Le fort Lachaux

Le fort Lachaux, de son nom officiel fort Razout, a été construit au sommet de la colline dominant les villes de Sochaux et de Montbéliard. Son rôle était d'empêcher le contournement par le sud de la place forte de Belfort et de contrôler les passages de la Savoureuse au nord et du Doubs au sud. Il assurait la jonction entre le fort du Mont-Bart au sud et les forts du Mont-Vaudois et du Bois d'Oye au nord. Sa construction débuta en mars 1876 et s'acheva en mai 1878. La construction couta 1 801 360 Francs-or (environ 5 025 794 €).

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Les abris-traverses de la pointe nord-est

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Détail d'un des abri-traverse

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Vue de haut des abris-traverses avec la plateforme de tir entre les deux.

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Le fossé vue depuis la caponnière de la pointe.

Le fort est formé d'un réduit de forme trapézoïdale inclus dans une enveloppe en forme de grand triangle étiré. La base de ce triangle est le fossé de gorge du réduit. Le centre du réduit était occupé par une cour. À l'avant de cette cour (côté front) se trouvait un merlon de terre qui abritait deux magasins à poudre disposés côte à côte. Ces magasins, de soixante-dix tonnes de capacité, étaient accessibles au travers de deux entrées disposées dans le prolongement du couloir de ventilation circulaire les entourant. Ces magasins sont entourés par la rue du rempart desservant quatre abris-traverses et les deux galeries d'accès aux caponnières. À l'arrière de cette cour (côté gorge) était disposé le casernement. Celui-ci était constitué de deux rangées de chambrées séparées par une cour qui servait de puits à lumière. Le casernement était divisé en deux parties symétriques par un couloir couvert reliant l'entrée, au centre du front de gorge, à la cour centrale. De chaque côté de ce couloir étaient placées au rez-de-chaussée, côté gorge du fort, cinq chambrées destinées au logement des hommes de troupe. Ces chambrées étaient complétées par un étage formé de onze chambrées. En face de ces logements étaient situées, au rez-de-chaussée, dix autres chambrées servant de magasins et de lieux d'intendance. Au premier étage de ces chambrées étaient disposées neuf autres chambrées servant au logement des sous-officiers et officiers. Ces logements étaient prévus pour six cent cinquante-six hommes, trente-sept sous-officiers et quinze officiers.

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Le fossé au niveau de la pointe

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Le fossé nord

Le casernement comprenait également une infirmerie pour vingt malades. L'alimentation en eau était assurée par deux citernes d'une capacité totale de 280 m3 situés sous le casernement de droite et par deux puits. La boulangerie possédait un four de 220 rations. Un abri-caverne aurait également existé, mais aucun plan ne le situe.

Le réduit était entouré d'un fossé défendu aux saillants II et IV par des caponnières doubles. Le saillant III est constitué par une brisure dans le front de tête. Le fossé de gorge est défendu par une caponnière située au saillant I. Le franchissement du fossé de gorge pour entrer dans le réduit se faisait par un pont-levis à bascule par en dessous.

le plan

L'enveloppe est également entourée d'un fossé. Celui-ci vient se raccorder au fossé du réduit aux saillants I et V. Au niveau de ces raccordements, des ponts-levis ou des ponts démontables donnaient accès à l'enceinte de l'enveloppe. Au saillant I, la caponnière était pourvue à son arrière de créneaux de fusillades permettant la défense du pont et du fossé. Au saillant V, une caponnière simple assurait la défense du fossé sud-est. Cette caponnière, similaire à celle du saillant I, était accessible par une galerie flanquante d'escarpe.

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L'entrée du réduit

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La caponnière de la pointe nord-est

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Créneaux de fusillade de la caponnière de la pointe nord-est

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La caponnière tunnel (derrière la barrière)

À la pointe nord-est de l'enveloppe, le fossé était défendu par une caponnière double accessible par une longue galerie couverte flanquée de deux chambres latérales. Sur le côté est de cette caponnière était aménagée une poterne à porte basculante donnant dans le fossé. Un escalier équipé d'un haha permettait la sortie du fossé pour accéder à la batterie extérieure. Sur le côté nord, le fossé, pour s'adapter au terrain, possède deux décrochements verticaux. Le premier de ces décrochements, à quelques dizaines de mètres de la caponnière double de l'extrémité, était occupé par une caponnière tunnel (élément rare dans les forts Séré de Rivières). Cette caponnière a cependant perdu sa façade ce qui ne facilite pas son identification par les non spécialistes. L'accès à cette caponnière se faisait par une galerie flanquant l'escarpe depuis la galerie d'accès à la caponnière double.

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La caponnière de la pointe nord-est

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La caponnière tunnel

Entre ces deux caponnières, le mur de contrescarpe du fossé présente une série d'arceaux de décharge. La partie supérieure de la contrescarpe ayant été arasée, une partie de ces arceaux se trouvent libres et forment une construction ressemblant aux antiques aqueducs romains. Au niveau de la pointe de l'enveloppe, trois abris-traverses et la galerie d'accès à la caponnière ont été restaurés.

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L'entrée du tunnel d'accès à la caponnière de la pointe nord-est

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Le tunnel d'accès

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L'entrée des chambres latérales du tunnel.

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Une des chambres latérales du tunnel.

Lors de sa mise en service, le fort était armé de treize canons de 138, de douze canons de 7, de huit canons de 4, de six mortiers de 22 et de quatre mortiers de 15. La défense des fossés était confiée à quatre canons de 4 et à six canons à balles. Cet armement a évolué au fil des ans pour être constitué en 1914 par trois canons de 155 L, de quatorze canons de 120 L, de quatre canons de 90, de deux mortiers de 22 et de deux mortiers de 15. Les caponnières possédaient onze canons revolver et trois canons de 12 culasse.

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Dans la caponnière de la pointe nord-est

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Les créneaux de tir de la caponnière

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La poterne de la caponnière

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La galerie flanquante d'accès à la caponnière tunnel.

À partir de 1908, un important projet de modernisation fut conçu. Les caponnières devaient être remplacées par des coffres simples ou doubles de contrescarpe. Le casernement devait être renforcé par du béton et une usine électrique devait être installée. Le réduit devait recevoir trois tourelles de mitrailleuses et deux tourelles de 75 (deux canons de 75 de 4900 mètres de portée) et trois observatoires cuirassés. Dans l'enveloppe devait être construit deux tourelles de 155 R (un canon de 155 raccourci de 7200 mètres de portée), un observatoire cuirassé et des abris de rempart avec guérites blindées. Le projet avait été évalué à 3 075 000 Francs-or (8 579 250 €). Les crédits mirent cependant du temps à être débloqué et les travaux ne débutèrent qu'en 1913. Les travaux furent stoppés par le début de la Première Guerre mondiale.

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Les arceaux de décharge du mur de contrescarpe de la pointe nord-est

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Le mur de contrescarpe vue depuis le fossé en face de la caponnière tunnel

Le fort laissé à l'abandon, fut en grande partie arasé au début des années 1950 pour y installer des baraquements destinés aux logements des ouvriers des usines Peugeot. Certaines de ces baraques existent encore bien que ruinées. À l'heure actuelle ne subsiste que le casernement et la pointe de l'enveloppe ainsi que le fossé ouest. Tous les autres éléments ont été arasés et les fossés ont été comblés. Peut-être que les caponnières sont toujours présentes, enfouies sous terre. Le casernement est occupé par un club de tir et sa visite n'est pas autorisée.

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Le décrochement vertical du fossé nord

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Plateforme de tir  à la pointe nord-est

Ces photographies ont été réalisées en janvier 2011.

 

Y ACCÉDER:

L'accès au fort est fléché à partir de la route allant de Sochaux/Montbéliard vers Grand-Charmont. Le site a été aménagé en parc de loisirs et les éléments de la pointe de l'enveloppe ont été restaurés et sont librement accessibles.

 

 

Cette page a été mise en ligne le 08 février 2011

Cette page a été mise à jour le 08 février 2011