La Roche aux Fées

Nous voici devant un des plus grands monuments mégalithiques construit par l'homme en France. Nous ne saurons probablement jamais quelle foi a poussé les hommes du néolithique à construire une telle cathédrale parfaitement orientée vers le lever du soleil au solstice d'hiver.

la roche aus fées

Ce dolmen est caractérisé par son magnifique portique d'entrée constitué de deux piliers taillés, haut d'un mètre quarante et distant de trois mètres vingt. Ces deux piliers carrés soutiennent un linteau horizontal parfaitement taillé et pesant dans les vingt-cinq tonnes. Le soin apporté à la construction de ce portique d'entrée contraste singulièrement avec les dalles brutes utilisées pour le reste du dolmen.

Le portique

Ce monument correspond à la définition des dolmens angevins à portique formulée en 1956 par le docteur M. Gruet : "dolmen à chambre rectangulaire large précédée d'un portique plus étroit et plus bas". Les dolmens angevins sont une évolution tardive des dolmens à couloir par réduction du couloir et amplification de la chambre. Ils sont principalement centrés sur la région située entre Angers et Saumur. La Roche aux Fées est constituée de trente-deux dalles verticales (piliers) soutenant neuf dalles de couverture. Ce dolmen fait dix-neuf mètres cinquante de longueur pour six mètres de large. Le poids de la plus grande dalle de couverture est estimé à plus de quarante-cinq tonnes.

le côté Nord

Après le portique d'entrée, le couloir d'une longueur d'un mètre se termine par deux dalles transversales larges d'un mètre dix. Au-delà, commence la chambre longue de quatorze mètres trente, large de quatre mètres et haute de deux mètres. Trois dalles transversales placées sur le côté sud divisent cette chambre en quatre compartiments de deux mètres soixante, d'un mètre soixante-dix, deux mètres quarante et cinq mètres quarante de longueur.

la chambre
La chambre vue depuis l'entrée

le fond de la chambre
Le fond de la chambre

La Roche aux Fées est construite à l'aide de dalles de schiste rouge dont l'affleurement le plus proche est distant de cinq kilomètres. Cependant, la tradition locale veut que les dalles proviennent de la lande des Trois-Marie distante de seize kilomètres. A cet endroit, se dressaient encore au début du XIXe siècle, plusieurs menhirs de quatre à cinq mètres de hauteur réalisés dans le même matériau. Ces menhirs ont malheureusement disparu depuis.

l'entrée du dolmen

Les dolmens angevins à portique ont été érigés vers la fin du néolithique entre 3000 et 2200 av. J.-C. La Roche aux Fées aurait été érigée aux alentours de 2500 av. J.-C. Les archéologues ont longtemps cru que ces dolmens étaient dépourvus de tumulus. Les fouilles effectuées en 1986 au dolmen de la Bajouliere à Saint Rémy la Varenne (Maine et Loire) ont cependant démontré que ce dolmen était entouré d'un cairn piriforme avec une façade plate de part et d'autre de l'entrée et une extrémité en pointe à neuf mètres derrière la dalle de chevet. Il est donc envisageable d'imaginer que la Roche aux Fées était également enfouie sous un cairn similaire. Ce grand dolmen était probablement, en plus de sa fonction funéraire (non avéré), un temple où les vivants pratiquaient un culte des ancêtres en fonction des phénomènes astronomiques. Aucune fouille méthodique n'a été réalisée permettant d'attester ou d'infirmer ces hypothèses.

le côté Sud
Le côté sud

Le côté Nord
Le côté nord

Un monument aussi impressionnant a bien sûr donné naissance à des légendes. Comme celle qui prétend qu'il est impossible de compter deux fois le même nombre de pierres en tournant autour du monument. Le diable embrouille l'esprit des curieux. La présence d'une dalle de taille médiocre, coincée entre deux dalles de couverture, et une dalle située à l'extérieur à quelques mètres de l'entrée, expliquerait les différences. A une époque pas si éloignée, les jeunes gens désirant se marier, venaient à la nouvelle lune compter les pierres. Les filles tournaient dans le sens des aiguilles d'une montre et les garçons en sens inverse. S'ils trouvaient le même nombre, ils étaient assurés d'un heureux mariage.

le chevet
La dalle de chevet

Une croyance recueillie en 1863 à la métairie du Rouvray présente la Roche aux Fées comme une grotte indestructible construite par les fées pour protéger les restes mortels des gens biens. Les fées venaient régulièrement la nuit, rendre visite aux défunts. Mais depuis plus de deux siècles, les fées, troublées par la mort des arbres et le fracas des machines, se sont enfuies. Les jours de tempêtes, ce que vous prenez pour les sifflements du vent entre les pierres n'est en réalité que les lamentations des âmes privées du soutien des fées.

le côté Nord
Le côté nord

le Coté Sud
Le côté sud

Une autre histoire nous conte que les fées étaient parties chercher les pierres pour l'édification du monument sans prévoir le nombre nécessaire. Elles ramenèrent les pierres dans leurs tabliers tout en continuant leurs travaux d'aiguille et leurs bavardages. Lorsque le monument fut terminé, les fées bâtisseuses avertirent leurs sœurs pourvoyeuses que leurs fardeaux n'avaient plus d'utilités. Celles-ci dénouèrent alors leurs tabliers et abandonnèrent les pierres à l'endroit où elles se trouvaient lorsque l'avertissement leur parvint. Ce qui expliquerait la présence en de nombreux endroits de menhirs faits avec la même roche, comme à la lande des Trois-Marie ou le menhir de Runfort.

plan

 

Ces photographies ont été réalisées en 2006.

 

Y ACCÉDER:

A Janzé, prendre la D48 jusqu'à Essé puis la D341 vers Rétiers. La Roche aux Fées est située sur le côté gauche de la route (accès fléché).

 

 

Cette page a été mise en ligne le 30 décembre 2007

Cette page a été mise à jour le 30 décembre 2007