La base de sous-marins
de St-Nazaire
St-Nazaire fait partie des cinq ports français choisis par les Allemands pour servir de base à leurs sous-marins opérant dans l'Atlantique. À partir de 1941, l'organisation Todt va construire dans ces ports d'immenses bunkers destinés à abriter les sous-marins faisant escale.

La partie nord de la base côté bassin
En quatre mois, sont construits à St-Nazaire, trois alvéoles longues de cent mètres et larges de quatorze mètres. Elles possèdent un bassin utile de quatre-vingt-douze mètres sur onze qui peut être asséché. Elles sont recouvertes d'un toit de trois mètres cinquante d'épaisseur. Une deuxième phase de construction va rajouter au sud six alvéoles. Cette construction durera de juillet 1941 à janvier 1942. De février à juin 1942, cinq autres alvéoles sont rajoutées au nord. Le bâtiment est encore complété au Nord de juin à décembre 1943 par des logements. La base est constituée du sud au nord de six alvéoles doubles et de huit alvéoles simples. Les alvéoles simples sont des bassins de radoub pouvant être asséchés et les autres des bassins à flot. La capacité est de vingt sous-marins. Deux espaces interalvéoles de huit mètres de largeur, abritant des ateliers, sont construits entre les alvéoles 5 et 6 et les alvéoles 12 et 13.
À l'arrière des alvéoles sont situés sur trois étages, des ateliers et des bureaux. Entre cette zone d'atelier et les alvéoles est situé un couloir de cinq mètres de large parcouru par une voie ferrée. Des portes blindées permettent le passage des trains. L'ensemble du bâtiment fait deux cent quatre-vingt-dix-neuf mètres de long, cent vingt-quatre mètres de large et de dix-huit mètres de hauteur. Il a nécessité quatre cent quatre-vingts mille mètres cubes de béton. Le toit du bâtiment a une épaisseur de huit mètres soixante-quinze. Il est constitué de quatre couches superposées. La première couche, épaisse de trois mètres cinquante, est faite de tôles en acier recouvertes de béton armé. Une deuxième couche de trente-cinq centimètres de béton recouvre la première. Une troisième couche est rajoutée en mars 1943. Elle a une épaisseur d'un mètre soixante-dix. Le toit est surmonté ensuite par un maillage de poutres en béton. Des poutres d'un mètre quatre-vingt sur un mètre quarante-six sont placées dans le sens de la largeur. Des poutres d'un mètre quarante sur un mètre cinquante sont disposées perpendiculairement par-dessus. Cette structure était destinée à faire exploser les bombes avant qu'elles n'atteignent le toit proprement dit. Elle n'a cependant pas été installée sur l'ensemble du bâtiment. La structure du toit était conçue pour résister aux bombes anglaises de cinq tonnes quatre cent dénommées "Tallboy" qui n'ont d'ailleurs pas été utilisées sur St-Nazaire. Aucune bombe n'a réussi à percer le toit de la base.

La structure de poutres du toit

Le toit sans les poutres
Les alvéoles simples ont une dimension utile de quatre-vingt-douze mètres sur onze. Ils ont une profondeur de neuf mètres sous le niveau du quai. Elles peuvent être fermées par une porte flottante et asséchées à l'aide de pompes en l'espace de soixante-quinze minutes. Un volet blindé permettait de fermer l'ouverture au-dessus de l'eau. Les alvéoles doubles ont une dimension utile de quatre-vingt-douze mètres sur dix-sept. Elles sont également équipées de volets blindés pour fermer l'ouverture aérienne. Dans chaque alvéole sont installés des ponts roulants avec des grues de trois à cinq tonnes permettant les travaux et les ravitaillements des sous-marins. Les différents ateliers installés dans les annexes permettaient de réaliser toutes les réparations et même l'installation de nouveaux matériels sur les sous-marins.

Dans une des alvéoles encore à flot

Une des alvéoles comblée

Une alvéole à flot
La base est construite au bord d'un bassin relié à la mer par une écluse. Face à l'augmentation des bombardements alliés, les Allemands entament à partir de juin 1943 la construction d'une nouvelle écluse protégée par un bunker. Ce bunker-écluse a une longueur de cent cinquante-cinq mètres, une largeur de vingt-cinq mètres et une hauteur de quatorze mètres. Il est terminé début 1944, mais sera peu utilisé, car l'autre écluse restera fonctionnelle malgré les bombardements.

Le bunker écluse

Le sous-marin l'Espadon dans l'écluse fortifiée
Les premiers sous-marins sont arrivés à St-Nazaire en octobre 1940. La première partie de la base est mise en service le 30 juin 1941. La base sera progressivement évacuée à partir d'août 1944. Le dernier sous-marin à quitter la base sera le "U-255", le 30 avril 1945. La base sera prise par le 2e bataillon du 4e régiment de fusiliers marins. Ils trouveront dans l'alvéole 4, le "U-510" dont les réparations n'avaient pas pu être terminées. Ce sous-marin deviendra le "S-11 Bouan" et restera en service dans la marine française jusqu'en 1963. En tout, cent quarante-quatre sous-marins ont été stationnés à St-Nazaire entre octobre 1940 et le 30 avril 1945. La base a été occupée pendant un an par la marine française qui y démonta tout le matériel utile pour l'installer dans les bases de Lorient et de Brest. Tout ce que la marine n'emporta pas fut pillé ou détruit au cours des nombreuses années où le bâtiment resta à l'abandon. Entre 1952 et 1955, les chantiers navals de St-Nazaire utilisèrent deux alvéoles simples pour y construire huit dragueurs de mines pour la marine française. Par la suite, la plupart des alvéoles seront comblées ou utilisées pour héberger des bateaux de plaisance. Le bâtiment fut également utilisé par une usine de phosphates et servi même à stocker des ordures. En 1987, le sous-marin "Espadon", copie française du sous-marin allemand de type XXI, est installé et transformé en musée au sein de l'écluse fortifiée. La base est réhabilitée à partir de 1998 par la ville de St-Nazaire pour y installer une exposition sur les paquebots transatlantiques et l'office du tourisme.

La partie sud de la base côté bassin

La partie arrière de la base
Ces photographies ont été réalisées en août 2001.
Cette page a été mise en ligne le 11 janvier 2009
Cette page a été mise à jour le 11 janvier 2009