à la hache emmanchée, de nombreux modèles sont gravés sur les dolmens bretons.

Les menhirs n°7, 2 et 3
Les menhirs n° 7, 2 et 3

Nous ne savons pas si les menhirs d'Epoigny ont été érigés en même temps. Les gravures dont ils sont recouverts témoignent cependant des phases anciennes de l'art mégalithique et rupestre daté du néolithique moyen. Cette datation n'exclut cependant pas une fréquentation du site allant certainement jusqu'à l'âge du bronze. La taille des menhirs et leurs décorations témoignent d'un sanctuaire fréquenté par des hommes dont la civilisation couvrait une bonne part de l'Europe actuelle.

Les menhirs n°2 et 3
Les menhirs n° 2 et 3

 

Ces photographies ont été réalisées en août 2003.

D'autres informations et théories sur les mégalithes sont consultable sur la page "Les mégalithes".

Pour de plus amples informations sur l'art rupestre consultez la page consacrée à "L'art rupestre".

 

Y ACCÉDER:

A Couches, prendre la direction d'Autun. Après le plan d'eau (à votre gauche), tournez à gauche en direction de St Pierre de Varennes. Les menhirs se trouvent à votre gauche au bout de 500 mètres, au carrefour.

Coordonnées IGN (carte n°2925 Est)

x : 767,54

y : 2210,84

Vous pouvez ensuite poursuivre par la visite de la ville médiévale de Couches et de son magnifique château situé sur la route de Châlon-sur-Saône.

Le château de Couches
Le château de Couches

 

 

Cette page a été mise en ligne le 11/09/2003

Cette page a été mise à jour le 11/09/2003